La Russie résiste jusqu’au bout

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Le chaud bouillant public suisse est venu en nombre : la Royal Arena affiche complet pour la deuxième fois du jour. Les chants des supporters helvètes résonnent dans les travées. Ils rêvent d’un succès de prestige, qui leur ouvrirait la porte des quarts de finale. La défaite russe face aux Tchèques a aiguisé les appétits…

La Russie modifie son alignement et Nikita Gusev dispute son premier match, tout comme le défenseur Aleksei Bereglazov. Gusev rejoint ses compères Datsyuk et Kaprizov pour reformer le trio médaillé d’or aux derniers Jeux olympiques.

La Suisse tient tête

La première occasion majeure vient pourtant de la Russie. Sur un tir venu de l’aile gauche, Nikita Gusev dévie le palet sur le poteau. La rondelle retombe et il faut toute l’agilité de Berra pour éviter un but contre son camp… Le portier sauve encore de justesse sur un tir de Dadonov – sans être bien sûr d’avoir gelé le palet.

Scherwey et Haas lancent la révolte et leur combinaison se termine par un tir du revers du premier cité, dégagé par Koshechkin. Le palet file d’un but à l’autre, et Kaprizov exploite un lent changement de ligne pour solliciter Berra. Sur l’action, Andrighetto concède deux minutes pour crosse haute. Le pressing très haut de la défense suisse prive l’attaque adverse de la moindre occasion.

Les deux équipes cherchent le KO sur des décalages à l’aile. Sur l’un d’eux, Datsyuk déborde à gauche et Berra repousse de la plaque. Le jeu reste donc plutôt favorable aux Russes. Gavrikov tente ainsi de la bleue et Berra doit sortir la mitaine.

La Suisse s’accroche et provoque un accrochage de Barabanov. Hofmann, esseulé entre les cercles, manque de peu d’en profiter après un gros combat dans le coin de ses coéquipiers. Aucune autre position de tir ne se dessine, et Corvi concède même une obstruction sur le gardien alors qu’il reste une trentaine de secondes d’avantage. La supériorité se renverse et le gros travail de Scherwey contribue à ralentir la mise en place russe.

À cinq contre cinq, la Russie gagne une mise au jeu et parvient à servir Datsyuk seul devant Berra. Le revers du vétéran n’est pas cadré. La Suisse tient le choc après vingt minutes.

La Russie accélère

Il faut un peu de temps aux deux équipes pour relancer la machine. La Russie s’y montre plus prompte. Gusev, ligne de fond, parvient à trouver à travers l’enclave Datsyuk. Le capitaine manque sa reprise, ce qui se transforme en passe décisive pour Kaprizov, puisque le gardien a anticipé et se trouve hors de position (1-0).

Ce but donne confiance à la Russie qui insiste. Une séquence dangereuse voit Berra repousser un palet en hauteur. Grigorenko s’efforce de le rabattre dans le but ouvert mais Fora sauve la Suisse avec le patin sur sa ligne, et avec l’aide du poteau.

Les joueurs de Patrick Fischer partent à l’assaut sur l’action suivante et décrochent une supériorité numérique, pour une faute du jeune Bereglazov, qui dispute son premier match à ce niveau. Diaz lance et la zone bleue du gardien devient confuse tant les joueurs y bataillent. Le palet, lui, finit par passer à côté du poteau. Le jeu de puissance reste en place. Ramon Untersander, servi au cercle gauche, reprend de volée en pleine lucarne (1-1). Le public explose, et chante encore plus fort…

… Mais pas longtemps. Une minute plus tard, Anisimov intercepte et lance Dadonov, qui remonte un peu vers la bleue et tire en pivot. Un lancer mi-hauteur qui échappe au gant de Berra (2-1).

Il n’y a aucun temps mort dans la partie. Un débordement sur l’aile droite contraint Berra à un lancer de botte spectaculaire devant Gusev, puis Corvi est victime d’une crosse haute. Il tente de se faire justice lui-même et Koshechkin repousse la déviation. La Suisse pousse : Timo Meier échoue dans le slot, de justesse. L’attaquant des Sharks échoue aussi à la réception d’un 2-contre-1 une fois la pénalité terminée.

Corvi enchaîne avec une percée plein axe, qui témoigne du temps fort helvète. Il y a de l’envie d’aller vers l’avant… Un peu trop : Scherwey est puni dans un duel derrière la cage russe. Il reste une vingtaine de secondes à jouer et le changement de ligne boiteux de la Nati lui coûte un énième surnombre et 1’32 de 5 contre 3. La Russie capitalise à deux secondes de la pause. Le palet s’échange derrière la cage à plusieurs reprises, jusqu’à donner le tournis à la défense. Nesterov, du cercle gauche, reprend de volée (3-1).

Corvi tout proche du rôle de héros

La Suisse tue le reliquat de pénalité, et tente de revenir. Le jeu se déroule plutôt devant le but de Koshechkin, mais il ne reçoit pas beaucoup de tirs dangereux. La Suisse consomme beaucoup d’énergie à se sortir des duels dans les bandes.

À huit minutes de la fin, cette pression finit par payer. Un centre de derrière le but est repris entre les cercles. Sven Adrighetto saute sur le rebond (3-2).

La Nati donne tout, avec une occasion de Scherwey, mais s’expose. Berra sauve un premier tir, mais une nouvelle vague se présente. En deux-contre-un, Grigorenko reçoit le palet et reprend en hauteur (4-2).

Il reste moins de quatre minutes et la Russie se rend coupable d’un surnombre. Berra laisse sa place à un attaquant et le palet tourne bien. Andrighetto le reçoit en tête de cercle et expédie une mine à travers le trafic, déviée par Gaétan Haas (4-3).

Patrick Fischer pose son temps mort et Berra sort encore. La Suisse pousse, menée par Meier et Niederreiter qui rôde près de l’enclave. Le disque est renvoyé de l’autre côté : dégagement interdit et temps mort russe. L’enclave est confuse, le palet revient sur Corvi, qui ne peut reprendre correctement, gêné par une crosse russe. Son tir percute le poteau, alors qu’il ne reste que quelques secondes à jouer. La Suisse ne parvient pas à capitaliser dans cette dernière minute, et laisse la victoire s’échapper…

La Russie tient donc le rythme derrière la Suède et consolide sa deuxième place. La Suisse a manqué une belle occasion de se qualifier, déjà, pour les quarts, à la veille d’un défi d’envergure contre la Suède…

Désignés joueurs du match : Vladislav Gavrikov (Russie) et Enzo Corvi (Suisse)

(photos de Jonathan Vallat)

Commentaires d’après-match :

Nikita Gusev (attaquant de la Russie) : « Notre ligne s’est créé des occasions tout de suite. Si nous avions réussi à les concrétiser, nous nous serions rendu le match plus facile. Globalement, c’était un bon match après une longue coupure. Les deux premiers tiers étaient bons, le troisième plus difficile, mais globalement c’était bien. »

Raphael Diaz (défenseur de la Suisse) : « En deuxième et troisième, nous avons bien joué, après avoir débuté nerveusement pendant dix minutes. Je pense que nous avons réussi à hausser notre niveau de jeu par la suite, surtout sur la fin. C’est donc plutôt un bon match dans l’ensemble, nous avons joué avec confiance à la fin, nous avons attaquer leur cage. Le tournant, c’est ce 5 contre 3. Contre la Russie, cela fait but neuf fois sur dix. »

 

Russie – Suisse 4-3 (0-0, 3-1, 1-2)
Samedi 12 mai 2018, 20h15. Royal Arena de Copenhague. 12366 spectateurs.
Arbitrage de Jozef Kubus (SVK) et Gordon Schukies (ALL) assistés de Jake Davis (USA) et Jon Kilian (NOR)
Pénalités : Russie 8′ (2′, 4′, 2′), Suisse 8′ (4′, 4′, 0′)
Tirs : Russie 23 (8, 7, 8), Suisse 27 (5, 9, 13)

Récapitulatif du score
1-0 à 22’22 : Kaprizov assisté de Datsyuk et Gusev
1-1 à 26’35 : Untersander assisté de Kukan et Corvi (sup. num.)
2-1 à 27’47 : Dadonov assisté de Anisimov
3-1 à 39’57 : Nesterov assisté de Gusev et Datsyuk (double sup. num.)
3-2 à 51’52 : Andrighetto assisté de Meier et Vermin
4-2 à 56’07 : Grigorenko assisté de Anisimov et Gavrikov
4-3 à 58’12 : Haas assisté de Andrighetto et Niederreiter (sup. num.)

Russie (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Kirill Kaprizov (+1) – Pavel Datsyuk (C, +1) – Nikita Gusev
Mikhail Grigorenko (+2) – Artyom Anisimov (+2) – Pavel Buchnevich
Maksim Mamin – Sergei Andronov (A) – Yevgeni Dadonov (A, 2′, +2)
Aleksandr Barabanov (2′) – Ilya Kablukov (-1) – Maksim Shalunov (-1)
Ilya Mikheyev

Défenseurs :
Vladislav Gavrikov (+2) – Bogdan Kiselevich (+2)
Nikita Nesterov (+1) – Nikita Zaitsev
Yegor Yakovlev – Aleksei Bereglazov (2′, -1)
Nikita Tryamkin

Gardien :
Vasili Koshechkin

Remplaçant : Igor Shestyorkin (G). Réservistes : Ilya Sorokin (G), Dinar Khafizullin (D, blessé), Nikita Soshnikov (A)

Suisse (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Simon Moser – Enzo Corvi (2′) – Nino Niederreiter (A)
Sven Andrighetto (2′, -1) – Joel Vermin (-2) – Timo Meier (-1)
Noah Rod (-1) – Gaëtan Haas – Tristan Scherwey (2′, -1)
Gregory Hofmann – Reto Schäppi (A) – Chris Baltisberger
Damien Riat

Défenseurs :
Raphael Diaz (C, -1) – Mirco Müller (-1)
Ramon Untersander (-1) – Dean Kukan
Lukas Frick (-1) – Michael Fora
Joël Genazzi

Gardien :
Reto Berra [sorti à 57’04 »]

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). Réserviste : Gilles Senn (G)

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