Brest – Nantes (Division 1, 19e journée)

279

Brest n’y arrive plus.

C’est grave docteur ? Après une fin de série de victoires la semaine passée face à Briançon, Brest ne s’est absolument pas rassuré avec une Bérézina défensive de toute beauté chez l’avant-dernier, Mont-Blanc (7-5). Les Albatros ont perdu leur place de leaders mais demeurent la meilleure défense du championnat. Néanmoins ils ne vont pas le rester longtemps si cette mauvaise dynamique se poursuit.

Le plus grave symptôme de cette hémorragie à l’arrière est le jeu en infériorité numérique. Sur les deux dernières rencontres il atteint un pourcentage ridicule de 45 % de pénalités tuées. Une misère. Le capitaine Jonathan Avenel parlait « d’une montagne de travail » dans la presse quotidienne régionale. C’est en effet le cas.

Et ils ne doivent pas perdre de temps car ce soir c’est un derby chaud qui s’annonce face à des Corsaires Nantais aux arguments offensifs percutants. Avec leur belle brochette d’attaquants canadiens Rhéaume, Grand-Maison, Leveillé, Asselin, Bohémier ainsi que le défenseur offensif Filion, il y a de quoi faire un sacré abordage sur la cage du compatriote Jordan Ruby. Après une série de trois défaites, les Nantais se sont récemment rassurés par un succès face au voisin de Cholet (5-2). Ils recollent ainsi au contact de la zone des play-offs à un point de la huitième place.

Premier constat rapide, Brest ne tourne plus qu’à trois lignes offensives et laisse Lubin, Lardière et même Rusnak sur le banc. Ces joueurs font-ils partis de ceux « qui doivent travailler plus » dixit Sylvain Codère dans la presse locale ? Cela serait étonnant car ces joueurs n’ont pas déçu sur la glace. À l’inverse on retrouve sur la glace Jaroslav Kristek, transparent depuis plusieurs matchs à domicile. À son crédit il se signale par le premier temps chaud du match : une reprise à bout portant que Vojtech Sedlacek repousse d’une parade en se couchant. La première d’un festival du gardien tchèque (3’37’’) et la dernière action notable du match de son compatriote.

Le duo d’entraîneurs nantais Babka-Brincko adapte vite sa rotation à trois lignes également. Sans surprise les Corsaires se distinguent par des attaquants véloces dont la vitesse déstabilise la défense bretonne. L’intenable attaquant de poche Janick Asselin se montre fréquemment à son aise en zone offensive pour servir des caviars à ses ailiers.

Les deux équipes sont tour à tour sanctionnées. Brest d’abord par Dana (8’51’’) puis Nantes avec Prokop (10’19’’). Sur la fin de pénalité du défenseur tchèque, les Nantais temporisent par Asselin qui contrôle le palet. Ce dernier profite du champ libre laissé par Brest en zone neutre pour trouver en course la palette de Rheaume qui s’engouffre entre les deux défenseurs adverses et s’en va tromper seul Ruby. Un contre fulgurant qui a puni des Albatros endormis sur la temporisation d’Asselin (0-1 à 12’22’’).

La ligne brestoise emmenée par Bryan Kolodziejczyk est certainement la plus efficace cette saison. Elle se fait encore remarquer par son bon travail qui donne de la vie en zone offensive en fin de première période sans pour autant trouver la faille.

La tactique nantaise est simple mais efficace. Dès qu’une action brestoise avorte, un ou deux attaquants se portent immédiatement en zone neutre et attendent une longue passe pour effectuer une contre-attaque assassine. Sur un solo de Grand-Maison, Brest est sanctionné par une crosse haute de Stuart sur son compatriote qui filait vers le but (17’55’). Les tirs nantais se multiplient en supériorité mais la vigilance de Ruby laisse la marque inchangée. À noter que Ondrej Rusnák est utilisé en infériorité numérique. Il ne semble pas blessé…

Les Albatros ont manqué clairement d’efficacité devant le but. Ils ont deux tiers pour réagir. Une pénalité de Vaskivuo (24’59’’) les force à faire le dos rond autour d’un Ruby qui repousse tout y compris à l’aide de son casque (27’). La pénalité est tuée et c’est un véritable siège qui s’en suit autour de la cage de Sedlacek. Installé en zone offensive, Brest enchaîne les lancers et le portier tchèque repousse au moins cinq tirs en l’espace d’une minute (28’). Il annihile même une échappée de Vaskivuo dont le tir n’était pas des plus inspirés.

Ces séquences sont à l’image du match pour Brest, qui a les occasions mais se complique franchement la vie. Au lieu de jouer simple, les Albatros s’enferment dans des angles impossibles, tricotent trop le palet ou pivotent, permettant à la défensive adverse de bien se positionner, et se retrouvent finalement dans une posture de tir trop compliquée. Les Nantais ont clairement eu un temps dur mais se signalent toujours par le duo Asselin-Rhéaume. Ce dernier tape même la barre transversale de Ruby (37’50’’).

La dernière période débute par un nouveau temps fort brestois. Les Albatros assiègent littéralement la cage de Sedlacek mais celui-ci bloque tout de manière parfois improbable comme cet arrêt du bras sur sa ligne de but sur une reprise de Bradshaw (41’53’’).

Le jeu nantais est parfaitement rodé. Devant un gardien en état de grâce, la défensive est bien en place et regroupée devant son gardien. Aucune erreur n’est commise ou presque et des contre-attaques sont créées. Rhéaume manque ainsi un but ouvert après un deux contre un mené par Leveillé (43’50’’).

Brest joue enfin plus simple dans cette période mais cela ne change rien. Lorsque les Nantais ne contrent pas les tirs, c’est la muraille Sedlacek qui se trouve derrière, que ça soit d’un arrêt du plastron tranquille ou bien d’un grand-écart mitaine spectaculaire (50’). C’est simple, ce dernier écœure un à un les tentatives adverses.

Jusque là exemplaire, Nantes est finalement pénalisé par Asselin qui accroche Vaskivuo (53’41’’). Le jeu de puissance proposé par Brest s’avère décevant avec peu de tirs. C’était pourtant une occasion en or de revenir.

Nantes cherche toujours à planter le but assassin et est tout proche d’y parvenir sur un mauvais repli défensif de Graham Avenel qui oublie le troisième homme, Prokop, au marquage. Ce dernier contourne Ruby mais ne repique pas assez pour faire franchir la ligne de but (56’43’’).

C’est finalement Rhéaume, une nouvelle fois en contre-attaque et servi par Asselin, qui scelle le match en trompant du revers Ruby (0-2 à 58’45’’). Leveillé ajoute un but anecdotique en cage vide après une brève sortie de Ruby dans une patinoire où résonnent les chants des supporters nantais au milieu d’un public brestois complètement résigné (0-3 à 59’14’’).

Troisième défaite en une semaine pour Brest qui est maintenant distant de six points de la première place occupée par Anglet et voit revenir le troisième (Tours) à trois points. L’échec de ce soir fait mal et ne rassure pas malgré l’absence de but encaissé en infériorité numérique. Brest a eu davantage d’occasion mais Nantes s’est montré tout aussi dangereux et plus efficace avec près de deux fois moins de tirs que Brest (21 contre 40).

La victoire nantaise est avant tout une victoire stratégique. Le duo Babka-Brincko a parfaitement trouvé la contre-tactique en mesure de neutraliser les Albatros. À cours de solutions pour déjouer Sedlacek malgré pléthore d’occasions, les Bretons se font blanchir sur leur propre glace. Le duo nantais peut être fier de son équipe qui a été impeccable dans le plan de jeu en jouant le contre à merveille et en ne commettant quasiment aucune faute défensive devant un gardien qui signe le match de l’année au Rïnkla Stadium (blanchissage de quarante arrêts).

Brest plonge un peu plus dans le doute. Après avoir été lâché par sa défensive face à Briançon et Mont-Blanc, c’est l’offensive ce soir qui s’est grippée. Au staff brestois de trouver le remède et vite car l’équipe joue très loin actuellement de son plein potentiel.

Joueurs du match : Erwan Pain (Brest, Vojtech Sedlacek (Nantes).

 

Brest – Nantes 0-3 (0-1, 0-0, 0-2)
Samedi 20 janvier 2018 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 835 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Samuel Fessier
Pénalités : Brest 6′ (4’, 2’, 0’), Nantes 4′ (2’, 0’, 2‘).
Tirs : Brest 40 (14, 11, 15), Nantes 21 (8, 7, 6).

Évolution du score :
0-1 à 12’22’’ : Rheaume assisté de Asselin et Lehericey
0-2 à 58’45’’ : Rheaume assisté de Asselin et Grand-Maison
0-3 à 59’14’’ : Leveillé assisté de Bohémier et Dufournet (cage vide)
 

Brest

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Adam Stuart
Jaroslav Kristek – Cullen Bradshaw – Erwan Pain (A)
Mike Vaskivuo – Graham Avenel – Jonathan Avenel (C)
Ondrej Rusnák (en infériorités numériques uniquement)

Défenseurs :
Aurélien Gréverend (A) – Alan Dana
Clément Colombin – Aleksi Laine
Niko Suoraniemi – Michal Dobron

Gardien :
Jordan Ruby sorti de 59’ à 59’14’’

Remplaçants : Quentin Dubos (G), Maxime Foulon, Antonin Marcelle, Alexandre Lubin, Bastien Lardière. Absent : Gaëtan Cannizzo (rupture du tendon d’Achille).

Nantes

Attaquants :
Michael Rheaume – Janick Asselin (A) – Pier-Olivier Grand-Maison
Benjamin Bohémier – Edouard Dufournet (C) – Karl Léveillé
Valentin Dugast – Lucas Bini – Dimitri Motreff
Nicolas Le Dren – [Asselin] – Matthieu Joerger

Défenseurs :
Nicolas Lehericey – Jonathan Filion
Ondrej Martinka (A) – Boris Brincko
Patrik Prokop – Michal Fabian
Sébastien Valade – Louis Seignez

Gardien :
Vojteck Sedlacek

Remplaçant : Corentin Lapointe (G). Absents : Rémi Peronnard, Elias Leprieult

Les commentaires sont fermés.

non accumsan lectus libero nunc dolor. leo. sem,