Pour ce premier match de qualification, le Danemark affronte la Lettonie. Le vainqueur de la partie passera en quarts de finale pour affronter la Russie olympique, qualifiée directement en ayant remporté le groupe B. L’enjeu est donc limpide pour cette partie incertaine. Dans un groupe très relevé en compagnie des Russes, des Suisses et des Tchèques, les hommes d’Heinz Ehlers ont déjoué bien des pronostics pour leur première participation olympique en battant la Tchéquie en entrée de tournoi (2-1), en offrant une farouche résistance aux Russes (0-2) puis en s’imposant contre la Nati (5-3) pour terminer à une incroyable deuxième place du groupe et sixième place générale. Le groupe vit donc une superbe expérience, et se donne le droit de rêver encore en cas de succès ce midi contre la Lettonie. Mais le pilier défensif Jesper Jensen s’est blessé à l’épaule droite en fin de match contre la Suisse et n’est finalement pas rétabli.
Les « meilleurs ennemis olympiques » des Bleus connaissent pour leur part une compétition logiquement difficile. Pensionnaires du groupe C, les Lettons n’ont pas remporté le moindre match au tour préliminaire, mais ils ont été à chaque fois compétitifs contre la Suède (2-3), la Finlande (1-3) et la Slovaquie (2-5). Le capitaine Lauris Dārziņš est récupéré pour ce match, et Bukarts est bien là avec ses neufs points de suture à l’oreille. L’investissement sera au rendez-vous chez les Baltes pour tenter de continuer l’aventure.
Les Lettons mettent de l’intensité dès l’entame et prennent le premier lancer par Jaks, puis conservent le palet haut. Après cinq minutes, les rouges n’ont pas pu s’installer véritablement en zone offensive, tandis que Bukarts sollicite Dahm, qui doit s’employer sur une occasion collective de la troisième ligne lettone au lancer par Smirnovs et aux rebonds tour à tour devant Indrašis et Jeļisejevs. Peu sollicité mais gêné par un étirement à la jambe, Jānis Kalniņš quitte sa cage et est remplacé par Ivars Punnenovs, ce qui ne change rien au plan de jeu mis en place par Vitolins, avec un forecheck énergique. Le Danemark s’offre un premier essai par Russell, de l’autre côté Dārziņš prend un lourd lancer qui fuit la cage danoise. Mais sur la deuxième sortie danoise, Lassen prend un lancer depuis la bleue, sorti par Punnenovs qui laisse un rebond aérien que Morten Poulsen s’emmène pour l’ouverture du score (1-0, 12’02).
C’est sévère pour des Lettons en jambes et qui dominaient le match jusqu’alors. Ils ne s’arrangent pas la situation avec la première pénalité appelée contre Indrašis, mais ils résistent bien dans cette configuration. Bien leur en a pris car quelques minutes après le retour à cinq, Renars Krastenbergs lit bien le jeu pour mettre sur orbite le capitaine retrouvé Dārziņš, qui part seul affronter Dahm et le tromper d’un dribble masqué (1-1, 16’23). En fin de période, Nicklas Jensen regagne le banc difficilement après une charge d’Ābols, jugée licite. La période s’achève sur ce résultat nul, acquis au réalisme danois devant une Lettonie appliquée.
Dès la reprise, une pénalité est appelée contre Emil Kristensen, le septième défenseur qui remplace Jensen Aabo sur la première paire danoise. Les Lettons mettent moins de trente secondes à convertir cette première supériorité. Dārziņš récupère le palet depuis l’aile et s’avance en analysant le placement de Dahm pour prendre un lancer synonyme de doublé personnel (1-2, 22’33). Non rassasié et profitant de quelques largesses, c’est ensuite Bukarts qui part seul défier Dahm, cette fois le gardien de Klagenfurt s’impose, comme il le fera à nouveau devant Jeļisejevs et Balinskis quelques secondes plus tard.
En souffrance dans cette période, le Danemark obtient une supériorité utile à se remettre la tête à l’endroit, pour une faute de Jeļisejevs. Cela les remet dans le sens du jeu, mais l’adversaire propose un jeu varié et peut également se montrer dangereux en contre comme avec Bukarts. Larsen est alors chassé et les Danois devront sa montrer solidaires pour ne pas encaisser le troisième but qui ferait mal dans les têtes. Daugaviņš a une superbe opportunité mais le lancer est bien capté par le portier des Danois, qui tuent la pénalité avec un patinage efficace. La récompense vient après un travail fort contre la bande de Meyer, qui remporte le puck et remet à Julian Jakobsen à mi-zone, pour un lancer glissé sur lequel Punnenovs doit s’incliner (2-2, 36’57). Les deux équipes doivent à nouveau se quitter sur un score de parité, plutôt logique en cette partie indécise.
Le palet a été à peine lâché que le double buteur Dārziņš est chassé pour interférence. Punnenovs réalise une belle parade devant Bruggisser, et reste solide sur le rebond qui suit. Mais en fin d’infériorité, le palet est transmis à Markus Lauridsen. Son tir du poignet dans le trafic trompe le gardien letton qui n’a pas vu le déclenchement (3-2, 41’45).
Les Baltes ne se désunissent pas et repartent vers l’avant, et Dahm doit faire un exploit pour empêcher l’égalisation devant Bukarts qui loupe un peu le palet mais Dzierkals qui avait suivi en position préférentielle. La solution viendra peut-être d’une supériorité relative à une faute d’Aagaard, mais l’intelligence tactique des rouge et blanc annihile l’installation lettone. C’est même Bødker qui vient s’essayer en fin d’infériorité. Regin a ensuite une opportunité, Punnenovs dit non et laisse ses coéquipiers dans le match. Dahm se montre tout aussi solide sur un lancer puissant de Daugaviņš. Il est en revanche tout heureux de voir Džeriņš dans l’impossibilité de reprendre un palet transmis par Daugaviņš.
On entre dans les cinq dernières minutes et la Lettonie met la pression tandis que les Danois s’appliquent à résister et à essayer de mettre les contres à profit. Pour la deuxième fois de la rencontre, Nicklas Jensen retourne au banc péniblement, avec une douleur au niveau des côtes. Ce sont pourtant ses coéquipiers qui doivent composer à quatre car Bukarts s’écroule sur un slashing de Nicholas B. Jensen. Le moment est crucial pour la Lettonie, mais les coéquipiers de Batna confondent vitesse et précipitation dans le dernier geste. Sur la dernière minute, Punnenovs quitte sa cage pour un ultime effort. Mais comme un symbole de la difficulté à garder la tête froide, Krastenbergs se met à la faute et prend une pénalité revue par les arbitres mais confirmée. Le Danemark gère ainsi la fin de match, malgré une dernière sortie de jeu de Punnenovs et un temps-mort letton.
Logique respectée dans cette partie, mais le Danemark a dû s’employer face à une formation lettone accrocheuse et qui a fait jeu égal tout au long de la rencontre, à l’image de la différence minime qu’il peut y avoir entre ses deux nations au delà du tournoi. L’équipe d’Ehlers atteint donc son objectif et retrouvera la Russie olympique pour les quarts de finale, avec la volonté de prendre leur revanche sur la courte défaite de la phase de poule mais avec une inquiétude sur son buteur Nicklas Jensen. La Lettonie, elle, doit avaler une défaite amère et apprend les retraites internationales conjointes de Daugaviņš et de Dārziņš…
Commentaires d’après-match :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « Nous étions prêts, nous avons été agressifs au début. Nous avons manqué d’efficacité, surtout en deuxième période où nous n’avons pas assez utilisé nos occasions d’aller en échappée. Nous avons dépensé beaucoup d’efforts pour envoyer le palet au fond tout le temps, car c’est impossible de passer à travers cinq joueurs. Les gars ont combattu jusqu’à la fin et je ne dirais pas que c’était un mauvais match. C’est facile de critiquer après une défaite, mais comme on l’a vu, toutes les équipes sont fortes dans ce tournoi. Tout le monde essaie de faire mieux. La précédente supériorité numérique avait été très bonne et je penserais que nous pourrions sortir le gardien à 6 contre 4. Mais nous avons été sortis de la zone offensive et nous avons perdu cette opportunité. »
Kaspars Daugaviņš (attaquant de la Lettonie) : « C’est dommage que mon dernier match se soit déroulé ainsi. C’est une dure décision de prendre ma retraite internationale, mais la confiance a disparu ces dernières années. Ce n’est plus ce que c’était. J’avais pris ma décision lors de la qualification olympique. Je voulais finit en beauté, mais ça n’a fonctionné. Il y a de jeunes gens et il faut leur donner une chance. »
Heinz Ehlers (entraîneur du Danemark) : « Je savais que ce serait dur. Les gens on pu avoir des attentes irréalistes parce que nous avons battu de bons adversaires. Mais c’était un match difficile pour nous, aucun doute là-dessus. Leur style de jeu nous convient vraiment mal et j’avais peur de faire trop d’ajustements pour ne pas rendre certains joueurs insécures. Cela devait passer ou casser. En première période, j’étais incroyablement énervé par nos passes. Il faut qu’elles arrivent dans la palette. […] Chaque fois qu’une équipe perd des joueurs de qualité, bien sûr que ça devient difficile. Mais nous avons trouvé un moyen de gagner, et c’est le plus important. »
Peter Regin (attaquant du Danemark) : « Nous devons être heureux d’être en quart de finale olympique. Nous n’avons pas atteint le même niveau que lors des précédentes rencontres et nous avons peut-être été surpris de l’engagement physique des Lettons au début. Nous avons une vitesse supplémentaire, mais nous ne l’avons pas vraiment passée aujourd’hui. Maintenant nous pouvons nous réjouir pendant quelques heures puis nous concentrer sur le match de demain, où nous pourrons jouer sans pression contre la Russie. »
Danemark – Lettonie 3-2 (1-1, 1-1, 1-0)
Mardi 15 février 2022 à 12h10 au Centre sportif de Wukesong. 726 spectateurs.
Arbitres : Andrew Bruggeman (USA) et Andre Schrader (ALL) assistés de Dustin McCrank (CAN) et Dmitri Shislo (RUS).
Pénalités : Danemark 8′ (0′, 4′, 4′), Lettonie 8′ (2′, 2′, 4′).
Tirs : Danemark 31 (12, 9, 10), Lettonie 27 (8, 11, 8).
Évolution du score :
1-0 à 12’02 : Poulsen assisté de Jakobsen et Lassen
1-1 à 16’23 : Dārziņš assisté de Krastenbergs et Cibuļskis
1-2 à 22’33 : Dārziņš assisté de Balinskis et Krastenbergs (supériorité numérique)
2-2 à 36’57 : Jakobsen assisté de Meyer
3-2 à 41’45 : M. Lauridsen assisté de Bødker et Nielsen (supériorité numérique)
Danemark
Attaquants :
Mikkel Bødker (-1) – Frans Nielsen (A) – Nicklas Jensen
Frederik Storm – Peter Regin (C) – Patrick Russell
Mathias Bau Hansen – Nicolai Meyer (+1) – Morten Madsen
Morten Poulsen (+1) – Julian Jakobsen (+1) – Mikkel Aagaard (+1, 2′)
Défenseurs :
Oliver Lauridsen (A, -1) – Emil Kristensen (-1, 2′)
Markus Lauridsen (+1) – Matias Lassen (+2)
Nicholas B. Jensen (2′) – Oliver Larsen (+1, 2′)
Phillip Bruggisser
Gardien :
Sebastian Dahm
Remplaçants : Frederik Dichow (G), Jesper Jensen (A). En réserve : Patrick Galbraith (G), Jesper Jensen Aabo (D, acromio-claviculaire), Nick Olesen (isolement Covid-19), Matthias Asperup (isolement Covid-19).
Lettonie
Attaquants :
Lauris Dārziņš (C, 2′, +1) – Rodrigo Ābols (A, +1) – Renārs Krastenbergs (2′, +1)
Ronalds Ķēniņš (-1) – Andris Džeriņš (-1) – Kaspars Daugaviņš (-1)
Nikolajs Jeļisejevs (2′) – Dennis Smirnovs – Miks Indrašis (2′)
Rihards Bukarts (-1) – Mārtiņš Dzierkals (-1) – Oskars Batņa (-1)
Défenseurs :
Oskars Cibuļskis (A) – Ralfs Freibergs (+1)
Roberts Mamčics – Jānis Jaks
Kristaps Zīle (-1) – Uvis Balinskis (-1)
Artūrs Kulda (-1)
Gardien :
Jānis Kalniņš puis à 07’47 Ivars Punnenovs [sorti de 59’02 à 59’28 puis à partir de 59’54]
Remplaçants : Kristers Gudļevskis (G, après 20 minutes), Gints Meija (A). En réserve : Patriks Ozols (D), Nauris Sējējs (D), Toms Andersons (A), Mārtiņš Karsums (A, Covid-19).