Grenoble – Angers (Ligue Magnus 2017/18, 35e journée)

Grenoble poussé dans ses retranchements à Pôle Sud

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Les Brûleurs de Loups ont choisi ce soir d’honorer Josef Podlaha, le mythique attaquant tchèque qui a passé huit saisons au cours de deux passages sur les bords de l’Isère (1996-99 et 2001-06) et qui figure parmi les meilleurs pointeurs de l’histoire du club. Son numéro 71 sera retiré au cours de la soirée et flottera au-dessus de la glace de Pôle Sud. Côté glace, les Brûleurs de Loups restent sur une belle série de treize victoires consécutives à domicile. Mais les hommes de Terglav seront méfiants ce soir face à Angers qui est la dernière équipe à s’être imposée à Pôle Sud (6-5)… le 26 septembre !

Depuis, Grenoble a pris sa revanche en octobre (4-2) mais s’est de nouveau incliné face aux Ducs début décembre (1-4). Peu d’équipes ont battu deux fois les Brûleurs de Loups cette saison et une troisième défaite serait malvenue face à un potentiel adversaire en quart de finale si le classement restait en l’état. Les Ducs ont redressé la tête en deuxième partie de saison et restent sur une défaite aux tirs au but face à Rouen vendredi (4-5). Vainqueurs à Gap fin décembre (3-2), les Angevins ont également blanchi Lyon (4-0) il y a 10 jours. De quoi être optimiste côté angevin, sauf que l’infirmerie bien pleine (Albert, Sonne, Quesnele et Bahain notamment) limite les possibilités de rotation pour le coach.

Angers prend le meilleur départ avec un premier lancer de Masson repoussé de la botte par Horak puis sur une bonne combinaison entre Gaborit et Masson arrivé lancé face à la cage grenobloise. En difficulté, les Brûleurs de Loups ont toutes les peines du monde pour sortir de leur zone et porter le danger en zone d’attaque. Il faut attendre six minutes pour voir Dame-Malka effectuer un premier lancer capté de la mitaine par Hardy. Mais les Grenoblois n’y sont pas vraiment à l’image de Rodman qui perd un palet en zone défensive et que Lacroix aurait pu bonifier sans l’intervention opportune de Horak.

La pression angevine finit par provoquer une pénalité de Joël Champagne qui permet à Angers d’accentuer sa domination en avantage numérique. Dame-Malka rejoint Champagne en prison à cause d’une grosse charge sur Frecon contre la bande. Horak repousse les assauts angevins à trois contre cinq puis à quatre contre cinq. Le boxplay grenoblois finit par s’en sortir et Grenoble est enfin de retour à cinq contre cinq.

Les Brûleurs de Loups portent rapidement le danger sur la cage amiénoise avec une belle combinaison entre Giroux et Goličič puis sur un bon travail de Leclerc pour Champagne près du slot angevin. Cette fois, c’est Hardy qui s’illustre alors que Grenoble reprend l’initiative mais se fait surprendre sur un contre emmené par Bouchard qui était bien suivi par Campbell. Horak réalise deux arrêts importants coup sur coup.

Les Brûleurs de Loups se font de nouveau pénaliser avec Giroux, offrant une nouvelle opportunité en supériorité numérique à Angers. Après plusieurs situations chaudes autour de la cage iséroise, Robin Gaborit finit par récupérer le palet aux abords du slot et marque d’un tir croisé (0-1, 15’17). Ce but est le premier encaissé par les Brûleurs de Loups en trois matchs puisqu’ils avaient blanchi successivement Épinal (8-0) et Bordeaux (3-0) ! Contraints de faire le jeu, les Brûleurs de Loups tentent de pousser sur la cage angevine mais se heurtent à une défense bien organisée qui ne laisse pas beaucoup d’espace.

Dès le début de la seconde période, les Brûleurs de Loups mettent la pression, à l’image de Goličič qui subtilise le palet à Hardy lequel manque de peu de se mettre le but avec ses patins. Saverio Posa fait trébucher Kara dans sa zone, ce qui permet à Grenoble de bénéficier d’une première supériorité numérique. Mais le power-play grenoblois peine à faire circuler le palet et le boxplay spinalien s’en sort bien jusqu’à une incursion d’Hordelalay qui bute sur Hardy.

À cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups se font plus pressants à l’image de Leclerc qui lance à la cage ou de Dame-Malka dont le puissant lancer lointain est bloqué avec autorité par Hardy. Mis en difficulté dans leur zone, les Ducs se font de nouveau pénaliser sur une faute de Lacroix sur Rodman. Suite à un palet remis sur la cage par Rodman et laissé libre devant la cage, Champagne et Goličič s’y mettent à deux pour pousser le palet derrière la ligne (1-1, 25’52).

Dans la foulée, Hordelalay manque une cage vide sur une passe en retrait de Le Blond. En difficulté, Angers a l’occasion de se reprendre sur une pénalité de Matthias Arnaud. Un lancer d’Henderson dans le trafic provoque une situation compliquée devant la cage grenobloise mais Horak parvient à geler le palet. C’est le début d’une bonne période angevine mais les Ducs ne parviennent pas à capitaliser sur la supériorité numérique. Sur une contre-attaque grenobloise, Rodman sert dans l’axe Kyle Hardy dont la reprise est repoussée par Florian Hardy quasiment à bout portant.

Acculés dans leur zone, les Ducs concèdent une nouvelle pénalité par Igier qui pousse Le Blond sur la cage. Le jeu de puissance grenoblois s’installe mais ne trouve pas d’ouverture. Deuxième chance avec une nouvelle pénalité contre Gagnon. Bien concentré, le boxplay angevin parvient à repousser les assauts grenoblois les uns après les autres alors que Florian Hardy doit multiplier les interventions sur des lancers de Baazzi, Bisaillon ou Kara notamment. Largement dominateurs en deuxième période, les Brûleurs de Loups doivent se contenter du score de parité à la deuxième pause.

Déterminés à faire la différence, les Brûleurs de Loups attaquent fort la troisième période avec un slalom d’Alexandre Giroux ponctué par un tir dévié par Hardy. Puis c’est au tour de Champagne de se frayer un chemin jusqu’à la cage mais encore une fois Hardy s’impose de la botte. Grenoble campe dans la zone d’Angers et un bon travail le long de la bande d’Hordelalay provoque une pénalité de Posa, la deuxième pour le défenseur finlandais. Sur le power-play, Hardy doit encore s’employer sur un one timer de Giroux mais ensuite le box play angevin fait le travail pour ne pas trop subir la pression grenobloise.

De retour à cinq contre cinq, Angers se procure une belle occasion sur un 3 contre 1 mal négocié par Campbell qui choisit le tir alors qu’il aurait pu solliciter l’aide de ses coéquipiers. Puis quelques instants plus tard, Masson se retrouve seul avec le palet devant le slot mais n’arrive à contrôler la rondelle et Horak parvient à écarter le danger. Solide devant sa cage, Hardy parvient à repousser un tir lointain de Dame-Malka. Ce dernier part en prison en compagnie de Kévin Igier.

À quatre contre quatre, le jeu s’accélère mais les deux équipes, bien en place défensivement, continuent de se neutraliser. Kunnas se fait oublier près de la cage mais bute sur Hardy. Ville puis Legault tentent tour à tour leur chance sur la cage angevine mais l’attaquant canadien, en excellente position, ne cadre pas son tir. La pression grenobloise se fait plus forte sur la cage angevine, au fil des minutes, Hordelalay et Lacroix vont à leur tour simultanément en prison et les deux équipes se retrouvent de nouveau à quatre contre quatre. Sur une contre-attaque, Champagne sert Giroux qui se heurte une nouvelle fois à un excellent Florian Hardy.

Angers tente de saisir la moindre opportunité en contre avec notamment Gaborit qui récupère un palet perdu par Baazzi. Une reprise de Rodman est repoussée par Hardy mais sur l’engagement qui suit, Champagne glisse le palet à Leclerc qui se retrouve seul face à la cage et loge le palet dans la lucarne de la cage angevine au grand dam de Florian Hardy (2-1, 56’54). Brandon Sonne prend un temps mort et décide de sortir son gardien pour tenter de revenir à égalité au score mais cela ne fonctionne pas puisque Rodman parvient à récupérer le palet le long de la bande et le donne à Giroux qui va marquer dans la cage vide en angle fermé, mettant ainsi fin au suspense (3-1, 58’38).

Les Brûleurs ont eu beaucoup de mal à prendre la mesure d’une équipe d’Angers compacte, bien en place défensivement et protégée par un Florian Hardy en état de grâce pendant tout le match. En dedans au premier tiers, les Grenoblois ont passé l’accélérateur en deuxième et troisième période, au point de mettre une grosse pression sur la cage angevine, sans résultat jusqu’à la 57e minute et un but de filou marqué par Guillaume Leclerc qui fête ainsi son retour de la plus belle manière après sa commotion subie à Lyon. Heureusement pour Grenoble, Horak et sa défense ont fait preuve de rigueur tout au long de la rencontre, ce qui a permis aux Brûleurs de Loups de ne pas se faire surprendre sur leur glace et de poursuivre ainsi cette belle série à domicile avec un quatorzième succès consécutif.

Les Ducs, pourtant privés de quatre titulaires, ont montré une nouvelle fois qu’ils étaient capables de gêner cette équipe grenobloise après l’avoir battue déjà à deux reprises cette saison. Très bien en place défensivement, ils ont également très bien géré les situations d’infériorité numérique alors que Hardy a connu un excellent match devant la cage. Finalement c’est sur une erreur bête de marquage à trois minutes de la fin suite à un engagement dans leur zone défensive qu’ils concèdent le but gagnant, les empêchant ainsi de ramener au moins un point de leur déplacement en Dauphiné. De quoi nourrir quelques regrets mais au niveau du contenu, les Ducs peuvent être satisfaits de leur prestation après avoir tenu tête à Grenoble sur sa glace. Le décor est planté pour d’éventuels quarts de finale entre les deux équipes…

Désignés meilleurs joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Florian Hardy (Angers)

(Photos Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Joël Champagne (attaquant de Grenoble) : « On a réussi à remporter le match grâce à nos quatre bons trios, je pense que c’est ça qui a fait la différence depuis le début de la saison. On est une équipe complète, des bons jeunes, deux bons gardiens, c’est comme ça qu’il faut continuer. Depuis les dernières semaines, on travaille très fort aux entraînements, en hors glace aussi. Ce soir, ça a donné du résultat. On a travaillé plus fort qu’Angers en deuxième et troisième période. Je ne pense pas qu’on ait mal joué au premier tiers mais Angers est très bien sorti malgré le déplacement. Les cinq premières minutes, on était surpris un peu mais on n’a pas paniqué. On perdait 1-0 mais toute l’équipe est restée calme, c’est ce qui fait notre force aussi et c’est grâce à ça qu’on a remporté le match. On sait que les play-offs approchent, ça va être des matchs comme ça, des matchs serrés. Je suis très content de l’équipe, c’est important de gagner un match serré comme ça. Angers, c’est une équipe homogène, il y a de très bons Français, un grand gardien. En troisième période, on était les premiers sur le palet, on gagnait les batailles, c’est ça qui a fait la différence. »

Sébastien Bisaillon (défenseur de Grenoble) : « Sans avoir connu un premier tiers catastrophique, on n’était pas sorti de la façon dont on voulait sortir, mais j’ai beaucoup aimé la réaction de l’équipe dans les quarante dernières minutes. Notre profondeur, intensité et attitude ont vraiment fait la différence. On a su limiter les chances de marquer, on a provoqué beaucoup plus de chances offensivement. Le boulot qu’on met à l’entraînement, jouer à quatre blocs, les défenseurs qui tournent, vraiment ça fait une différence. C’est plaisant quand on récolte ce que l’on sème. On ne peut pas toujours avoir le résultat escompté, par contre quand on travaille de la façon dont on travaille depuis un bon moment, on met les chances de notre côté. Chacun préfère partir avec une large avance mais dans le dernier sprint final avant les play-offs, je pense que c’est important de jouer des matchs comme celui de ce soir. Une des forces des équipes championnes, c’est de ne pas se décourager et de rester focalisés sur le match, de ne pas déroger de notre système et de notre philosophie. Ça se rapproche d’un match de play-offs, Angers a une équipe assez physique, il n’y a pas beaucoup d’espace sur la glace, il faut travailler fort, gagner les duels à un contre un, récupérer les palets libres pour créer nos chances, mettre le palet derrière le défenseur et avoir un échec-avant soutenu. C’est ce qui a porté ses fruits. Sans vouloir vivre dans le passé, c’était important d’envoyer un message. Quand on regarde le classement, c’est possible qu’on les rencontre en play-offs… Notre priorité, c’est de gagner tous les matchs, mais c’est bien de lancer un message. »

 

Grenoble – Angers 3-1 (0-1, 1-0, 2-0)
Mardi 16 janvier 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3230 spectateurs.
Arbitrage de Adrien Ernecq et Kévin Maillé assisté de Jonathan Paradis et Guillaume Barthe
Pénalités : Grenoble 12′ (6’, 2’, 4’), Angers 14’ (0’, 8’, 6’)
Tirs : Grenoble 40 (7, 19, 14), Angers 23 (10, 7, 6)

Évolution du score :
0-1 à 15’17 : Gaborit assisté de Campbell et Henderson (sup. num.)
1-1 à 25’52 : Goličič assisté de Champagne et Rodman (sup. num.)
2-1 à 56’54 : Leclerc assisté de Champagne
3-1 à 58’38 : Giroux assisté de Rodman et Dame-Malka (cage vide)

Grenoble

Attaquants :
Alexandre Giroux (2’) – Boštjan Goličič – David Rodman
Guillaume Leclerc – Joël Champagne (A) (2’) – Vincent Kara
Pierre-Charles Hordelalay (2’) – Matthieu Le Blond – Julien Baylacq
Maxime Legault – Sébastien Rohat – Gabin Ville
Mathias Arnaud (2’)

Défenseurs :
Kyle Hardy (C) – Sébastien Bisaillon
Christophe Tartari (A) – Olivier Dame-Malka (4’)
Joona Kunnas – Aziz Baazzi

Gardien :

Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Teddy Trabichet (commotion), Jean-Philippe Côté (blessé)

Angers

Attaquants :
Clément Masson – Maxime Lacroix (A) (4’) – Robin Gaborit (C)
Nicolas Arrossamena – Cody Campbell – Danick Bouchard
Augustin Nalliod-Izacard – Matthieu Frecon – Hugo Casini
Gauthier Gibert – Brian Henderson

Défenseurs :
Gary Levêque – Patrick Coulombe (A)
Mathieu Gagnon (2’) – Saverio Posa (4’)
Kévin Igier (4’)

Gardien :
Florian Hardy [sorti de 58’06 à 58’38]

Remplaçants : Tim Guggisberg (G), Emmanuel Alvarez. Absents : Julien Albert, Brett Sonne, Michael Quesnele, Paul Bahain, Yannick Riendeau (saison terminée), Alexis Neau (genou).

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