Les Panthers ne lâchent rien

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La saison dernière a été douloureuse pour la franchise, aussi bien sur qu’en dehors de la glace. Les jeux de coulisses, et des blessures à des joueurs clés avaient alors scellé le sort des Panthers. Grand nettoyage de printemps, retour de Dale Tallon à titre de DG, et un nouvel instructeur, voilà les changements opérés pendant l’entre saison en Floride. Après un début de campagne difficile, la troupe de Bob Boughner semble enfin tourner à plein régime et pourrait même se qualifier pour les séries ! Mais qui sont-ils ? Combien de temps a pris la (re-)construction de cette équipe ?

Aleksander the Great

Gabarit imposant, intelligent, capable de jouer de grosses minutes, fin passeur, fabricant de jeu, impliqué aussi bien défensivement qu’en zone offensive. Non ce n’est ni Patrice Bergeron, ni Anze Kopitar, mais bel et bien Aleksander Barkov dont on parle ici. Il n’a que 22 ans mais joue déjà sa cinquième saison dans la meilleure ligue au monde. En jouant au centre. Arrivé très jeune dans le circuit Bettman, ce diamant brut en a fini avec son apprentissage, et il entame la phase de « polissage ». On a hâte de voir jusqu’où il peut se rendre. Il fait partie de l’élite des centres complets de la LNH. Kopitar, Crosby, Bergeron, Koivu, O’Reilly, Toews, sont en autre les membres de ce groupe select. Il réussi cependant à être bon et surtout impliqué dans tous les aspects du jeu. Sa production offensive au-dessus d’un point par match parle par elle-même. C’est toujours plus facile à « voir » mais à quel niveau se situe son jeu défensif ? Peut-être plus éloquent que son jeu offensif. Il mène chez les attaquants pour les harponnages (stick-checks), 5e pour les passes bloquées, 1er pour les jeux défensifs et domine également pour le temps de glace. On peut y ajouter une cinquième place pour les mises en jeu remporté. Son intelligence de jeu et son sens de l’anticipation lui permettent d’être efficace en désavantage numérique. Il est le meneur pour les buts marqués en pareille situation (5) et cela aide la Floride à trôner au premier rang à ce chapitre avec 10 buts.

Comparé à Sidney Crosby, qui reste la référence chez les joueurs de centre, Barkov ne fait pas pâle figure, au contraire. Rappelons aussi que le capitaine de Pittsburgh a quelques saisons d’expérience en plus mais cela reste plutôt impressionnant et mérite d’être souligné. Le jeune Finlandais n’est pas un talent générationnel mais il en très proche, très très proche. Un joueur de concession sans l’ombre d’un doute.

Il sera finaliste du trophée Selke, et pourrait remporter le Lady Byng.

Bâtir par le repêchage mais pas que…

Les Panthers de la Floride n’ont participé que deux fois aux séries lors des 10 dernières saisons. Le marasme et l’ingérence qui furent un problème chronique semblent être loin derrière et le futur s’annonce prometteur voire excitant. Les campagnes compliquées donnent aux équipes en difficulté l’opportunité de choisir tôt au repêchage. Dale Tallon et son équipe de recruteurs ont plutôt bien fait. Il ne faut pas oublier que la dynastie des Blackhawks, c’est lui qu’il l’a bâtie. Avec les choix #1 (2014), #2 (2013), et #3 (2011), la direction a choisi un défenseur droitier de premier plan en Aaron Ekblad, un premier joueur de centre avec Sasha Barkov, et un ailier plein talent qui se trouve être Jonathan Huberdeau. On est proche du grand chelem. Pour sa première draft en 2010, le DG avait choisi Erik Gudbranson (3e au total) mais aussi Nick Bjugstad (19e), Alex Petrovic (36e), Joonas Donskoi (99e) et Zach Hyman (123e). Deux font encore partie de l’effectif actuel.

Il y a quelques cartes cachées que l’état-major a su trouver au milieu des autres équipes : Vincent Trocheck (3e ronde), Michael Matheson (23e), Denis Malgin (4e ronde) et les deux Finlandais Henrik Borgström (23e) et Aleksi Heponiemi (40e).

Les 3 premiers de la liste ont un impact dès maintenant et pour longtemps. Trocheck est un excellent deuxième centre. Il aime transporter la rondelle d’un bout à l’autre à chaque fois que l’occasion se présente. Son jeu en avantage numérique lui permet de compter 13 buts (4e). À l’instar de Barkov, il joue aussi beaucoup. À eux deux, ils cumulent 43 minutes de temps de glace. Matheson, quant à lui, complète le Top 4 à merveille, son éclosion aura pris un peu plus de temps, mais l’attente en valait la peine.

Le directeur général est plutôt actif pour ce qui est des transactions. Il est sur tous les fronts et sait reconnaître les besoins de son équipe. Il a profité de la situation à Vancouver pour rapatrier Roberto Luongo pour un prix modique aux vues du rendement du cerbère jusqu’à présent. ll sait également se débarrasser de contrats gênants comme Jason Demers.

Source : NHL.com

Mais accorder des contrats à long terme au bon moment reste sa plus grande force. Le contrat « friendly » de Duncan Keith, c’est lui. Ce n’est pas surprenant de voir tous les jeunes joueurs avoir des ententes à long terme avec l’organisation. Ekblad, Trocheck, Barkov, Huberdeau, Bjugstad, tous signés à des montants qui pourraient devenir très intéressant si leur progression se poursuit. La belle surprise de l’été passé est Evegny Dadonov. Choix de 3e tour en 2007 par les Panthers, il n’avait pas réussi à faire sa place lors de son premier passage. Cinq saisons en KHL et 225 points plus tard, il revient et intègre les deux premiers trios avec un certain succès. Il complète à merveille ce top 6 plein de talent. Comme quoi la transition entre la ligue « Kontinentale » et la LNH est faisable, à condition de donner une vraie chance au joueur.

Une autre franchise bâtie avec brio et qui pourrait faire des dégâts pour longtemps.

Séries dès cette année ?

Source : The Athletic

Avec 13 parties restantes, la franchise floridienne a sa destinée entre ses mains. Si on regarde la difficulté du calendrier qu’il les attend, il est plutôt de leur côté. Encore plus, lorsque leur principal rival – New Jersey – a le plus compliqué pour les équipes qui se battent pour une place en séries dans la conférence Est. Ils maintiennent une fiche de 7-2-1 à leurs dix dernières sorties, et la troisième meilleure fiche (15-5-1) depuis le début du mois de février. Au cours de cette période ils ont le plus de buts en avantage numérique (19) ce qui les place au 4e rang pour l’efficacité de ce dernier, ainsi que le 5e meilleur désavantage numérique. Les unités spéciales sont en pleine bourre. Le retour de blessure de Roberto Luongo leur apporte une stabilité devant le filet, chose qui leur a fait défaut en son absence. Cette course va être serrée. Qui des Flyers, des Blue Jackets ou des Devils va craquer et abandonner le dernier billet aux mains des Panthers qui n’ont pas lâché ? Philadelphie et New Jersey semblent avoir ralenti. Assez pour ne pas faire les séries ? Bonne question !

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