Les anciens Spinaliens vous saluent bien !
Après deux journées de championnat, Spinaliens et Grenoblois partagent exactement le même bilan (une victoire et une défaite). Pourtant, six points les séparent actuellement au classement en raison de la pénalité infligée aux Isérois fin juillet. Un retrait de six points ordonné par les instances fédérales suite aux irrégularités constatées à l’examen du bilan financier présenté au tout début de l’été.

Véritable surdoué, le petit prodige avait fait sensation mardi dernier (à Dijon) en signant, d’un mémorable triplé, ses grands débuts parmi l’élite du hockey français. Une attention particulière est donc portée à ce modèle de précocité, qui doit néanmoins laisser la vedette à l’un de ses coéquipiers : Anže Kuralt retrouve Poissompré pour la première fois depuis son départ d’Épinal en mars dernier.
L’ailier slovène revient donc en terrain connu, tout comme les anciens « Dauphins » Sébastien Gauthier et Stéphane Gervais. Un sentiment qu’aurait sûrement partagé Aziz Baazzi si celui-ci n’était pas venu gonfler une liste des blessés qui compte Boštjan Goličič depuis son arrivée. L’ex-Gapençais, blessé au genou en fin de saison passée, voit toutefois le bout du tunnel, contrairement à l’attaquant Rhett Bly, victime d’une rupture des ligaments croisés le mois dernier (une longue indisponibilité qu’est venu pallier le joker tchèque Tomáš Pitule).

Tous auront néanmoins vite fait d’oublier cette ancienneté. Le besoin de points, s’il se fait urgent côté rhônalpin, est encore plus pressant chez ces Gamyo visant toujours plus haut. Des Spinaliens non seulement désireux de ne pas se laisser distancer, mais aussi de se racheter de leur faux-pas amiénois (1-4). Une défaite prévisible compte tenu des absences déplorées (Klouček, Scalzo et Sušanj) au sein d’un secteur défensif sinistré.
Forcé de faire avec les moyens du bord, Stéphane Barin avait alors dû improviser en repositionnant deux de ses attaquants (Arrossamena et Martin). Une situation provisoire appelée à durer pour Maxime Martin en dépit du retour de Gašper Sušanj (son genou, un temps récalcitrant, ne l’empêchant plus de tenir son rang) et du feu vert obtenu par un Mario Scalzo voyant toutes les conditions être (enfin !) réunies pour qu’il soit de la partie.

L’emprise iséroise se précise, allant même jusqu’à déboucher sur une franche domination. Mais les Chouinard, Miettinen et autres Gauthier, s’ils ont mis la main sur le palet, ne se procurent pas d’énormes occasions. On peut même dire qu’elles ne sont pas légion. Une forte pression est pourtant exercée dans la zone de vérité, sans pour autant que cela ne débouche sur de vraies opportunités. Kuralt, en parvenant à surprendre Kloz en entrée de zone, ouvre pourtant une petite brèche dans laquelle Abramov va s’engouffrer… pour mieux buter sur Hočevar en angle fermé (03’54 ») ! Le gardien slovène se charge également de détourner une frappe très appuyée de Sébastien Bisaillon (04’04 »).

Loin d’imposer leur loi aux Grenoblois (qui sont bien souvent les premiers sur tous les palets), les Spinaliens peinent individuellement et subissent collectivement. Le jeu isérois, tout en verticalité, convient visiblement bien aux attaquants, qui travaillent fort à l’avant. Il suffit ainsi d’un puck gratté en fond de zone par Tartari pour ramener le danger (08’05 »). Mais Hočevar, qui veille au grain, repousse chaque tentative qui lui est adressée. Sa charge de travail s’atténue paradoxalement en situation d’infériorité numérique. La pénalité infligée à Dominik Fujerik (10’01 ») permet non seulement à Romain Chapuis de ressortir le palet, mais aussi de faire perdre un temps précieux à ses anciens coéquipiers. Des Grenoblois incapables d’expédier le moindre tir cadré face à des Spinaliens bien regroupés.
L’étreinte semble alors se desserrer. 
Aux prises avec Tomáš Pitule, Gašper Sušanj se fait ensuite sanctionner (15’00 »). Mais une fois encore, le jeu de puissance isérois cherchera la faille sans jamais la trouver, preuve de la solidité retrouvée du jeu en infériorité. La meilleure occasion provient d’une déviation non cadrée d’Abramov sur un slap excentré de Trabichet (16’43 »). Une action ayant fait tout de même passer un petit frisson sur Poissompré, pris d’une nouvelle suée suite à une énième mise au jeu remportée par Sébastien Gauthier. Le Québécois, en possession du palet, s’enfile dans un petit espace pour se retrouver seul face au portier, qu’il ne peut toutefois déjouer (17’56 »). Son tir bas termine dans la mitaine d’Hočevar, qui repousse ensuite le slap lointain de Scolari (18e).
Les Lorrains ont souffert durant ce premier tiers, et ce ne sont pas les coups de boutoir de Bouchard (19e), ni même cette incursion plein axe de Vinatier (parachevée d’un tir voilé à mi-hauteur terminant dans la mitaine de Bonvalot, 19’15 »), qui terniront la bonne impression laissée par des visiteurs dominateurs. Les hommes d’Edo Terglav, bien organisés, ayant rapidement pris le jeu à leur compte tout en veillant à ne pas trop laisser à leurs hôtes la capacité de s’exprimer (les défenseurs prenant souvent le meilleur sur les attaquants).
Il ne manque
Les Gamyo, qui ont eu très chaud, réagissent sans tarder sur des incursions signées Chapuis et Sabatier (22e). C’est alors qu’un arrêt de jeu survient, nécessitant l’intervention du médecin pour évacuer Teddy Trabichet (22’06 »). Mais plus de peur que de mal pour l’ex-Gapençais, qui reviendra au jeu un peu plus tard dans la soirée.
C’est donc sans Trabichet que les Brûleurs de Loups reprennent le cours de leur match. Une partie tardant à se décanter malgré les bonnes dispositions d’un Bisaillon s’essayant d’un bon lancer frappé, directement dans la mitaine du portier (22’51 »). Sa deuxième tentative, plus flottante, provoque un rebond inexploité (22’55 »).
Les BDL se retrouvent bientôt en supériorité, Dominik Fujerik ayant fait trébucher Mathias Arnaud (24’19 »). Mais loin d’en profiter, lils vont se faire contrer. Éric Chouinard, trop attentiste, ne réagit pas suffisamment promptement pour empêcher un dégagement. Sébastien Bisaillon doit alors s’activer pour le récupérer au fond de sa zone, où Romain Chapuis n’a pas manqué de venir batailler. Le duel tourne à l’avantage du néo-Gamyo, qui remet devant la cage sans pour autant réussir à trouver Mulle (24’35 »). S’ensuit une remontée iséroise conclue par une tentative contrée de Bisaillon (24’56 »), elle-même suivie d’une échappée d’Hordelalay. Un break que le Spinalien ne peut mener à bien (son revers n’étant pas cadré, 25’02 »)…

Ce match, devenu très animé, voit les occasions s’enchaîner. Les esprits ne manquent également pas de s’échauffer. Steven Cacciotti sort de ses gonds pour en découdre avec Julien Baylacq, monté presser d’un peu trop près le gardien (31’11 »). Casques et gants tombent pour une explication musclée. Mais pas de quoi changer la physionomie de cette partie. Hočevar doit toujours s’employer pour garder sa cage inviolée ; sortant notamment une belle parade devant Chouinard (bien servi par Pitule, 31’31 »).

Pas franchement menaçant, le powerplay spinalien obtient rapidement une nouvelle opportunité (Christophe Tartari payant son trop plein d’engagement à l’avant, 36’48 »). Mais les Gamyo vont se faire contrer. Éric Chouinard profite d’un palet ressorti pour leur fausser compagnie, avant de s’appuyer sur Sébastien Gauthier pour hériter d’une bonne situation face au portier. Un duel qu’Hočevar finit par remporter (37’25 »). Assurément l’un des tournants de cette soirée, qui prend une toute autre tournure après ce one-timer de Kloz imparablement dévié (par Soudek ?) au fond des filets (1-0 à 38’02 »).

Sanctionné d’une charge incorrecte à quelques encablures du retour aux vestiaires (39’52 »), Romain Gutierrez laisse, lui, ses coéquipiers reprendre en infériorité. Le jeu de puissance grenoblois ne saura toutefois en profiter. Un mauvais contrôle de Kuralt permet à Scalzo d’éloigner le danger. Plusieurs tirs lointains, trop ouverts et excentrés (mais la plupart du temps non cadrés) n’inquiètent pas excessivement ces Spinaliens défendant corps et biens leur maigre butin. Les Gamyo y laissent toutefois quelques plumes. Mario Scalzo rentre au banc en se plaignant de l’épaule après que Camilo Miettinen l’a télescopé (45e). L’Italo-canadien quittant aussitôt les rotations. Un coup dur pour des Vosgiens bénéficiant d’une supériorité inexploitée (suite à un surnombre isérois, 42’44 »). Les Brûleurs ont fait bloc devant leur portier pour tuer cette pénalité.
Toujours dans le coup à moins d’un quart d’heure de la fin, les Grenoblois poursuivent sur cette lancée. Les Spinaliens, émoussés, subissent de plus en plus dangereusement jusqu’à ce qu’Anže Kuralt, libre de tout marquage derrière la cage, ne trouve Alexandre Texier, totalement oublié sur la droite du portier. Cette grossière erreur profite immanquablement au jeune talent, qui égalise avec sang-froid. Texier marque d’un tir croisé (à ras de glace) en angle fermé après avoir pris le temps de se recentrer (1-1 à 49’48 »).

À force d’insister, les Rhônalpins ont donc fini par y arriver. Mais gare aux soubresauts des Gamyo, portés par l’explosivité d’un Bouchard débordant sur le côté pour mieux remettre en retrait. Une remise que Mulle doit laisser échapper au profit de Chapuis, qui reprend sans contrôler… directement sur le haut du montant (47’09 ») !
Cette action, menée contre le cours du jeu, sonne toutefois comme une rare exception. Grenoble se montre autrement plus menaçant, à l’instar du virevoltant Kyle Hardy. Le lutin canadien transperce la défense d’une remontée dont il a le secret, sans pour autant parvenir à surprendre l’homme masqué (49’30 »). Andrej Hočevar bloque la tentative de Sébastien Bisaillon (49’36 ») avant de détourner un nouvel essai du remuant Kyle Hardy (50’56 »).
Subissant des assauts incessants, les Gamyo ne font que subir et plient dangereusement. On se dit alors que le roseau finira forcément par céder. Une crainte manquant de se vérifier sur un « flip » de Bisaillon mal apprécié par Kloz, qui le laisse filer dans son dos. Un raté profitant à Chouinard, dont la frappe croisée tutoie le montant droit (52’48 »). La défense est alors aux abois. Et ce qui devait arriva. Favarin, monté ligne de fond, voit Kuralt démarqué. L’ex-Villardien renverse devant la cage pour décaler l’ancien Spinalien, parvenu à se faire oublier au second poteau. Une chance que le Slovène ne laisse évidemment pas filer en reprenant victorieusement de volée (1-2 à 54’06 »)…

La force collective d’Épinal n’égale donc pas, ce soir, celle dégagée par des Grenoblois ne levant aucunement le pied. Alexandre Texier ne se défile d’ailleurs pas au moment d’aller charger Gašper Sušanj. La différence de gabarit n’a visiblement pas impressionné l’étoile montante du hockey français, qui écope toutefois d’une pénalité dans l’action (pour faire trébucher, 57’52 »). Une erreur de jeunesse préservant un semblant de suspense. Mais la chance d’Épinal est passée. Bonvalot tient bon jusqu’au bout, frustrant notamment Cacciotti (en échappée, 58’30 ») et Le Blond (pourtant bien décalé par Hordelalay, 59’17 »).
Les hommes d’Edo Terglav n’ont pas volé leur succès, venu les récompenser des efforts déployés tout au long de la soirée. Une combativité sans faille doublée d’une belle solidité, qu’Épinal peut aujourd’hui leur envier. Les Gamyo, s’ils ont longtemps résisté, n’ont pas fait étalage de leurs habituelles qualités ; se montrant trop souvent dominés. Malmenés défensivement, ils ont également peiné à l’avant, s’en remettant essentiellement au talent (et à l’envie) du duo Bouchard-Chapuis. Clairement insuffisant pour mettre en difficulté un adversaire aussi bien organisé, qui aura su faire le nécessaire pour l’emporter.
Épinal – Grenoble 1-2 (0-0, 0-1, 0-2)
Mardi 20 septembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 688 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez, assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 24’ (4’, 8’+10’, 2’) ; Grenoble 22’ (0’, 8’+10’, 4’)
Tirs : Épinal 23 (6, 9, 8) ; Grenoble 31 (8, 11, 12)
Évolution du score :
1-0 à 38’02 » : Kloz assisté de Klimíček (sup. num.)
1-1 à 49’48 » : Texier assisté de Kuralt et Gervais
1-2 à 54’06 » : Kuralt assisté de Favarin et Hardy
Épinal
Attaquants :
Romain Gutierrez – Dominik Fujerik – Robin Soudek
Romain Chapuis – Alexandre Mulle – Danick Bouchard
Steven Cacciotti (A) – Florian Sabatier – Nicolas Arrossamena (C)
Matthieu Le Blond (A) – Hugo Vinatier – Pierre-Charles Hordelalay
Défenseurs :
Jiří Klimíček – Vojtěch Kloz
Mario Scalzo – Arnaud Faure
Martin Charpentier- Gašper Sušanj
Maxime Martin
Gardiens :
Andrej Hočevar (remplacé par Lucas Savoye de 06’45 » à 07’34 », sorti de sa cage à 58’55 »).
Remplaçant : Anthony Rapenne. Absent : Tomáš Klouček (suspendu).
Grenoble
Attaquants :
Éric Chouinard (C) – Sébastien Gauthier – Camilo Miettinen
Anže Kuralt – Alexandre Texier – Norbert Abramov
Tomáš Pitule – Christophe Tartari (A) – Pierre Robert
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Mathias Arnaud
Défenseurs :
Sébastien Bisaillon – Stéphane Gervais
Kyle Hardy – Nicolas Favarin
Quentin Scolari – Teddy Trabichet
Gardien : Antoine Bonvalot.
Remplaçants : Lukáš Horák (G), Lucas Bonnardel. Absents : Boštjan Goličič (reprise), Aziz Baazzi (déchirure musculaire ?), Rhett Bly (ligaments croisés du genou).









































