Leaders de la poule B, les États-Unis ont leur match théoriquement le plus facile face à la Corée du Sud, dépassée pour sa découverte de l’élite mondiale. Ils mettent donc au repos Keith Kinkaid, qui a beaucoup donné, et alignent pour la première fois Scott Darling, le gardien des Carolina Hurricanes. C’est aussi une entrée en douceur pour le joker Charlie McAvoy, le défenseur des Bruins de Boston débarqué hier : Oesterle est sacrifié pour son intégration. Cette soirée peut donner l’occasion à Jeff Blashill de faire un peu plus tourner son effectif que d’habitude. Les Coréens n’ont pas forcément ce loisir, ils comptent plusieurs absents et n’alignent même pas des lignes complètes.
Le match débute par une sensation. À la quatrième minute, Johnny Gaudreau termine son incursion par un contact avec le gardien et prend deux minutes de pénalité qui le laissent incrédule. Le jeu de puissance coréen se déploie de manière tout à fait décente et parvient à rester installé en faisant bien circuler le palet. Un lancer de la bleue de Kim Won-Jun bénéficie d’un bon écran de Radunske, et Scott Darling laisse un rebond. Ahn Jin-Hui est bien placé à côté du but, et à vrai dire, il rate son tir… mais le mouvement de Darling est tout aussi raté et le palet franchit la ligne à petite vitesse (0-1). La Corée du Sud mène au score pour la première fois de la compétition !
Sans vraiment élever le rythme, les Américains s’appuient sur leur technique individuelle pour réagir. Ils sont d’abord maintenus dans le périmètre, mais Dylan Larkin utilise un une-deux avec Gaudreau pour entrer dans l’enclave. Son tir du revers provoque un rebond sur la botte de Matt Dalton, que le buteur Anders Lee exploite en cage ouverte (1-1).
Après onze minutes, Chris Kreider tire sur le poteau, après un bon décalage en zone neutre d’Alex DeBrincat sur une transition rapide, puis se fait accrocher par Kim Sang-Wook. Les Coréens se dégagent mais, alors qu’une crosse haute d’Oh Hyon-Ho a déjà été signalée, ils sont sanctionnés pour surnombre ! Les Américains peuvent donc marquer deux buts de suite à 5 contre 3 : le capitaine Patrick Kane tire entre un Dalton pas bien positionné et son poteau, puis sert une passe transversale à Charlie McAvoy. 3-1, le match a été plié en quelques secondes à cause de ces deux pénalités bêtes. À la dernière minute de la première période, McAvoy signe même un doublé en poussant en cage vide le rebond d’un lancer de la bleue de Larkin (4-1).
La quatrième ligne américaine essaie de profiter du temps de jeu mieux distribué ce soir. Brian Gibbons rate une cage totalement vide au rebond d’un tir de Thompson, mais c’est parce que Sang Hoon Shin lui a soulevé sa crosse. Ce beau geste défensif est récompensé deux secondes plus tard… par une crosse haute de Sonny Milano qui lui ouvre la lèvre et prend 2’+2′. Les Coréens installent leur powerplay et, comme à trois reprises contre la Finlande, encaissent un but dans cette situation ! Derek Ryan lance un 2 contre 1 et prend l’option du tir, qui bat Dalton côté mitaine. Cam Atkinson, brillant aux pénaltys au match d’ouverture, manque un breakaway pendant l’infériorité numérique. Blake Coleman marque peu après la fin de la pénalité, également en 2 contre 1, mais côté plaque (6-1).
Matt Dalton est alors remplacé par Park Sung-Je : d’une part il n’a pas été très bon, et d’autre part il faut le ménager pour les rencontres plus abordables face au Danemark et surtout à la Norvège (match décisif pour la petite chance de maintien). Le nouvel entrant Park Sung-Je a vite un nom familier – très coréen – en gros plan dans son champ de vision : Lee. Mais c’est en fait le dos d’Anders Lee, posté en écran pendant que Patrick Kane convertit une supériorité numérique en huit secondes (7-1). Les Coréens continuent d’accumuler les pénalités stupides (accrochage de Plante et obstruction sur le gardien de Park Jun-Kyu, ce qui permet aux Américains de marquer leur troisième but en double supériorité numérique de la soirée : Atkinson reprend la passe transversale de Kane.
Park Sung-Je encaisse un bien mauvais but en troisième période : il lâche le contact entre sa botte et le poteau en voyant Tage Thompson se diriger vers l’arrière de la cage, et l’attaquant américain n’a qu’à faire demi-tour pour glisser le palet dans l’espace (9-1). Les leurres de ses coéquipiers ouvrent ensuite le champ libre à Cam Atkinson dans l’axe pour le 10-1.
Chaque pénalité coréenne se transforme en but. C’est juste après l’expiration de la pénalité que le défenseur Neal Pionk s’offre son premier but international en reprenant de toutes ses forces le palet après un premier slap non cadré de Butcher qui a frappé la balustrade (11-1). Puis un tir d’Alex DeBrincat est repoussé par Park Sung-Je… sur le patin de Derek Ryan qui l’envoie dans les filets. Après appel à la vidéo, les arbitres jugent qu’il n’y a pas eu mouvement volontaire et valident ce but discutable (12-1). Aucune pitié envers la Corée, sauf de la part du poteau qui renvoie un tir d’Anders Lee. Pour « tenir le score », Park Sung-Je s’offre aussi un bel arrêt face à Chris Kreider, seul face à lui. Pas superstieux – et content de jouer plus deux ou trois minutes pour une fois – Sonny Milano s’offre le numéro 13 pour clore la marque.
C’est le plus gros écart en championnat du monde depuis quinze ans et un Finlande-Slovénie. Seule bonne nouvelle, le calvaire des Coréens dans l’élite mondiale est bientôt terminé. Ils ont affronté leur dernier « gros » et ne semblent franchement pas en mesure de créer un exploit pour se maintenir. Quant à Patrick Kane, avec 2 buts et 3 assists (comme le nouveau venu McAvoy !), il est revenu à hauteur de Sebastian Aho au classement des marqueurs avec 12 points.
Désignés joueurs du match : Ahn Jin-Hui pour la Corée du Sud et Charlie McAvoy pour les États-Unis.
États-Unis – Corée du Sud 13-1 (4-1, 4-0, 5-0)
Samedi 12 mai 2018 à 20h15 à la Jyske Bank Boxen de Herning. 7563 spectateurs.
Arbitrage de Mikael Sjöqvist (SUE) et Tobias Wehrli (SUI) assistés de Miroslav Lhotsky (TCH) et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : États-Unis 10′ (4′, 6′, 0′), Corée du Sud 22′ (8′, 8′, 6′).
Tirs : États-Unis 57 (29, 17, 11), Corée du Sud 13 (8, 3, 2).
Évolution du score :
0-1 à 05’23 : Ahn Jin-Hui assisté de Kim Sang-Wook et Kim Won-Jun (sup. num.)
1-1 à 08’36 : Lee assisté de Larkin et Gaudreau
2-1 à 12’56 : Kane assisté de Gaudreau (double sup. num.)
3-1 à 13’29 : McAvoy assisté de Kane et Gaudreau (double sup. num.)
4-1 à 19’16 : McAvoy assisté de Kreider et Larkin
5-1 à 23’42 : Ryan assisté de Martinez (inf. num.)
6-1 à 27’06 : Coleman assisté de Martinez et White
7-1 à 28’41 : Kane assisté de McAvoy (sup. num.)
8-1 à 32’18 : Atkinson assisté de Kane et McAvoy (double sup. num.)
9-1 à 45’06 : Thompson assisté de Milano et Jensen
10-1 à 46’11 : Atkinson assisté de Kane et McAvoy
11-1 à 49’09 : Pionk assisté de Butcher
12-1 à 51’40 : Ryan assisté de DeBrincat et Pionk (sup. num.)
13-1 à 58’50 : Milano assisté de DeBrincat et Thompson
États-Unis
Attaquants :
Anders Lee (+1) – Dylan Larkin (A, +2, 2′) – Johnny Gaudreau (+1, 2′)
Cam Atkinson (+2) – Colin White (+2) – Patrick Kane (C, +1)
Chris Kreider (+1) – Derek Ryan (+2) – Alex DeBrincat (+2)
Sonny Milano (+3, 4′) – Tage Thompson (+3, 2′) – Brian Gibbons (+1)
Blake Coleman (+1)
Défenseurs :
Alec Martinez (+3) – Charlie McAvoy (+2)
Will Butcher (+2) – Connor Murphy (A, +4)
Nick Jensen (+2) – Neal Pionk (+2)
Quinn Hughes (+2)
Gardien :
Scott Darling
Remplaçant : Charlie Lindgren (G). En réserve : Keith Kinkaid (G), Jordan Oesterle.
Corée du Sud (2′ pour surnombre)
Attaquants :
Brock Radunske (-2, 2′) – Ahn Jin-Hui (-3, 2′) – Michael Swift (-3)
Lee Chong-Hyun (-2) – Kim Ki-Sung (-3) – Kim Sang-Wook (-3, 2′)
Shin Sang-Woo (-2) – Park Woo-Sang (C, -2, 2′) – Shin Sang-Hoon (-3, 2′)
Kim Won-Jung (-2), Park Jin-Kyu (2′)
Défenseurs :
Oh Hyon-Ho (-2, 2′) – Eric Regan (-1)
Lee Don-Ku (-4) – Kim Won-Jun (-3)
Alex Plante (A, -3, 4′) – Seo Yeong-Jun (-2, 2′)
Song Hyeong-Cheol
Gardien :
Matt Dalton puis à 27’06 Park Sung-Je (G).
En réserve : Lee Yeon-Seung (G), Bryan Young, Lee Young-Jun, Jeon Jung-Woo, Cho Min-Ho.