Après s’être coltiné la solide défense suédoise, la Russie se régale d’avance à affronter des Italiens fatigués physiquement et mentalement de leur victoire manquée de peu contre la Slovaquie.
Les Russes ont beaucoup moins parlé de l’équipe italienne que du feu d’artifice qui a eu lieu la veille au soir alors que leur équipe était au lit. Il s’agissait de l’ouverture de la saison de Tanzbrunnen, une scène de spectacle en plein air située juste à côté de la Lanxess Arena… et donc à proximité de l’hôtel de l’équipe. Les journalistes russes ont évoqué la fumée qui se répandait sur la ville et empêchait de respirer. Bon, un feu d’artifice, quoi…
Le feu d’artifice est plutôt attendu dans les cages italiennes aujourd’hui, mais il se fait attendre dix bonnes minutes. Panarin a certes un palet de but, mais le palet capricieux saute sur sa crosse. La délivrance vient de la ligne d’énergie, la quatrième dans la hiérarchie du vedettariat, mais toujours la première à monter sur la glace. Même lacéré de coups de crosse dans le dos par le géant Thomas Larkin devant le but, Sergei Andronov dévie un palet envoyé par Barabanov pour ouvrir le score.
En fin de premier tiers, Tommaso Traversa charge violemment contre la bande Plotnikov. Ce premier avantage numérique ne dure que 13 secondes. Les Italiens ne font pas que ce qu’avait fait la boîte suédoise : ne jamais laisser d’espace à Dadonov dans l’enclave. Ils regardent donc Panarin faire la passe de l’arrière de la cage.
En début de deuxième période, à 4 contre 4, Anton Bernard dribble Vadim Shipachyov pour s’ouvrir l’accès à la cage, et Traversa tire en pivot sur le rebond pour réduire la marque à 1-2. C’est Nikita Kucherov qui fait la différence définitive dans cette partie : d’abord, il signe un superbe tir en lucarne en jeu de puissance ; ensuite, il attire les deux défenseurs par un déplacement latéral en zone offensive et sert une passe-abandon à Vladislav Namestnikov qui marque au-dessus de la botte droite de Frédéric Cloutier.
Chaque pénalité italienne est immédiatement sanctionnée. Difficile de trouver le schéma défensif. L’Italie resserre bien sûr la boîte, mais cela donne de la latitude au quatrième attaquant placé à la ligne bleue, Sergei Mozyakin : une fois, il s’avance vers le cercle droit et se charge de la passe transversale à travers le slot pour donner un angle ouvert à Panarin ; une autre, il déclenche le lancer puissant qu’on lui connaît ; une troisième, il sert parfaitement Panarin qui s’est reculé pour armer sa volée en haut du cercle gauche. Entre-temps, l’autre unité de supériorité numérique a apporté son écot : Sergei Plotnikov a carrément visé le patin de Helfer depuis l’arrière de la cage. La Russie finira avec un incroyable 6/6 en jeu de puissance.
Deux autres buts ont aussi été marqués à 5 contre 5. Namestnikov a signé un joli tir et bénéficié d’une passe en retrait de Kucherov en contre-attaque et les deux hommes ont ainsi inscrit 4 points dans le match. On demandera quand même à revoir le duo de Tampa Bay face à une meilleure opposition, car il fut à la peine face aux Suédois. Enfin, à une minute de la fin, Frédéric Cloutier boit le calice jusqu’à la lie : le dixième but, il se le met contre son camp en touchant sans l’attraper un tir non cadré de Barabanov. L’Italie ayant prévu de faire tourner ses gardiens d’un match à l’autre pour tenir le rythme élevé du Mondial, Cloutier a dû assumer les soixante minutes.
La Russie, elle, avait prévu de faire entrer Sorokin si le score tournait en sa faveur, et elle l’a donc fait en dernière période. Avant d’affronter les hôtes allemands, c’est un succès tranquille et total… à l’exception de la fiche de -1 étonnamment récoltée par Shipachyov et Dadonov.
Commentaires d’après-match
Oleg Znarok (entraîneur de la Russie) : « Ce match a été un succès dans toutes ses composantes, je suis particulièrement satisfait des supériorités numériques. Je n’ai pas aimé l’échauffement. Nous avons des coaches expérimentés, et nous voyons la volonté de chaque joueur. Avant le match, il a fallu les secouer un peu. Le -1 de Shipachyov et Dadonov ? Ils doivent s’améliorer à 5 contre 5, ils ont eu des problèmes durant la saison. Les feux d’artifice ? Il n’y a pas eu que ça, mais aussi une sorte de fête. J’ai demandé à la réception d’arrêter ça, et trois minutes plus tard c’était fini. L’Allemagne ? Une équipe de grande qualité. Ils jouent toujours de manière disciplinée avec un bon physique. Ils ont un bon gardien, même s’il s’est fait remplacer hier. »
Nikita Kucherov (attaquant de la Russie) : « Des matches contre de tels adversaires aident à construire les trios et les unités de jeu de puissance, à prendre confiance à cinq contre cinq. Je ne suis pas satisfait de mon match. »
Stefan Mair (entraîneur de l’Italie) : « Il faut prendre en considération le match d’hier qui nous a coûté énormément d’énergie. Nous savions qu’il fallait rester compacts et éviter les pénalités, ils ont six buts en powerplay. On voit la qualité de ces joueurs dans les lancers : Cloutier n’a pas mal fait, mais sur 36 tirs, il y en a eu 25 de qualité. Le plus important pour moi était de ne pas presser comme des citrons les deux premières lignes. Ceux qui ont le moins joué aujourd’hui ont eu plus de 10 minutes de temps de jeu. »
Anton Bernard (attaquant de l’Italie) : « C’est embarrassant d’avoir lâché le dernier tiers, c’est un manque de respect pour notre gardien. Cela laisse de l’amertume en bouche. »
Italie – Russie 1-10 (0-2, 1-3, 0-5)
Dimanche 7 mai 2017 à 12h15 à la Lanxess Arena de Cologne. 10893 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Linus Öhlund (SUE) assistés de Brian Oliver (USA) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Italie 12′ (2′, 4′, 6′), Russie 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : Italie 15 (2, 8, 5), Russie 36 (10, 10, 16).
Évolution du score :
0-1 à 09’35 » : Andronov assisté de Barabanov et Gavrikov
0-2 à 18’59 » : Dadonov assisté de Panarin et Shipachyov (sup. num.)
1-2 à 23’40 » : Traversa assisté de Ant. Bernard et Helfer
1-3 à 24’51 » : Kucherov assisté de Namestnikov et Gusev (sup. num.)
1-4 à 35’04 » : Namestnikov assisté de Kucherov
1-5 à 36’21 » : Panarin assisté de Mozyakin et Shipachyov (sup. num.)
1-6 à 43’39 » : Plotnikov assisté de Kucherov et Namestnikov (sup. num.)
1-7 à 45’29 » : Mozyakin assisté de Shipachyov et Panarin (sup. num.)
1-8 à 45’48 » : Namestnikov assisté de Kucherov et Gusev
1-9 à 50’21 » : Panarin assisté de Mozyakin et Shipachyov (sup. num.)
1-10 à 58’54 » : Andronov assisté de Barabanov et Provorov
Italie
Attaquants :
Tommaso Traversa (2′) – Anton Bernard (C) – Marco Insam (-1)
Luca Frigo – Giovanni Morini (2′) – Giulio Scandella (4′)
Simon Kostner (-1) – Raphael Andergassen (-1) – Diego Kostner (A, -1, 2′)
Markus Gander (-2, 2′) – Tommaso Goi (-2) – Daniel Frank (-3)
Défenseurs :
Armin Helfer (A, -1) – Armin Hofer (-2)
Luca Zanatta (-2) – Thomas Larkin
Stefano Marchetti – Alexander Egger
Daniel Glira – Enrico Miglioranzi
Gardien :
Frédéric Cloutier
Remplaçant : Andreas Bernard (G). En réserve : Gianluca Vallini (G), Alex Lambacher.
Russie
Attaquants :
Ivan Telegin (+2) – Sergei Andronov (+2) – Aleksandr Barabanov (+2)
Artemi Panarin (2′) – Vadim Shipachyov (A, -1) – Evgeni Dadonov (-1)
Nikita Gusev (+1) – Vladislav Namestnikov (+2, 4′) – Nikita Kucherov (+2)
Sergei Mozyakin (C) – Vladimir Tkachyov – Sergei Plotnikov
Défenseurs :
Bogdan Kiselevich (+2) – Vladislav Gavrikov (+2)
Viktor Antipin – Anton Belov (A, +2)
Ivan Provorov – Andrei Mironov (-1)
Artyom Zub (+2)
Gardien :
Andrei Vassilevski puis Ilya Sorokin à 40’00 »
En réserve : Igor Shestyorkin (G).