Le grand moment est arrivé et deux grands favoris se retrouvent en finale. Mannheim n’avait plus atteint ce cap depuis 2019, lors de son dernier titre de champion. Les Adler ont souvent éprouvé des difficultés pour atteindre le plein rendement en série finale, ce que des clubs comme Munich et Berlin ont démontré. Constituer une équipe de grands joueurs ne fait pas tout, il faut apporter une rage de vaincre et un mental de tous les instants pour faire front face à l’adversité. Cela, des coachs comme Don Jackson et Serge Aubin en sont de fidèles mentors.
Cette saison, les faits ont démontré que les joueurs de Dallas Eakins jouent soixante minutes sans rien lâcher. Mannheim n’a pas laissé grand-chose à ses adversaires avec une seule défaite contre Bremerhaven et une contre Berlin. L’attaque est dominée par Justin Schütz et les défenseurs Leon Gawanke et Nico Mattinen qui apportent un support à l’avant. Le gardien Maxi Franzreb solidifie également l’équipe cette saison, tout comme pouvait le faire Arno Tiefensee.
Mais attention, les champions en titre sont revenus très fort en fin de saison et ont bataillé dans ces play-offs. Ils ont relevé un défi intense contre Straubing et ont dû « marner » pour se sortir de l’offensive de Cologne. Et pour cela c’est le back-up Jonas Stettmer qui a prouvé un niveau incroyable. Pourtant le groupe est affaibli avec cinq joueurs blessés dont le gardien n°1 Jake Hildebrand. Cela suffira-t-il pour faire chuter Mannheim ? Peut être car le défenseur Jonas Müller a préparé plusieurs buts dans ces play-offs. Le maître à jouer s’appelle Ty Ronning, incontournable meilleur marqueur des séries avec 6 buts et 10 assists. Mais dans cette équipe le danger peut provenir de partout.
Statistiquement, depuis les années 2000, les Eisbären ont remporté toutes leurs séries contre Adler Mannheim, dont les finales de 2005 et 2012). Berlin est bien la meilleure organisation d’Allemagne et partira favorite de ce défi.
L’entraîneur berlinois Serge Aubin parlait justement avant le match de la grande importance des unités spéciales. Si Mannheim débute en supériorité, sans parvenir à marquer, la pénalité de Kühnhackl est transformée par Liam Kirk, bien décalé et seul (0-1, image ci-dessus).
Berlin continue de jouer fort. Sur une séquence en zone offensive, le palet fait le tour de la zone et revient à Erik Mik qui décoche un tir foudroyant de la bleue. Franzreb repousse de la botte mais Jean Sébastien Déa renvoie le palet dans les filets (0-2).
Mannheim réagit et joue intensément vers l’avant sans parvenir à scorer. En fin de période, les Adler subissent une contre-attaque rapide. Gawanke ne parvient pas à récupérer le palet et Kälble au sol ne peut bloquer la passe. Marcel Noebels, arrivé devant le gardien, passe à Les Lancaster qui va plus vite que le portier Franzreb pour dévier dans la cage (0-3, image ci-dessous). Berlin a donné une leçon d’efficacité dans cette première période. Dallas Eakins doit trouver les solutions.
À peine le temps de finir la saucisse-frites de la pause, qu’en deuxième période, Lukas Kälble est pénalisé pour un retard de jeu. Mannheim est solide en infériorité et ne donne rien à son adversaire. Mais Serge Aubin sait tenir son équipe en haleine pour qu’elle ne relâche pas son effort. Le dispositif se resserre et ne laisse aucune opportunité aux locaux. C’est même Berlin qui nous gratifie d’un jeu collectif gagnant. Ty Ronning déboule vers la cage, dans le dos de la défense. Il réceptionne la passe et loge le palet sous la barre, tout cela en pleine course (0-4).
Mannheim continue de travailler pour tenter de porter le danger sur la cage adverse mais le pressing défensif de Berlin permet à Manuel Wiederer de gagner un duel acharné sur Luke Esposito et de s’enfuir avec le palet. Il est accompagné par Markus Vikingstad pour un 2 contre 2. Wiederer voit son tir repoussé par Franzreb et Nico Mattinen touche le palet sans parvenir à le contrôler. C’est Vikingstad qui le récupère et le loge dans les filets (0-5, image ci-dessous). Sale soirée pour Mannheim qui voit ses efforts rendus inutiles et constate les dégâts face à une équipe redoutablement efficace.
Dallas Eakins a de nouveau du boulot pour remobiliser son équipe et tenter l’impossible pour revenir au score. Le troisième tiers débute et Eakins fait rentrer le gardien suédois Johan Mattsson. Le choc électrique fonctionne avec Kris Bennett qui suit le tir de Leon Gawanke et dévie dans le dos du gardien Stettmer (1-5).
C’est de nouveau Gawanke qui est dans l’action, mais dans le mauvais sens du terme cette fois. Il subit une énorme charge de Kai Wissmann, qui l’envoie se fracasser dans la bande. Ce geste d’une dangerosité extrême est pénalisé de cinq minutes. Le lancer d’Alex Ehl est repoussé par deux fois par Jonas Stettmer qui se jette su sol pour tenter de capter la rondelle. Décidément, ce portier est d’une rapidité déconcertante. Mais le palet est toujours en jeu. Il revient devant la cage, et cette fois, Alex Ehl lève le palet dans la cage. Stettmer est en rage et dégage le palet d’un coup de patin rageur (2-5).
Le public est en transe et en folie. Mannheim poursuit son effort et le coach fait sortir son gardien. Le palet est envoyé derrière la cage et Stettmer, sous pression, ne peut évacuer la rondelle. Elle est remise dans le circuit et tourne en zone offensive. Le tir de John Gilmour, dans le trafic, fait mouche et Jonas Stettmer, masqué n’a rien vu (3-5, image ci-dessous).
Le match est relancé, le public pousse et Mannheim donne toutes ses forces. La bataille de conquête est intenable et Marcel Noebels hérite du palet. Il envoie depuis sa zone un flip qui roule jusque dans la cage. Nico Mattinen ne revient pas à temps pour récupérer ce palet (3-6). Pour conclure, Liam Kirk envoie de nouveau le palet dans les filets déserts après un combat victorieux dans le slot (3-7).
Clairement, Berlin a su s’appuyer sur sa dextérité, son intensité et une efficacité qu’on lui connaît dans les séries finales. Maintenant, Mannheim a un adversaire digne de ce nom qui ne permettra aucune largesse ni faiblesse devant le filet.
Réactions d’après match :
Kris Bennett (attaquant de Mannnheim) : « Ce fut un match serré. Nous avons bien commencé et fait preuve d’un grand caractère en troisième période en revenant au score. Ils ont eu un peu de chance par moments, surtout en première période. Cette série sera longue. Nous savons que nous devons gagner quatre matchs. Nous allons nous en tenir à notre plan de jeu, analyser les détails et nous concentrer sur le prochain match à Berlin. »
Dallas Eakins (entraîneur de Mannheim) : « Ce fut une de ces soirées où la chance n’était tout simplement pas de notre côté. Je n’ai pas trouvé notre première période mauvaise du tout, mais nous avons tout de même rapidement concédé un retard conséquent. Face à une équipe du calibre de Berlin, c’est extrêmement difficile de remonter la pente. Le point positif, c’est que nous avons fait preuve de caractère en troisième période et que nous n’avons jamais baissé les bras. Ce n’était pas notre soir, mais j’ai apprécié la réaction de mon équipe. Je m’attends toujours à ce que cette série soit longue. »
Serge Aubin (entraîneur de Berlin) : « Bien sûr, je suis content de la victoire, mais pas entièrement de notre performance du jour. Malgré notre avance de 3-0, je n’étais pas satisfait de notre première période. Nous avons commencé le match prudemment, mais nous avons su concrétiser nos occasions. La deuxième période a été bien meilleure et nous avons joué comme prévu. Nous avons joué en équipe et chacun a donné le meilleur de lui-même. Dans la dernière période, nous avons un peu relâché la pression. Cela ne devrait pas nous arriver. Je sais que nous pouvons faire mieux. »

Mannheim – Berlin 3-7 (0-3, 0-2, 3-2)
Vendredi 24 avril 2026 à 19h30 à SAP Arena. 13 600 spectateurs
Arbitres : Martin Frano (TCH) et Andre Schrader assistés de Maksim Cepik et Tobias Schwenk
Pénalités : Mannheim 18’ (2’, 2’+10’, 4’) ; Berlin 33’ (2’, 2’, 4’+5’+20’)
Tirs : Mannheim 37 (16, 6, 15) ; Berlin 30 (6, 21, 3)
Évolution du score :
1-1 à 07’41” : Kirk assisté de Veilleux et Pföderl (sup. num.)
1-2 à 10’46” : Déa assisté de Lancaster et Mik
1-3 à 18’12” : Lancaster assisté de Noebels et Eder
1-4 à 34’16” : Ronning assisté de Déa et Tiffels
1-5 à 35’24” : Vikingstad assisté de Wiederer
1-5 à 41’33” : Bennett assisté de Gawanke et Kälble
2-5 à 47’26” : Ehl assisté de Bennett
3-5 à 55’21” : Gilmour assisté de Greco et Plachta
3-6 à 56’02” : Noebels assisté d’Eder (cage vide)
3-7 à 57’32” : Kirk assisté de Tiffels et Müller (cage vide)
Adler Mannheim
Attaquants :
Justin Schütz – Marc Michaelis (-1) – Alexander Ehl (-3)
Maximilan Heim (-2) – Luke Esposito (-1) – Matthias Plachta (-1)
Kris Bennett (+2) – Zach Solow (+2) – Anthony Greco (+2)
Tom Kühnhackl (2’, -3) – Kristian Reichel (2’, -4) – Yannick Proske
Défenseurs :
Dan Renouf (10’, -3) – Nicolas Mattinen (-3)
Lukas Kälble (2’, +1) – Leon Gawanke
William Worge Kreü (-3) – John Gilmour (+1)
Gardien :
Maximilian Franzreb puis à 40’00” Johan Mattsson [sorti de 55’30” à 56’02” et de 56’30” à 57’32”]
Absents : Kevin Bicker (blessé à la jambe), Hayden Shaw, Tobias Fohrler, Brendan O’Donnell, Alexander Ruuttu, Samuel Soramies (surnuméraires)
Eisbären Berlin
Attaquants :
Frederik Tiffels (+2) – Jean Sébastien Déa (+1) – Ty Ronning (+2)
Marcel Noebels (+1) – Andreas Eder (+3) – Liam Kirk (+1)
Yannick Veilleux – Markus Vikingstad – Leo Pföderl
Erik Hördler – Manuel Wiederer (2’, +1) – Lennard Nieleck (-1)
Défenseurs :
Jonas Müller (2’, +2) – Kai Wissmann (5’+20’, +1)
Adam Smith (-1) – Mitch Reinke
Erik Mik (2’, +1) – Les Lancaster (2’, +4)
Moritz Kretzschmar (-2)
Gardien :
Jonas Stettmer
Remplaçant : Lennart Neisse (G). Absents : Jake Hildebrand (G, jambe), Korbinian Geibel (opéré de l’épaule), Blaine Byron (jambe), Patrick Khodorenko (genou), Lean Bergmann (genou), Markus Niemeläinen.










































