Championne du monde en mai avec une équipe très colorée NHL, la Suède doit se réiventer pour le tournoi olympique sans la présence du circuit Bettman (dont elle fournit maintenant 10% des joueurs après un départ massif de sa jeune génération).
Si elle ne compte que des choses que deux médaillés d’or du printemps (Omark et Everberg), la Tre Kronor aborde cette saison internationale avec six champions du monde 2013 : le gardien Jhonas Enroth, les défenseurs Johan Fransson, Staffan Kronwall et Erik Gustafsson, les ailiers André Pettersson and Dick Axelsson. Sa meilleure arme attendue est toutefois la première ligne de Skellefteå (Lindström-Lindholm-Möller). Un trio qui se connaît, cela peut aider dans le temps de préparation assez court avant Pyeongchang. Ce match à domicile, dans une patinoire pleine à Örebro, est la première étape pour vite se trouver.
Les Tchèques, quant à eux, ont peut-être plus d’atouts cachés dans leur manche. Roman Červenka, qui se remet d’une blessure à l’épaule, Ondrej Nemec – touché à l’aine – ou encore Michal Vondrka sont ménagés et ne seront testés qu’en décembre, de même que les vétérans Martin Erat, Zbynek Michalek ou Petr Koukal. De plus, les trois joueurs de Khabarovsk dans l’Extrême-Orient (Michal Jordán, Jan Kolář et Tomáš Zohorna) n’ont pas été sélectionnés pour des raisons logistiques. Dans les cages, Dominik Furch, pour qui tout va bien, reste aussi en réserve : le but est de faire jouer l’autre titulaire potentiel Pavel Francouz toujours en mal de temps de jeu à Chelyabinsk.
Le sélectionneur tchèque Josef Jandač a déclaré ne plus vouloir faire de compromis cette année sur la mise à disposition des joueurs, et a exigé d’avoir tout le monde au camp dès le lundi, tant pis pour la CHL. Son exigence s’est toutefois limitée à la présence des hockeyeurs à l’entraînement. Il a donné son feu vert à Ladislav Smid pour partir au match de Liberec à Göteborg contre Frölunda. L’ancien défenseur de NHL, qui a faim de hockey après un an et demi sans jouer (deux opérations du coup après des commotions, était très motivé et a participé à un exploit en éliminant le double vainqueur de la Ligue des Champions. Il a ensuite pris un taxi affrété par la fédération tchèque pour faire les trois heures de route pendant la nuit. La Suède a gardé en revanche ses joueurs de CHL pour la suite.
Même si Jandač a déclaré bannir toute expérimentation jusqu’à l’échéance olympique, il a intégré deux débutants : le défenseur Michal Moravčík (meilleur +/- d’Extraliga tchèque avec +19), très surpris de sa sélection car il n’était pas international dans les catégories de jeunes importantes mais uniquement en U19, et l’attaquant Andrej Nestrašil, ancien ailier de NHL reconverti au centre en KHL.
Nestrašil est placé directement sur la première ligne, où il prend le premier tir, ainsi qu’en supériorité numérique. Il obtient ainsi son premier point quand Cehlin est en prison pour avoir laissé traîner le genou face à Zaťovič : après un travail d’étirement de la défense, il donne en retrait au défenseur Jakub Nakládal dont le lancer bénéficie d’une déviation d’un Suédois et d’un écran de Lukáš Radil (1-0).
Le buteur Nakladal est aussi le nouveau capitaine tchèque, car il est le plus capé avec maintenant 102 sélections. Il devance de peu Jan Kovář, qui fête sa centième sélection et a reçu un maillot commémoratif floqué du 100 dans le vestiaire. Devant démontrer sa valeur alors que son équipe de Magnitogorsk est tombée dans la médiocrité cette année, Kovář aura comme point fort d’être le seul centre tchèque positif aux mises au jeu ce soir… L’avantage tchèque ne dure que deux minutes, en raison d’une perte de palet à la ligne bleue offensive. Anton Lander joue bien le 2 contre 2 en décalant Dennis Everberg qui se défaut du débutant Moravčík et égalise au rare du poteau (1-1).
Les Tchèques reprennent l’avantage en début de deuxième période grâce à une bonne nouvelle : le duo Birner-Řepík, reconstitué comme aux Mondiaux de Paris, s’entend toujours très bien. L’attaquant de Fribourg-Gottéron, servi entre les cercles, place le palet sous la barre (1-2).
Mais la Suède, elle, compte sur l’entente d’un duo d’ailiers d’encore plus longue date, celui de Skellefteå : Joakim Lindström profite du manque de concentration de Šulák pour combiner vers la reprise d’Oscar Möller côté droit (2-2). Une minute plus tard, Gulas part en prison pour obstruction, et l’opportunité sera convertie par un tir du poignet précis de Lindström (3-2).
Chaque pénalité se transforme en fait en but. Les Suédois sont pris par la patrouille pour un surnombre. Jakub Klepiš, qui fait son retour en équipe nationale après deux années de rajeunissement, se montre extrêmement actif et combatif ce soir, et il sort le palet de la bande pour l’égalisation de Lukáš Radil (3-3).
Le jeu de puissance suédois réplique en dernière période par son propre festival. Le but décisif est une merveille de passes impliquant les cinq joueurs, qui plaira à tous sauf à l’entraîneur tchèque car le palet a traversé deux fois par le milieu : la dernière passe est signée André Pettersson trouve Dick Axelsson (4-3). Les Tchèques ont quelques occasions avec un poteau de Gulas et deux tirs de Klepiš. Mais la Suède frappe une dernière fois en avantage numérique, toujours avec Pettersson pour Axelsson (5-3).
L’évolution des deux équipes au cours de la suite du tournoi Karjala en Finlande sera à observer particulièrement, car elles sont encore en réglage.
Commentaires d’après-match
Michal Birner (attaquant de la République tchèque) : « Quand on prend tant de pénalités contre un tel adversaire, il y a de grandes chances que les Suédois mettent des buts. Le jeu en infériorité numérique en équipe nationale est différent du club, où les joueurs ont le temps de le travailler, on n’est pas habitué. Malheureusement, on devait le savoir, et leurs joueurs techniques nous ont offert une leçon. Bien sûr, cela fonctionne aussi dans l’autre sens, les Suédois ont pris deux buts en infériorité et n’ont probablement pas pu s’entraîner comme ils le voudraient. »
Suède – République Tchèque 5-3 (1-1, 2-2, 2-0)
Mercredi 8 novembre 2017 à 18h00 à la Behrn Arena d’Örebro. 5735 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Henrik Pihlblad et Jimmy Dahmén (SUE).
Pénalités : Suède 4′ (2′, 2′, 0′), République Tchèque 8′ (0′, 2′, 6′).
Tirs : Suède 24 (5, 13, 6), République Tchèque 23 (13, 5, 5).
Évolution du score :
0-1 à 12’55 » : Nakladal assisté de Nestrašil et Radil (sup. num.)
1-1 à 14’45 » : Everberg assisté d’Ahnelöv et Lander
1-2 à 21’55 » : Birner assisté de Řepík et Kundrátek
2-2 à 29’53 » : Möller assisté de Lindström
3-2 à 32’07 » : Lindström assisté de Kronwall (sup. num.)
3-3 à 35’22 » : Radil assisté de Klepiš et Nakladal (sup. num.)
4-3 à 48’25 » : Axelsson assisté de Pettersson et Omark (sup. num.)
5-3 à 57’42 » : Axelsson assisté de Pettersson (sup. num.)
Suède (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Joakim Lindström (+1) – Pär Lindholm (+1) – Oscar Möller (+1)
Linus Omark (A) – Johan Ryno (-1) – André Pettersson (-1)
Dick Axelsson (-1) – Joakim Andersson – Patrick Cehlin (2′)
Dennis Everberg (+1) – Anton Lander (+1) – John Norman (+1)
Rasmus Asplund
Défenseurs :
Patrik Hersley – Staffan Kronwall (C)
Erik Gustafsson (A, +1) – Jonas Ahnelöv
Magnus Nygren – Johan Fransson
Marcus Högström (+1)
Gardien :
Jhonas Enroth
Remplaçant : Magnus Hellberg (G). En réserve : Linus Söderström (G), Rasmus Dahlin, Simon Bertilsson (D), Fredrik Pettersson, Robert Nilsson (A).
République Tchèque
Attaquants :
Jiří Sekáč (-1) – Andrej Nestrašil – Lukáš Radil
Dominik Kubalík – Tomáš Mertl (-1) – Milan Gulaš (-1, 2′)
Michal Birner (+1) – Jan Kovář (A, +1, 2′) – Michal Řepík (+1)
Martin Zaťovič (-1) – Roman Horák (-1) – Jakub Klepiš (A, -1)
Jakub Lev
Défenseurs :
Libor Šulák (-1) – Vojtěch Mozík (-1, 2′)
Ladislav Šmíd (2′) – Jakub Nakládal (C)
Jakub Krejčík (+1) – Tomáš Kundrátek (+1)
Ondřej Vitásek (-1) – Michal Moravčík (-1)
Gardien :
Pavel Francouz [sorti à 59’42 »]
Remplaçant : Marek Mazanec (G). En réserve : Patrik Bartošák (G), David Němeček (D).