Avec 6 points au compteur, les Lettons ont besoin d’une victoire pour s’offrir un dernier match décisif face au pays-hôte (le Danemark) pour l’accès aux quarts de finale. C’est ce qui leur était arrivé l’an passé… contre l’Allemagne justement ! De quoi décupler leur envie de revanche car ils s’étaient alors sentis volés par l’arbitrage, après avoir déjà perdu la qualification olympique contre ce même adversaire (qui a ensuite remporté une médaille d’argent s’il est besoin de le rappeler). Les Allemands, qui n’ont que 5 points, semblent plus loin de la qualification cette fois, surtout avec la Finlande et le Canada comme derniers adversaires. Un succès aiderait tout de même à maintenir l’espoir.
L’Allemagne commence mieux le match. Elle démontre plus de vitesse, elle s’impose physiquement dans les duels et elle applique un bon forechecking sur ses adversaires. Mais au fil des minutes, la Lettonie se crée les meilleures occasions. Son capitaine Roberts Bukarts touche en particulier le poteau extérieur et sa ligne signe de bonnes présences. Le premier tiers-temps se termine par une charge à la tête de Draisaitl sur Blugers qui prive les Allemands de leur star pendant 2’+10′.
Le jeu de puissance letton n’aboutira, en début de deuxième période, qu’à… une faute d’Indrasis qui fait trébucher Hager. L’Allemagne ne produit guère plus de danger en avantage numérique : tout juste un slap de la bleue de Dennis Seidenberg. Des deux côtés, on manque généralement de tranchant devant la cage, en particulier Manuel Wiederer qui est en très bonne position sur un rebond mais met trop de temps à armer son revers. tTès clairement, la meilleure tentative est un tir du revers en pivot d’Andris Dzerins, repoussé de justesse, du haut du gant, par Treutle. Puis Tiffels accroche Redlihs, mais le principal frisson du powerplay balte est une sortie hasardeuse de Merzlikins.
L’Allemagne enregistre avec plaisir le retour de Draisaitl puisque la première ligne passe une longue présence en zone offensive. Le reste du jeu est assez plat. La Lettonie commet soudain une grosse erreur : pendant que ses quatre coéquipiers partent ensemble au banc en se regardant (« on n’est pas en train de faire une bêtise, là ? »), Oskars Cibulskis est laissé seul se fait enfermer en zone neutre par Dominik Tiffels. Oliver Mebus lance alors un 2 contre 0, et la passe de Marc Michaelis pour Marcel Noebels… est contré par le retour du diable vauvert de Ralfs Freibergs ! Le tournant du match : dans la continuité de l’action, Jonas Müller se fait voler le palet par Ronalds Kenins. La contre-attaque est alors négociée négocient à la perfection par Balcers et Abols, qui servent Kenins arrivé en troisième homme avec la cage vide (1-0).
La Lettonie remporte l’engagement de la troisième période, et après quinze secondes, le défenseur Guntis Galvins double la mise en trouant la mitaine de Treutle qui aurait dû arrêter ce lancer (2-0). Galvins bat des ailes comme un oiseau dans une étonnante célébration de but. Les Baltes se sentent effectivement planer, tel Abols qui virevolte à travers Yannic Seidenberg pour donner un bon tir à Balcers. L’Allemagne, elle, ne décolle pas. Jonas Müller évite simplement le pire en bloquant de la crosse la passe d’Indrasis sur un 2 contre 1. Les efforts d’Andris Dzerins sont logiquement récompensés d’un troisième but pendant que le géant couché Oliver Mebus essaie désespérément de jouer le palet au sol.
La première ligne sort l’Allemagne du gouffre : Yasin Ehliz sort le palet de la bande face à deux joueurs et sert Leon Draisaitl dans l’axe qui décale Dominik Kahun côté gauche pour un tir en angle (3-1). Une bonne séquence de conservation de palet de Hager et Plachta n’est pas vraiment relayée par leur troisième homme Mirko Höfflin (qui a remplacé un Eisenschmid transparent). Pourtant, sur leur présence suivante, Höfflin est accroché inutilement par Cibulskis dans le slot. L’Allemagne appelle son temps mort et c’est l’adjoint canadien Geoff Ward qui donne ses consignes avant la supériorité numérique. Servi près du but par Draisaitl, Patrick Hager – qui a déjà marqué deux fois en powerplay dans ce championnat – feinte Merzlikins et… tire sur le poteau ! C’est fini, même la sortie du gardien n’y changera plus rien.
Après quatre défaites consécutives, la Lettonie prend enfin sa revanche sur l’équipe allemande. Elle jouera un « huitième de finale » face au Danemark, et elle l’a mérité malgré ses failles (le jeu de puissance par exemple). Pour l’Allemagne, emportée par l’élan letton après avoir encaissé le premier but, c’est la douche froide, trois mois après l’exploit olympique. Le renouvellement est difficile et les nouveaux joueurs incorporés sont décevants.
Désignés joueurs du match : Rodrigo Ābols pour la Lettonie et Dominik Kahun pour l’Allemagne.
Commentaires d’après-match
Dennis Seidenberg (capitaine de l’Allemagne) : « Je pense qu’on a fait notre meilleur match dans ce tournoi. On a mis beaucoup de rythme mais on n’a pas marqué, et à la fin on a lâché ce match. On connaît leur style. Quand ils ont leur chance, ils utilisent leur talent pour se créer des occasions. Mais la plupart du temps, nous avons fait du bon travail pour traverser la zone neutre, envoyer le palet au fond et forechecker. »
Lettonie – Allemagne 3-1 (0-0, 1-0, 2-1)
Samedi 12 mai 2017 à 12h15 à la Jyske Bank Boxen de Herning. 8997 spectateurs.
Arbitrage de Mikko Kaukokari (FIN) et Timothy Mayer (USA) assistés de Nicolas Fluri (SUI) et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Lettonie 4′ (0′, 2′, 2′), Allemagne 14′ (2’+10′, 2′, 0′).
Tirs : Lettonie 33 (9, 11, 13), Allemagne 29 (10, 12, 7).
Évolution du score :
1-0 à 36’54 : Kenins assisté d’Ābols et Balcers
2-0 à 40’15 : Galvins assisté d’Indrasis et Dzerins
3-0 à 47’54 : Dzerins assisté de Redlihs et Freibergs
3-1 à 48’40 : Kahun assisté de Draisaitl et Ehliz
Lettonie
Attaquants :
Miks Indrašis (+2, 2′) – Andris Džeriņš (A, +2) – Mikelis Rēdlihs (A, +2)
Ronalds Ķēniņš (+1) – Rodrigo Ābols – Rudolfs Balcers
Rihards Bukarts – Teodors Blugers – Roberts Bukarts (C)
Frenks Razgals (-1) – Vitālijs Pavlovs – Gints Meija
Nikita Jevpalovs
Défenseurs :
Guntis Galviņš – Oskars Cibuļskis (+1, 2′)
Uvis Balinskis – Kristaps Sotnieks (+1)
Kristians Rubīns – Ralfs Freibergs (+2)
Kristaps Zīle
Gardien :
Elvis Merzļikins
Remplaçant : Kristers Gudļevskis (G). En réserve : Matiss Kivlenieks (G), Martins Karsums (fracture de la pommette).
Allemagne
Attaquants :
Yasin Ehliz – Leon Draisaitl (A, 2’+10′) – Dominik Kahun
Matthias Plachta (-1) – Patrick Hager (-1) – Markus Eisenschmid
Marc Michaelis (-1) – Frederik Tiffels (-1, 2′) – Marcel Noebels (-1)
Manuel Wiederer – Daniel Pietta – Nicolas Krämmer
Mirko Höfflin (-1)
Défenseurs :
Korbinian Holzer (A) – Dennis Seidenberg (C)
Yannic Seidenberg – Moritz Müller
Jonas Müller (-2) – Björn Krupp ou Oliver Mebus (-2)
Gardien :
Niklas Treutle [sorti de 58’29 à 58’55]
Remplaçant : Timo Pielmeier (G). En réserve : Matthias Niederberger (G), Bernhard Ebner, Sebastian Uvira.