Dunkerque – Annecy (Division 1, relégation, match 3)

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Après six mois de compétition et 28 rencontres, Dunkerque et Annecy connaîtront enfin leur sort sur l’ultime affrontement de la saison. Si les gradins sont vite pris d’assaut et les abords des plexiglas une nouvelle fois investis en masse, les décibels sont moindres à l’approche du coup d’envoi. La faute à deux trous dans la glace, identifiés par le trio mené par Monsieur Rousselin, qui invite les acteurs à regagner le vestiaire en attendant que l’aire de jeu, sur laquelle Maxime D’Orazio a un temps manipulé un extincteur, devienne plus propice à la tenue d’un affrontement de cette importance.

À l’issue de plusieurs minutes de flottement, les deux formations amputées chacune d’un élément de poids prennent possession des lieux. Sans surprise, les deux courses de Clément Thomas et Cyril Papa, terminées contre les balustrades, ont eu raison de la participation de ces hommes d’expérience, contraints de renoncer pour cette dernière.

Le HGD tente de confirmer sa belle lancée de la veille, grâce à sa paire Mikušovic – Budínský. Le premier voit sa reprise sans contrôle écartée par Tomljenovic. Une obstruction de Geffroy-Lemoine permet aux Chevaliers du Lac d’employer Chimienti, dont le bâton détourne le tir ras glace de Richter. La contre-attaque de Marek Mikušovic, contrarié par le gant du gardien croate, témoigne de difficultés pour installer le jeu de puissance, même si Maxim Belov reprend sans contrôle un caoutchouc non dégagé, pour une parade de la mitaine de Chimienti.

Annecy, mieux positionné que la veille, laisse peu d’espaces aux Corsaires dans une défense aux paires modifiées, que tente de percer Martin Poirier, victime d’un cinglage d’Aurard. Décalé par Ballet, Vit Budínský contraint Tomljenovic à la parade, puis trois pertes de palet permettent aux Annéciens de souffler.

Au retour à cinq, Dunkerque est plus incisif, Young voit le Croate dévier le palet de la crosse au-dessus du plexiglas, Zeliska dans un angle fermé constatant à son tour les bonnes dispositions de l’homme de Zagreb. Une charge incorrecte de Young sur Eric Aurard met le navire corsaire en difficulté. L’attaque massive des rouge et blanc est désormais huilée ; Lino Chimienti écarte difficilement la reprise de volée de Millerioux et ne peut que s’incliner sur un centre de Richter repris par Hromas (0-1 à 12’45).

Cet avantage au score, le premier du week-end pour les visiteurs, ne dure qu’une vingtaine de secondes. Comme la veille, Francis Ballet délivre un coup de canon, seulement repoussé par le dernier rempart vers des parages où rôde son bourreau Budínský (1-1 à 13’07). Parité maintenue jusqu’à la sirène par Chimienti, imperméable face à l’insistance de Maxime D’Orazio servi par un travail de Delplanque derrière le but, et par Tomljenovic auteur d’une sorte de coup de pied digne d’un footballeur pour repousser la reprise du buteur tchèque. Avare de pertes de palet, Annecy connaît une ultime frayeur en fin de période, quand Direr grille la politesse à Millerioux, repique vers le centre, évite le gardien et… expédie le disque au-dessus de la cage.

L’incertitude planant au-dessus des têtes, le deuxième acte n’est pas non plus avare de péripéties prêtant parfois à sourire. Un essai de Francis Ballet, dévié dans les airs, passe près de finir dans le cadre. Puis, à la lutte sur le côté du but, Thomas Lecoanet voit son bâton expédié dans les airs et terminer sa course dans le filet de protection, à quelques mètres du sol… Plus préoccupant, Nicolas Siegfriedt peine à se relever, victime d’une charge devant le banc nordiste, Ballet étant renversé par un Belov arrivé comme une tornade pour le percuter fautivement dans le coin. Gaborcik charge ensuite violemment contre la balustrade Eric Aurard. Celui-ci reste allongé sur la glace de longues secondes, son assaillant étant puni pour méconduite. Dans l’infériorité consécutive, Lino Chimienti effectue l’arrêt devant Karel Richter, servi dans l’enclave. Dunkerque parvient à se dégager, le palet n’est pas maîtrisé par Martin Millerioux, Matej Direr en prend possession, évite Mate Tomljenovic et échoue dans sa quête d’en redresser la course vers la cage vide… quelques secondes avant la riposte de Benjamin Arnaud, le capitaine repiquant vers la cage pour trouver le fond du but à ras glace (1-2 à 28’04).

Si Chimienti sort un palet chaud sous la pression de D’Orazio alerté par Leglaive et annihile une courte supériorité alpine sur une déviation de Hromas, la réaction dunkerquoise ne se fait pas attendre. Autour de la glace tout d’abord, où le public, sentant la gravité de la situation, se lève sous la harangue du préposé au mégaphone. Sur la glace ensuite à la faveur de l’indiscipline annécienne, illustrée par un retenir de Carbonell et un faire-trébucher de Richter sur Direr, vainqueur de la lutte derrière la cage. Tomljenovic remporte un duel face à Budínský, reste stoïque sur une salve de Ballet, et voit sa défense se sacrifier, opposant patins ou crosses… mais repoussant l’égalisation à un travail de Zeliska dans le coin gauche, pour un centre coupé par Matej Direr, le plus prompt au premier poteau (2-2 à 37’07). La sirène vient soulager les Chevaliers, défiés par un rush de Young ou encore un dribble digne d’un attaquant signé Ballet aux dépens de Silovic.

La deuxième pause n’a pas coupé l’élan de l’infatigable Adam Young, que Karol Hromas est contraint d’accrocher. Et Raffoux d’exploser de joie en voyant Direr dévier dans la cage le lancer de Martin Pavlicek (41’53), d’une crosse cependant trop élevée au goût de M. Rousselin. Contraints de jouer leur sort sur une vingtaine de minutes, les protagonistes savent désormais que la moindre erreur pourrait les condamner. Inattention venue du local Jonathan Lafrance, dont la passe en retrait vers son portier est particulièrement appuyée ? Non, plutôt de Maxim Belov, dépassé dans la course au palet par Matej Blinka, dont la palette lève le palet vers le haut de la cage, hors de portée d’un Tomljenovic trop court (3-2 à 44’45).

Aux commandes pour la première fois, comme le furent les visiteurs au cours de la première manche, les Corsaires savent trop bien que la prise de risques n’est plus de mise. Le bloc se veut prudent, guettant les quelques opportunités de contrer. Sur l’une d’elles, Mate Tomljenovic ne se fait pas surprendre par le lancer haut de Mikušovic. Sur une autre, le Croate manque totalement son jeu à la crosse, sans conséquences fâcheuses. Annecy multiplie désormais les tentatives. Arnaud vise le ras du poteau pour une bonne intervention de la plaque de Chimienti, Richter force le verrou pour se heurter au brio de ce dernier. Les locaux en ont bien besoin car Gaborcik, déjà puni pour méconduite au tiers intermédiaire, regagne la geôle pour un retard de jeu (52’18″).

Annecy réduit son banc, et Alexandre Delplanque intègre le trio d’Aurard et Arnaud, qui parvient à lancer malgré le plongeon de Parisot. Lino Chimienti poursuit sur sa belle lancée, y compris sous la pression de Richter et Hromas, à la présence massive dans le slot. La crosse de l’ancien Tourangeau dévie l’essai en force de Millerioux, son gant n’est pas en reste devant Hromas. La tension est palpable dans les travées, dont les favoris ne peuvent conserver longtemps le caoutchouc.

Hélas pour les quelques partisans haut-savoyards ayant effectué le long déplacement, le dernier coup de sifflet est à l’encontre des Chevaliers. À la manœuvre sur la gauche, Matej Direr est malencontreusement touché au visage par la crosse de Victor Vitton-Mea, dont les remontrances envers le juge sont vaines. La fin des illusions annéciennes, avec deux minutes à faire ? Pas tout à fait car Francis Ballet est surpris à la ligne bleue. Les visiteurs initient une contre-attaque sur laquelle il manque quelques centimètres à Martin Millerioux pour conclure au deuxième poteau. L’ancien Lyonnais se permet même de repousser un palet expédié par Zeliska vers la cage vide… trouvée peu après par l’inévitable Vit Budínský (4-2 à 59’42″).

L’attaquant tchèque signe là son dixième but en cinq rencontres face aux Chevaliers du Lac, qui n’iront pas chercher plus loin l’identité de leur bourreau. Portés par trois trios ayant au cours de la soirée inscrit leur nom à la feuille de marque et un Chimienti solide, les hommes d’Antoine Richer peuvent savourer leur maintien, validé au terme d’un feuilleton à suspense. Cette saison inégale, au cours de laquelle l’élimination d’un club de Ligue Magnus en Coupe de France et un certain enthousiasme au cœur de l’automne ont laissé la place à un soupçon de sinistrose au changement de calendrier et des doutes en fin de course, ne sera donc pas la dernière en Division 1 dans l’écrin si particulier de Michel Raffoux, fidèle à sa réputation. Où le public peut communier avec ses joueurs, rejoints par Brendan Martial et Clément Thomas, à qui le porte-voix est confié.

Commentaires d’après-match :

Alexandre Delplanque (attaquant d’Annecy) : « Le retard au coup d’envoi ne nous a pas défavorisés, et l’équipe a commencé du bon pied, avec plus d’application que la veille et moins d’erreurs. Cela s’est joué sur des détails. Nous n’avons pas eu de réussite cette saison, ce fut encore le cas ce soir ; l’énergie était là mais cela n’a pas suffi. Les regrets sont sur l’ensemble de la saison, où beaucoup de points ont été échappés avec huit défaites en prolongation qui pèsent lourd au final. Pour ce dernier match, nous n’avons pas baissé le niveau sur le troisième tiers-temps, les lignes ont été modifiées, l’équipe a mis beaucoup de rythme et d’intensité mais Chimienti, tout comme notre gardien, effectue un bon match. Budínský nous fait très mal, il n’est pas forcément en vue dans le jeu, sait se faire oublier, mais il est très présent sur la feuille de match. »

 

Dunkerque – Annecy 4-2 (1-1, 1-1, 2-0).
Dimanche 17 mars 2018 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 585 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Sueva Torribio et Théo Armbruster.
Pénalités : Dunkerque 24′ (6’, 6’+10′, 2′), Annecy 24′ (4′, 6′, 4’+10′).
Tirs : Dunkerque 38 (17, 8, 13), Annecy 34 (12, 8, 14).

Évolution du score :
0-1 à 12’45″ : Hromas assisté de Richter et Francovic (sup. num.)
1-1 à 13’07″ : Budínský assisté de Mikušovic et Ballet
1-2 à 28’04″ : Arnaud (sup. num.)
2-2 à 37’07″ : Direr assisté de Zeliska et Poirier
3-2 à 44’45″ : Blinka assisté de Ballet et Lafrance
4-2 à 59’42″ : Budínský assisté de Mikušovic et Young (sup. num.), cage vide

Dunkerque

Attaquants :
Clément Garrido – Marek Mikušovic (A) – Vit Budínský
Alexis Geffroy-Lemoine puis Martin Poirier – Matej Direr – Lukáš Zeliska
Matej Blinka – Geoffrey Parisot – Nicolas Siegfriedt

Défenseurs :
Adam Young – Francis Ballet (C)
Martin Pavlicek – David Gaborcik
Jonathan Lafrance (A) – Martin Poirier puis Alexis Geffroy-Lemoine

Gardien :
Lino Chimienti

Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Xavier Davranche, Victor Vanwormhoudt, Jordan De Lat, Nathan Thomm. Absents : Clément Thomas, Brendan Martial, Antoine et Rémi Houque (blessés)

Annecy

Attaquants :
Karel Hromas – Alejandro Carbonell – Karel Richter
Bertrand Fribault [puis Delplanque] – Benjamin Arnaud (C) – Éric Aurard
Alexandre Delplanque – Fabrice Leglaive – Maxime D’Orazio

Défenseurs :
Maxim Belov – Pavol Fancovic
Borna Silovic (A) – Martin Millerioux
Victor Vitton-Mea – Thomas Lecoanet (A)

Gardien :
Mate Tomljenovic [sorti de 58’41 à 59’42].

Remplaçants : Benjamin Accarier (G), Valbert Contat. Absents : Cyril Papa (blessé), Jiri Jelen (dos), Frédéric Puthod.

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