Des deux protagonistes de cette soirée, c’était bien à Colmar de marquer son empreinte. En effet, les Aigles bisontins sont déjà assurés de disputer les phases éliminatoires, ce qui est loin d’être le cas pour les Titans colmariens, toujours pas dans « les seize », et en quête de points après un cinglant revers (10-4) en terre dammarienne la semaine dernière. Quand bien même privés de deux stratèges (Jonathan Boehrer en attaque pour blessure et Aurélien Klessmann en défense pour raisons personnelles), les hommes de Genya Kouzntetsov étaient le dos au mur face aux Franc-Comtois. Il leur fallait des points, telle était la mission.
Si le score final (5-7) laisse penser à une éventuelle partie disputée, il n’en a été pourtant que peu question. Besançon a dominé son sujet durant la première moitié de match avant de le gérer durant la seconde. En jouant toute la partie sur le même schéma discipliné et simple, en misant sur la vitesse, le collectif et la précision, les Franc-Comtois ont rapidement acculé les locaux dans leur zone, lesquels n’ont pas pu, ni su, de façon constante, répliquer à leurs adversaires.
Nous sommes à la fin du premier « vingt », Besançon mène d’un seul but, mais avec 18 tirs cadrés d’écart ! Autant dire que les Titans, patauds, mal placés, imprécis, subissent comme jamais depuis bien longtemps le match. Même aux pires des années D2 (hormis durant cette saison pré-Covid), on n’a pas connu telle débâcle collective. Seul surnage Tristan Thévenot, en dernier rempart, et éventuellement Victor Pitois, auteur du premier tir (et but !) de son équipe au bout de douze longues minutes (1-1 à 11’42’’). L’espoir d’un hold-up alsacien est de courte durée puisque le premier trio bisontin conclut un admirable travail à trois peu de temps avant la fin du tiers (1-2 à 16’09’’).
Si le retour des vestiaires a pu donner l’illusion d’un réveil local, pourtant encore bien mollasson de concentration, la dure réalité et le réalisme adverse va leur exploser en pleine figure. Thévenot s’interpose pourtant sur une première alerte de Clément Braga-Briquez (24’35’’) mais un jaillissement dans la foulée de Guillaume Henry permet à l’attaquant de jouer en pif-paf avec son collègue Austin Whelan (1-3 à 24’21’’). Et que dire de ces deux nouveaux buts bisontins tout aussi magnifiques d’exécution du même trio (1-4 à 26’57’ par Boichut puis 1-5 à 28’04’’ par Whelan) si ce n’est que le pauvre portier local, délaissé par l’atonie de ses coéquipiers, ne peut pas tout empêcher à lui seul et se fait tourner en bourrique sur ces trois décalages successifs.
Enak Sturm aura beau prendre sa place pour créer un électrochoc (28’04’’) et tenir rapidement la baraque, ses partenaires ne parviennent à répliquer que très mollement, même en double supériorité. Une légère éclaircie par Edouard Alves (à bout portant 2-5 à 33’41’’), confirmée dans la foulée par un travail à trois dans le slot (enfin !) de Joan Koenig devant Antoine Beauperrin (3-5 à 36’38’’), laisse envisager un mieux pour le reste de la partie. Mais que ce fût laborieux de rentrer aux vestiaires avec ce score, face à essentiellement deux seules lignes adverses.
Et la classe laborieuse colmarienne ne se distinguera pas davantage durant l’ultime période, où dans un premier temps les deux protagonistes cherchent à se neutraliser. Ça ne tire vraiment pas beaucoup des deux côtés, un comble pour les locaux qui ont pourtant bénéficié d’une seconde double supériorité. Hélas, ils se sont déjoués eux-mêmes à trop vouloir trouver le décalage sans vraiment chercher à tirer sur la cage adverse. Guillaume Henry en a profité pour redonner une troisième longueur d’avance (3-6 à 47’06’’). Eloi Lenner a repositionné à deux buts sur un envoi de la bleue (4-6 à 51’58’’). Mario Horizral a réveillé ponctuellement le match, qui s’engourdissait sérieusement, sur un cafouillis derrière la cage de Sturm, par un revers s’infiltrant entre l’infortuné portier et son poteau (4-7 à 55’04’’). Et enfin Victor Patois a été récompensé de son opiniâtreté sur un dernier essai cafouillage (5-7 à 58’28’’).
Tels sont les faits marquants d’une partie bien insipide, du moins de la part des locaux, passablement et durablement amorphes.
Besançon a joué un match complet, avec un hockey simple mais suffisamment rapide et collectif, pourtant exécuté essentiellement avec deux lignes. Les Bisontins confirment ici leur classement actuel et devraient poser de sérieux problèmes à leurs futurs adversaires, du moins ceux ne disposant pas d’un collectif suffisamment quantitatif et qualitatif.
Pour Colmar, c’est une nouvelle soupe à la grimace qui s’est vue servie hier. Les Titans ont « mangé chaud » pendant leurs trente premières minutes, avant de jouer un ersatz de hockey réactionnel durant la seconde moitié, hélas bien trop hésitant, imprécis et constant pour revenir au score. Où est parti leur hockey vif, déterminé et remuant du début de saison ? Il leur reste trois matches pour définitivement réagir et marquer au moins 6 points nécessaires pour se qualifier. Sachant que la prochaine rencontre se jouera samedi prochain à Lafayette devant les mêmes Bisontins, on ne peut pas dire que l’optimisme soit béat à leur encontre.
Commentaires d’après-match (dans L’Alsace) :
Genya Kouznetsov (entraîneur de Colmar) : « On fait des erreurs individuelles qu’on peut largement éviter… On n’a pas répondu présent et on l’a payé. Ça fait très mal. Perdre de cette façon-là n’est pas normal. »
Colmar – Besançon 5-7 (1-2, 2-3, 2-2)
Samedi 21 février 2026 à 20h00 à la patinoire de Colmar. 400 spectateurs.
Arbitres : MM. Christophe Moncozet et Ludovic Pasian.
Pénalités : Colmar 6’ (2’, 2’, 2’) ; Besançon 14’ (0’, 6’, 8’).
Tirs : Colmar 17 (2, 10, 5) ; Besançon 40 (20, 12, 8).
Évolution du score :
0-1 à 05’24” : G. Henry assisté de B. Henry et Boichut
1-1 à 11’42” : Patois assisté de Alves
1-2 à 16’09” : Boichut assisté de Whelan et G. Henry
1-3 à 24’21” : G. Henry assisté de Whelan
1-4 à 26’57” : Boichut assisté de G. Henry
1-5 à 28’04” : Whelan assisté de Boichut
2-5 à 33’41” : Alves assisté de Studer
3-5 à 36’38” : Koenig assisté de Studer et Dauthier (sup. num.)
3-6 à 47’06” : G. Henry assisté de Horizral
4-6 à 51’58” : Lenner assisté de Studer et Alves (sup. num.)
4-7 à 55’04” : Horizral
5-7 à 58’28” : Patois assisté de Studer et N’Guiamba
Colmar
Attaquants :
Renaud Studer (A) – Victor Patois – Bastien N’Guiamba
Joan Koenig (A) – Timéo Morlet – Antoine Dauthier
Quentin Chauvel – Jérémy Miclo – Iliann Eigelthinger
Défenseurs :
Eloi Lenner – Edouard Alves
Lucas Maurer (C) – Romain Piazzon
Lucas Da Costa – Paul Fuchs
Gardien :
Tristan Thevenot puis à 28’04’’ Enak Sturm
Absents : Jonathan Boehrer (blessé), Aurélien Klessmann, Alexandre Karcher
Besançon
Attaquants :
Simon Boichut (A) – Guillaume Henry – Austin Whelan
Yvan Ousanin – Clément Braga-Briquez (A) – Louis Gailly
Mario Horizral – Thomas Baverel – Luka Parra
Défenseurs :
Marek Bais (C) – Benjamin Henry
Dany Parra – Aloïs Zimmermann
Theo Laude – Noé Stoll
Gardien :
Antoine Beauperrin
Remplaçant : Axel Marnef (G).










































