Arrivée en quart de finale avec un peu de réussite, la Norvège en aura besoin face aux Russes, favoris de la compétition. Il y a quatre ans à Sotchi, les Scandinaves avaient affronté la Russie au premier tour éliminatoire et avaient tenu l’équilibre 24 minutes jusqu’à un but russe chanceux.
Petter Thoresen espère évidemment une résistance aussi durable, et il a modifié toutes ses lignes par rapport à la victoire d’hier sur la Slovénie. Le but est sans doute de mieux répartir les forces, mais dans les faits les frères Olimb sont les seuls à pouvoir être dangereux offensivement : Ken André arrive même à dribbler jusqu’à la cage russe.
Face à la nette supériorité russe, le plus occupé est le gardien norvégien Lars Haugen, qui semble se plaindre d’un problème de lentille de contact à un arrêt de jeu. Cette vision perturbée explique-t-elle le premier but peu après ? Un palet contré en zone neutre arrive à Mikhaïl Grigorenko qui tire dans le haut du filet (1-0).
Niklas Roest est envoyé en prison pour crosse haute. Dans le dispositif russe en avantage numérique, deux joueurs derrière la cage, Gusev et Datsyuk, attirent les joueurs profondément et donnent du champ à Mozyakin. Haugen s’avance au devant d’un slap de titan du numéro 10, et pendant qu’il se replace, Nikita Gusev tire sur lui depuis l’arrière de la ligne de fond et le gardien accompagne le palet dans ses propres filets (2-0).
À part une sortie manquée de Koshechkin qui rate le palet derrière son but et doit plonger en catastrophe, la Russie passe un premier tiers-temps confortable (19 tirs à 2 !). Dans la dernière minute, Vyachelsav Voïnov ajoute un troisième but à mi-hauteur côté plaque, après deux passes successives du revers dans leur dos de Kaprizov puis de Gusev (3-0).
Lars Haugen cède sa place à Henrik Haukeland pour la deuxième période. La Norvège semble avoir sa chance quand Andronov accroche Patrick Thoresen, mais Datsyuk gagne la mise au jeu face à Mathis Olimb et le jeu de puissance n’aura jamais la possession du palet en zone offensive pendant deux minutes ! Après une obstruction de Telegin, les Norvégiens s’installent au moins un petit peu. Mais la faiblesse de leurs statistiques en supériorité numérique (6%) s’explique.
Les frérots sont plus efficaces à 5 contre 5. Mathis Olimb lance une contre-attaque qu’il termine par une passe en retrait de derrière la cage vers Alexander Bonsaksen en haut de l’enclave : le défenseur contrôle du patin et tire instantanément sans que Koshechkin ne paraisse prêt (3-1). Mais la lueur d’espoir s’éteint vite.
Bonsaksen part peu après en prison pour crosse haute. Kovalchuk cherche la reprise au second poteau de Sergei Kalinin, que Mattias Nørstebø a laissé tout seul dans son dos (4-1). Nørstebø est encore fautif en retenant Andronov dans la bande. En avantage numérique, Nikita Nesterov s’avance dans le cercle gauche et sa passe transversale ricoche… sur le patin de Bonsaksen vers les filets (5-1). La Russie a une telle supériorité technique qu’elle n’a pas besoin, en plus, d’avoir la chance de son côté…
La Russie contrôle sans forcer et laisse la Norvège attaquer plus souvent au troisième tiers-temps, sans se mettre en danger. Ivan Telegin, sur une passe-abandon de Grigorenko, clôt le score à mi-hauteur côté mitaine (6-1). La promenade russe se conclut par la qualification attendue, pour affronter les Tchèques en demi-finale.
Commentaires d’après-match
Patrick Thoresen (capitaine de la Norvège) : « Les Russes sont arrivés avec une attitude incroyable en première période. Ils étaient très motivé, je voyais l’or dans leurs yeux. Nous ne pouvions rien faire face à leur attaque. Sur un match, tout peut arriver, la Suède et la Finlande ont aussi de bonnes équipes. Mais pour être franc, personne ici n’a une offensive du niveau de la Russie. »
Mikhaïl Grigorenko (attaquant de la Russie) : « Nous avions un état d’esprit sérieux, cela se sentait dans le vestiaire avant le match. En première période nous avons écrasé les Norvégiens, j’aurais aimé que nous jouions ainsi pendant 60 minutes. Le fait que six joueurs aient marqué leur premier but du tournoi est assez naturel. Nous agissons en équipe, tôt ou tard la réussite arrive. Nous connaissons bien les Tchèques, ils ont pas mal de joueurs de KHL. Ils ont une bonne défense. »
Ilya Kovalchuk (attaquant de la Russie) : « Nous savions que notre adversaire avait joué hier et avait dépensé beaucoup d’énergie en prolongation. Notre tâche était donc de lancer au but et de masquer le gardien. Cela a réussi. Peu importe combien d’efforts on dépense, l’important est le résultat. On ne peut pas toujours rencontrer le Canada en quart de finale. »
Russie – Norvège 6-1 (3-0, 2-1, 1-0)
Mercredi 21 février 2018 à 16h40 au Centre hockey Gangneung. 3553 spectateurs.
Arbitrage de Jan Hribik (TCH) et Timothy Mayer (USA) assistés de Lukas Kohlmüller (ALL) et Judson Ritter (USA).
Pénalités : Russie 10′ (0′, 6′, 4′), Norvège 10′ (2′, 6′, 2′).
Tirs : Russie 32 (19, 8, 5), Norvège 14 (2, 7, 5).
Évolution du score :
1-0 à 08’54 : Grigorenko assisté de Kablukov et Telegin
2-0 à 13’25 : Gusev assisté de Mozyakin et Datsyuk (sup. num.)
3-0 à 19’20 : Voïnov assisté de Gusev et Kaprizov
3-1 à 27’21 : Bonsaksen assisté de M. Olimb et K.A. Olimb
4-1 à 28’35 : Kalinin assisté de Kovalchuk et Voïnov (sup. num.)
5-1 à 33’06 : Nesterov assisté de Gusev et Datsyuk (sup. num.)
6-1 à 53’15 : Telegin assisté de Grigorenko et Kablukov
Athlètes olympiques de Russie
Attaquants :
Ilya Kovalchuk (A) – Sergei Andronov (A, 2′) – Sergei Kalinin
Kirill Kaprizov (+1) – Pavel Datsyuk (C, +1) – Nikita Gusev (+1, 2′)
Aleksandr Barabanov – Nikolai Prokhorkin (-1) – Sergei Shirokov (-1)
Mikhail Grigorenko (+2) – Ilya Kablukov (+2) – Ivan Telegin (+2, 2′)
Sergei Mozyakin (-1)
Défenseurs :
Vladislav Gavrikov (+1, 4′) – Vyacheslav Voynov (+1)
Nikita Nesterov – Bogdan Kiselevich
Artyom Zub (+1) – Andrei Zubarev
Yegor Yakovlev (+1)
Gardien :
Vasili Koshechkin
Remplaçant : Ilya Sorokin (G). En réserve : Igor Shestyorkin (G), Aleksei Marchenko, Vadim Shipachyov.
Norvège
Attaquants :
Patrick Thoresen (A) – Niklas Roest (2′) – Mats Rosselli Olsen
Ludvig Hoff (-1, 2′) – Mathis Olimb (A) – Ken André Olimb
Alexander Reichenberg (-1) – Kristian Forsberg (-1) – Steffen Thoresen
Martin Røymark (-1) – Anders Bastiansen (-1) – Tommy Kristiansen (-1)
Matthias Trettenes
Défenseurs :
Mattias Nørstebø (-3, 2′) – Jonas Holøs (C, -3, 2′)
Alexander Bonsaksen (+1, 2′) – Daniel Sørvik
Henrik Ødegaard (+1) – Stefan Espeland
Johannes Johannesen
Gardien :
Lars Haugen puis à 20’00 Henrik Haukeland
En réserve : Henrik Holm (G), Erlend Lesund, Eirik Salsten.