Preview NHL: Division Pacifique

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La saison 2018-19 pointe déjà le bout de son nez et c’est donc l’heure de se pencher sur les effectifs qui entameront le calendrier début octobre. Quelles équipes peuvent prétendre aux séries ? Quelles sont les forces et faiblesses de chacune ? Second volet: la division Pacifique où les places en séries seront sans doute limitées à trois.

 

Anaheim Duckspar Nicolas Leborgne

116, 109, 103, 105, 101 points : cinq saisons remarquables des Ducks, qui ont perdu l’an dernier leur titre de champions de la division Pacifique au profit de Vegas, après cinq victoires de rang. Oui, Anaheim est une valeur sûre… ou du moins l’était, car le doute a fait surface après la déroute 4-0 subie au premier tour contre San José. Anaheim a paru lent, vieux et usé… mais était privé de Fowler.

Pour autant, le staff n’a procédé à aucun changement et compte surtout bénéficier du retour en santé de ses joueurs. Le gardien John Gibson a décroché une prolongation de contrat qui l’engage jusqu’en 2027 et Ryan Miller est un excellent suppléant. La défense dispose d’atouts intéressants, avec de grosses qualités de relance : Cam Fowler, Hampus Lindholm, Josh Manson, Brandon Montour. L’attaque s’appuie encore sur son capitaine Ryan Getzlaf, brillant passeur, et escompte un retour en forme de Corey Perry aux performances en déclin sensible depuis l’arrivée de Randy Carlisle sur le banc… Rickard Rakell et Jakob Silfverberg ont pris le relais, Adam Henrique apporte une bonne profondeur et Ondrej Kase s’est révélé. Cela ne sera pas de trop pour compenser la probable absence de Ryan Kesler toute la saison, lui qui a connu une saison dernière misérable à cause de douleurs à la hanche.

Les + : un très bon gardien et une défense pleine de promesses

Les – : des cadres vieillissants au centre, un manque de vitesse global

Prono : Pas de playoffs

 

Arizona Coyotespar Pierre Gouguet

Englués depuis des années dans une reconstruction qui n’en finit pas, les Coyotes de l’Arizona ont fait une 2e moitié de saison dernière bien meilleure, avec plus de 50% de victoires sur les 30 derniers matchs.

Les arrivées successives de Raanta, Stepan, Oesterle, Hinostroza, Hjalmarsson, Kuemper, Galchenyuk, et Grabner combinées à la troupe de jeunes joueurs comme Keller, Dvorak, Fischer, Chychrun, Perlini, Strome et le tout nouveau repêché Barrett Hayton, donnent un souffle nouveau à une franchise en mal de notoriété dans le désert. John Chayka et sa philosophie très centrée sur les statistiques avancées vont donc pouvoir continuer à bâtir un effectif qui doit se rapprocher des playoffs.

Sans doute encore trop justes pour y arriver dans une conférence toujours aussi dense, les éclosions de Dylan Strome, voir Barrett Hayton, ou les confirmations de Clayton Keller, et Alex Galchenyuk, sont déjà des pistes si l’on se demande ce qui peut les séparer de cet objectif. La clé réside peut-être dans les buts avec Antti Raanta, meilleur taux d’arrêts de la ligue l’an passé parmi les gardiens titulaire avec 93% en 47 matchs.

Rick Tocchet a donc du plain sur la planche, lui qui a stratégiquement déçu à sa première année avec un jeu très pauvre, mais les ingrédients sont de plus en plus qualitatifs, surtout avec la prolongation long terme de son capitaine suédois, Oliver Ekman-Larsson.

Les + : Un top six pouvant rivaliser à l’ouest, et de (bons) jeunes à suivre, Raanta

Les – : Des interrogations au sujet des jeunes, et de l’apport de Galchenyuk

Prono : Pas de playoffs

 

Calgary Flamespar Thibaud Chatel

Éliminés malheureux l’an passé, la faute largement à des gardiens affreux en l’absence de Mike Smith, Calgary a souhaité faire le ménage cet été. Bill Peters s’amène derrière le banc et apporte son jeu de possession, avec ses avantages (monopolisation du palet) et ses inconvénients (jeu pas assez direct et dangereux). Quel sera son impact avec les Flames ? Mystère, mais les matchs de pré-saison laissent entrevoir le même phénomène…

Plus embêtant, au chapitre des mouvements, le club s’est séparé de Dougie Hamilton, qui formait pourtant avec Mark Giordano l’une des meilleures paires défensives de la ligue, et de Michael Ferland, un bon complément sur le top-6 offensif. En échange, Elias Lindholm ne fera sûrement pas la différence en attaque et Noah Hanifin semble avoir atteint sa limite malgré son jeune âge. Derrière le duo réuni Giordano-Brodie, Hanifin aura la lourde charge de supporter Travis Hamonic, qui continue de chausser des chaussures trop grandes pour lui.

Au chapitre des bonnes nouvelles, James Neal a signé à l’intersaison et le duo Matthew Tkachuk – Mikael Backlund est assez formidable dans son genre. Mais le fond d’alignement devant comme derrière semble d’ores et déjà un gouffre, dans un club conservateur qui rechigne à faire monter des jeunes. Un management qui freine la montée en puissance du club plus qu’il ne l’aide, étés après étés. Calgary pourra quand même compter sur une division Pacifique ouverte à tous les vents pour tenter d’accrocher les séries.

Les + : Gaudreau, Tkachuk, Giordano, un Mike Smith très solide l’an passé dans les buts.

Les – : Des vrais faiblesses en profondeur.

Prono : Playoffs

 

Edmonton OilersPar Thibaud Chatel

Avec McDavid tout est possible. C’est un peu le leitmotiv des Oilers saison après saison et 2018-19 n’échappera pas à la règle. Le meilleur joueur de la ligue (oui oui) peut traîner n’importe qui sur son dos et tout ce qu’il reste à faire à son équipe est de tenir à peu près le choc lorsqu’il est sur le banc.

Car, à ses côtés, pas de miracle. Leon Draisaitl peut-il enfin assurer le rôle de deuxième centre ? Qui pour attraper les rebonds de McDavid à la place de Patrick Maroon parti? Ryan Nugent-Hopkins est sans contrat à la fin de l’année… Jesse Puljujärvi peut-il exploser? Lucic vieillit un peu plus chaque jour (sic), Ryan Strome a évidemment déçu…

Mais surtout la défense est toujours aussi hasardeuse. Si Oscar Klefbom est en santé il tiendra une partie de la baraque et Darnell Nurse a bien progressé. Mais reste cette vision qui pousse la direction à faire jouer Adam Larsson et Kris Russell outre mesure.

La division Pacifique est heureusement très ouverte et n’importe quelle équipe avec un brin de réussite peut accrocher les séries. Pour Edmonton, la solution viendra en fait sûrement de Cam Talbot dans les buts. Si le cerbère retrouve son niveau de 2016-17, lui et McDavid pourraient suffire à voir le printemps.

Les +: McDavid, McDavid, McDavid

Les -: Gros manque de profondeur

Prono : Pas de playoffs

 

Las Vegas Golden Knights Par Pierre Gouguet

Que penser des Golden Knights sans se tromper ? Cette année encore, Las Vegas est paré pour déjouer les pronostics, sauf que cette saison, les hommes de Gerard Gallant ne bénéficieront plus de l’effet de surprise qui a caractérisé leur œuvre de 2017-18.

En promettant une équipe compétitive sous 5 ans, George McPhee n’avait certainement pas prévu d’arriver aussi loin, aussi tôt. Ou alors il avançait très bien camouflé. Toutefois, après avoir travaillé durant son premier été, pour accumuler les choix de repêchage, dans l’espoir de capitaliser sur sa première draft 2018, McPhee a finalement changé son fusil d’épaule.

En fin de saison dernière, l’arrivée de Tomas Tatar en provenance de Détroit, contre 3 tours de draft 2018, avait déjà donné un indice sur la nouvelle stratégie des nouveaux venus, mais cet été finit d’enfoncer le clou en la matière. Pendant que plusieurs équipes plus anciennes de la ligue peinent à attirer du beau monde, les Knights ont récupéré Paul Stastny et Max Pacioretty. Agent libre ou échange « blockbuster », McPhee fait tomber le masque, ou montre du moins qu’il sait s’adapter à la nouvelle réputation de son équipe.

Malgré tout encore un peu justes derrière, dépendants des blessures, et du niveau de jeu de Marc-André Fleury, les Knights devraient voguer entre trouble-fête et potentiel finaliste de conférence. Si la mentalité d’équipe soudée et “seule contre tous” perdure.

Les + : L’homogénéité de l’effectif, et la mentalité “do or die” de l’équipe, plus les nouveaux arrivants

Les – : Défense moins fournie et potentiel “sophomore slump”

Prono  : Playoffs

 

Los Angeles Kings – Par Pierre Gouguet

Balayés au premier tour des playoffs l’an passé, les Kings ont un problème de profondeur. Si le top 6 est bon, et certainement au niveau de la conférence Ouest, la suite suscite des interrogations, mais ne permettra sans doute pas aux Angelinos de remettre les mains sur la coupe tout de suite.

En défense, le système est assez bon pour en faire la meilleure unité de la ligue, derrière des leaders comme Drew Doughty, Alec Martinez ou Jake Muzzin. Malgré tout, si Jonathan Quick est lui aussi toujours aussi bon, c’est le cas lorsqu’il ne squatte pas l’infirmerie, ce qui pose quand même un souci pour une équipe ne comptant pas sur une grande marge de sécurité derrière lui.

Soucieux de redorer leur blason offensivement derrière un très esseulé Anze Kopitar, les Kings ont fait signer l’agent libre russe Ilya Kovalchuk en provenance de KHL, pour densifier une attaque en mal de buteurs. Si le nom est toujours aguichant, son niveau constitue toutefois une interrogation. N’ayant pas joué en NHL depuis 2013, il n’est pas certain de le voir avoisiner la barre des 30 buts, ce qui serait une belle avancée pour L.A.

Malgré l’apparition potentielle de jeunes bons joueurs, comme Adrian Kempe, Alex Iafallo, ou les promesses d’un Gabe Vilardi, cela semble somme toute un peu juste pour viser plus haut que les wild cards pour les hommes de John Stevens et Rob Blake. Los Angeles n’a gagné qu’un seul match de playoffs depuis le titre 2014, échouant deux fois à intégrer le top-8.

Les + : La défense

Les – : le bottom 6, et le physique de Quick

Prono : Pas de playoffs

 

San José Sharks – Par Nicolas Leborgne

Finalistes 2016, les Sharks désespèrent de soulever enfin la coupe Stanley. D’une régularité confondante – 18 qualifications en playoffs sur les 20 dernières saisons ! – les Californiens font figure de bons élèves en terme de gestion, mais il manque ce petit truc pour toucher le Graal. Or, la fenêtre se ferme peu à peu, alors que Joe Thornton (et ses ennuis de genou) se rapproche de la fin de carrière.

Le manager général Doug Wilson a donc sorti l’artillerie lourde cet été. Après avoir acquis et prolongé Evander Kane au printemps, il a tout tenté pour séduire John Tavares. Les arguments étaient de poids : de la place dans la masse salariale, le climat californien, une équipe compétitive, des internationaux canadiens… Insuffisant. Wilson a donc réchauffé les discussions avec Ottawa et décroché le gros lot à la veille du début du camp d’entrainement : Erik Karlsson renforce les Sharks, contre un retour largement remplaçable.

En s’octroyant le défenseur offensif le plus productif des cinq dernières années – devant… Brent Burns – Wilson constitue, avec Vlasic et Braun en “protecteurs”, deux paires absolument redoutables et un gros renfort pour un jeu de puissance moins brillant qu’attendu. C’est suffisant pour envisager une qualification sereine en playoffs, puisque tous les postes sont plutôt solides.

Martin Jones et son backup Aaron Dell figurent parmi les plus constants de la NHL dans les cages. Et en attaque, Thornton, de retour en santé, peut alimenter pléthore de buteurs potentiels, entre Kane, Joe Pavelski ou Logan Couture. La progression de Tomas Hertl et Timo Meier notamment sera cruciale. Le bout du banc se compose de joueurs très rapides, souvent dénichés en Europe à moindre coût. Une gestion solide, qui fait des Sharks le grand favori de la division Pacifique.

Les + : Karlsson et Burns en relanceurs/buteurs dopent le secteur offensif, une équipe homogène

Les – : Une attaque qui a peiné en 2017-2018, le vieillissement des cadres, notamment Thornton

Prono : Playoffs

 

Vancouver CanucksPar Pierre Gouguet

À la cave depuis quelques saisons, les Canucks le resteront encore un petit peu. Il subsiste quand même de l’espoir, mais il réside uniquement dans la réussite de la nouvelle vague, sauf si notre Antoine Roussel national se met à passer la barre des 30 buts cette saison, une fois résolus ses soucis de commotion.

Depuis la retraite des frères Sedin l’an passé, les clés du camion se trouvent dorénavant dans les mains de Bo Horvat et Brock Boeser. Jeunes mais déjà efficaces, ces deux là auront un renfort de choix dès cette année avec le nouveau phénomène suédois de 19 ans, Elias Pettersson.

L’attaque de Vancouver se reconstruit donc petit à petit. Elle n’est pas spécialement aidée par sa défense qui tente tant bien que mal de faire déjà son travail, avant de penser à attaquer, hormis peut être le Suédois Alexander Edler dont les 28 passes décisives sont appréciées. Nul doute que cette arrière-garde attend de pied ferme l’arrivée du très réputé Quinn Hughes, drafté en 2018, aussi bon techniquement que mobile sur la glace, qui a décidé de rester une saison de plus en NCAA, pour glaner du temps de jeu au lieu de faire du banc en NHL.

Dans les buts, c’est le duo d’internationaux suédois Markström et Nilsson qui œuvrent, mais avec 91,2% d’arrêts, Markström ne fait pas spécialement office de muraille infranchissable. Les Canucks possèdent un beau gabarit dans le système avec l’Américano-canadien Thatcher Demko et son mètre 93. Encore en développement, il ne rentrera pas encore dans les plans de Travis Green cette année, mais on devrait entendre parler de lui rapidement.

En résumé, en plus de faire grandir ses espoirs, Vancouver devrait semi-officieusement tanker, pour tenter de maximiser ses chances de réunir les deux frères Hughes l’an prochain en Colombie-Britannique. Futur N°1 de la draft 2019, Jack Hughes est l’objectif inavoué.

Les + : La jeune garde très talentueuse, un potentiel rookie de l’année en Pettersson

Les – : Une équipe en tanking presque malgré elle

Prono : Pas de playoffs

 

 

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