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Bulletin NHL : la routine est de retour

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Chaque semaine, nous faisons un point sur la situation dans la NHL et revenons sur les nouvelles de la ligue. Pas forcément les grands titres qui n’auront échappé à personne, mais plutôt des informations plus subtiles mais tout aussi importantes.

 

Le point sur la ligue

 

Ce matin, seuls New Jersey et Tampa dépassaient à peine un PDO de 103 et Pittsburgh est l’unique équipe en deçà de 97. Autant dire que les faux semblants du début de saison se sont largement estompés. Tout cela va encore se resserrer au fil de la saison. À long terme la force des systèmes de jeu va faire désormais la différence.

Nashville cherche attaque. Les Preds sont désormais l’équipe qui produit le moins de buts anticipés de la ligue… Nashville est surtout l’équipe qui convertit le moins de ses tentatives de tirs en chances de marquer. Concrètement, Nashville ne s’approche pas suffisamment du but. Ryan Johansen a tenté 209 tirs cette saison, et en a cadré seulement 19… La défense est solide et Rinne donne des points à son club mais il va falloir marquer des buts.

 

Les Rangers revivent. Cinq victoires de suite pour les Blueshirts, dont les buts rentrent enfin. Si la défense est toujours en mode passoire, l’attaque chirurgicale en contre convertit de nouveau ses chances. Alain Vigneault respire.

 

La fin du conte de fées pour Vegas. Comme prévu, la difficulté du calendrier augmente, la réussite s’estompe et les défaites arrivent. C’est la vie. Bienvenue en NHL.

 

Burns cherche la solution

Après 59 tirs, Brent Burns n’a toujours pas marqué ! Le défenseur des Sharks mène les défenseurs de la ligue en tirs. Auteur de 29 buts la saison dernière, le récent récipiendaire du trophée Norris compte seulement 7 passes en 14 matchs.

La défense des Sharks alterne en tout cas le chaud et le froid. Le chaud, lorsque le gardien Martin Jones a signé une belle série de sept matchs de suite avec deux buts encaissés ou moins. Le froid, quand cette série s’est achevée lorsque l’ogre Tampa Bay s’est imposé 5-1 mercredi soir.

La blessure de Paul Martin dès le début de saison a il est vrai rebattu les cartes de l’arrière garde de San José. Par ailleurs, déçu par Dylan De Melo, l’entraîneur Peter De Boer l’a mis en tribunes et a rappelé deux rookies : l’Américain Joakim Ryan et le Suédois Tim Heed. Le premier joue désormais aux côtés de Burns et la paire souffre un peu en possession. Ryan joue le rôle du défenseur défensif à côté de la machine à tirer au but, sans pour autant que les statistiques de possession ne brillent vraiment. Quant à Heed, il connaît plus de succès aux côtés de Brenden Dillon et a même gagné du temps de jeu en supériorité. Il compte deux buts et cinq passes en douze matchs, menant ainsi les défenseurs de l’équipe en points. Des progrès qui pourraient placer Paul Martin sur le marché des transferts. L’arrière de 36 ans termine son contrat de 4,8 millions de dollars en 2019.

 

Minnesota dans la tourmente

Cinq ans de suite en playoffs, et le Wild paraissait solidement installé dans les prétendants au titre. Mais le début de saison catastrophique de Minnesota les place 27e de la ligue après un mois de compétition. Inhabituel pour une équipe dirigée par Bruce Boudreau. Les explications sont multiples. Les blessures, tout d’abord, avec Charlie Coyle et Zach Parise à l’infirmerie. Malgré tout, le potentiel offensif est réel, les occasions aussi : le Wild se classe 9e en pourcentage de tirs, donc les occasions sont plutôt transformées. Le Wild se distingue toujours autant par sa rigueur défensive, étant 4e de la ligue pour les buts anticipés contre. Le problème se situe plutôt dans les cages. Devan Dubnyk signe un médiocre 90,3% d’arrêts et 3,04 buts encaissés par match (avant de blanchir Montréal hier soir). Mais le coach Boudreau est cependant plus prompt à incriminer le manque de rigueur de certains. Après la défaite 5-3 contre Boston lundi, Boudreau a publiquement mis en cause ses joueurs et notamment Nino Niederreiter, coupable sur le 2e but des Bruins : “Ce qui se passe, c’est que certains ne font pas leur boulot. Je ne sais pas comment le dire autrement. Nino n’est pas un défenseur, mais il devrait être capable de rester devant quelqu’un. Et quand vous revenez, vous devez au moins prendre le joueur, c’est le vôtre. C’est la base.” Ambiance… Il va falloir resserrer les boulons sous peine de voir le train des phases finales démarrer sans le Wild… La victoire 3-0 contre Montréal est peut-être un nouveau départ.

 

La fin du feuilleton Vadim Shipachyov

Le Russe est devenu cette semaine le premier joueur à prendre sa retraite en tant que Golden Knight de Las Vegas… Même s’il semble que Vegas avait trouvé preneur pour lui (Anaheim ?) pour un prix vraiment modeste, un choix de 5e ronde, Shipachyov a préféré rentrer en Russie. Pour éviter que le joueur ne fasse faux bond et signe avec une autre franchise une fois libre de son contrat, Vegas a donc exigé qu’il prenne officiellement sa retraite de la NHL. Cela l’empêche de revenir avant l’âge de 35 ans, comme Ilya Kovalchuk à son époque.

Le GM de Vegas George McPhee en a remis une couche en déclarant que Shipachyov n’avait tout simplement pas le niveau et qu’il était moins bon que les autres centres de l’équipe… Pour ne pas les nommer, Cody Eakin, Oscar Lindberg ou William Karlsson. Pas vraiment une équipe all-star. Alors où est le problème ? N’est-ce pas un peu ridicule de porter un tel jugement après seulement 3 matchs et 31 minutes jouées par Shipachyov ? Ou bien pourquoi lui avoir donné un tel contrat si les dirigeants avaient des doutes sur son cas ? George McPhee vient de rappeler que ses décisions sont parfois intrigantes…

 

Duchene échangé en plein match ?

Nous sommes revenus plus tôt cette semaine en détail sur l’échange à trois entre Ottawa, Colorado et Nashville pour Matt Duchene. Attardons-nous une seconde sur le fait que celui-ci ait quitté la glace en plein match à la nouvelle de l’échange. Ne pouvait-il pas finir le match, dire au revoir à ses coéquipiers ? La réponse peut surprendre et sembler manquer d’humanité mais elle est claire : non. Le deal a été le fruit d’un travail de longue haleine, près d’une année, et trois équipes y trouvaient leur compte. Ottawa se pense capable de gagner la coupe, Nashville tient son 2e centre et Colorado fait le plein pour l’avenir. Imaginons une seconde que Duchene se blesse gravement en fin de match. Le deal tombe évidement à l’eau et trois équipes se retrouvent frustrées. La consigne est donc de ne prendre aucun risque, comme l’a rappelé publiquement Joe Sakic cette semaine.

Ottawa voulait aussi que Duchene soit à Ottawa le lendemain matin pour le présenter à la presse. De plus, Ottawa et Colorado se retrouvent… en Suède cette semaine pour les retrouvailles de la NHL avec l’Europe. Duchene aura amplement l’occasion de prendre un verre avec ses anciens coéquipiers.

Le hockey est un business où le risque ne fait pas partie des pratiques des dirigeants. C’est parfois malheureux mais c’est comme ça.

 

Duels fratricides

Le hockey est un sport familial, mais le passage aux rangs professionnels ne se fait pas toujours dans la même équipe. Jeudi soir, Brayden et Luke Schenn s’opposent pour la 6e fois de leur carrière – après avoir joué quelques temps ensemble à Philadelphie. Le plus jeune, Brayden, mène les confrontations 5-0.

L’occasion de faire un petit pointage des fratries cette année. Le trio des Staal mène aux points devant le duo Schenn (21 contre 20). Podium pour les frères Stone, Mark et Michael, avec 18 pts.

On notera l’absence des frères Gionta, Gaunce, Shore, McGinn, Miller, Biega, Carrick, Nylander, Lundqvist, Strome, ou encore Schmaltz, dont un seul représentant a évolué en NHL cette saison. Idem pour les Reinhart, Griffin n’ayant connu que les tribunes de Vegas et Max la glace de Belleville, l’équipe-ferme d’Ottawa.