Roadtrip à Munich

Munich - Düsseldorf (1/4 de finale, match 3)

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La ville de Munich rayonne, aujourd’hui, sur le hockey national et européen, mais ce n’est pour ainsi dire pas la terre historique du hockey allemand. Il est né dans la capitale berlinoise et le règne du Berliner SC a duré jusqu’au 2e conflit mondial avec 17 titres remportés durant cette période. Par la suite, c’est l’ « Oberbayern », la Haute-Bavière, avec les clubs de Riessersee et Füssen qui a concurrencé la capitale du Land de Bavière et dominé tout le hockey allemand des années 1950 et 1960.

Pourtant à travers cette longue histoire du hockey allemand, on peut constater qu’une succession de clubs a permis de garder le flambeau à Munich. La prise de position du partenaire Red Bull a, depuis une quinzaine d’années, hissé le club parmi les meilleures équipes en Europe. Mais la création d’une structure de haut niveau dans la formation a aussi ouvert de nouvelles voies de progression.

Il sera l’occasion un peu plus tard de revenir sur cette histoire. Et c’est pour cela que ce Road Trip permet de visiter les sites encore présents dans cette ville.

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Le hockey munichois est né en 1879 et le premier club le MTV, a utilisé la surface gelée de la glace naturelle. Et c’est sur le Kleinhesseloher see que les coups de patins ont été donné et permit de jouer l’ensemble des matchs. Aujourd’hui cette grande surface d’eau est le repère favori de la population munichoise. Cet immense parc qu’est l’Englisher garten est à la fois une forêt naturelle, un biergarten et un havre de paix.

La ville obtient la première patinoire artificielle du sud de l’Allemagne en 1933. Il s’agit du Prinzregenten stadion (photo ci-dessous). Ce stade de glace à ciel ouvert pouvait accueillir jusqu’à 12 000 spectateurs. Sa rénovation en 2001 a limité à 300 sa capacité. Cet outil est l’un des nombreux sites de la ville qui permettent d’accueillir les enfants pour les activités de glace dont le hockey. C’est en 1996 que l’association « Münchner Eishockeyverein für Kinder und Jugendliche » s’est installée sur les lieux pour promouvoir le hockey et former des joueurs.

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Entre temps la ville a vu fleurir des sites de patinage et a donc créé un large bassin de pratique du patinage, élargissant les potentiels de formation des jeunes vers le hockey. Deux « Eissportzentrum » ont été créés de chaque côté de la ville à l’ouest et à l’est en 1962 puis 1981. Enfin l’actuelle patinoire olympique où siège l’EHC Red Bull München date de 1967. À côté de la piste compétition, on retrouve une autre glace de session publique.

Les entités se sont succédés au fil des difficultés financières avec EHC70, puis le célèbre Hedos qui est parvenu à remporter le titre de champion national en 1994, au prix d’un endettement faramineux. La DEL a été créée en 1995 sans aucune formation munichoise. Mais en 1999, apparait une nouvelle structure, qui est l’éphémère club des Barons. En rachetant l’effectif de Landshut y Munich a profité, pour sa première année d’existence, du travail fait à Landshut et en récolte les fruits avec le titre de champion. Mais l’aventure est de courte durée avec une cessation d’activité en 2002.

Le hockey dans la ville de Munich a maintenant une longue tradition, mais aucune des structures qui l’ont représentée n’a jamais été construite pour durer. Cette incarnation pérenne existe enfin avec le EHC Munich. Ce club s’est bâti patiemment, en partant du bas de l’échelle, en attendant son heure sportivement. Et en 2012 le sponsor autrichien Red Bull s’est décidé à investir dans cette équipe. Il s’agit à ce jour d’une grande réussite avec trois titres consécutifs remportés en 2016-2017 et 2018. Mais il s’agit aussi d’un partenariat créé avec Salzbourg et la construction d’un grand centre de formation ultramoderne pour la formation des jeunes. À ce jour le projet est installé durablement dans la ville et fait progresser des jeunes vers le haut niveau. John Jason Peterka en est l’exemple le plus convaincant même si d’autres pépinières grandissent en ce moment.

Cette saison devrait être la dernière dans l’ancienne patinoire, car le SAP Garden est actuellement en chantier et ouvrira une nouvelle porte pour faire entrer ce club dans la sphère des grandes puissances économiques du hockey européen.

sap garden

Fini les visites, il s’agit d’aller tâter de l’ambiance du match.

À l’issue d’une saison de DEL tourmentée et entrecoupée de mesures de quarantaines, matchs joués à huis-clos et trêve olympique, les favoris pressentis sont arrivés sur le podium, malgré une cascade de blessures. Mais le quatrième larron, Straubing, a réussi à chiper la place des Adler Mannheim.

Les Red Bulls affrontent une très belle équipe de Düsseldorf en quart de finale. Après une première victoire à domicile, match 1 (4-2), la DEG a réussi à s’imposer sur sa glace dans un match 2 très serré (3-2). À égalité dans la série, ce troisième défi s’annonce capital pour reprendre un avantage au meilleur des 5 matchs.

La patinoire olympique de Munich fait salle comble et une centaine de supporters venus de Düsseldorf s’installent rapidement en tribune. L’ambiance est déjà chauffée. Les partisans de Düsseldorf entament les chants à outrance, bien décidés à mettre la pression en terrain adverse.

munich1Dès le début de match, les joueurs de la DEG occupent la zone offensive avec un rythme rapide. Même si les joueurs de Munich répondent et se lancent vers la zone offensive, une mauvaise sortie de zone permet à Bernhard Ebner de récupérer le puck. Le défenseur international traverse la défense et bat, en deux fois, Haukeland (4’56 : 0-1). Et la situation ne s’arrange pas car les Red Bulls sont sanctionnés de plusieurs dégagements interdits sous la pression. Il est clair que les visiteurs ont pris le match par le bon bout. Jerry d’Amigo est à l’affût pour couper les passes et tenter de capter des rondelles.

C’est Max Daubner qui provoque la première grosse occasion munichoise avec un tir dans le trafic, mais le jeune Mirko Pantkowski reste solide devant les filets. Austin Ortega reprend un palet dans l’enclave, en one-timer, mais il faut la vista d’Ebner pour dévier la rondelle à l’aide de son corps (10’30).

Ce sont encore les jaunes et rouges qui se créent une nouvelle occasion chaude avec Barta qui transmet à Ebner juste devant le portier Haukeland (13’35). Düsseldorf accroit la pression pour tenter de faire le break avec plusieurs tentatives de Fischbuch, en supériorité numérique. Haukeland, bien en place, dévie le puck (14’38). Revenus au complet, les joueurs de Don Jackson tentent bien de revenir avec Daryl Boyle, dont le tir est dévié. Mayenschein est présent pour les jaunes et tire à bout portant, faisant passer une sueur froide au public munichois.

Düsseldorf a effectué une grosse prestation dans ce premier tiers et s’est donné un avantage psychologique certain. Mais en toute fin de période, les Red Bulls appuient fortement. Justin Schütz travaille dur, revient devant la cage, place le palet sur le gardien et Hager pousse le rebond dans les filets. Il faut un ralenti vidéo pour valider le but (17’45 : 1-1). Tout est à refaire.

En deuxième période, la situation change rapidement. Le match prend une toute autre allure avec des duels solides dans les bandes. Düsseldorf tient le choc défensivement et se permet même de gagner un duel qui provoque un revirement. MacAulay se projette jusque devant la cage, décale Fischbuch, qui rate le cadre des buts, gêné par le retour de Ben Street (21’15). Ben Smith répond et s’échappe mais rate, lui aussi, la cage pour rabattre le palet (23’38). Les tirs munichois se multiplient sur Pantkowski. Sur un puissant lancer de Daubner, à la bleue, Ehliz dévie le puck dans le trafic (23’43 : 2-1).

Munich a réussi à concrétiser son bon début de période et la suite du tiers se transforme en une vaste bataille de conquête de territoire. Le très bon jeu de passes de Düsseldorf s’écrase sur la rude défense munichoise. Quant au jeu sans palet des joueurs de Harry Kreis, il est redoutable pour bloquer les offensives bavaroises. On note le superbe jeu de dribbles et de contrôle de la rondelle de la part de Yasin Ehliz.

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En début de troisième tiers, Jerry d’Amigo, s’infiltre rapidement dans le slot, mais c’est Austin Ortega qui capte la rondelle et annihile ce premier danger (41’40). Düsseldorf ne désarme pas et espère revenir à la marque. Le contrôle de la rondelle et du jeu est impressionnant de la part des joueurs du « Nord Rhein ». Mais les entrées en zone offensive restent toujours très compliquées face au repli défensif munichois. Deux pénalités pourraient permettre aux joueurs de Don Jackson de creuser l’écart, mais sans succès car Düsseldorf empêche tout jeu de puissance. La pression est à son comble, les deux tribunes de supporters se répondent dans un duel de partisans. L’énergie du public est assourdissante.

La fin de match approche, les Red Bulls tentent un nouveau coup de force avec une remontée de Tiffels et le jeu à trois est conclu par un tir tendu de Trevor Parkes. Le palet passe sous les bottes de Pantkowski (55’59 : 3-1). Le public explose de joie, libéré ! Harold Kreis tente la sortie de gardien, Düsseldorf multiplie les shoots, en vain. Munich tient sa victoire fermement !

Ce duel a été intense et a vu deux belles équipes se rendre coup pour coup. Mais c’est le réalisme des Red Bulls qui a permis d’arracher cette victoire.

Le match 4 se jouera à Düsseldorf pour aller chercher une qualification ou bien relancer l’équipe du DEG.

Commentaires d’après-match

Konrad Abeltshauser (défenseur de Munich) : « C’était un bon match. Hauki a fait quelques arrêts solides au début, puis nous nous sommes améliorés. Nous avons serré les espaces à la fin, nous avons augmenté la pression et nous avons finalement posé le couvercle. »

Harold Kreis (entraîneur de Düsseldorf) : « Pour moi, le tournant du match est arrivé au deuxième tiers quand nous sommes un peu sortis de notre jeu. Les Munichois ont accru leur pression. Nous n’avons pas joué assez simple et nous avons passé trop de temps en zone défensive. Mais dans l’ensemble, je dois féliciter mon équipe pour sa combativité. »

 

Munich – Düsseldorf 3-1 (1-1, 1-0, 1-0)
Jeudi 14 avril 2022 à 19h30 à la Olympia eisstadion. 4573 spectateurs.
Arbitres : Sirko Hunnius  et Aleksi Rantala
Pénalités : Munich 4′ (2’, 0’, 2’) ; Düsseldorf 10′ (2’, 2’, 6’)
Tirs : Munich 37 ; Düsseldorf 20

Évolution du score :
0-1 à 4’56 : Ebner assisté de MacAulay
1-1 à 17’40 : Hager assisté de Schütz et Abeltshauser
2-1 à 23’43 : Ehliz assisté de Daubner et Redmond
3-1 à 55’59 : Parkes assisté de Boyle et Tiffels

Munich

Attaquants :
Austin Ortega – Ben Smith – Yasin Ehliz (2’)
Justin Schütz – Patrick Hager – Filip Varejcka
Trevor Parkes – Ben Street – Frederik Tiffels
Frank Mauer – Max Kastner – Philip Gogulla

Défenseurs :
Daryl Boyle – Max Daubner
Zach Redmond (2’) – Konrad Abeltshauser
Jonathon Blum – Maksymilian Szuber
Yannic Seidenberg

Gardien :
Henrik Haukeland

Remplaçant : Danny aus Den Birken (G). Absents : Andrew MacWilliam, Nicolas Appendino, Andrew O’Brien (surnuméraires)

Düsseldorf

Attaquants :
Alexander Ehl – Victor Svensson – Jerry d’Amigo
Daniel Fischbuch (2’) – Stephen MacAulay – Brendan O’Donnell
Tobias Eder (2’) – Alex Barta – Carter Proft (2’)
Mike Fischer – Jakob Mayenschein – Paul Bittner

Défenseurs :
Luca Zitterbart (2’) – Berhard Ebner
Niklas Heinzinger – Joonas Järvinen
David Trinkberger – Nicolas Geitner (2’)
Cedric Schiemenz

Gardien :
Mirko Pantkowski sorti à 58’02

Remplaçant : Hendrik Hane (G). Absents : Kyle Cumiskey, Marco Nowak et Brett Olson (tous blessés au haut du corps).

 

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