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La pause courrier NHL

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Premier numéro de cette pause courriel NHL ! Merci pour toutes vos questions et nous espérons que l’expérience vous plaira.

 

Yakuru Turboligwen‏ @Toligwen: Quelles sont les plus grosses différences dans l’arbitrage entre la NHL et les règles IIHF (que ce soit dans la règle stricto sensu ou dans son application) ?

Il existe en effet quelques subtilités de règlement entre la NHL et l’IIHF, notamment l’enclave des gardiens qui est plus petite en NHL et l’interdiction pour ceux-ci de sortir hors d’une zone en trapèze derrière leur but. Cela pour donner plus de liberté aux attaquants. Certaines pénalités sont également légèrement différentes et la souplesse des arbitres est supposément plus lâche en NHL. Mais la différence majeure concerne la taille de la glace. Celle-ci fait 60m de long pour 30m de large en Europe, contre 60m de long mais seulement 26m de large en Amérique du Nord. Quatre mètres en moins qui font une vraie différence en termes d’espace pour les joueurs. C’est pour cela que le jeu en NHL/AHL est réputé pour aller « nord-sud », d’un but à l’autre en ligne droite, quand les européens jouent plutôt « est-ouest ». Comprendre « font des détours »… Il est plus aisé, grâce à cet espace, de conserver le palet en Europe sans qu’un défenseur vous tombe dessus, d’où la difficulté parfois des Européens à s’habituer à la densité physique de la NHL et à la rapidité de prise de décision exigée.

Il ne faut pas pour autant croire que la NHL jouée sur une grande patinoire serait un spectacle exceptionnel. La situation s’est présentée aux JO de Sotchi en 2014 et la déception fut immense. Certes, les équipes ont pu conserver davantage le palet et construire le jeu, mais les défenses, celle du Canada notamment, avaient choisi de cadenasser le centre de la glace et de laisser le long des bandes à l’adversaire, ne lui offrant que des angles de shoot impossible. Le résultat fut pour le moins soporifique.

 

Yakuru Turboligwen‏ @Toligwen: Quelle est la plus longue série de défaites en NHL ?

Les Sharks de 1992-93 avec 17 défaites de suite…

 

Olivier Mathieu: Que se passe-t-il avec Price ? Et plus généralement avec le Canadien ? Bergevin prend-il les bonnes décisions ?

Il est clair depuis le début de la saison que Carey Price n’est pas lui-même. Il semble lent dans ses déplacements et en retard sur le jeu en général. Or, il est très peu probable que le meilleur gardien des cinq dernières années ait oublié comment jouer… La nouvelle de sa blessure « au bas du corps » vendredi dernier a confirmé les craintes et fourni une explication à ses performances. On peut imaginer un souci aux adducteurs ou à un genou qui le gêne dans ses déplacements. Le problème est que des blessures trop petites pour être opérées demandent parfois beaucoup de temps pour guérir d’elle-mêmes. En attendant, le meilleur espoir de l’organisation dans les cages Charlie Lindgren aura la chance de se faire valoir. Il a blanchi Chicago à son premier match dimanche, battu Vegas et reste invaincu en 3 saisons de NHL (ok, il a joué 5 matchs…)

Autrement le Canadien va plutôt bien. Les défaites du début de saison étaient souvent dues à un manque de réussite en attaque mais les chances étaient là. Il était naturel qu’avec le temps les choses se rétablissent, ce qui est le cas avec 6 victoires sur les 8 derniers matchs, avant une série de 5 autres matchs à domicile. Si les Habs ne manquent pas d’offensive, la défense est par contre un problème certain (bien que l’attaque puisse compenser) et la faute en revient à Marc Bergevin. Les pertes de Markov et Beaulieu signifient moins de mouvement et une relance du palet difficile. Claude Julien souhaite une défense qui forme un bloc et garde l’adversaire à distance, mais dès que le jeu se met en mouvement, c’est la panique à bord pour les Weber, Alzner et Benn. En ce sens, la vision de Bergevin ne colle pas avec la NHL moderne et handicape énormément le club.

Matthieu Fonta. À propos des séries statistiques probables pour un joueur ou un gardien. Par exemple combien de temps un joueur qui marque 8% de ses shoots peut rester sans marquer. Ou un gardien qui a une moyenne de .920 peut-il rester à .880 ?

Difficile de répondre rapidement à cette question. Disons que plus l’échantillon de matchs est petit, plus les % peuvent varier très rapidement. Un gardien qui encaisse 6 buts sur 15 tirs à son 3e match va voir son pourcentage d’arrêts dégringoler mais la même performance au 30e match de la saison n’aura qu’un faible impact sur ses stats. À l’inverse, un joueur peut rester sans marquer un long moment puis débloquer d’un coup, genre 4-5 buts qui s’enchaînent, et faire remonter ses stats à un niveau normal.

Au final la règle est de regarder le pourcentage d’arrêts ou de réussite aux tirs du joueur sur l’ensemble de sa carrière et de voir si sa performance actuelle est logique ou non. Jonathan Quick a un pourcentage d’arrêts de 93,7% en ce moment mais est un gardien de 91,6% en carrière. Il va donc très certainement redescendre. Nikita Kucherov marque sur 15% de ses tirs en carrière, ce qui est digne des tous meilleurs joueurs de la ligue. Mais du coup, son 24% actuel est paranormal et il connaîtra une petite traversée du désert le temps que cela se replace.

À noter enfin qu’il est plus probable pour un joueur de connaître des saisons au-dessus ou en-dessous de sa norme, en raison de ses compagnons de trios, de pépins physiques, etc. Les gardiens sont davantage dans leur monde et forment un groupe plus homogène (ils sont aussi moins nombreux).

Arnaud Guffon: Comment se positionnent les joueurs de NHL vis-à-vis des JO 2018. Notamment les joueurs européens !

La grogne face au refus de la NHL de trouver un terrain d’entente a été particulièrement vive l’an passé. Des joueurs nord-américains comme Crosby ont fait savoir publiquement que les J.O étaient un honneur et qu’il serait absurde d’empêcher la NHL d’y être. Les joueurs européens étaient encore plus engagés et certains comme Ovechkin affirmaient alors qu’ils iraient quoi qu’il arrive. Le propriétaire des Capitals avait d’ailleurs donné sa bénédiction à Ovechkin, Bäckström & cie de s’absenter même sans l’accord de la ligue. Le non définitif de la NHL a cependant refroidi les ardeurs et les joueurs semblent accepter la situation. Et surtout, les fédérations nationales n’ont pas l’intention d’appeler les joueurs de la NHL, donc pas de dilemme philosophique à avoir sur une désertion sauvage en février prochain… Cela n’empêche pas certains, comme Marc-Édouard Vlasic, de lancer à l’occasion des piques à la NHL pour rappeler leur déception.

 

La dide @Didelot: L’année des Blues ou bien la triste histoire qui recommence ?

Les Blues de Mike Yeo ont une identité bien marquée, celle d’une équipe qui joue avant tout la défense. Et dans ce domaine, on peut dire que les Blues sont forts, très forts. Ils sont, de loin, l’équipe la plus hermétique défensivement de la ligue. 8e aux tentatives de tirs accordées et surtout 1er aux buts anticipés contre. D’autant plus que les gardiens sont en feu en ce début de saison. Le problème, selon nous, est qu’aucune équipe « défensive » n’a gagné la coupe depuis… plus de 10 ans, voire plus. Los Angeles ou Boston possédaient de formidables systèmes défensifs mais avaient également des attaques très performantes, elles défendaient en privant l’adversaire de palet. Or ce n’est pas le cas des Blues, seulement 23e pour les buts anticipés marqués. Les Blues choisissent de subir et frapper chirurgicalement. Les playoffs l’an dernier en sont un parfait exemple, ils peuvent faire le dos rond avec un gardien chaud bouillant et franchir une ronde. Mais passer 4 tours… Il y a une nette distinction entre vouloir gagner en encaissant moins de buts que l’adversaire et gagner en en marquant plus. Et c’est une chose d’asphyxier un adversaire différent chaque soir pendant la saison, mais les équipes s’adaptent les unes aux autres sur la longueur d’une série. C’est aussi pour cela que les attaques gagnent les championnats, car c’est une manière de contrôler la situation, à l’inverse d’attendre une faute de l’adversaire. Sooo : triste histoire qui se répète ? On verra bien.

Julien Flux Duez @Fluxke: Quelles sont les chances des Ducks cette année ?

On a beau ne pas trouver très moderne le style très 1990’s de Randy Carlyle (on protège son but et on fonce à toute vitesse sur la cage adverse), il est quand même dangereux quand on possède des talents comme Ryan Getzlaf, Rakell, Lindholm, Vatanen, Manson, etc. Mais les blessures qui assaillent l’équipe font clairement douter de ses capacités à se qualifier pour les playoffs. Et Getzlaf vient de se faire opérer et sera absent deux mois ! Sans ces individualités qui portent l’équipe, le niveau de jeu est faible, dans les deux sens de la patinoire. Anaheim est aujourd’hui 28e attaque et 21e défense pour les buts anticipés. Carlyle ne semble pas avoir les solutions pour compenser cela.

Adrien Mugnier @Polesud92: Pourquoi les Canucks n’intéressent personne ? Alors que le début de saison n’est pas si mauvais. Il faut en profiter, ça ne devrait pas durer malheureusement…

Ce n’est pas qu’ils n’intéressent personne, mais personne n’attend rien des Canucks, ou de Détroit par exemple. Ce sont des équipes qui doivent reconstruire mais n’ont pas encore vraiment accepté ce fait. Elles peuvent tenir la route un bout de temps, Vancouver a eu un début de calendrier très facile, mais elles doivent finir au fond du classement pour assurer leur futur. Le coach Travis Green semble avoir choisi une stratégie de petit poucet, couper le jeu, se regrouper défensivement et espérer marquer en contre. Les Canucks sont, de manière surprenante, 2e de la ligue pour les buts anticipés contre, mais seulement 26e pour les buts anticipés marqués. Une analogie footballistique serait celle d’une équipe regroupée à 10 dans sa surface et qui espère marquer sur corner. Green n’a pas vraiment le choix vu l’effectif qu’il a sous la main et il le fait bien. Mais, encore une fois, l’idéal serait de couler, et possiblement d’échanger les Sedin d’ici mars contre des espoirs ou des choix. Même si, émotionnellement, ce serait surprenant qu’ils le fassent.

Jules @JuIes_: Crosby ou Mc David ?

Heuu joker ? Aujourd’hui : McDavid qui est juste sur une autre planète. Il n’a pas la vista défensive et l’intelligence de Crosby mais chacune de ses présences est dangereuse, et il n’est certainement pas au maximum de ses capacités. Ce que Crosby possède en QI de hockey, il va l’acquérir avec le temps. En playoffs : Crosby est incomparable, mais on ne sait pas encore grand-chose de McDavid, qui a été parfois dominé dans le jeu au printemps dernier. S’il fallait en choisir un : McDavid, uniquement pour la différence d’âge. Sera-t-il meilleur que Crosby sur l’ensemble de sa carrière ? Probable, techniquement il est à un autre niveau. Gagnera-t-il autant de coupes ? Pas avec cette équipe d’Edmonton là.