C’est le match dans la mort dans le groupe d’Helsinki. Les deux habitués de l’ascenseur avec la Division 1A, l’Italie et le Kazakhstan, s’affrontent dans leur dernier match du tournoi. Le point acquis par les Italiens contre la France ne sert strictement à rien dans ce duel. Les Transalpins étaient passés tout près de la descente en 2019, laminés à chaque match avant de piéger l’Autriche aux tirs au but. Les résultats du Kazakhstan ont été un peu meilleurs en 2019 comme en 2021, mais cela ne va pas chercher bien loin, surtout avec un match disputé la veille…
Bref, la pression est à son comble et il reste à voir comment les deux équipes vont réussir à l’évacuer pour imposer leur jeu.
Le Kazakhstan entre bien dans la partie. C’est tout d’abord Mikhail Rakhmanov qui récupère un palet cafouillé par la défense. Il est seul devant Andreas Bernard, qui gagne son duel. Puis, Alikhan Asetov perce la défense à gauche et obtient lui aussi une occasion. Le jeu se déroule prioritairement dans le camp italien dans ces premières minutes.
La première chance italienne survient à la cinquième minute, avec un tir du cercle gauche d’Enrico Miglioranzi, qui chauffe la mitaine d’Andrei Shutov. Cela lance un temps fort italien, pas très dangereux à l’exception d’un essai de Daniel Frank, bien sorti.
Simon Kostner sort pour retenir et le premier jeu de puissance se met en place. Le Kazakhstan décoche trois tirs sans réellement inquiéter Bernard, même si l’essai de Dmitri Shevchenko fait passer un frisson dans le public. Le palet traverse l’enclave. Il reste 27 secondes lorsque Curtis Valk reçoit le palet ligne de fond, et attaque la cage. Le premier tir frappe la botte, mais il prend le rebond et le lève suffisamment (1-0).
Kazakhstan strikes first.🇰🇿🎯#KAZITA #IIHFWorlds pic.twitter.com/TLKUXjG4kB
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Le Kazakhstan a-t-il fait le plus dur ? C’est loin d’être certain, car l’équipe se met en difficulté toute seule quelques minutes plus tard. Adil Beketayev commet une obstruction en plein milieu de la glace, qui pousse même les officiels à vérifier s’il y a plus que deux minutes… L’Italie a une chance en or de revenir rapidement, et ne la laisse pas passer. Miglioranzi, servi à la bleue, expédie un tir du poignet à travers le trafic, dévié par McNally (1-1).
Brandon Mcnally ties it for @fisg_it.🇮🇹🚨#KAZITA #IIHFWorlds pic.twitter.com/G5S6Rns0su
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La réaction des joueurs d’Asie centrale ne tarde pas. Une minute plus tard, une série de duels permet à Nikita Mikhailis d’ouvrir vers son défenseur Valeri Orekhov. Le meilleur pointeur de l’équipe voit un espace, s’avance à travers le cercle gauche sans opposition et nettoie la lucarne côté mitaine (2-1, photo).
Le Kazakhstan prend les commandes et ne lâche pas l’affaire sur cette fin de tiers. Si Sagadeyev rentre péniblement au banc, touché dans un contact, ses coéquipiers continuent. Valk, intenable, slalome et il faut un Bernard attentif pour éviter à l’Italie un handicap plus lourd. La pause est bienvenue pour les Transalpins, qui ont sérieusement reculé…
L’Italie tente de sortir de sa boite en début de deuxième tiers, sans parvenir à s’installer durablement. Les quelques tirs lointains ne franchissent pas le rideau défensif. Le Kazakhstan n’a pas le même problème pour s’approcher de la cage. Après 4’29, Yegor Petukhov sort du coin et attaque la cage. Bernard n’arrive pas à coller son patin au poteau et le palet glisse derrière lui. Petukhov et Asetov combinent et creusent l’écart, face à une défense bien trop passive (3-1).
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Finie, l’Italie ! Et non ! Diego Kostner sort de sa boîte pour réduire l’écart sur un but similaire. Il récupère à gauche et attaque la cage, contournant la botte du gardien étendu pour glisser le disque dans le but (3-2). Les Italiens enchaînent avec une série de tirs dangereux de l’aile droite, conclue par un un lancer de Daniel Glira de la bleue, bloqué par Shutov.
Le Kazakhstan réplique et Bernard sort un double arrêt devant Starchencko et Metalnikov. Une action qui lance une séquence interminable où l’Italie est tenue dans son camp sans pouvoir changer. Elle concède un dégagement interdit, et s’en sort enfin lorsque le tir de Jesse Blacker est dévié dans le filet. Puis, Valk déborde sur l’aile gauche et attaque la cage : le palet traîne au poteau, et est finalement dégagé.
Les occasions pleuvent, avec un tir dangereux du cercle droit signé Blacker suite à une percussion le long de la bande. Le jeu de passe est bien plus précis et Akolzin, servi au deuxième poteau, ne trompe pas la jambière de Bernard. La pression monte, et le gardien de Bolzano peut remercier son montant gauche, qui repousse une super volée de Panyukov. Il tient ensuite son équipe à bout de botte, résistant au tour de cage de Shevchenko.
Battue dans les duels, l’Italie commet une énorme faute. Di Perna vient percuter violemment Rakhmanov, qui reste au sol et doit rentrer au vestiaire. Les officiels consultent la vidéo et assènent une pénalité majeure de cinq minutes pour cette charge au genou.
Le jeu de puissance a encore 3’43 à faire à la reprise, mais attendra qu’il reste 13 secondes pour convertir. Roman Starchenko trouve un angle de tir et porte la marque à 4-2.
L’Italie tente de réagir et de porter le jeu en attaque… et se fait punir en contre-attaque. Orekhov, encore lui, déborde sur l’aile gauche en deux-contre-deux, et trouve Mikhailis devant la cage, un pas d’avance sur son défenseur (5-2, photo). Fin de journée pour Andreas Bernard, remplacé par Justin Fazio.
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L’Italie n’y croit plus guère et les joueurs d’Asie centrale, portés par la vingtaine de supporters et leurs drapeaux, dominent le jeu. Ils concèdent cependant un cinglage de Sagadeyev, infime dernier espoir italien… Le jeu de puissance s’installe et ne trouve pas vraiment de solutions de tirs, avec notamment un gros bloc de Samat Daniyar.
Les minutes défilent, maîtrisées par les joueurs de Yuri Mikhailis. Plus précis techniquement, plus collectifs et avec un meilleur patinage, ils filent tout droit vers le maintien. Le temps mort italien, à 2’22 de la fin et trois buts de retard, n’apporte pas grand chose au débat. La sortie de Fazio pour un attaquant non plus.
Le Kazakhstan double donc son adversaire du jour au classement et accroche la septième place de ce groupe. L’Italie, dernière avec un point, est reléguée en Division 1A. Un résultat qui ne souffre d’aucune contestation : avec 35 tirs à 15, les Kazakhs ont passé leur temps dans la zone italienne et concédé très peu d’occasions dangereuses. L’équipe la plus précise techniquement, la plus collective et avec le meilleur patinage s’est imposée ce soir.
L’Italie descend pour la sixième fois depuis 2011. Elle est remontée immédiatement presque à chaque fois…
Désignés joueurs du match : Enrico Miglioranzi (Italie) et Nikita Mikhailis (Kazakhstan)
Désignés meilleurs joueurs du tournoi :
Andreas Bernard, Dylan di Perna et Simon Kostner pour l’Italie (les deux premiers étant déjà rentrés au vestiaire, le gardien sorti en cours de match et le défenseur exclu…)
Valeri Orekhov, Andrei Shutov et Roman Starchenko pour le Kazakhstan.
Kazakhstan – Italie 5-2 (2-1, 1-1, 2-0)
Championnats du monde élite 2022.
Lundi 23 mai 2022, 12h20. Helsingin jäähälli, 1983 spectateurs.
Arbitrage de Jake Rekucki (USA) et Peter Stano (SVK) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Josef Spur (TCH)
Pénalités : Kazakhstan 4′ (2′, 0′, 2′), Italie 27′ (2′, 5’+20′, 0′)
Tirs : Kazakhstan 35 (12, 13, 10), Italie 15 (6, 5, 4)
Récapitulatif du score
1-0 à 11’22 : Valk assisté de Dietz et Starchenko (sup. num.)
1-1 à 14’57 : McNally assisté de Miglioranzi et Pietroniro (sup. num.)
2-1 à 15’59 : Orekhov assisté de Mikhailis et Rakhmanov
3-1 à 24’29 : Asetov assisté de Petukhov et Blacker
3-2 à 25’26 : D. Kostner assisté de di Perna et Hannoun
4-2 à 43’29 : Starchenko assisté de Dietz et Blacker (sup. num.)
5-2 à 46’02 : Mikhailis assisté d’Orekhov et Akolzin
Kazakhstan
Attaquants
Roman Starchenko (C, -) – Anton Sagadeyev (2′) – Pavel Azolkin
Nikita Mikhailis (A, +2) – Curtis Valk (A, +1) – Mikhail Rakhmanov (+1)
Kirill Panyukov – Arkadi Shestakov – Dmitri Shevchenko
Yegor Petukhov (+1) – Dmitri Gurkov (+1) – Alikhan Asetov (+1)
Défenseurs
Jesse Blacker (+3) – Valeri Orekhov (+3)
Darren Dietz (-1) – Leonid Metalnikov (-1)
Yegor Shalapov – Adil Beketayev (2′)
Samat Daniyar
Gardien :
Andrei Shutov
Remplaçants : Sergei Kudryavtsev (G), Sayan Daniyar (A). Réservistes : Ilya Rumyantsev (G), Viktor Svedberg (D), Kirill Savitski (A)
Italie
Attaquants
Marco Sanna (-2) – Simon Kostner (2′, -2) – Alex Petan (A, -2)
Brandon McNally (-1) – Daniel Mantenuto (-1) – Luca Frigo (-1)
Diego Kostner (+1) – Dante Hannoun (+1) – Daniel Frank (C, +1)
Marco Insam – Ivan DeLuca – Tommaso Traversa
Matthias Mantinger
Défenseurs
Alex Trivellato (A, -2) – Dylan di Perna (25′)
Enrico Miglioranzi – Phil Pietroniro (-1)
Daniel Glira (-1) – Gregorio Gios (-1)
Peter Spornberger (+1)
Gardien :
Andreas Bernard puis Justin Fazio à 46’02
En réserve : Davide Fadani (G), Lorenzo Casetti (D), Marco Magnabosco (A).