Présentation de la NHL 2021 – la division Ouest (1/4)

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Après de longs mois d’incertitude, la NHL reprend ses droits avec un calendrier resserré. Les spectateurs vont assister à 116 jours consécutifs avec un match, l’ambition étant de présenter la coupe Stanley courant juillet, avant le début des Jeux olympiques de Tokyo qui mobiliseront les télévisions.

La ligue a choisi un calendrier de 56 matchs et une réorganisation des quatre divisions. Les contraintes sanitaires ont en effet fermé la frontière entre le Canada et les États-Unis. La ligue a donc regroupé les sept franchises canadiennes dans la même poule, et obtenu, après de longues négociations, l’accord des autorités de chaque province canadienne pour organiser les matchs. Cette division est très attendue par les fans canadiens, enthousiastes à cette idée.

Chacune des 31 équipes jouera donc à domicile et non pas dans des bulles, et uniquement contre les formations de sa division, offrant un calendrier de 7 à 10 matchs contre les mêmes formations. Les « back-to-back », ces séries de deux matchs en deux soirs, seront légion, contre le même adversaire.

À l’issue de ces 56 matchs, les quatre premiers de chaque division seront qualifiés en playoffs, et s’affronteront entre eux jusqu’à dégager quatre vainqueurs de division, qui seront les finalistes de conférence. Il y aura ainsi obligatoirement une équipe canadienne dans le carré final.

La plupart des équipes évolueront à huis clos. Une poignée pourront accueillir du public lorsque les autorités locales l’autorisent, mais elles seront rares. Nashville, par exemple, bénéficie de cette chance, mais a décidé de la limiter aux familles des joueurs, à quelques partenaires et surtout aux personnels soignants. Arizona a limité l’accueil à 20% de la capacité.

Une galère économique

De l’aveu même de Gary Bettman, les pertes s’élèvent en milliards, et il aurait été plus rentable d’annuler purement et simplement la saison. Sauf que, à long terme, l’image de la ligue doit perdurer. Il faut exister médiatiquement auprès des diffuseurs et des sponsors… Les propriétaires, qui ont presque tous dégraissé leurs staffs, ont donc accepté de s’engager.

Pour compenser, la ligue a vendu le nom des divisions à quelques gros groupes, et chaque équipe vendu un petit espace sur les casques des joueurs pour le logo d’un partenaire (souvent celui qui détient le nom de la patinoire). La ligue a besoin de cash… reste à voir si cette solution sera à court terme ou perdurera (ce qui, soyons réalistes, est inévitable).

On comptera aussi deux matchs en plein air au bord du lac Tahoe, ce qui offrira des paysages magiques et un peu de baume au cœur dans une saison atypique. Enfin, les 31 équipes ont mis en vente un maillot « retro » plus ou moins réussi, afin d’obtenir du cash via les produits dérivés…

Des effectifs renforcés

L’intersaison longue durée a privé de matchs certaines équipes pendant 300 jours, une attente interminable pour les sept éliminés de l’an dernier. Les effectifs ont subi quelques départs à la retraite, et accueillent entre 20 et 23 joueurs selon les contraintes de plafond salarial, auxquels s’ajoutent 3 à 5 joueurs dans un « taxi squad », un groupe de réservistes qui peuvent s’entraîner et se déplacer avec le groupe, mais ne jouent qu’en cas de coup dur – principalement cas positifs de Covid-19, voire blessures. En attendant, les joueurs reçoivent un salaire AHL.

La pause qui s’éternise pour les championnats juniors a poussé beaucoup d’équipes à accueillir en leur sein les jeunes sous contrat, notamment ceux qui ont participé aux Mondiaux juniors. Certains vont débuter en NHL, d’autres figurer parmi les réservistes et apprendre aux entraînements. D’autres vont rejoindre l’AHL, qui débutera en février sans certaines franchises et pour un calendrier limité. Dès que les ligues juniors (OHL, WHL) reprendront, ces joueurs quitteront les rangs professionnels pour y retourner. Une AHL en grosse souffrance économique : les joueurs ont reçu leur dernier chèque en avril et des familles se retrouvent en très grande difficulté, sans revenu depuis et dans la plus complète incertitude sur leur devenir. On y envisage des calendriers très courts, peut-être des salaires au prorata… Bref, il est possible que quantités de jeunes joueurs n’aient d’autre choix que de ranger les crosses.

Une situation sanitaire sous surveillance

Le camp d’entraînement a été raccourci et aucun match de présaison organisé. Ces camps ont eux-mêmes été perturbés par le Covid-19. Plusieurs équipes ont dû interrompre leur préparation, notamment Dallas, avec pas moins de 17 cas positifs. Les Stars ont déjà dû reporter leurs deux premiers matchs… Au 12 janvier, pas moins de 27 joueurs, provenant de 9 équipes, ont déjà reçu un test positif.

La ligue a indiqué que les noms des joueurs positifs seraient annoncés publiquement au cours de la saison, avec une désignation spécifique comme motif d’absence. Fort de l’expérience de la NFL et de la NBA, tout le monde s’attend à devoir puiser dans ses réserves. La NBA a déjà connu des reports de match. Quant à la NFL, toutes les équipes sauf une (Seattle) ont connu des cas… Le pire étant celui de Denver, privé de tous ses quarterbacks en même temps, et qui a joué un match dans des conditions compliquées. Pour éviter ce genre de mésaventures, les équipes NHL ont presque toutes choisi des règles sanitaires strictes : les deux gardiens ne se côtoient pas, et, dans le vestiaire, les défenseurs sont dispersés, ainsi que les attaquants, afin d’éviter que tout un secteur soit absent en même temps. Il va sans dire que, en déplacement, les joueurs auront des chambres individuelles, et resteront confinés dans leurs hôtels.

Division Ouest « Honda »

Logo_Anaheim_petitAnaheim Ducks
Départs : D Erik Gudbranson, D Michael Del Zotto
Arrivées : D Kevin Shattenkirk

Dans la division la plus déséquilibrée de la ligue, les Ducks d’Anaheim apparaissent comme l’équipe californienne la plus proche des playoffs. Mais c’est loin d’être gagné. L’équipe a signé 47,2% de victoires l’an dernier, le pire bilan depuis dix ans, et remonter la pente ne sera pas simple.

Le principal atout réside dans les cages, avec John Gibson, l’un des gardiens phares de la ligue, et son très bon remplaçant, le vétéran Ryan Miller. Gibson a été la principale raison des bons résultats des Ducks depuis des années, et sa dernière saison mitigée (seulement 90,9% d’arrêts) a aussi expliqué le mauvais bilan de l’équipe.

La défense dispose de profils mobiles comme Hampus Lindholm, Cam Fowler et Josh Manson, mais leur jeu défensif pur reste friable. Le recrutement du vétéran Kevin Shattenkirk, qui vient de gagner la coupe avec Tampa, complète le top-4. La troisième paire accueillera bientôt Jamie Drysdale, auréolé de sa médaille d’argent au Mondial junior, et Brendan Guhle. En attendant, Jacob Larsson et Jani Hakanpaa vont dépanner.

Offensivement, on attend un rebond de Jakob Silfverberg et Rickard Rakell, moins en vue l’an dernier. Au centre, Adam Henrique et Ryan Getzlaf restent des profils polyvalents, mais ils déclinent. La clé sera donc la performance des jeunes talents (22-23 ans) qui ont petit à petit mûri depuis deux ans : Sam Steel, Maxime Comtois, Troy Terry, Isac Lundeström et Max Jones vont devoir prendre leurs responsabilités. Le staff est allé chercher Sonny Milano également, un ancien haut choix de draft de Columbus, ainsi que Danton Heinen, un bon joueur de soutien qui a longtemps joué à Boston. En revanche, la star du Mondial junior, Trevor Zegras – médaillé d’or et MVP du tournoi – débutera en AHL.

Les Ducks ont leur chance de playoffs, mais ils partent loin du trio de favoris (Colorado, Vegas, St. Louis) : la quatrième place ne sera pas simple à décrocher.

 

Arizona CoyotesArizona Coyotes
Départs : A Taylor Hall, C Carl Soderberg, A Vinnie Hinostroza, A Michael Grabner, A Brad Richardson, C Derek Stepan
Arrivées : A Derick Brassard, A Johan Larsson, A Drake Caggiula, A John Hayden, A Tyler Pitlick

Les Coyotes ont profité des circonstances pour participer aux « bulles » estivales. Darcy Kuemper, stratosphérique dans les cages, a suffi à repousser Nashville pour s’extirper du tour préliminaire. Mais il était bien trop seul dans une équipe médiocre pour aller plus loin.

L’équipe a connu une intersaison rocambolesque, avec le départ fracassant du manager général John Chayka, remplacé par Bill Armstrong. Puis, l’équipe a drafté Mitchell Miller, un jeune défenseur accusé de propos racistes et de harcèlement sur un camarade de classe handicapé, avant de rétropédaler lorsque les décisions de justice sont réapparues dans les réseaux sociaux. Ce remue-ménage n’a pas arrangé la reprise de l’équipe, qui a ajouté la légende locale Shane Doan au staff à quelques jours du début de saison. La masse salariale est énorme au vu du niveau de performance global, avec des contrats pesants.

Sur le plan sportif, le système Rick Tocchet et les prestations de Kuemper et Antti Raanta peuvent suffire à accrocher la 4e place. Mais l’équipe a perdu ses spécialistes en infériorité (Grabner, Richardson) et devra surtout trouver de l’offensive. Le recrutement à prix d’or l’an dernier de Taylor Hall n’a pas servi à grand chose et le MVP 2018 a pris le chemin de Buffalo.

L’équipe manque de relief. On trouve certes le all-star Oliver Ekman-Larsson en défense, et autour de lui des profils corrects : Jason Demers, Alex Goligoski, le prometteur Jakob Chychrun ou le vétéran Niklas Hjalmarsson sont des défenseurs compétents… mais qui apportent peu à l’attaque. Il faudra voir l’impact de Victor Södeström, qui a brillé en junior et dispose d’un certain potentiel offensif. Ilya Lyubushkin, enfin, arrivera plus tard, avec des retards de visa et le délai réglementaire de quarantaine.

L’attaque, donc, doit se débrouiller seule et compte bien peu de joueurs capables de changer le cours d’un match d’un exploit individuel. Phil Kessel, en déclin, a déçu l’an dernier, avec son pire pourcentage au tir en carrière et une saison fantomatique. Clayton Keller est ce qui se rapproche le plus d’un all-star, sans grande garantie car il n’a pas vraiment confirmé sa grosse saison 2018. Christian Dvorak ou Nick Schmaltz ont plutôt l’allure de centres n°2 et 3 surpayés, mais l’un des deux devra jouer en première ligne. Par chance, Connor Garland a émergé comme un vrai sniper crédible, en dépit de son petit gabarit. Mais c’est à peu près tout : ni Lawson Crouse, ni Pitlick, Larsson et Christian Fischer ne sont de gros pointeurs. Reste à voir si Barrett Hayton, capitaine du Canada champion du monde junior 2020, peut franchir un cap, ou Brassard contribuer plus que ses deux dernières saisons… Arizona est une équipe moyenne : seuls son système et ses gardiens peuvent lui permettre de se glisser quatrième, au mieux. Mais c’est faisable.

 

Colorado Avalanchecolorado avalanche logo
Départs : D Nikita Zadorov, Anton Lindholm
Arrivées : D Devon Toews, C Brandon Saad

Difficile de trouver plus gros favori dans cette division que l’Avalanche du Colorado. Favori à la coupe Stanley tout court même, tant l’équipe est passée proche d’éliminer Dallas lors des derniers playoffs. Il aura fallu une cascade de blessures, notamment dans les buts, pour faire basculer la série.

Le staff a préféré cibler des joueurs de soutien au lieu de chasser les gros agents libres du marché. C’est que l’ossature des joueurs des Rocheuses est déjà compétitive, jeune et a de bonnes chances de franchir encore un cap.

Les armes offensives sont multiples. Nathan MacKinnon concurrence Connor McDavid pour le titre de meilleur joueur du monde, avec son style explosif. À ses côtés, Mikko Rantanen est souvent négligé, alors qu’il est lui-même un des meilleurs ailiers de la ligue. On trouve dans le top-6 le capitaine et joueur de devoir Gabriel Landeskog, pas manchot non plus, et des joueurs efficaces comme Andre Burakovsky, Nazem Kadri ou Brandon Saad, tous capables de dépasser les 20 buts-50 pts. Le banc dispose d’éléments spécialisés comme Joonas Donskoi ou Pierre-Édouard Bellemare, comme de polyvalents (Tyson Jost, JT Compher, Matt Calvert, Valeri Nichushkin) capables de dépanner dans le top-6 si besoin. Bref, les quatre lignes peuvent marquer.

La défense est de petit gabarit, mais mobile et rapide. Cale Makar a brillé pour sa première saison et récolté le trophée Calder. Samuel Girard et Ryan Graves ont été rejoints par Devon Toews, solide chez les Islanders, qui remplace avantageusement un Zadorov très limité. Le vétéran Erik Johnson complète une défense de bonne facture.

Le seul bémol viendrait du poste de gardien. Philipp Grubauer et Pavel Francouz ont fini dans le ventre mou des gardiens de la ligue, et la blessure du premier a exposé les limites du second lors des playoffs. Il leur faudra assurer le service minimum, mais a priori, le talent de l’effectif devant eux devrait confisquer la rondelle et limiter la possession adverse, et donc les chances concédées. Les playoffs apparaissent comme une évidence, mais derrière, le mental et la santé devront suivre, contrairement aux deux dernières éliminations précoces.

 

 

150px Kings de Los Angeles

Los Angeles Kings
Départs :
Arrivées : D Olli Maatta, A Andreas Athanasiou, A Lias Andersson

Los Angeles débute la saison avec l’étiquette de pire équipe de la division, mais les jours meilleurs ne tarderont pas à venir. Pas moins de 9 prospects ont participé au récent mondial junior, avec des rôles majeurs. En attendant leur développement, il faudra sans doute serrer les dents… car l’équipe, si elle dispose encore de quelques joueurs reconnus, manque de profondeur, ses stars déclinent et le poste de gardien s’annonce discutable.

Le staff a résisté à l’envie de lancer Quinton Byfield, le n°2 de la dernière draft, dès le début de saison. Il débutera en AHL et sera peut-être renvoyé en OHL lorsque la saison y reprendra. Aucun autre prospect n’a réussi à percer l’alignement, à l’exception de Gabriel Vilardi en centre n°3. Le leader Anze Kopitar vieillit, mais reste un centre de premier plan, avec des capacités défensives. Mais c’est à peu près le seul nom du top-6. Difficile de ne pas voir que Dustin Brown et Jeff Carter ne sont plus aussi décisifs. Quant aux jeunes Alex Iafallo et Blake Lizotte, leur production est très loin de figurer en tête des attaquants de la ligue… L’arrivée d’Andreas Athanasiou apporte un peu, même si l’ex-Red Wing est très inconstant. Les lignes 3 et 4 sont encore pire et ne perceraient sans doute pas la moitié des alignements de la ligue, à part peut-être l’inconstant Adrian Kempe.

La défense est encore pire. Drew Doughty trompe encore son monde alors même que ses statistiques de possession sont de plus en plus médiocres, sans parler de ce qui était son point fort, la relance. Et autour de lui, c’est le grand désert : Olli Määttä, qui n’a convaincu nulle part, Kurtis MacDermid, Sean Walker, le jeune Matt Roy, plutôt convaincant l’an dernier, et le rookie Mikey Anderson, très inexpérimentés. C’est bien maigre pour rivaliser avec les meilleures équipes de la division, surtout avec un Jonathan Quick dans les cages qui traîne sa misère depuis deux ou trois ans, avec un bilan atroce. Cal Petersen pourrait le détrôner assez vite.

Pour avoir une chance d’accrocher un top-4, il faudrait que les stars des titres 2012 et 2014 retrouvent une seconde jeunesse et que les plus jeunes franchissent une marche spectaculaire. Difficile d’y croire.

 

Logo_Minnesota_petitMinnesota Wild
Départs : G Devan Dubnyk, C Mikko Koivu, C Eric Staal, C Ryan Donato, A Luke Kunin, A Alex Galchenyuk
Arrivées : G Cam Tabot, A Marcus Johansson, C Nick Bonino, C Nick Bjugstad, D Ian McCoshen, G Andrew Hammond, A Kirill Kaprizov

L’intersaison aura été mouvementée du côté du Wild. Certes, la première saison du manager général Bill Guerin aura été plutôt stable : le coach Bruce Boudreau avait été limogé en cours de saison dernière et il suffisait de supprimer le mot « intérim » de son remplaçant Dean Evason. L’équipe n’a pas résisté aux Canucks dans la bulle d’Edmonton l’été dernier et en a été réduit à procéder à un grand ménage. Et pas qu’un peu…
Principale victime, le gardien Devan Dubnyk, qui paie sa mauvaise saison et qui est expédié à San José. Le staff a jeté son dévolu sur Cam Talbot, tombé en disgrâce à Calgary. Il sera secondé par Alex Stalock. Mais Talbot n’apporte guère plus de certitudes que Dubnyk…

La défense a peu changé et constitue le point fort de l’équipe. Jared Spurgeon s’est fait remarquer l’an dernier et s’installe parmi les défenseurs les plus solides de la ligue. Les progrès de Jonas Brodin, le tir de Matt Dumba et l’expérience de Ryan Suter complètent un top-4 tout à fait valable.

L’attaque aura vécu le plus grand remaniement. Le fidèle parmi les fidèles, Mikko Koivu, était en fin de contrat et le staff a décidé de tourner la page. Le vétéran Eric Staal, qui avait relancé sa carrière dans le Minnesota, a lui été expédié à Buffalo à la surprise générale. Enfin, Luke Kunin a été envoyé dans le Tennessee contre l’expérimenté Nick Bonino. Pour boucher les trous, Marcus Johansson débarque après quelques saisons gênées par des blessures. L’attraction sera Kirill Kaprizov qui rejoint la NHL six ans après sa draft, fort de ses saisons brillantes en KHL. Il offre tout de suite un sniper dans un top-6 composé surtout de meneurs de jeu : l’expérimenté et très régulier Zach Parise, ou le grand pivot Bjugstad. Kevin Fiala a explosé l’an dernier et connu de très bons playoffs : le jeune Suisse s’impose comme le meilleur ailier de l’équipe. Jordan Greenway, Joel Eriksson Ek et Marcus Folignon forment une troisième ligne correcte. On ne sait pas trop à quoi s’attendre avec Victor Rask en revanche, dernière acquisition étrange de l’ancien GM Paul Fenton. Enfin, la star Mats Zuccarello sera à l’infirmerie pendant un long moment..

Au final, le Wild est une équipe moyenne… dans une division moyenne. Clairement, au vu de la faiblesse des trois formations californiennes, Minnesota peut tout à fait accrocher la quatrième place devant Arizona. Mais ce n’est pas non plus garanti. Il reste beaucoup d’inconnues : la solidité dans les buts ou l’émergence ou non de Kaprizov en NHL.

 

Logo Sharks San JoséSan José Sharks
Départs : D Aaron Dell, C Joe Thornton, A Melker Karlsson
Arrivées : G Devan Dubnyk, C Ryan Donato, A Patrick Marleau, A Matt Nieto

La fenêtre de succès des Sharks s’est violemment fermée l’an dernier. En dépit de l’acquisition à prix d’or du défenseur vedette Erik Karlsson, l’équipe a coulé dans les profondeurs du classement et s’est tapé la tête dans le mur de voir son choix de draft du top-5 partir à Ottawa. Passer de finaliste de conférence à 29e en un an, malgré le recrutement d’un multiple vainqueur du Norris, a de quoi assommer les supporters !

La saison 2019-2020 a été un mélange savant d’un poste de gardien friable, d’une défense en retard, d’indiscipline, de pépins physiques et d’une attaque en panne – clairement, les jeunes n’ont pas su prendre le relais après le départ de Joe Pavelski. Une sale mayonnaise pour les Sharks, qui espèrent que cette saison noire n’était qu’un accident. Peu probable…

Dans les cages, Martin Jones est rejoint par Devan Dubnyk : une prise de risque tant les deux gardiens cultivent l’inconstance depuis deux saisons. Capables d’arrêts brillants comme de matchs passoires, quel visage afficheront-ils ?

Devant eux, la défense a pris un énorme coup de vieux. Qu’il s’agisse d’Erik Karlsson, handicapé par des blessures, ou du costaud Brent Burns, ou pire encore de Marc-Edouard Vlasic, de plus en plus dépassé, les vétérans n’ont pas assuré. Les trois mangent une bonne partie de la masse salariale et devront jouer au niveau attendu. Tout simplement parce qu’il n’y a pas grand chose derrière eux, à l’exception de Mario Ferraro, auteur d’une saison rookie honorable. La troisième paire accueillera des débutants : Jacob Middleton, Nikolai Knyshov et Nicholas Meloche n’ont pas ou peu d’expérience à ce niveau. Radek Simek, solide l’an dernier, débute lui à l’infirmerie. L’équipe va vivre ou mourir selon les performances de ses trois stars…

Devant, Joe Thornton est parti chasser la coupe qui le fuit depuis le début de sa carrière à Toronto. Il en reste un top-6 très valable : le capitaine Logan Couture, Tomas Hertl, Evander Kane, Kevin Labanc et Timo Meier peuvent tous atteindre 20 buts et 50 points sans souci, sur une saison de longueur normale… Le rookie John Leonard rejoint ce top-6 après une belle carrière NCAA. La grande question sera l’état psychologique de Kane, visé par des procédures de recouvrement de dettes qui se chiffrent à plusieurs millions. L’ailier a semble-t-il perdu beaucoup au jeu, des dettes que les Sharks auraient dû retenir sur son salaire. Les décisions de justice risquent de secouer l’actualité.
Pour clôturer l’attaque, le fidèle Patrick Marleau est encore de retour et pourrait doubler cette saison le mythique Gordie Howe en matchs joués en NHL. Il n’a pas manqué le moindre match depuis… 2009. Autour de lui, le recrutement de Ryan Donato et le retour de Matt Nieto apportent un peu de profondeur. Marcus Sorensen est lui aussi un profil polyvalent capable de dépanner un peu partout.

Au final, San José pourrait très bien surprendre, si et seulement si ses vétérans retrouvent quelques couleurs. La rigueur défensive absente l’an dernier sera dans tous les cas critique pour les chances de l’équipe.

 

St Louis Blues
Départs : D Alex Pietrangelo, A Alex Steen, G Jake Allen
Arrivées : D Torey Krug, A Mike Hoffman

Le champion 2019 rejoint Colorado et Vegas dans le trio des favoris de la division. Les Blues comptaient le meilleur bilan de la conférence Ouest lors de la coupure liée à la pandémie en mars dernier, mais n’ont pas vraiment brillé dans la « bulle » d’Edmonton : trois défaites en tour préliminaire, puis élimination en six manches face à Vancouver.

L’été aura donc vu quelques changements. En fin de contrat, le capitaine Alex Pietrangelo a laissé son « C » à Ryan O’Reilly et rejoint Vegas. Pour le remplacer, le staff fait confiance à Torey Krug, qui débarque de Boston avec un gros chèque de 45 millions sur 7 ans. Pas le même gabarit, mais des qualités de relance similaires, qui devraient permettre de garder une défense de haut vol avec le rugueux Colton Parayko, Marco Scandella, Justin Faulk, Vince Dunn et Robert Bortuzzo. Du solide.

Devant, la retraite d’Alex Steen pour raisons de santé ne changera pas grand chose, d’autant que le staff a convaincu Mike Hoffman, le buteur des Panthers, de renforcer le jeu de puissance. Il rejoint Brayden Schenn, O’Reilly, David Perron, Jaden Schwartz et Robert Thomas dans un top-6 dangereux. Et encore, Vladimir Tarasenko, limité à dix matchs l’an dernier, est encore à l’infirmerie pour une bonne partie de cette saison 2021. Il pourrait revenir à temps pour les playoffs.

Le bottom-6 est tout aussi valable, avec Zach Sanford, Tyler Bozak, Oskar Sundqvist, le jeune Jordan Kyrou et le rugueux Kyle Clifford. Une variété de profils donc, mais une certaine efficacité offensive.

En somme, une défense compétente, une attaque variée… mais quid du poste de gardien ? Après une année inoubliable, Jordan Binnington a eu la gueule de bois. Le titre 2019 derrière lui, le gardien des Blues a connu une saison correcte, mais des playoffs atroces : 85% d’arrêts seulement ! Avec le départ de Jake Allen, le poste de doublure retombe sur l’inconnu Ville Husso, autant dire que les clés du camion appartiennent à Binnington et qu’il va devoir conduire l’équipe correctement… Sa réussite – ou non – cette saison sera la seule raison du succès ou du crash de l’équipe.

 

Vegas Golden Knights
Départs : C Paul Stastny, D Nate Schmidt, D Deryk Engelland
Arrivées : D Alex Pietrangelo, D Carl Dahlström

La saison 2019-2020 aura tout eu des montagnes russes. Finaliste 2018, battu au premier tour en 2019, Vegas apparaissait comme un favori crédible pour 2020, mais a peiné à débuter sa saison. Résultat, son coach Gerard Gallant a été limogé et remplacé par Pete DeBoer – celui-là même qui avait éliminé la franchise du Nevada un an plus tôt. Les errances de Marc-André Fleury dans les buts – et surtout ses backups passoires – ont poussé le staff à recruter Robin Lehner, conduisant l’agent de Fleury à poster des messages discutables sur les réseaux sociaux. La polémique s’est éteinte avec la pandémie. Lehner a pris le rôle de n°1 en playoffs et mené Vegas dans le carré final, où Dallas a réussi à éteindre l’attaque adverse.

Les Golden Knights sentent bien que leur fenêtre est encore ouverte, mais peut-être plus pour longtemps au vu du plafond salarial. Du coup, ils ont offert un pont d’or à Alex Pietrangelo pour obtenir un défenseur n°1, quitte à sacrifier le très compétant Nate Schmidt pour faire de la place. 7 ans et 61 millions pour un joueur de 30 ans, c’est une belle prise de risque.

La défense est donc remarquable : Pietrangelo, Shea Theodore, monstrueux en playoffs, mais aussi l’expérimenté Alec Martinez et le rugueux Brayden McNabb. Les jeunes Nicolas Hague et Zach Whitecloud ont montré de belles choses l’an dernier et peuvent remplacer le fidèle Deryk Engelland, tout frais retraité.

La vraie question à Vegas, c’est le poste de centre, affaibli par le départ de Paul Stastny – échangé pour libérer de la place dans la masse salariale. La ligne Jonathan Marchessault – William Karlsson – Reilly Smith reste intacte mais a moins convaincu l’an dernier. En revanche, Max Pacioretty et le premier capitaine de l’histoire du club, Mark Stone, manquent d’un centre de référence. Curieusement, DeBoer commence la saison avec… Chandler Stephenson, ancien joueur de quatrième ligne de Washington. Une preuve que le jeune Cody Glass, 21 ans, n’a pas encore franchi le cap attendu… Fort heureusement, il reste du monde derrière, avec le sous-estimé Alex Tuch ou le méconnu Nicolas Roy, solides en troisième ligne. Enfin, la quatrième ligne pilonnera les adversaires avec son jeu physique : Will Carrier, Ryan Reaves et Tomas Nosek hantent les défenseurs adverses depuis longtemps.

Avec deux gardiens d’élite, une défense dotée de grandes compétences et des ailiers all-star, Vegas se pose comme le principal rival de Colorado dans cette division. Le problème du poste de centre ne devrait pas réellement peser avant les phases finales.

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