Preview NHL : Division Centrale

732

La saison 2018-19 pointe déjà le bout de son nez et c’est donc l’heure de se pencher sur les effectifs qui entameront le calendrier début octobre. Quelles équipes peuvent prétendre aux séries ? Quelles sont les forces et faiblesses de chacune ? Quatrième volet : la division Centrale, de loin la plus relevée de la ligue.

 

Chicago Blackhawks par Nicolas Leborgne

Elles semblent bien loin, les années de gloire. Le club des années 2010 a remporté trois coupes Stanley, mais s’est cassé les dents la saison dernière, avec une triste dernière place de division. Réel déclin ou accident de parcours ? Les Blackhawks de Chicago vont chercher à rebondir cette saison. Dans une division redoutable, le moindre faux-pas coûtera très cher.

En fait, tout reposera sur les épaules d’un homme : Corey Crawford. Le gardien a manqué la plupart de la saison dernière et termine sa convalescence avec une reprise en douceur au camp. Ses remplaçants n’ayant pas du tout assuré, le staff est allé chercher l’expérimenté Cam Ward, qui fut longtemps un numéro 1 moyen à Carolina.

Le poste de gardien sera d’autant plus critique que la défense est bien loin de ses heures de gloire. Si Duncan Keith assure encore d’excellentes minutes, ce n’est pas le cas de Brent Seabrook, qui fut même écarté en tribunes un match en raison de performances discutables. Ce vieillissement pose problème, car les deux autres paires n’ont guère de relief. Brandon Davidson et Brandon Manning ont à peine le niveau NHL, Jan Rutta n’a pas trop séduit pour sa première saison. Quant à Henri Jokiharju, un ancien premier choix de draft, il n’a que 19 ans. Les blessures de Connor Murphy et Gustav Forsling vont handicaper le début de saison.

L’attaque devra compenser et, sur ce plan, le bilan est meilleur. Déjà, parce que Patrick Kane reste Patrick Kane, une machine à marquer des points, qui va tirer vers le haut son jeune centre Nick Schmaltz et son ailier sniper Alex DeBrincat. Jonathan Toews, “captain Serious”, reste sur une mauvaise saison, tout comme Artyom Anisimov et Brandon Saad. Un rebond ferait un bien fou. En revanche, les troisième et quatrième lignes seront peuplées de jeunes joueurs au niveau incertain – John Hayden, Tyler Sikura, Alexandre Fortin – ou de vétérans comme Chris Kunitz. Chicago ne dispose plus vraiment de la profondeur des temps jadis… Bref, cela sent tout de même la fin d’une époque.

Les + : Patrick Kane, et un duo de gardiens respectable s’il reste en santé

Les – : la défense la moins convaincante de la division

Pronostic : pas de playoffs

 

Colorado Avalanche par Pierre Gouguet

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. En général cela fonctionne, mais à Colorado, on aura peut être mésestimé l’identité de celui qui manque le plus. Depuis le départ de Matt Duchene à Ottawa, l’Avalanche a retrouvé des résultats.

Et si l’on précise résultats, c’est bien parce que la manière n’y était souvent pas. Régulièrement dominés, les coéquipiers de Nathan MacKinnon ont totalisé des stats d’équipe défensive, mais qui aura capitalisé en contre. Et vu la forme du Canadien en fin de saison, c’est bien cet énergumène-là qui fait désormais la pluie et le beau temps dans le Colorado.

Alors qu’attendre d’eux cette saison ? Pour être honnête, il faudra que MacKinnon soit au moins aussi bon, car si les Avs disposent de quelques très bons joueurs, l’ensemble reste quand même plutôt moyen. La 1re ligne avec Landeskog et Rantanen peut faire fondre des icebergs, mais la suite est plus aléatoire.

Kerfoot, Compher, Kamenev, Jost représentent une partie de la jeunesse en attaque mais n’apparaissent pas comme des garanties de succès sur une base régulière. En défense la bonne surprise Samuel Girard est toujours là, et aura un rôle décisif avec Johnson, Zadorov et Barrie dans une brigade défensive qui a un joli visage. Varlamov et Grubauer sont toujours dans les buts, en espérant que le Russe puisse maintenir ses statistiques autour des 92% comme l’an passé.

Malgré tout, il faudra que l’Avalanche hausse son niveau de jeu pour espérer sortir du lot, dans une division très homogène.

Les + : MacKinnon, et une défense équilibrée

Les – : manque de profondeur offensive

Pronostic : pas de playoffs

 

Dallas Stars par Pierre Gouguet

Déjà prétendants au playoffs l’an passé, les Stars ont déçu, et provoqué la fin du mandat de Ken Hitchcock. Avec un tout nouveau projet, celui de l’ex-coach de l’université de Denver, Jim Montgomery, les Texans entrent dans une nouvelle ère.

Le projet Montgomery, c’est pression, vitesse, et fluidité. Au menu, forechecks, entrées de zones offensives propres et utilisation des qualités physiques d’un effectif que Montgomery qualifie de qualitatif et rapide. Son management basé sur la confiance, mais aussi l’amusement, peut vite découler sur un groupe dévoué à son coach. Jim Nill a malgré tout demandé des résultats rapides, indiquant même que les Stars entraient dans une fenêtre ouverte sur la coupe d’une longueur de 3 ans.

L’avantage pour Montgomery, c’est que le secteur à améliorer est clair. Avant-dernière défense de la ligue, les Stars ont les portes du saloon grandes ouvertes. Ni Ben Bishop ni Kari Lehtonen et leurs 91,4% (en moyenne) d’arrêts n’ont tenu la baraque.

Il sera certainement intéressé par l’apport offensif du géant suédois John Klingberg, et son potentiel à plus de 60 points. Derrière, Esa Lindell ou Julius Honka ont aussi un potentiel intéressant avec des stats offensives et port du puck dans la zone adverse au-dessus des autres, mais la brigade dans son ensemble va devoir travailler sur son placement et sa mentalité pour ne pas sombrer une 2e fois de suite.

Nul besoin de parler de l’attaque texane tant les Radulov, Benn, Seguin (prolongé de 8 ans pour plus de 9 millions par an), Janmark, voir Spezza ou Nichushkin devraient continuer leur œuvre de destruction. Si le plan Montgomery fonctionne, et que le pressing a des effets, les palets de récupération pourraient faire des ravages.

Les + : la nouveauté autour du système Montgomery, l’attaque de feu

Les – : la défense gruyère

Pronostic : playoffs

 

Minnesota Wild par Thibaud Chatel

Voilà six saisons que le Wild du Minnesota atteint les playoffs, sans jamais toutefois faire de grand parcours au printemps. Les forces de l’équipe sont demeurées les mêmes mais cette constante pourrait paraître un désavantage dans une division Centrale qui se renforce saison après saison.

Le Wild ne devrait pas changer d’identité en 2018-19. Le DG a changé, Chuck Fletcher a laissé sa place à Paul Fenton, mais tant que Bruce Boudreau sera à la baguette derrière le banc, cette équipe pratiquera avant tout un hockey défensif, et l’un des meilleurs du genre. Boudreau spécialise ses équipes dans la limitation des chances dangereuses adverses, jouant au jeu de celui qui encaissera le moins de buts. Une recette pas franchement payante dans la NHL d’aujourd’hui, mais qui peut faire son bout de chemin en saison régulière face à des adversaires hétéroclites.

Le coach pourra s’appuyer pour cela sur l’excellente paire Ryan Suter – Jared Spurgeon, prompte à accumuler les minutes en tous genres. Jonas Brodin – Matt Dumba ont eu du mal à trouver leurs marques l’an passé, surtout car le Suédois a dû réviser ses ambitions offensives afin de sécuriser son partenaire, plus à même de se porter vers l’avant. L’acquisition de Greg Pateryn en profondeur est intéressante et représente une légère amélioration sur ses prédécesseurs.

Cette brigade facilitera comme toujours le travail de Devan Dubnyk dans les cages. Dubnyk a toujours été fiable depuis son arrivée au Minnesota mais profite d’une charge de travail facilitée par cette défense de fer devant lui. Tant mieux pour l’équipe.

La brigade offensive est plus difficile à jauger, compte tenu justement des priorités stratégiques du coach. Il y a deux saisons de cela, les contres émergeant de la défense resserrée avaient plutôt bien fonctionné mais avant tout en raison d’une réussite élevée. La même attaque l’an passé, sans réussite, a bien moins paru. Ajoutons à cela que, parmi les seuls vrais vecteurs de possession et de stabilité, Eric Staal risque toujours de régresser d’un jour à l’autre, et Nino Niederreiter n’est pas dans les petits papiers de Boudreau pour une raison qui nous échappe un peu. Mikael Granlund, Jason Zucker, Charlie Coyle sont de bons éléments, Mikko Koivu est un as défensif éternellement sous-estimé, Zach Parise a la santé fragile et Joel Eriksson Ek se développe doucement (trop?) sur le troisième trio.

En bref, Minnesota a les mêmes atouts que d’habitude. Cela suffira-t-il pour devancer Winnipeg, Nashville, Dallas, St Louis? Il faudra un bon coup de pouce des dieux du hockey, comme une deuxième wild-card pour la division Centrale.

Les + : le système défensif de Boudreau

Les – : le système défensif de Boudreau

Pronostic : playoffs

 

Nashville Predators par Pierre Gouguet

Comme pas mal d’équipes visant le titre, ce qui sépare les Predators du Graal, c’est sans doute la performance, ou non, de leur gardien Pekka Rinne.

Toujours au top en saison régulière, le Finlandais arrive en playoffs avec la lourde tâche de confirmer. C’est certain qu’avec 92,7% d’arrêts en saison, Rinne met la barre un peu haut, et il est difficile de tenir la distance en playoffs. Malheureusement, lorsque Rinne se rate, il ne fait pas semblant, et on aurait même tendance à ne voir que ça.

Finale de coupe 2017, demi finale de conférence 2018, les Preds trustent les sommets, mais ne parviennent pas à franchir le dernier palier. Pourtant tout est mis en œuvre pour cela. Sous la houle d’un Peter Laviolette toujours aussi pragmatique, et poussé par une foule déjantée, les dignes représentants de Music City ont une impressionnante armada.

L’escouade défensive est bluffante. Évincé de Montréal (quoi qu’on en dise), P.K. Subban retrouve de l’allant dans le Tennessee. Une petite soixantaine de points, et le défenseur canadien prouve que son statut de leader n’est pas usurpé, malgré des frasques sur et en dehors de la glace, qui font de lui un joyeux drille autant qu’un très bon défenseur. Accompagné par Roman Josi, Mattias Ekholm, et Ryan Ellis, Subban mène un top 4 d’une rare solidité. 2e meilleure défense de la ligue, Nashville est rude à jouer.

Et comme tout bon candidat au titre, en plus de se frotter à un mur, on apprend aussi à avoir peur de leur attaque. Les Filip Forsberg, Ryan Johansen, Viktor Arvidsson, Craig Smith, Kevin Fiala, Kyle Turris, pour les mieux notés, entourés par d’autres joueurs de complément toujours là pour faire la différence, vont en plus enregistrer l’arrivée du Finlandais Eeli Tolvanen, dont la réputation de flèche ne fait qu’accroître l’apparente homogénéité de cette équipe.

Les + : un superbe top 4 en défense, de belles individualités dans le top 6 offensif. L’ambiance à la Bridgestone Arena

Les – : les questions autour de Rinne en Playoffs

Pronostic : playoffs

 

St. Louis Blues par Pierre Gouguet

En transférant Paul Stastny à Winnipeg en fin de saison passée, Doug Armstrong a jeté le trouble sur ses intentions à la tête des Blues. Luttant pour accrocher une wild card, le GM de St Louis a compromis les chances de son équipe d’y parvenir, au terme d’une saison en dents de scie.

Au final, si les pensionnaires du Scottrade Center ont bien fini par manquer la qualification en perdant le dernier match de saison régulière à Colorado, la situation maintenant semble malgré tout aller dans le bon sens. Rajeunissement, place dans l’effectif, et homogénéité, voici de nouveaux Blues.

Ryan O’Reilly, Tyler Bozak, Patrick Maroon, David Perron sont arrivés cet été, et surtout c’est bien la jeune garde de la franchise qui attire tous les yeux de la ligue cette année. Pêle-mêle, Robert Thomas, Ivan Barbashev, Dmitrij Jaskin, Sammy Blais, Jordan Kyrou, Dominik Bokk, Klim Kostin, Scott Perunovich, ou Erik Foley, sont les noms dont vont se servir les membres du staff de Mike Yeo pour relancer une franchise qui commence à cultiver une culture de la défaite qui ne ressemble pas au dévouement de fans particulièrement assidus.

La situation de Jake Allen interpelle également. Capable de voler des séries de playoffs, il pêche dans la régularité et ne parvient pas même à enchaîner des saisons régulières entières. Son ancien back-up Carter Hutton parti à Buffalo n’est plus là pour pallier les blessures, Allen va donc devoir passer un palier rapidement, car Chad Johnson, son nouveau remplaçant, ne sera peut-être pas si performant.

Si les Blues sont épargnés par des blessures qui auront pourri leur cœur de saison dernière, ils auront sans doute leur chance, disposant des mêmes solides cadres (Tarasenko, Schwartz, Schenn, Steen, Parayko, Pietrangelo ou Fabbri) qui en ont fait une équipe dangereuse.

Les + : les jeunes qui arrivent, des lignes homogènes

Les – : l’interrogation autour de Jake Allen

Pronostic : playoffs

 

Winnipeg Jets par Pierre Gouguet 

Finalistes de conférence l’an passé, les Jets confirment enfin tout le bien que beaucoup pensaient d’eux. Il y a tout pour plaire chez les Jets, y compris une enceinte pas gigantesque, mais bruyante, et une osmose entre équipe et public qui fait du Bell MTS Place une forteresse, où les Jets ont le meilleur bilan à domicile de la ligue.

Avec peu de failles dans le système, on se demande presque si le destin des pensionnaires du Manitoba ne tiendra aux performances de leur gardien Connor Hellebuyck. Auréolé d’une saison passée à 92,4%, le portier de Winnipeg devra au moins confirmer à ce niveau pour renvoyer les siens aussi loin dans la compétition. Parce que, pour le reste, l’armada est impressionnante.

Deuxième attaque, et cinquième défense de la ligue. Que ce soit les noms ou les statistiques, tout y est. L’effectif n’est pas vieux, mais a de l’expérience, homogène mais pas moyen. Les menaces sont multiples, et les canonniers peuvent tirer de partout, de la bleue à jusque dans le slot, un vrai cauchemar pour les adversaires.

Blake Wheeler, Patrik Laine, Dustin Byfuglien, Nikolaj Elhers, Mark Scheifele, Kyle Connor, Mathieu Perreault, Bryan Little.. tous produisent et ce malgré des saisons entachées par les blessures.

Les + : effectif super homogène

Les – : Hellebuyck va-t-il confirmer ?

Pronostic : playoffs

 

 

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :