Suède – Finlande, c’est la finale du groupe C de ce tournoi olympique masculin de PyeongChang, les deux rivaux scandinaves étant à la lutte pour la première place.
Mais pour le moment, l’équipe suomi demeure l’équipe la plus pimpante après avoir défait l’Allemagne 5-2 puis la Norvège 5-1. Comme on pouvait le prévoir, le jeune Eeli Tolvanen, déjà bluffant sous le maillot des Jokerit, confirme les attentes qui l’entourent avec 6 points en deux matchs. Il est donc le danger numéro 1 des Lions pour une rencontre très spéciale : cela fait vingt ans que les Finlandais n’ont pas battu leurs rivaux suédois aux Jeux olympiques. Le dernier succès date des JO de Nagano, avant que la Tre Kronor ne remporte trois succès consécutifs, dont l’inoubliable finale de Turin en 2006.
Out après 49 secondes
Alors, la sélection de Lauri Marjamäki va-t-elle défaire les voisins jaunes et bleus ? En tout cas, difficile d’évaluer la force suédoise, des Suédois qui ont également gagné avec quatre buts d’écart contre la Norvège (4-0), mais qui ont eu toutes les peines du monde à battre l’Allemagne (1-0). Si le manque d’efficacité de la Tre Kronor a largement été critiqué, le sélectionneur Rikard Grönborg n’a pas pour autant bouleversé ses lignes. Le surdoué Rasmus Dahlin, encore trop tendre, a de nouveau été coupé, au profit du défenseur ultra offensif Patrik Hersley, une valeur sûre. Viktor Fasth est de retour devant la cage suédoise alors que Mikko Koskinen joue pour la troisième fois en trois matchs.
Comme à chaque fois, la rivalité jusqu’au bout des veines éclate rapidement. C’est une lourde charge de Kontiola sur Ahnelöv qui lance les hostilités. Jonas Ahnelöv, touché à la tête, quitte d’ailleurs la partie après seulement 49 secondes de temps de jeu à son actif. En tout cas, même privée d’un de ses défenseurs majeurs, la Suède se met en évidence au début de ce match, en particulier Oscar Möller qui se crée rapidement deux occasions. La Finlande est acculée mais, même dominée, elle rappelle qu’elle peut être dangereuse, en témoigne cette reprise d’Ohtamaa contrée par Lindholm.
Le défenseur suomi Juuso Hietanen est le premier pénalisé, après avoir renversé Axelsson le long de la bande. Pär Lindholm trouve l’ouverture en déviant un lancer de Hersley mais la crosse de l’attaquant de Skellefteå est jugée bien trop haute par le corps arbitral, le but est refusé. Le but valide des Suédois intervient quelques minutes plus tard. La Finlande a la possession du palet, Kontiola frappe, arrêt de Fasth, Linus Omark s’empare du puck et file côté droit, l’attaquant d’Oufa sert plein champ Anton Lander, qui devance la défense finlandaise et bat entre les jambes Koskinen (1-0, 14’53). Le premier jeu de puissance finlandais ne changera pas le score de ce premier tiers-temps, à l’avantage de la Tre Kronor.
En seconde période, c’est au tour de la Finlande, menée, d’imprimer un rythme effréné. Et ça marche. Le forcing sur la cage de Fasth permet un tir devant le slot de Miika Koivisto qui est contré, Joonas Kemppainen profite du palet flottant pour égaliser (1-1, 21’32). Les deux équipes sont tenues par un score de parité mais elles ne lèvent pas le pied pour autant. Mais ni le jeu de puissance suédois, ni celui de la Finlande, ni encore une autre configuration à 4 contre 4 ne permettent de créer la différence, en dépit des occasions de Hartikainen, Tolvanen, Kemppainen et Pettersson.
Un saut gagnant
À la mi-match, Viktor Fasth effectue un arrêt déterminant, faisant barrage avec sa jambière droite à Koskiranta, servi sur un plateau par Manninen. La Finlande connaît un temps fort, puis la Suède qui hérite d’un nouveau jeu de puissance, mais le jeu défensif des deux camps demeure imperméable.
Le rythme sera toujours aussi soutenu en troisième période, mais toujours avec des lignes resserrées. De nouveau en supériorité numérique, la Finlande n’offre aucun danger à Viktor Fasth, mis à part une frappe lourde de Lepistö. Cette pénalité tuée, la Suède peut de nouveau mettre la pression sur le but de Koskinen, et la Tre Kronor réussit à doubler la mise. Johan Fransson frappe de loin, Patrik Zackrisson dévie le palet, le gardien finlandais fait un arrêt mais laisse un rebond, Zackrisson se jette alors dessus en dépit de la couverture d’Ohtamaa, la Suède repasse en tête (2-1, 48’53).
Les Suédois marquent à forces égales mais ils cherchent encore à inscrire leur premier but des JO en supériorité numérique. En jeu de puissance à la 52e minute, Hersley, Lindström et Lindholm se cassent les dents devant Koskinen. Koskiranta est lui proche de marquer en infériorité, son tir est détourné de justesse de la plaque par Fasth. À 3’34 » de la fin, la Finlande obtient un dernier avantage numérique, qu’elle double avec la sortie de Koskinen pour un jouer de champ supplémentaire, sans succès. Lepistö annihile les derniers espoirs suomis en rejoignant à son tour la prison. La tentative en cage vide de Lindström est contrée par Kemppainen, mais Möller y parviendra par la suite, c’est d’ailleurs (enfin) le premier but suédois du tournoi en jeu de puissance (3-1, 59’55).
Solide et efficace, la Suède remporte une victoire de prestige, une performance réconfortante, et de surcroît le groupe C du tournoi olympique. Les hommes de Grönborg sont qualifiés directement pour les quarts de finale, ils y affronteront une proie présumée plus facile, la Suisse ou l’Allemagne. Conséquence de cette défaite face au grand rival, la Finlande devra passer par un match de barrage, contre la Corée du Sud, où elle ne devra faire aucun complexe de supériorité, au risque de créer une hystérie collective sud-coréenne.
Commentaires d’après-match
Joel Lundqvist (capitaine de la Suède) : « C’est une grande victoire. C’était ce que nous voulions, nous qualifier directement pour les quarts de finale. Je pense que nous avons très bien joué en équipe. C’était un match serré, avec peu d’occasions pour chaque équipe. Nous nous sommes battus jusqu’au bout. Cela fait beaucoup de bien de repartir avec la victoire. »
Sami Lepistö (défenseur de la Finlande) : « C’était un match accroché. Cela se joue sur des petits détails. Ils ont marqué deux buts de plus que nous mais c’était une belle bataille, nous n’avons tout simplement pas pu capitaliser sur nos jeux de puissance. Nous avons eu des opportunités mais, parfois, cela ne rentre pas. Quand les matchs importants arrivent, vous devez marquer ces buts. »
Suède – Finlande 3-1 (1-0, 0-1, 2-0).
Dimanche 18 février 2018 à 21h10 au Kwandong Hockey Centre. 3861 spectateurs.
Arbitrage d’Olivier Gouin (CAN) et Antonin Jerabek (TCH) assistés de Roman Kaderli (SUI) et Lukas Kohlmüller (ALL).
Pénalités : Suède 10′ (4′, 2′, 4′), Finlande 14′ (4′, 6′, 4′).
Tirs : Suède 23 (6, 10, 7), Finlande 19 (4, 7, 8).
Évolution du score :
1-0 à 14’53 : Lander assisté d’Omark et Fasth
1-1 à 21’32 : Kemppainen assisté de Koivisto et Junttila
2-1 à 48’53 : Zackrisson assisté de Fransson
3-1 à 59’55 : Möller assisté d’Omark (sup. num.)
Suède
Attaquants :
Oscar Möller – Pär Lindholm (-1, 2′) – Joakim Lindström (-1)
Frederik Pettersson – Joel Lundqvist (C) – Dick Axelsson (+1)
Dennis Everberg – Anton Lander (+1) – Linus Omark (+1)
Alexander Bergström – Patrik Zackrisson (+1) – Viktor Stålberg (+1)
John Norman (2′)
Défenseurs :
Jonas Ahnelöv – Erik Gustafsson (A)
Staffan Kronwall (A, +1, 2′) – Simon Bertilsson (+1)
Mikael Wikstrand – Johan Fransson
Patrik Hersley (4′)
Gardien :
Viktor Fasth
Remplaçant : Jhonas Enroth (G). En réserve : Magnus Hellberg (G), Rasmus Dahlin (D), Carl Klingberg (A).
Finlande
Attaquants :
Julius Junttila (+1) – Joonas Kemppainen (+1) – Teemu Hartikainen
Eeli Tolvanen (-1, 2′) – Petri Kontiola (A, -1) – Jukka Peltola (-1, 2′)
Sakari Manninen – Jani Lajunen (-1) – Mika Pyörälä (-1)
Veli-Matti Savinainen (2′) – Jarno Koskiranta – Jonas Enlund
Oskar Osala
Défenseurs :
Tommi Kivistö – Sami Lepistö (A, 2′)
Miika Koivisto (-1, 2′) – Juuso Hietanen (+1, 2′)
Atte Ohtamma(-1) – Miro Heiskanen (2′)
Lasse Kukkonen (C, -1)
Gardien :
Mikko Koskinen [sorti de 57’52 » à 58’40 » puis de 58’51 » à 59’55 »].
Remplaçant : Karri Rämö (G). En réserve : Juha Metsola (G), Mikko Lehtonen (D), Marko Anttila(A).