Des Jets à toute vitesse

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Winnipeg ne faisait pas partie des favoris avant la saison. Premiers de la division Centrale, deuxième de la Conférence Ouest et quatrième au classement général, c’est l’une de belles surprises jusqu’à présent. Comment expliquer une telle réussite ? Quelle est la formule qui leur permet d’être rendus de sérieux aspirants aux grands honneurs ?

 

Les Jets 2.0

Après 15 ans d’absence, à la surprise générale le hockey de la Ligue Nationale est revenu au Manitoba en 2011. Les défunts Thrashers d’Atlanta sont transférés à Winnipeg, et les Jets sont de retour. Les partisans répondent présents sans avoir vraiment une idée de quoi le futur serait fait pour leur équipe favorite. Les propriétaires ont alors choisi un pilote pour mener la franchise dans la bonne direction : Kevin Cheveldayoff. Il a fait ses classes avec l’organisation des Blackhawks de Chicago avec lesquels il a d’abord agi avec l’équipe réserve avant d’être promu Assistant DG et de remporter la Coupe Stanley – avec Cristobal Huet – en 2010.

Source winnipeg.ctvnews.ca

Il fait alors un état des lieux de la franchise et le constat est sans appel. Les Jets n’ont pas de relève ou presque. Il va donc falloir y remédier s’ils veulent se donner une chance de gagner. Une autre facette de la réalité est que c’est une organisation à « budget ». Ils ont leur propre plafond salarial. C’est pour cela qu’on peut en partie expliquer les départs d’Evander Kane et Andrew Ladd récemment. Les retours ont été très intéressants et sont de bons exemples à suivre pour monnayer ses atouts pour aller de l’avant.

Paul Maurice est une des raisons, ou en tout cas une bonne raison, des succès de Winnipeg cette année. Il est excellent avec les jeunes joueurs mais est aussi capable de transformer certains vétérans. Mark Scheifele & Kyle Connor et Blake Wheeler & Bryan Little représentent tous des preuves probantes de réussite pour leur entraîneur. Souvent décrié pour de mauvaises raisons, il a la chance cette saison, et ce pour la première fois de sa carrière dans la LNH, de compter sur un gardien au-dessus de la moyenne. Et on connaît les résultats.

 

Un gardien transformé

Après une saison bien en dessous des attentes, Connor Hellebuyck s’est remis en question pendant la saison morte. Avec la signature du vétéran Steve Mason en provenance de Philadelphie, la hiérarchie semblait déjà établie. Il a décidé de se retrousser les manches et de changer son style. Deux points cruciaux ont été modifiés. Sa posture et la position de sa mitaine. Pour être capable de performer dans le circuit Bettman, le physique fait partie intégrante de votre réussite. Le choix de 5e ronde en 2012 a travaillé essentiellement sur son « core » durant l’été. Qu’est-ce que c’est ? Ce sont les muscles entre le nombril et les genoux. C’est avec cette partie de que les gardiens sont capables de réaliser des mouvements contre nature répétés. En solidifiant cette partie du corps, le gardien des Jets se voit plus en mesure de rester stable dans sa cage. Il a délaissé ses acrobaties pour un style plus efficace et moins spectaculaire. Ça lui permet également de rester « plus gros » plus longtemps lorsqu’il fait face aux attaquants rivaux. Il est beaucoup plus difficile à battre sur le premier lancer.

Source NHL.com

La position de sa mitaine dans le passé était trop basse pour lui permettre d’arrêter certains tirs foudroyant des adversaires. Il a opté pour la relever au niveau de son épaule. Son temps de réaction est donc bien meilleur lorsqu’il doit s’en servir. Là aussi, il est plus compact quand il doit arrêter ses opposants.

En chiffres, les changements font beaucoup de bien, aussi bien à lui qu’à l’équipe. Avec seulement 46 parties jouées, Hellebuyck est seulement à 3 victoires de son total de la saison passée. Du groupe de cerbères qui ont joué au moins 30 matchs – gardien numéro 1 –  il est 3e en termes de victoires (23), 8e pour le pourcentage d’arrêts (92,2%), et 3e pour la moyenne de but accordés (2,40). Lors de la saison 2016-17, il a fini avec une moyenne de 2,89 buts accordés par match, bon pour le 35e rang, et avec un pourcentage d’arrêts de 90,7% qu’il le plaçait au 36e échelon du même groupe. Une transformation radicale qui permet à Winnipeg d’espérer de grandes choses pour le printemps prochain.

Sur le plan personnel, et s’il continue comme ça, il a de fortes chances d’être candidat au podium pour 3 trophées : Hart (meilleur joueur/joueur le plus utile), Vézina (meilleur gardien), et Bill Masterton (joueur le plus persévérant et meilleur esprit d’équipe). À suivre donc !

 

Le fameux joueur de centre numéro 1

Même s’il évolue dans un marché canadien, Mark Scheifele ne reçoit pas toute l’attention qu’il mérite. À sa cinquième saison à temps plein avec les Jets, le joueur de centre s’améliore match après match. Il a tous les attributs que les équipes recherchent – certaines désespérément – pour un joueur de centre de premier plan. Le gabarit (1m90 / 94kg), la vision (50 assists l’année dernière), la touche de marqueur (29 et 32 buts lors des deux dernières campagnes), la vitesse, l’intelligence de jeu et il est droitier. Il n’est pas parfait mais il très complet. Sans l’ombre d’un doute, il fait partie de l’élite dans la NHL à sa position.

Une des raisons de son succès se cache derrière sa passion pour le hockey. C’est un véritable « Nerd » comprenez ici qu’il regarde le plus de matchs possibles, qu’il étudie aussi bien les gardiens, que les défenseurs, que les attaquants qu’il affronte, qu’il s’intéresse à tous les mouvements des joueurs à travers la Ligue et qu’il a un coach spécialisé dans les habiletés – le légendaire Adam Oates – pour l’aider sur une base régulière. Il mange, il dort, il respire pour le hockey. Il est également et comme bon nombre de ses pairs un travailleur acharné à la recherche de l’excellence.

La vidéo de Hockey Sense nous explique comment il est capable de marquer autant tout en ayant moins de lancers au filet que par le passé. Il se concentre sur la qualité (meilleure position) plutôt que sur la quantité. Il a, entre autres, dominé la LNH l’an passé au niveau du pourcentage de tirs provenant de l’enclave. Impressionnant.

Sa blessure subie à la fin du mois de décembre est un coup dur pour sa formation, mais ils maintiennent une fiche de 6-2-1 en son absence. Blake Wheeler fait du très bon travail à titre de centre numéro un, au moins pour l’instant. Scheifele devrait revenir au jeu vers la fin du mois de février. D’ici là, Winnipeg va tenter de maintenir le cap.

 

À quoi s’attendre ?

Cette équipe va faire les séries. Ils sont jeunes et se doivent d’apprendre. La réalité économique de la franchise les oblige à gagner très vite. Cependant tous les joueurs clés sont sous contrat à moyen terme. La formation Manitobaine va faire des étincelles en playoffs dès cette saison. Cette année semble un peu tôt, mais sait-on jamais ? L’année prochaine par contre, ils seront plus prêts que jamais !

 

Les Jets en rafale :

3e meilleure attaque générale et 6e meilleure attaque à 5 contre 5

2e meilleur avantage numérique et 1er pour les buts marqués à 5 contre 4

3e plus efficace aux mises en jeu

12e équipe pour la discipline contre 25e la saison passée

 

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