Les Boxers dans la gueule du loup

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Après une défaite 6-4 à Chamonix dans la semaine, Bordeaux reçoit des Brûleurs de Loups pas au mieux
à l’extérieur, et enregistrant une absence de dernière minute pour blessure, celle d’Alexandre Texier.
L’armada grenobloise est quand même conséquente, et va tenter de prendre des points dans une
patinoire qui ne lui a pas toujours été favorable dans le passé. Bordeaux est toujours en proie à des difficultés physiques après une préparation on ne peut plus tronquée, et une absence d’entraînement depuis deux semaines. 

Une entame hors sujet pour Bordeaux

On pouvait légitimement penser que les Boxers attaqueraient le match tambour battant, mais les visiteurs trouvent directement comment doucher les ardeurs locales, et ce au bout de.. 20 secondes, par l’intermédiaire de l’intenable Damien Fleury.

Coupés dans un élan qu’ils n’ont même pas eu le temps de lancer, les Boxers mettent quelques minutes à se remettre, laissant Grenoble continuer à s’imposer dans la zone offensive. Clément Fouquerel tient bon mais Mériadeck est plutôt circonspect.

Pris dans l’intensité, dans la relance et en vitesse, Bordeaux tente quelques incursions autour de la cage adverse mais sans trop de tranchant. Maxime Moisand entre en zone adverse en contrôle en envoie le palet au-dessus, mais Alex Aleardi, très à l’aise dans les petits espaces, ou Maxime Legault alertent la défensive rouge et noire à leur tour.

Et c’est bizarrement dans un temps loin d’être fort que Bordeaux égalise par le jeune Vince Tartari, suivant bien un rebond laissé par Lukas Horak, et inscrivant par la même occasion son premier but en professionnel. L’apathie change de camp l’espace de quelques minutes, et le gardien visiteur s’emploie. Mais l’apanage des grandes équipes réside dans cette capacité à résister et à frapper fort en retour. C’est Peter Valier au second poteau qui joue ce rôle de Père Fouettard pour Grenoble qui reprend le score (1-2).

Tout est à refaire pour les Boxers. Aurélien Dair leur offre une occasion de briller en se rendant coupable d’un faire trébucher.  Le jeu de puissance s’installe bien et ils arrivent même à frapper à la cage grenobloise, jusqu’à ce que Louis Bélisle manque un contrôle à la bleue, puis pris de vitesse par Maxime Legault, qui n’en demandait pas tant, ne parvient pas à se dégager, laissant le très en jambes numéro 54 se jouer de Clément Fouquerel en un contre un, pour porter la marque à 1-3, de surcroît en infériorité numérique.

Une fin de tiers cauchemardesque pour Bordeaux qui multiplie les approximations jusqu’à se retrouver en double infériorité pour terminer la période avec deux pénalités concédées par Jules Lefebvre et François Paquin. Les choses auraient pu plus mal tourner si Matthias Arnaud ne s’était pas sacrifié à deux reprises, en se couchant comme un mort de faim sous les coups de boutoir grenoblois.

Le bilan est simple après ce premier tiers : Bordeaux est surclassé physiquement et dans l’intensité.

La douche froide d’entrée

Le second tiers aurait là encore pu être différent pour Bordeaux, s’ils avaient pu surfer sur la double infériorité tuée dans l’entame. Aurait pu… car c’est bien Grenoble qui quadruple la mise par Dylan Fabre sur assistances de Lucien Onno et du futur meilleur pointeur de la soirée iséroise Maxime Legault.

Le reste du tiers n’a rien d’emballant tant Bordeaux ne parvient pas à se sortir de l’éteignoir adverse. Clément Fouquerel est alerté à plusieurs reprises alors que son homologue du soir passe une soirée plus calme. Olivier Labelle tente bien de réveiller ses comparses sur le banc en haussant le ton, mais c’est sur le banc des pénalités qu’il se dirige, coupable d’une charge à retardement, ainsi que Jules Lefebvre, en retard sur un cinglage. Mais le jeu en infériorité numérique de Bordeaux performe.

Grenoble bascule encore plus en tête à la fin du deuxième tiers (1-4). Assez inoffensifs, et courant perpétuellement derrière le score, et le palet, on ne voit pas bien comment les Bordelais pourraient renverser la situation.

Pas de miracle

Les visages bordelais reviennent pourtant sur la glace avec un air plus déterminé, Maxime Moisand tentant de rameuter les troupes. Queen et ACDC résonnent dans une patinoire un peu sceptique malgré tout.

Un joli mouvement entre Julien Guillaume et Aina Rambelo vient buter sur Lukas Horak, puis c’est François Paquin qui allume une mèche à côté du but. En face Dylan Fabre, tout en vivacité, vient semer le doute auprès d’un Jules Lefebvre un peu emprunté et manquant de puissance. Yann Sauve oblige Clément Fouquerel à un arrêt de la botte droite et Grenoble semble reprendre la main sur la rencontre.

Bordeaux retombe dans ses travers et ne parvient pas à relancer proprement. Alex Aleardi en contre parvient à servir du revers, en tournant sur lui même, Dennis Kearney, qui bute sur Clément Fouquerel. Un joli mouvement individuel qui montre les carences défensives locales par un clair manque d’agressivité sur le porteur.

Pourtant, en contre, Julien Guillaume installe une attaque en zone adverse qui déclenche même un accrocher de Sacha Treille. Deux minutes de jeu de puissance bordelais, et une frappe de Luke Ferrara au-dessus. La supériorité numérique ne donne rien et les champions de France en titre (oui oui, toujours) ne sont pas  inquiétés. Aina Rambelo part en prison pour dureté, tout comme Dennis Kearney pour obstruction, occasionnant un 4 contre 4. Bordeaux rate une belle occasion puis Johan Skinnars et Andrew Johnston apportent du danger en maîtrisant la rondelle autour du but d’un Lukas Horak solide.

S’en suivront un face-à-face raté par Olivier Labelle et une tentative petit côté de Johan Skinnars bien stoppée par Lukas Horak. À quatre minutes du terme, un accrocher de Simon Bourque donne l’occasion aux Brûleurs de loups de porter l’estocade, ce que Joel Champagne essaie d’effectuer par deux fois. Puis c’est au tour de Damien Fleury de tenter sa chance mais il casse sa crosse en tirant au but.

Simon Bourque et Kyle Hardy se chauffent mutuellement. Dans les premières secondes à 4 contre 4,  Louis Bélisle part seul face au but, et inscrit le deuxième but bordelais de la soirée. Maigre consolation pour un public qui n’a pas eu l’opportunité de vibrer tant les Grenoblois ont semblé supérieurs, et maîtres de leur sujet.

Nous aurons malgré tout deux dernières minutes plus animées. Clément Fouquerel amène un surnombre en sortant de sa cage et Louis Bélisle alerte encore Lukas Horak. Les Bordelais tentent d’y croire un peu. À 6 contre 5 pendant 1 minute 30, ils jettent leurs dernières forces dans la bataille, mais ne règlent pas la mire, contrairement à Yann Sauvé qui récupère un palet dans le fond de sa zone et la loge directement dans le but bordelais à l’opposé de la glace.

Bordeaux « mange son pain noir »

Nouvelle défaite donc pour des Bordelais qui semblent particulièrement entamés physiquement. Pour Olivier Dimet, si Grenoble a « été supérieur dans tous les compartiments du jeu, avec une plus puissante et mieux en place », Bordeaux doit « faire le dos rond, et relever la tête petit à petit« .

Si l’enchaînement des défaites « fait mal au moral« , l’important est « de se remettre au travail« . Après une préparation « tronquée par les arrêts du covid », sans avoir pu s’entraîner pendant « un mois, sur un mois et demi« , aujourd’hui Bordeaux est « en train de le payer. La différence d’intensité et de puissance entre les deux équipes était claire ce soir, même s’il n’y a pas un tel écart  entre les deux formations malgré la supériorité de Grenoble » 

Bordeaux ira certainement mieux à un moment donné, et cela nécessite du temps pour retrouver le niveau requis, qui pour le coach girondin, devrait revenir globalement « après la trêve« . Malgré tout, l’heure est à l’optimisme sur la durée pour le staff bordelais qui « croit réellement au potentiel de cette équipe », et cela s’est vu lors du premier match à Angers. Le jeu prôné par le staff est basé sur « l’intensité et la vitesse, et il en manque une grosse partie en ce moment. On est dans le creux de la vague, il faut être honnête. »  

Le calendrier du week-end n’arrange pas les affaires bordelaises car en plus de recevoir un Grenoble revanchard, il va falloir enchaîner face au leader angevin dimanche soir. En plus de « devoir remonter la pente physiquement« , Bordeaux va devoir gommer les erreurs individuelles qui ont entaché les dernières sorties. Analyse confirmée par Loïk Poudrier qui sait que les siens vont devoir se remettre vite d’aplomb et faire un gros mois d’octobre. Malgré tout « il y a un bon groupe qui est resté solidaire » et qui va se « retrousser les manches pour prendre des points »

Côté grenoblois, le sentiment est forcément différent. Si « la semaine a été très longue en parlant beaucoup« , suite aux deux dernières défaites, le début de match a été rassurant avec une équipe « plutôt calme« . L’absence de dernière minute d’Alexandre Texier par précaution n’a pas forcément eu d’impact négatif, et le retour à Pôle Sud pour les entraînements ne pourra être que bénéfique. Le niveau de performances n’était pas au rendez-vous jusque là, un retour à la normale les aide à retrouver un standard convenable.

 

Bordeaux – Grenoble 2-5 (1-3, 0-1, 1-1)
Vendredi 16 octobre 2020 à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 852 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Bourreau et Nicolas Crégut assistés de Philippe Guillon et Didier Lambert.
Pénalités : Bordeaux 14′ (4′, 4′, 6′), Amiens 10′ (2′, 0′, 8′).
Tirs : Bordeaux 25 (16, 5, 4), Amiens 38 (15, 14, 9).

Évolution du score :
0-1  à 00’20 : Fleury assisté de Munoz et Rohat
1-1  à 05’31 : Tartari assisté de Lefebvre et Lamboley
1-2 à 11’38 : Valier assisté de Legault
1-3 à 13’53 : Legault (inf. num.)
1-4 à 22’03 : Fabre assisté de Onno et Legault
2-4 à 57’28 : Bélisle assisté de Mulle et Poudrier
2-5 à 59’35 : Sauvé (inf. num.)

Bordeaux

Attaquants :
Johan Skinnars – Andrew Johnston – Olivier Labelle
Alexandre Mulle – Loïk Poudrier – Luke Ferrara
Aina Rambelo – Julien Guillaume – Matthias Arnaud
Vince Tartari – Robin Lamboley – Jules Gallet

Défenseurs :
Louis Bélisle – Marc André Levesque
Maxime Moisand – François Paquin
Jules Lefebvre – Simon Bourque

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Gaëtan Richard (G). Absent : Gabriel Desjardins, Mark Hurtubise

Attaquants :
Julien Munoz – Sacha Treille – Damien Fleury
Joel Champagne – Dennis Kearney – Alex Aleardi
Dylan Fabre – Peter Valier – Maxime Legault
Julien Baylacq – Aurélien Dair – Timothé Quattrone

Défenseurs :
Sébastien Rohat – Yann Sauvé
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Lucien Onno – Christophe Tartari

Gardien :
Lukas Horak

Remplaçant: Sébastien Raibon (G). Absent : Alexandre Texier (blessé).

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