L’Autriche brise la malédiction, la Biélorussie reléguée

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C’est le match le plus important des deux équipes. Battues à cinq reprises depuis le début du Mondial, elles misent tout sur cette rencontre de bas de tableau. En cas de victoire, l’Autriche serait assurée du maintien, grâce au petit point arraché à la Suisse. En cas de défaite, elle aurait une seconde chance face aux Slovaques.

Le réalisme autrichien

La Biélorussie entame bien, avec un lancer de Linglet et un de Falkovski. L’essentiel du jeu se déroule devant Starkbaum, mais les deux équipes se musellent assez bien : un jeu assez lent et manquant de précision.

L’Autriche n’a pas lancé le moindre tir en quatre minutes. Son premier fait mouche : Lanny Viveiros reprend à la bleue et son tir traverse la foule. Karnaukhov fait un arrêt réflexe mais le rebond touche Korobov et rentre (1-0). Un but contre le cours du jeu.

La Biélorussie n’a plus le choix et prend le contrôle du jeu. Pourtant, l’Autriche se montre plus dangereuse. À mi-période, Haudum attaque la cage et son revers trouve la barre. Un tir suivi de deux autres sur les ailes, repoussés par Karnaukhov. Raffl tente aussi un tour de cage, mais la jambière du gardien reste bien placée.

À sept minutes de la pause, Patrick Obrist concède une obstruction. La Biélorussie décoche plusieurs tirs, dont un gros lancer de Korobov de la bleue, pendant la pénalité différée, avant de s’installer en supériorité. Mais elle se montre stérile, avec un placement statique qui ne met pas à mal la défense autrichienne.

La Biélorussie ne trouve guère de solution. Une percée de Kovyrshin provoque une obstruction d’Ulmer. Il reste trois minutes à jouer. Vorobei lance de la bleue, et Sharangovich ne cadre pas le rebond. L’Autriche s’en sort et, de retour à cinq, réplique par un tir de Fabio Hofer, dégagé par Karnaukhov.

L’Autriche joue de plus en plus sereinement en deuxième période. Elle parvient à produire des enchaînements et des relances intéressantes. Sur un contre, la Biélorussie obtient enfin une grosse occasion. L’enclave chauffe avec une série de rebonds, avec notamment Drozd et Sharangovich dans le coup.

Les joueurs de Sergei Pushkov accélèrent, avec Razvadovski. Starkbaum, solide sur ses appuis, le lâche rien, mais Schumnig prend deux minutes. La pression monte sur la défense, qui recule, recule. La pénalité est tuée et, dans la continuité, Kisly puis Korobov mitraillent un Starkbaum serein.

Les duels deviennent de plus en plus appuyés. Geoff Platt finit par prendre deux minutes, pour avoir répondu à ce qu’il considérait être une faute adverse. Le jeu de puissance se pose bien, tourne et Komarek, du cercle droit, termine le travail côté plaque (2-0).

De plus en confiance, avec cette réussite maximale (2 buts sur 10 tirs), l’Autriche se crée une bonne chance dans le slot. Zwerger y subit une crosse haute de Falkovski. Raffl, ligne de fond, trouve la jambière. Puis, le palet revient sur Komarek. Du même endroit que le deuxième but, il lance et le palet est dévié par Raffl (3-0). Vitali Trus entre alors en jeu à la place de Karnaukhov, et cela sent le roussi pour les Biélorusses…

Les supporters autrichiens chantent et agitent leur drapeau géant : le plus dur est fait. Mieux, Lisovets est puni pour accrochage : Zwerger, en tête de cercle, expédie un tir laser en pleine lucarne (4-0). Trois supériorités, trois buts : l’Autriche a capitalisé sur ses chances.

Une Biélorussie impuissante

La Biélorussie a le genou au sol. Il lui reste vingt minutes pour survivre. Première étape : un faire trébucher de Komarek. Malheureusement pour eux, l’attaque reste anémique et ne produit aucun tir cadré.

La défense autrichienne résiste aux soubresauts adverses, mais concède encore un faire trébucher de Peter sur un débordement à droite. Et l’attaque reste encore en panne.

Après neuf minutes, il n’y a que quatre tirs cadrés, bien insuffisant pour rêver d’un retour. L’Autriche continue de très bien défendre et de saisir ses chances en contre-attaque. Les arrières se jettent sur tous les palets et bloquent les tirs adverses. Leur attaque est bien plus proche de mettre le cinquième : le tir de Schlacher percute le poteau.

La suite est une formalité. Pavlovich, victime d’une charge appuyée, s’énerve et sort pour dureté. Une illustration de la frustration de la Biélorussie : dans l’élite depuis 2005, elle jouera l’an prochain en division inférieure. L’Autriche devient le premier promu à obtenir son maintien depuis la France en 2008. Une récompense pour un pays passé si proche du maintien en 2013 et 2015…

Désignés joueurs du match : Konstantin Komarek (Autriche) et Aleksandr Pavlovich (Biélorussie).

Trois meilleurs Autrichiens du tournoi selon leur entraîneur : Peter Schneider, Martin Schumnig et PBernhard Starkbaum

Trois meilleurs Biélorusses du tournoi selon leur entraîneur : Vladimir Denisov, Geoff Platt et Pavel Razvadovsky.

Commentaires d’après-match :

Bernhard Starkbaum (gardien de l’Autriche) : « Tout le monde avait faim de cette victoire. Nous savions que nous pouvions faire quelque chose de spécial, qui n’était pas arrivé depuis 14 ans [l’Autriche a joué deux ans de suite en élite en 2004-2005]. Nous avons répondu présents, nous avons travaillé dur et nous avons été récompensés. Ils sont bien rentrés dans le match, ont eu deux supériorités, mais notre équipe spéciale a été excellente. Nous avons bloqué beaucoup de tirs, fait tout le travail ingrat. Nous avons souffert, pour l’équipe, pour l’Autriche, et c’est en prenant ces coups que nous avons réussi. »

Egor Sharangovich (attaquant de la Biélorussie) : « Tout le monde s’est assis en silence dans le vestiaire. Personne ne pouvait croire que nous avions perdu contre les Autrichiens sans même marquer un but… Nous avons beaucoup joué en zone offensive, mais il manquait quelque chose dans la phase finale. Nus n’avons pas assez attaqué la cage, il faut être plus agressifs sur les rebonds. Je m’excuse auprès de tout le monde, les fans, mes proches, mon pays… En arrivant au Danemark, on y croyait, on voulait faire une performance digne. Il faut remonter dès l’an prochain. »

(photos de Jonathan Vallat)

 

Autriche – Biélorussie 4-0 (1-0, 3-0, 0-0)
Samedi 12 mai 2018, 16h15. Royal Arena de Copenhague. 7370 spectateurs.
Arbitrage de Linus Ohlund (SUE) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Brian Oliver (USA) et Nathan Vanoosten (CAN).
Pénalités : Autriche 10′ (4′, 2′, 4′), Biélorussie 8′ (0′, 6′, 2′)
Tirs : Autriche 28 (7, 11, 10), Biélorussie 34 (14, 7, 13)

Récapitulatif du score
1-0 à 04’14 : Viveiros
2-0 à 30’28 : Komarek assisté d’Unterweger (sup. num.)
3-0 à 34’38 : Raffl assisté de Komarek (sup. num.)
4-0 à 39’36 : Zwerger assisté d’Ulmer (sup. num.)

Autriche

Attaquants
Peter Schneider (+1) – Thomas Hundertpfund (C, +1) – Manuel Ganahl (A)
Michael Raffl (+1) – Konstantin Komarek (2′) – Fabio Hofer
Dominic Zwerger – Lukas Haudum – Alexander Rauchenwald
Patrick Spannring – Patrick Obrist (2′) – Daniel Woger

Défenseurs
Stefan Ulmer (2′) – Mario Altmann
Clemens Unterweger – Martin Schumnig (A, 2′)
Layne Viveiros (+1) – Patrick Peter (2′)
Markus Schlacher (+1)

Gardien :
Bernhard Starkbaum

Remplaçant : David Madlener (G). Réservistes : David Kickert (G), Steven Strong (D), Dominique Heinrich (D), Brian Lebler (A, blessé)

Biélorussie

Attaquants
Geoff Platt (2′) – Yegor Sharangovich – Charles Linglet
Artur Gavrus – Pavel Razvadovski – Artyom Kisly
Aleksandr Pavlovich (C, 2′, -1) – Yevgeni Kovyrshin (-1) – Aleksandr Materukhin (-1)
Sergei Drozd – Aleksandr Kitarov – Artyom Levsha
Artyom Demkov – Maksim Sushko

Défenseurs
Stepan Falkovski (2′) – Pavel Vorobei
Yevgeni Lisovets – Kristian Khenkel
Dmitri Korobov (-1) – Nikita Ustinenko (-1)

Gardien :
Mikhaïl Karnaukhov puis Vitali Trus à 34’38

Réserviste : Ivan Kulbakov (G). Blessés : Roman Dyukov (D), Vladimir Denisov (D).

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