Colmar – Châlons-en-Champagne (Division 3, poule C)

38

L’affiche de cette soirée ressemble avant tout à un match de gala. En effet, Châlons-en-Champagne (3e de cette poule C) et Colmar (4e) sont déjà qualifiés pour les prochains play-offs. Les Titans colmariens viennent d’écarter le Tornado luxembourgeois, leur principal concurrent, lors de la partie précédente. De plus, une victoire de l’une des deux équipes ne changera plus leur classement, les deux leaders spinaliens et valenciennois les ayant nettement distancées.

L’enjeu de la partie était donc avant tout de se roder un peu plus pour les joutes des quarts de finale, théoriquement d’un niveau plus relevé. Châlons est venu en effectif relativement réduit, notamment au niveau des attaquants, on peut donc s’attendre avant tout à ce que les Gaulois ne cherchent pas à presser durablement les locaux, un peu plus fournis en alignements.

Le début de match le confirme d’ailleurs, puisque rapidement, les locaux occupent la zone des visiteurs et scorent de près, lorsque Benjamin Leconte reprend le rebond d’un tir lointain de Lucas Maurer (1-0 à 0’46 »). Le portier adverse n’était pas encore très chaud, mais va rapidement prendre la température des Alsaciens, qui occupent durablement sa zone… pas toujours de façon très précise puisque, sur ce palet qu’Eloi Lenner est un chouïa trop court pour contrôler de la bleue, c’est le stratège Jakub Matejka qui en profite pour s’échapper et battre le portier local, pas encore sollicité jusque là (1-1 à 4’21 »). Cette réalisation, à contre-courant de la partie, jette un froid dans la patinoire, mais ne décontenance visiblement pas les Titans, qui reprennent l’assaut et occupent la zone champenoise, par de nombreuses combinaisons de passes, pas toujours très précises, mais plutôt inspirées. Ceci dit, les locaux ne trouvent pas la faille, que ce soit lors de ce tir à bout portant de Jonathan Boehrer (12’34 ») ou ce poteau en supériorité du même attaquant (15’57 »).

Gaulois de ChâlonsColmar domine, mais manque de réalisme, et ce malgré trois situations spéciales à son avantage. À cela s’ajoute un peu de malchance et de mésentente, qui permet à Melvin Bayen de profiter d’un mauvais rebond en entrée de zone colmarienne pour prendre une longueur d’avance et gagner son duel face à Jérémy Boehrer (1-2 à 18’32 »). Colmar paie cher l’adage « dominer n’est pas gagner » et voit ses deux seules grosses erreurs de la période lui coûter cher.

La tendance sera la même durant le tiers médian, à savoir des Titans qui prennent rapidement et durablement le dessus sur les Gaulois, bien regroupés autour de leur gardien. Mais les rouges locaux manquent encore de précision, et les organismes commencent à s’émousser. Le jeu devient sensiblement plus lent, Colmar ne profite toujours pas de ses situations spéciales, malgré un placement très agressif autour de la cage châlonnaise. Ils parviennent toutefois à revenir au score, quand Mickaël Tin reprend un rebond d’un tir lointain (2-2 à 34’54 »). Il est alors temps que le repos arrive car leur concentration est en chute libre, ce qui occasionne quelques moments relativement confus et risqués devant la cage de Boehrer, où le palet rode alors un peu trop dangereusement.

Le dernier tiers donne assez rapidement l’impression que le score va en rester là : le jus n’arrive plus, tant du côté des Colmariens qui posent le jeu, que du côté des Châlonais, où les deux lignes offensives sont visiblement émoussées. Les Titans butent systématiquement sur l’excellent portier champenois remplaçant, ou se voient carrément contrés sauvagement, comme sur cette percée de Leconte, que Hugo Goncalves fait illicitement trébucher (49’04 »).

La partie va alors basculer à l’approche des cinq dernières minutes, tout d’abord sur un tour de cage de Joan Koenig, que le Colmarien conclut d’un tir dans un trou de souris (3-2 à 54’24 »). Puis, dans la foulée, Pierre Schultz conclut prestement un engagement gagné et immédiatement servi par Boehrer (55’04 »). Le nombreux public est soulagé, mais va devoir patienter jusqu’à la fin du match, et notamment deux longues dernières minutes de jeu. Le portier chalonnais est sorti de sa cage, créant un surnombre amplifié par une prison d’Eloi Lenner dont la palette de la crosse a heurté malencontreusement le visage de Julien Delaunois. Matejka en profite pour réduire rageusement, et de près, le score (4-3 à 57’46 »). Dès lors, la cage de Boehrer est prise d’assaut, les Gaulois pilonnent, les Titans frôlent le surnombre lors d’un changement de ligne mal coordonné, mais l’essentiel est atteint : une victoire pour la dernière partie c’est une belle récompense à l’issue d’une phase régulière jouée, justement, de façon pas toujours… régulière.

Les locaux ont offert une partie plutôt agréable à regarder. On peut, en effet, être admiratif devant le style collectif, voire osé, de leur jeu de passes. Il manque encore le réalisme devant la cage adverse, mais on est loin des tentations habituelles, à ce niveau, de « coast-to-coast » que les individualités sont tentées de jouer par manque de solutions collectives. Pour le prochain match, ce sera du sérieux, avec la réserve annécienne, composée notamment d’anciennes pointures d’élite (Baillard, Rey-Gaurez) ou de D1 (Tollet, Saxod).

Les Gaulois châlonnais, de leur côté, joueront leur huitième de finale contre Toulon (qu’ils avaient éliminé l’an passé en quart de finale). Ils ont évolué, ce soir, dans un style très prudent, au jeu très simple mais réaliste, et pour tout dire un peu surprenant au vu de leur classement. Il faut cependant relativiser par le fait que l’effectif a essentiellement tourné à deux lignes, notamment devant, ce qui n’est pas une configuration facile à tenir, et ce même si les deux portiers utilisés ont sorti des arrêts de classe pour tenir la baraque.

Au vu de la partie, il est difficile de jauger la compétitivité de la poule Est par rapport à celle du Sud-Est. Autant aller le vérifier de visu dans quinze jours !

Voir les classements et le tableau des play-offs de D3.

 

Colmar – Châlons-en-Champagne 4-3 (1-2, 1-0, 2-1)
Samedi 18 février 2017 à la patinoire de Colmar. Environ 400 spectateurs.
Arbitrage de MM. Zaegel et Ben-Naji.
Pénalités : Colmar 10′ (2′, 2′, 6′) ; Chalons 26′ (6′, 6’+10′, 4′).
Tirs : Colmar 39 (14, 11, 14) ; Chalons 22 (5, 3, 14).

Évolution du score :
1-0 à 00’46 » : Leconte assisté de Maurer
1-1 à 04’21 » : Matejka (inf. num.)
1-2 à 18’32 » : Bayen assisté de Janci
2-2 à 34’54 » : Tin assisté de Jo. Boehrer et Mathieu (sup. num.)
3-2 à 54’24 » : Koenig
4-2 à 55’04 » : Schultz assisté de Jo. Boehrer et Mathieu
4-3 à 57’46 » : Matejka (sup. num.)

Colmar

Attaquants :
Anthony Pernot [puis Schultz à 40′] – Maxime Mathieu – Jonathan Boehrer
Pierre Schultz [puis Pernot à 40′] – Benjamin Leconte – Joan Koenig
Julien Fuchs – Vincent Besserer – Iliann Eigelthinger

Défenseurs :
Éloi Lenner (A) – Benoit Salvin
Mickaël Tin (C) – Lucas Maurer
Hugo Ledosseur – Sébastien Muller

Gardien :
Jérémy Boehrer

Remplaçant : Étienne Grand Perrin Olry (G).

Châlons-en-Champagne

Attaquants :
Melvin Bayen (A) – Jakub Matejka – Arnaud Briand
Florent Fontaine (A) – Marek Hanes (C) – Julien Delaunois

Défenseurs :
Nelson Goncalves – Thomas Janci
Hugo Goncalves – Tristant Lohou
Nathan Dutat – Sylvain Berthon

Gardien :
Juraj Bachan puis à 40′ Alexis Bachetti [sorti à 57’39 »]

Remplaçants : Fabrice Domaine, Pierre Étasse.

Les commentaires sont fermés.

mi, vulputate, sit ut in fringilla libero. commodo luctus consequat. et, pulvinar