Le Canada confirme l’équipe qualifiée face à la Chine avec un seul changement : Ben Street, qui a pris une mauvaise charge de Brandon Yip hier, est remplacé par un autre joueur de DEL, Landon Ferraro. C’est donc toujours Matt Tomkins qui figure devant la cage. La Suède fait confiance à Lars Johansson. Comme on pouvait s’y attendre, Magnus Hellberg a perdu la compétition pour le poste de numéro 1 dans la défaite contre la Finlande dimanche (3-4 a.p.).
La Suède démarre fort, et Mathias Bromé reprend une passe de derrière la cage d’Anton Lander dès la première présence. Jamie McBain prend la première pénalité pour obstruction devant le banc après seulement 33 secondes. Le jeu de puissance suédois est maintenu dans le périmètre face à une boîte qui coupe bien le milieu. Mat Robinson se couche bien devant Carl Klingberg sur un 2 contre 1 après une récupération de palet. Après onze minutes, c’est au tour de Nordström de dépasser les limites sur une charge contre la bande en fond de zone offensive. Le jeu de puissance canadien, qui s’est bien rodé hier contre la Chine, est plus dangereux mais ne concrétise pas. Corban Knight reçoit la rondelle dans son dos sur une attaque rapide mais n’arrive pas à la contrôler.
Si l’impression en avantage numérique est donc favorable au Canada, la possession à 5 contre 5 penche en faveur de la Suède au fil des minutes. Le match est intense avec un défi physique qui s’est installée d’emblée, mais les accès à l’enclave sont rares et les occasions aussi. Les deux équipes se neutralisent en pratiquant un jeu similaire, fondé sur des palets dans les coins, des combats intenses dans les duels et un « cycling » sans fin, mais sans créativité dans les passes. Quand on lutte contre son ombre, cela se termine logiquement par un 0-0.
La deuxième période commence par une pénalité contre Christian Folin, qui met la crosse entre les jambes de McBain, puis le Canada se fait prendre en surnombre en changeant de ligne à la fin de l’avantage numérique. Là encore, ces situations ne permettent pas de dégeler le tableau d’affichage. Les deux premières grosses occasions du match surviennent vers la mi-match, toutes deux pour la Suède. D’abord, Pontus Holmberg ne se prépare pas suffisamment à recevoir au second poteau l’excellente passe de Henrik Tömmernes. Ensuite, Anton Lander se défait d’un coup d’épaule de Ferraro et se retrouve seul pour être parfaitement décalé par Mathias Bromé sur une attaque rapide, mais Matt Tomkins détourne du bouclier. Une obstruction de Weal (qui fait voler la crosse de Bengtsson) est suivie d’une pénalité similaire contre Lander sur l’engagement. Même cette phase à 4 contre 4 ne débloque pas le score… 0-0 après 40 minutes, pour la première fois dans ce tournoi.
Le jeu penche de plus en plus en faveur de la Suède, et cela se confirme au troisième tiers-temps. La Tre Kronor manifeste plus d’intentions offensives, alors que celles du Canada sont contrariées face à un très bon repli défensif qui rattrape même les pertes de palet. Personne ne corrigera en revanche le « geste interdit » Jamie McBain, une passe aveugle du revers avant de passer la ligne bleue défensive ! Lucas Wallmark dit merci pour l’offrande, et son tir, dévié au passage par la crosse de Wotherspoon, prend la direction de la lucarne sans que Tomkins ne puisse rien faire. McBain, le jeune joueur du Boston College, casse son bâton de rage en regagnant son banc, mais le mal est fait. Tomkins peut encore arrêter de l’épaule une tentative de Linus Johansson, mais le Canada ne produit plus grand-chose depuis longtemps.
Voyant son équipe impuissante, Claude Julien n’a d’autre recours que sortir son gardien très tôt. Pontus Holmberg prend le palet à Tambellini et met sur orbite Anton Lander qui marque en cage vide. C’est fini…
L’élimination des deux équipes nord-américaines est certes la sensation de la journée, mais ce n’est pas non plus une surprise si étonnante (c’était même déjà arrivé en 2006 à Turin avec les joueurs de NHL). Les équipes de la poule A se sont vues plus belles qu’elles n’étaient alors que leur groupe qui comptait l’adversaire le plus faible (la Chine). Dès que la phase finale a débuté, le Canada, les États-Unis et l’Allemagne ont tous été éliminés par le premier adversaire d’une autre poule qu’elles ont croisé. Au contraire, trois équipes en demi-finale viennent de la poule C, avec la Finlande, la Suède et la Slovaquie.
La plus belle affiche théorique de ces quarts de finale a donné lieu à un match ennuyeux. Il a confirmé les dernières prestations moyennes du Canada : la Tre Kronor était prête à répondre en tout point à son style de jeu vertical, mais elle avait un sens du jeu supérieur avec la possession, notamment chez ses défenseurs. Le plus gênant pour l’équipe de Claude Julien, c’est qu’elle ni les résultats ni la manière à mettre à son crédit. Les commentaires assassins ne manqueront pas au pays après cet échec…
Commentaires d’après-match :
Maxim Noreau (défenseur du Canada) : « Ils ont bien joué. Mais on a trop joué dans le périmètre, pas assez dans les zones dangereuses. Contre un bon gardien comme ça, ça ne marche pas. Il aurait fallu se mettre plus devant lui, faire des déviations. C’était un privilège d’être ici malgré la pression. Un ou deux revirements, puis la rondelle se retrouve dans le but. C’est comme ça, ça arrive. »
Lars Johansson (gardien de la Suède) : « Un peu fatigué maintenant, mais dans l’ensemble très calme pendant tout le match. Travail fantastique de tout le monde, nous avons créé le plus d’occasions chaudes. Nous nous améliorons sans cesse au cours du tournoi. Wallmark est absolument fantastique, il rentre tout à l’entraînement aussi. »
Johan Garpenlöv (entraîneur de la Suède) : « Nous avons fait 60 minutes avec un jeu vraiment stable fondé sur notre façon de travailler. Nous avons commencé un voyage pendant la phase de groupes et nous avons essayé de construire là-dessus. Peut-être qu’il n’y a pas eu beaucoup d’occasions dans ce match, mais je pense que nous avons mérité le but. Nous avons travaillé pour lui. Nous nous sentions forts à la fin et nous les avons usés. Lucas [Wallmark] a été notre buteur spécial donc c’est super qu’il l’ait mis au fond. C’est super que les pièces du puzzle s’imbriquent de plus en plus. »
Suède – Canada 2-0 (0-0, 0-0, 2-0)
Mercredi 16 février 2022 à 21h10 au Palais national omnisports de Pékin. 950 spectateurs.
Arbitres : Andrew Bruggeman (USA) et Evgeni Romasko (RUS) assistés de William Hancock II (USA) et Gleb Lazarev (RUS).
Pénalités : Suède 6′ (2′, 4′, 0′), Canada 6′ (2′, 4′, 0′).
Tirs : Suède 26 (10, 8, 8), Canada 22 (8, 9, 5).
Évolution du score :
1-0 à 50’15 : Wallmark
2-0 à 58’10 : Lander assisté de Holmberg (cage vide)
Suède
Attaquants :
Mathias Bromé – Anton Lander (C, +1, 2′) – Carl Klingberg (+1)
Pontus Holmberg (+2) – Lucas Wallmark (+1) – Fredrik Olofsson (+1)
Dennis Everberg – Jacob de la Rose – Linus Johansson
Joakim Nordström – Marcus Krüger (A) – Max Friberg
Défenseurs :
Oscar Fantenberg (+2) – Lukas Bengtsson (+1)
Philip Holm – Christian Folin (2′)
Henrik Tömmernes (A, +1) – Jonathan Pudas
Theodor Lennström
Gardien :
Lars Johansson
Remplaçants : Magnus Hellberg (G), Linus Hultström (D). En réserve : Adam Reideborn (G), Gustav Rydahl (A), Daniel Brodin (A).
Canada
Attaquants :
Mason McTavish – Eric Staal (C, -1) – Jack McBain (-1, 2′)
Jordan Weal (-1, 2′) – Adam Tambellini (-1) – Corban Knight (-1)
Kent Johnson – Eric O’Dell (-1) – Landon Ferraro (-1)
Daniel Winnik – David Desharnais (A) – Adam Cracknell
Josh Ho-Sang
Défenseurs :
Owen Power – Mat Robinson (-1)
Tyler Wotherspoon (-1) – Maxim Noreau (A)
Mark Barberio (-2) – Jason Demers
Morgan Ellis
Gardien :
Matt Tomkins [sorti de 57’51 à 58’10]
Remplaçant : Eddie Pasquale (G). En réserve : Devon Levi (G), Alex Grant (D), Ben Street (A, blessé).