Peut mieux faire !
Il y a tellement de nouvelles têtes sous les casques de l’Étoile noire qu’un parfum d’inédit entoure ce derby. Un duel se déclinant en double confrontation : les hommes de Daniel Bourdages et Stéphane Barin, réunis ce mercredi à Épinal, étant appelés à se retrouver dès samedi dans le Bas-Rhin, pour une ultime répétition générale. Un dernier test grandeur nature avant la reprise du championnat… qui approche à grand pas !
Dans une semaine, la « Saxoprint Ligue Magnus » aura donc repris ses droits. Mais d’ici-là, Spinaliens et Strasbourgeois auront finalisé une pré-saison menée de manière totalement opposée. 
On pourrait donc croire l’Étoile noire en manque de repères, voire de rythme, sachant qu’elle n’a plus joué depuis le 28 août dernier (à l’occasion d’un derby alsacien perdu aux tirs aux but en clôture du tournoi de pré-saison organisé par les Scorpions). Mais mieux vaut ne pas sous-estimer les Alsaciens, qu’ont récemment rejoint Loup Benoît, Rolands Vīgners ou encore Léo Guillemain. Daniel Bourdages a non seulement dû « remplumer » son contingent de joueurs formés localement (JFL), mais aussi débusquer de nouveaux renforts étrangers (suite aux départs des Trudeau, Golberg et autres Pardavý, repartis au pays).
Le plus Strasbourgeois des Québécois, encouragé par ses réussites passées, n’a ainsi pas manqué d’exploiter ce bon filon qu’est cette filière universitaire (NCAA), d’où sont encore issues trois de ses recrues. Le défenseur américain Mitch Witek, ancien capitaine des Bulldogs de Yale, est arrivé en compagnie de Carson Cooper, attaquant canadien également passé par cette institution de renom. Le Californien Alex Barron, qui fait figure de troisième larron, peut lui se targuer de s’être hissé jusqu’en finale du tournoi national au printemps dernier (avec les Bobcats de Quinnipiac).
Gages d’une certaine qualité, ces états de services font aujourd’hui partie du passé. Le présent s’écrit dès maintenant à Poissompré. Un « chaudron » tout heureux de retrouver ses Gamyo adorés, fraîchement revenus de leur court séjour sur la Côte d’Azur. Un week-end entier passé à batailler pour le compte d’une « Riviera Cup » bel et bien remportée malgré la défaite (3-4 contre Neuilly) concédée lors de l’ultime journée.
Ce 
C’est donc de loin que le néo-Gamyo aura suivi le cruel dénouement de ce rendez-vous norvégien disputé sur la glace défraîchie du Jordal Amfi. Bien loin de cette patinoire Jean-Bouin l’ayant vu effectuer ses grands débuts spinaliens, au sein d’un trio complété par Dominik Fujerik et Robin Soudek. Ce duo se met rapidement en action. Les Gamyo (vêtus de leurs toutes nouvelles tenues) prennent d’emblée possession d’un palet circulant jusqu’à Fujerik, dont la passe vers l’avant est coupée par Witek. La déviation profite finalement à Soudek, qui verra s’ouvrir une fenêtre de tir… mais ne pourra trouver la lucarne tant recherchée (00’10 »).
Partis pied au plancher, les Spinaliens poursuivent sur cette lancée, à l’image d’un Gutierrez débordant sur le côté (00’26 »). Pas de quoi ébranler Hiadlovský, qui garde son angle suffisamment bien fermé pour ne pas être surpris. Un premier arrêt qui en appelle d’autres, d’autant qu’une pénalité est rapidement infligée à son défenseur Colin Morillon pour une charge un peu trop appuyée (01’01 »). Le jeu de puissance vosgien, pourtant bien déployé, ne prendra toutefois qu’un seul tir cadré. Un slap de Robin Soudek bien repoussé du bouclier (01’45 »), quelques secondes avant le sacrifice d’un Kyle Stroh n’ayant pas hésité à se jeter pour bloquer une nouvelle tentative de l’ailier tchèque (02’03 »). Bien regroupés, les Strasbourgeois ont donc fait ce qu’il fallait pour tuer cette pénalité.

Trouvant des espaces à exploiter, les Strasbourgeois (privés de David Stříž, leur défenseur le plus expérimenté) ne manquent pas de s’y engouffrer, à l’instar d’un Kyle Stroh parachevant sa récupération d’une échappée enrayée, en deux temps, par un Andrej Hočevar vigilant (04’55 »). Une intervention qu’Hiadlovský n’aura pas à réaliser. Alexandre Mulle, qui se présentait à lui, a exagérément croisé son lancer (05’29 »).
L’ancien Dijonnais n’aura toutefois pas à s’en mordre les doigts. Kevin Lorcher (pour la première fois aligné en pré-saison) va en effet se rendre coupable d’une obstruction en zone offensive (06’01 »). L’ex-universitaire français du New Hampshire écope d’une pénalité permettant à Mario Scalzo, en one-timer, de trouver la jambière de Vladimír Hiadlovský, pour un rebond échappant de peu à Dominik Fujerik, très bien placé (06’20 »). La menace va ensuite se préciser. Arrossamena lance Bouchard sur le côté (qui fera parler sa pointe de vitesse sans pour autant arriver à marquer, 07’36 ») avant qu’une grosse frappe de Sušanj ne génère un énorme cafouillage devant la cage profitant finalement à Sabatier (1-0 à 08’07 »).

Le jeu de l’Étoile noire n’a donc rien de très brillant, sauf en supériorité numérique, où de bons décalages sont trouvés. Une pénalité infligée à Vojtěch Kloz (12’02 ») va ainsi déboucher sur une énorme occasion. Un tir sur réception de Kyle Stroh, bien servi par Mitch Witek, qui aura fait trembler les filets sans la vitesse de déplacement d’Andrej Hočevar, parvenu à rapidement couvrir son montant (12’53 »). Le gardien slovène finira néanmoins par céder, sur une frappe flottante d’Élie Marcos transformée en rebond gagnant pour Julien Burgert (1-1 à 13’47 »).
Poissompré n’aura toutefois pas le temps de céder à l’abattement. Steven Cacciotti coupe imparablement, au second poteau, le centre tendu d’un Florian Sabatier parti à vitesse grand V sur le côté (2-1 à 14’17 »). Le doute n’a donc pas eu le temps de s’insinuer côté spinalien, où la perspective d’évoluer à nouveau en supériorité se concrétise avec l’emprisonnement du buteur Julien Burgert (coupable d’avoir traîné sa crosse devant Guttierez, 14’53 »). Mais à l’image d’un Kyle Stroh reprenant le flambeau de Matt Bruneteau (qui se faisait une spécialité de bloquer les lancers), les Alsaciens font bloc devant leur gardien, pliant sans jamais céder devant ce powerplay faisant pourtant si bien tourner.
C’est alors qu’intervient le premier tournant de la soirée. L’expulsion pure et simple de Florian Sabatier, pour une charge jugée dangereuse contre la bande assénée à Léo Guillemain (15’58 »). Une décision vivement contestée, qui débouche sur cinq minutes de supériorité aux visiteurs. Enfin, pas tout à fait. Les dernières secondes de la pénalité infligée à Burgert restent à tuer. Chose à laquelle les Strasbourgeois vont échouer, surpris par l’astucieuse remise d’Alexandre Mulle à l’intérieur, sur un Danick Bouchard servi dos au but et parvenant, en pivotant, à subtilement glisser la rondelle sous la jambière du cerbère (3-1 à 16’44 »).

L’heure du retour aux vestiaires finit ensuite par sonner, achevant un premier tiers-temps bouclé sur un avantage conséquent. Un pécule s’effritant rapidement. Les ultimes secondes restant à la pénalité majeure de Florian Sabatier profitent à Jordan Draper, à la conclusion d’une belle triangulation. Un « tic tac toe » initié par Mitch Witek et relayé, en fond de zone, par Kyle Stroh en direction de l’ex-attaquant de Courbevoie et du Mont-Blanc, qui s’était fait oublier devant le filet (3-2 20’47 »).
La riposte vosgienne est alors tout aussi cinglante qu’au premier tiers. Maxime Martin, à la faveur d’une récupération, se projette rapidement vers un deux-contre-un mené à bien. La passe en retrait du jeune ailier est reprise de volée par Soudek, qui expédie, d’un tir aussi précis que précis, la rondelle sous la barre d’Hiadlovský (4-2 à 21’07 »).
Reprenant aussitôt le match en main, les locaux ont ensuite plusieurs occasions d’enfoncer définitivement le clou. Mais la force collective dégagée par les Spinaliens, indéniablement plus forts individuellement, finit par s’estomper. L’intensité jusqu’alors déployée décline inexorablement, les menant fatalement à une certaine forme de relâchement. Les Gamyo se sont-ils vus trop beaux ?
Toujours est-il qu’ils sont surpris par ce « une-deux » rondement mené. Élie Marcos nettoie la lucarne, côté mitaine, après s’être appuyé sur Valérian Mathieu (4-3 à 25’08 »), l’un de ces nombreux jeunes du cru complétant l’effectif strasbourgeois.
Profitan
Toujours dangereux lorsqu’ils accélèrent le jeu, les Gamyo finissent par trouver l’ouverture sur une relance aux allure de rampe de lancement. Un palet surprenant Guillemain, qui voit alors Arrossamena lui échapper. Mais loin de se résigner, l’ancien Rouennais s’accroche au porte-bagage de son ex-coéquipier, gênant considérablement son avancée (30’59 »). Et contre toute attente, aucune pénalité n’est appelée, comme sur cette accélération d’Hordelalay, parti dans le dos d’un Barron ayant tenté par tous les moyens de le rattraper (33’02 »).
Prenant le meilleur sur leurs défenseurs, les attaquants s’expriment pleinement dans ce derby décousu et ouvert à tous vents. Danick Bouchard, parti en débordement, va ainsi crocheter Léo Guillemain pour trouver le plastron d’un Vladimír Hiadlovský resté droit comme un i (33’57 »). Valérien Mathieu, toujours bien épaulé par Élie Marcos, ne manque pas non plus d’apporter le danger (36e). La fougue du jeune attaquant se propage à ses partenaires, qui arrivent à leurs fins sur une frappe à bout portant de Julien Burgert (4-4 à 36’56 »). Un tir sous la barre d’Hočevar avant que n’éclate une belle bagarre. Une mise aux poings musclée oppose le double buteur strasbourgeois à Nicolas Arrossamena, promu capitaine d’un soir (37’19 »)…

Entre mauvais choix et individualisme forcené, cette supériorité n’a donc pas été exploitée comme elle l’aurait dû. Il faut dire que le jeu en désavantage numérique de Strasbourg n’a rien à voir avec celui des Gamyo, si peu agressif qu’il en paraît permissif. Seule une passe en retrait mal assurée permettant au box-play spinalien de souffler. Le palet, perdu à la bleue, est même récupéré par Danick Bouchard, qui s’en ira déclencher un tir frappant sèchement la jambière (46’34 »). Une parenthèse bien vite refermée. Les hommes de Daniel Bourdages reprennent aussitôt position dans la zone de vérité, où Jordan Draper, trouvé par Kevin Lorcher, finira par tenter sa chance de près. Un tir qu’Andrej Hočevar doit laisser filer, au profit d’un Carson Cooper pouvant exulter (4-5 à 47’16 »).
Ce troisième but encaissé en infériorité est clairement de trop pour les Gamyo, qui réagissent néanmoins sans tarder. Un forcing restant vain, malgré les lancers essuyés par un Goetz s’obstinant à garder sa cage inviolée. Du moins jusqu’à cette échappée d’Hordelalay, que Le Blond aura su mettre sur les rails d’un break-away. Un duel habilement remporté, d’un joli revers placé sous la mitaine du portier (5-5 à 51’34 »)…
L’espoir
Privilégiant l’option individuelle à la solution collective, Nicolas Arrossamena tentera bien de forcer à lui-seul la décision (55’01 »). Le solo du Saint-Pierrais n’évitera toutefois pas la tenue d’une prolongation…
Une mort-subite à trois contre trois, conformément à la nouvelle réglementation. De quoi libérer un maximum d’espaces aux attaquants, qu’il s’agisse de Danick Bouchard (61’10 ») ou d’Arthur Coulon, lancé dans une échappée bien mal négociée (61’58 »). Un duel perdu par l’ex-attaquant du Mont-Blanc, apparu bien moins inspiré qu’Hordelalay, parvenu à dribbler le portier (63’29 »). Un but finalement refusé pour une obstruction de Guttierez au début de l’action. Forcé de déchanter, Poissompré va donc gronder jusqu’à ce que Pavel Písařík n’envoie dans la mêlée… d’où ce diable d’Élie Marcos finira par s’extirper (5-6 à 63’46 »).
Battus à l’issue d’un derby qu’ils avaient largement les moyens de remporter, les Spinaliens ont pu se faire une idée des points qu’il leur reste à travailler. Affichant, par moments, un manque flagrant d’agressivité, ils doivent maintenant se remobiliser et notamment progresser dans la gestion des situations spéciales. Un petit détail qui fera au final, toute la différence…
Épinal – Strasbourg 5-6 après prolongation (3-1, 1-3, 1-1, 0-1)
Mercredi 7 septembre à 19h00 à la patinoire de Poissompré. 700 spectateurs environ.
Arbitrage de Jérémy Rauline, assisté de David Courgeon et Cédric Turbert.
Pénalités : Épinal 49′ (4’+5’+20′, 4’+10′, 4′, 2) ; Strasbourg 28’ (6’, 6’+10’, 4’, 0’)
Tirs : Épinal 25 (8, 5, 12, 1) ; Strasbourg 28 (8, 9, 8, 3)
Évolution du score :
1-0 à 08’07 » : Sabatier assisté de Bouchard (sup. num.)
1-1 à 13’47 » : Burgert assisté de Marcos et Barron (sup. num.)
2-1 à 14’17 » : Cacciotti assisté de Sabatier et Arrossamena
3-1 à 16’44 » : Bouchard assisté de Mulle
3-2 à 20’47 » : Draper assisté de Stroh et Witek (sup. num.)
4-2 à 21’07 » : Soudek assisté de Martin
4-3 à 25’08 » : Marcos assisté de V. Mathieu et Vīgners
4-4 à 36’56 » : Burgert assisté de Cooper
4-5 à 47’16 » : Cooper assisté de Draper et Lorcher (sup. num.)
5-5 à 51’34 » : Hordelalay assisté de Le Blond et Fujerik
5-6 à 63’46 » : Marcos (sup. num.)
Épinal
Attaquants :
Romain Gutierrez – Dominik Fujerik – Robin Soudek
Romain Chapuis – Alexandre Mulle – Danick Bouchard
Steven Cacciotti – Florian Sabatier [puis Maxime Martin] – Nicolas Arrossamena (C)
Matthieu Le Blond (A) – Hugo Vinatier – Pierre-Charles Hordelalay
Défenseurs :
Tomáš Klouček – Mario Scalzo
Jiří Klimíček – Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj – Arnaud Faure
Gardien :
Andrej Hočevar.
Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absents : Martin Charpentier (ménagé), Anthony Rapenne.
Strasbourg
Attaquants :
Arthur Coulon – Loup Benoît – Kevin Lorcher
Jordan Draper – Carson Cooper – Julien Burgert (A)
Valérian Mathieu – Élie Marcos (C) – Pavel Písařík
Thomas Mathieu – Kyle Stroh – Rolands Vīgners
Défenseurs :
Mitch Witek – Alex Barron
Léo Guillemain – Colin Morillon
Maxime Deplanque – Hubert Genest
Gardiens :
Vladimír Hiadlovský puis Baptiste Goetz à 40’00 ».
Absents : David Stříž, Nathan Grabherr.








































