Si la Lettonie compte vraiment accéder aux quarts de finale, ce qui est son objectif officiel, c’est peut-être dès aujourd’hui que ça se joue, contre une équipe américaine pas forcément encore au point en début de tournoi… et qui pourrait être plus forte par la suite. David Quinn n’a d’ailleurs déclaré que quatre lignes d’attaque et trois paires de défenseurs, ce qui laisse de la place pour jusqu’à 4 renforts supplémentaires avec le premier tour de playoffs NHL qui s’achève.
Les États-Unis ne tardent pourtant pas à s’imposer, en s’appuyant sur leurs fondamentaux : ils gagnent la majorité des mises au jeu et s’emparent de la possession. Une fois installés en zone offensive, on envoie à la cage pour provoquer la réussite. Un palet envoyé de la ligne bleue par Andrew Peeke est ainsi dévié volontairement par la crosse de Kiefer Bellows puis involontairement par le patin de Riley Barber (1-0).
La domination américaine s’exerce aussi sur les unités spéciales. Le powerplay s’appuie sur des transmissions répétées entre Nate Schmidt à la pointe et Seth Jones sur la gauche. Face à une défense passive, le quatrième one-timer du capitaine sur la même présence est le bon (2-0). Quand c’est la Lettonie qui joue à 5 contre 4, le capitaine letton Rodrigo Abols perd le palet dans l’enclave. La contre-attaque immédiate est menée par son homologue Seth Jones qui sert sur le côté droit Thomas Bordeleau. En bout de course, le fils et petit-fils d’international français ne peut prendre qu’un revers en angle fermé, a priori sans danger… mais qui passe entre les bottes de Merzlikins (3-0). Un très mauvais but pour le gardien Elvis Merzlikins !
Ce genre de premier tiers-temps, où la différence de buts est égale est à l’écart de tirs (12 à 9), aurait provoqué un changement de gardien pour bien des équipes. Mais comme on l’avait expliqué dans notre présentation, Merzlikins est titulaire fixe au point que ses doublures préfèrent rester à la maison. Le portier des Blue Jackets de Columbus revient donc sur la glace pour la deuxième tiers-temps… où il reprend un but d’entrée ! C’est un beau tir croisé en lucarne de Sam Lafferty, avec le défenseur en écran, mais rien d’imparable pour le gardien letton qui a laissé un peu d’angle avec une position reculée.
Les Américains, eux, n’ont pas ce problème de gardien. Alex Nedjelovic, le portier de Détroit, n’a pas été inscrit pour ce premier match (sans communication sur le motif de cette absence), mais Strauss Mann se montre solide sur la lancée des Jeux olympiques. Ses coéquipiers ne lui facilitent pas la tâche car Gaudette et Farrell prennent deux pénalités (cinglage et coup de crosse) dans la dernière minute de la deuxième période. Au retour des vestiaires, les États-Unis – bien plus actifs que les Lettons pour gêner le porteur du palet quand ils sont en infériorité – résistent à 3 contre 5 et… presque à 4 contre 5. Il reste cinq secondes à la dernière pénalité et une mise au jeu en zone offensive. Andris Dzerins la gagne face à Bordeleau et Rihards Bukarts sert aussitôt Karlis Cukste pour un slap… et Dzerins est seul sur le rebond en cage ouverte (4-1, image ci-dessous).
Pas de blanchissage, donc, mais de multiples arrêts pour Mann face aux nombreuses occasions non concrétisées de la Lettonie au troisième tiers-temps. Une dernière période encourageante… ou anecdotique car trop tardive pour être pertinente.
Désignés joueurs du match : Seth Jones pour les États-Unis et Andris Dzerins pour la Lettonie.
Commentaires d’après-match :
David Quinn (entraîneur des États-Unis) : « C’était certainement un bon départ. La Lettonie est toujours difficile à jouer et nous étions prêts. Hormis une partie de la troisième période, j’ai aimé notre jeu. Nous avons aussi eu une performance vraiment bonne de notre gardien Strauss (Mann) et ça a été une clé du match. »
Rudolfs Balcers (attaquant de la Lettonie) : « Je pense qu’on voyait de l’extérieur que ça ne fonctionnait pas. Je pense que nous faisions circuler le palet trop lentement. Nous devons nous concentrer, faire de meilleures passes. Match haché, beaucoup d’erreurs. C’est dur de jouer quand on part à 0-3. Le positif est qu’il y a eu beaucoup d’occasions. Le négatif est leur concrétisation. Mes propres jambes ne se sont réveillées qu’en dernière période. »
États-Unis – Lettonie 4-1 (3-0, 1-0, 0-1)
Vendredi 13 mai 2022 à 16h20 à la Nokia Arena de Tampere. 7938 spectateurs.
Arbitres : Marian Rohatsch (ALL) et Kristian Vikman (FIN) assistés de Jonas Merten (ALL) et Šimon Synek (SVK).
Pénalités : États-Unis 8′ (2′, 6′, 0′) ; Lettonie 8′ (6′, 2′, 0′).
Tirs : États-Unis 29 (12, 9, 8) ; Lettonie 25 (9, 4, 12).
Évolution du score :
1-0 à 07’11 : Barber assisté de Bellows et Peeke
2-0 à 10’18 : S. Jones assisté de Schmidt et Galchenyuk (sup. num.)
3-0 à 11’36 : Bordeleau assisté de S. Jones (inf. num.)
3-1 à 20’33 : Lafferty assisté de Megna
4-1 à 41’47 : Dzerins assisté de Ri. Bukarts et Cukste (sup. num.)
États-Unis
Attaquants :
Karson Kuhlman (+1, 2′) – Sam Lafferty (+1) – Austin Watson (A, +1)
Alex Galchenyuk (2′) – Thomas Bordeleau (+1) – John Hayden
Kieffer Bellows (+1) – Ben Meyers (+1) – Riley Barber (+1)
Sean Farrell (2′) – Adam Gaudette (2′) – Vinni Lettieri (+1)
Défenseurs :
Jaycob Megna (+1) – Seth Jones (C, +2)
Nate Schmidt (A, +2) – Andrew Peeke (+1)
Luke Hughes – Nick Blankenburg
Gardien :
Strauss Mann
Remplaçant : Jon Gillies (G).
Lettonie
Attaquants :
Ronalds Ķēniņš (-2) – Rodrigo Ābols (C, -2, 2′) – Rudolfs Balcers (A, -2)
Rihards Bukarts (-1) – Andris Džeriņš – Renārs Krastenbergs (-1, 2′)
Roberts Bukarts – Oskars Batna (-1) – Rihards Marenis (2′)
Nikolajs Jeļisejevs (-1) – Deniss Smirnovs – Mārtinš Dzierkals
Défenseurs :
Kristaps Zīle (-1) – Jānis Jaks (-2, 2′)
Roberts Mamčics – Artūrs Kulda (A)
Kristaps Sotnieks (-1) – Kārlis Čukste (-1)
Sandis Smons – Arvils Bergmanis
Gardien :
Elviss Merzlikins
Remplaçant : Artūrs Šilovs (G). En tribune : Gustavs Dāvis Grigals (G).