Difficile de se faire un avis sur cette équipe danoise après leurs deux premières rencontres. Sur le papier, il y a clairement du talent, de la jeunesse et de l’expérience, y compris au plus haut niveau. Ce qui explique leur promenade lors du premier match contre les Kazakhs, qui en gardaient certes peut-être sous le pied pour leur adversaire français du lendemain. Car contre la Suisse, le Danemark n’a pu rivaliser que 20 minutes avant d’exploser et de subir le jeu helvète. Ce troisième match est déjà capital s’il veut espérer un quart de finale, auquel la nation scandinave peut légitimement prétendre au vu de sa progression constante depuis une décennie.
L’adversaire est prenable : l’Italie a perdu ses deux premières rencontres sans offrir une réelle adversité si ce n’est une défense regroupée autour de gardiens très sollicités. Andreas Bernard avait bien résisté aux Suisses (mieux que les gardiens danois) et après avoir été laissé au repos contre le Canada, il retrouve la cage italienne.
Il faut 5 minutes de rodage au Danemark avant de parvenir à un jeu installé en zone offensive. La ligne de Frans Nielsen fait bien circuler le palet et prend des tirs, obligeant l’Italie à commettre une première faute, lorsqu’Alex Petan fait un cinglage sur Matias Lassen. L’infériorité numérique italienne est sans conséquence pour le moment malgré les bons tirs de Lauridsen.
La domination danoise se poursuit. Sur l’une des rares incursions italiennes en zone offensive, Marco Insam, le vétéran de l’équipe, international depuis 2008, ne fait pas parler son expérience en y concédant une pénalité. Sur le jeu de puissance, le grand Bau utilise ses deux mètres pour masquer le gardien et permettre au joueur de NHL fraîchement arrivé de Winnipeg, Nikolaj Ehlers d’ajuster un tir précis. Le sélectionneur Gregory Ireland se plaint que le géant se soit aussi aidé de ses coudes pour obstruer la vision du cerbère transalpin, mais l’arbitre (français) Pierre Dehaen valide le premier but (0-1, photo ci-dessous). Ce but vient logiquement récompenser la domination totale des Danois avec déjà 17 tirs à 4.
La deuxième période n’offre pas plus de répit à Andreas Bernard, qui fait trébucher le joueur de Winnipeg qui venait de le dribbler et de s’offrir un but ouvert après seulement 32 secondes.
Le Danemark a de quoi peaufiner son jeu de puissance : Alex Petan est à nouveau pénalisé, cette fois pour avoir dégagé le palet au-dessus du plexiglass, puis Luca Frigo commet un cinglage. Mais les combinaisons de Ehlers et les masques de Bau ne fonctionnent pas à chaque fois et les Italiens maintiennent le jeu en périphérie. Grâce notamment au travail défensif d’un certain Phil Pietroniro, qui s’est fait particulièrement remarqué pour ses prestations offensives à Mulhouse, mais qui est bien obligé de prouver son talent défensif puisque ses coéquipiers n’ont que rarement l’occasion de s’approcher de Sebastian Dahm, le gardien qui joue à Klagenfurt et dont les Dragons connaissent la valeur pour l’avoir affronté en CHL. Même après le cinglage de Frederik Storm, la supériorité numérique italienne ne donne pas d’occasion franche.
Plus surprenant, l’arbitre ne siffle rien lorsque l’Italien Peter Spornberger en duel contre Nicholas Jensen lui fait une véritable clef de bras et la garde bien serrée lorsque le Danois chute, obligeant le Scandinave à rentrer au vestiaire aidé du médecin de l’équipe (il reviendra en troisième période).
Il siffle en revanche un cinglage contre Morten Poulsen et la sanction est immédiate cette fois avec l’égalisation d’Alex Petan sur le jeu de puissance, d’une reprise de volée face au gardien en s’infiltrant entre Nielsen et Lauridsen (1-1).
Autant de tirs en deuxième période qu’en première, mais un score de parité pour aborder la dernière période. Pas pour longtemps ! Mathias Bau sait masquer, mais il sait aussi tirer. Il le prouve en reprenant une belle passe de Nicolai Meyer de derrière le but. Les deux défenseurs Glira et Gios ne semblaient pas en mesure d’arrêter le colosse lancé au centre (1-2).
Contraints de sortir de leur carapace, les Italiens se montrent plus offensifs en fin de match et les Danois plus fébriles. À cinq minutes de la fin, leurs efforts sont presque récompensés quand Dylan di Perna voit son tir repoussé par le poteau de Dahm. Nicolai Meyer part aussitôt en contre-attaque, et l’Italien peut toujours se réconforter en ayant réussi à provoquer une pénalité sur son rapide repli défensif.
Mais l’Italie ne parvient pas à concrétiser sur sa supériorité numérique ; elle maintient cependant la pression sur le but adverse. Pour se défaire de cette situation inconfortable, c’est à nouveau Bau qui va être décisif. Il sait masquer, il sait tirer, il sait aussi plonger, ce qui est beaucoup moins beau, et piéger l’arbitre en provoquant ainsi une supériorité numérique danoise et empêcher les Italiens d’attaquer.
Le score en reste donc là. L’Italie, une fois encore, s’est montrée experte dans l’art de garder un score serré dans des rencontres qui ne le sont pas sur la glace. Le Danemark semble avoir confirmé son potentiel pour créer du jeu en périphérie à défaut d’avoir prouver sa capacité à se montrer réellement dangereux. Leur efficacité offensive devra s’améliorer pour atteindre leur objectif.
Désignés joueurs du match : Diego Kostner (Italie) et Matias Lassen (Danemark).
Italie – Danemark 1-2 (0-1, 1-0, 0-1)
Mardi 17 mai 2022 à 16h20 à la Helsingin jäähälli. 2557 spectateurs.
Arbitres : Pierre Dehaen (FRA) et Robin Sir (TCH) assistés de Elias Seewald (AUT) et Josef Spur (TCH)
Pénalités : Italie 12′ (4′, 6′, 2′), Danemark 6′ (0′, 4′, 2′)
Tirs : Italie 14 (4, 4, 6), Danemark 45 (18, 18, 9)
Récapitulatif du score :
0-1 à 15’54 : Ehlers assisté de Blichfeld et Bau (sup. num.)
1-1 à 39’00 : Petan assisté de Hannoun et Miglioranzi (sup. num.)
1-2 à 41’46 : Bau assisté de Meyer
Italie
Attaquants :
Marco Sanna – Simon Kostner – Luca Frigo (A, 2′)
Alex Petan (A, 4′) – Daniel Mantenuto – Dabiel Frank (C, 2′)
Brandon McNally (-1) – Dante Hannoun (-1) – Ivan DeLuca (-1)
Marco Insam (2′) – Diego Kostner – Tommaso Traversa
Marco Magnabosco
Défenseurs
Enrico Miglioranzi – Phil Pietroniro
Peter Spornberger – Dylan di Perna
Daniel Glira (-1) – Gregorio Gios (-1)
Lorenzo Casetti
Gardien :
Andreas Bernard (sorti à 59’29)
Remplaçant : Davide Fadani (G). En réserve : Justin Fazio (G), Alex Trivellato (D), Matthias Mantinger (A).
Danemark
Attaquants :
Nikolaj Ehlers – Frans Nielsen (A) – Joachim Blichfeld
Frederik Storm (2′) – Peter Regin (C) – Felix Scheel
Mathias Bau (+1) – Patrick Bjorkstrand (+1) – Nicolai Meyer (2′, +1)
Mikkel Aagaard – Julian Jakobsen – Morten Poulsen (2′)
Matthias Asperup
Défenseurs :
Matias Lassen – Markus Lauridsen
Oliver Lauridsen – Jesper Jensen Aabo (A)
Oliver Larsen (+1) – Nicholas Jensen
Emil Kristensen (+1)
Gardien :
Sebastian Dahm
Remplaçant : Frederik Dichow (G). En réserve : Mathias Seldrup (G), Oliver Lauridsen (D).