L’intersaison est déjà terminée. Beaucoup de joueurs se préparent pour les échéances internationales d’été, pour le Tournoi de qualification olympique. Nous avons contacté l’un d’entre eux, Robin Colomban, pour partager avec lui son bilan de la saison précédente et échanger sur les Dragons et les Bleus. Se préparant déjà pour le premier stage de l’équipe de France, c’est au téléphone que nous échangeons les premiers mots.
– Robin, on peut considérer que la saison dernière a été une des meilleures te concernant avec un nouveau record personnel de points inscrits (37) en Ligue Magnus avec les Diables rouges de Briançon ?
Sur le plan personnel, statistiquement ça a été ma meilleure saison, mais sur la glace, je pense que je pouvais encore faire mieux. Je suis vraiment content d’avoir passé cette saison à Briançon et je suis revenu pour participer à ce nouveau collectif et relancer l’équipe des Diables rouges. On a eu une bonne équipe avec des bons étrangers également. Même avec la dernière place, le bilan de l’équipe était satisfaisant et pour ma part j’ai passé un cap et je peux encore aller plus loin.
– On a pu voir qu’un nouvel état d’esprit à Briançon s’est exprimé sur la glace avec beaucoup de combativité…
Oui, c’est clairement ça ! Pour la première fois depuis plusieurs années, on était vraiment dans la compétition avec une équipe bien en place et un bon système de jeu. L’engouement du public a été important, c’était une belle ambiance. Le club a pris une bonne direction et j’espère qu’il va continuer sur cette voie : développer des jeunes, faire venir de bons étrangers pour fiabiliser le club. Je pense que le club en a la capacité et j’espère que Briançon retrouvera sa place dans le hockey français.
– Tu viens d’être recruté par les Dragons de Rouen. Peux-tu nous dire comment ce transfert s’est effectué ?
Au départ, j’avais des contacts, bien avancés, avec plusieurs clubs français. Mon parcours avec l’équipe de France m’a permis d’avoir des contacts venus de l’étranger. Mais c’est suite à ma présence au Mondial, avec l’équipe de France, que Rouen est venu vers moi. On connaît tous ce club, ça joue pour gagner les compétitions, jouer sur la scène européenne et c’est l’endroit parfait, pour moi, pour encore progresser et jouer au haut niveau.
– Tu as eu la chance de pouvoir évoluer aux championnats du Monde. Quel bilan en tires-tu ?
C’était un rêve qui se réalisait : pouvoir jouer contre la Suède qui avait une équipe XXL, avec des joueurs NHL sur la glace. J’ai aussi joué contre une grosse équipe allemande avec plusieurs joueurs NHL également. L’ambiance et le niveau de jeu était incroyable. J’en ai profité pour donner mon meilleur jeu sur ces deux matchs. C’était une belle expérience, enrichissante.
– La différence de niveau par rapport au quotidien français a été difficile à appréhender ?
C’est un niveau de jeu qui ne permet aucune erreur. Tout est plus rapide, plus physique, les systèmes de jeu sont joués avec précision. On est face aux meilleurs joueurs européens et de nombreux joueurs NHL. C’est clairement une inspiration et cela donne encore plus envie de travailler, collectivement et individuellement pour progresser et y retourner.
– Comment as-tu vécu ces moments au sein du groupe ? On a pu sentir, que derrière Pierre-Édouard Bellemare, il y avait une volonté de jouer de l’avant, de presser, de ne rien lâcher.
Clairement, il y avait un esprit de combativité, l’envie de gagner et à la fois tout le monde était très cool. Pour ma part, je m’y suis bien senti et ça a été facilité car j’ai partagé les moments au sein de l’équipe pendant la préparation. Maintenant il y a des objectifs importants qui arrivent, et avec un état d’esprit comme celui-là, ça peut fonctionner dans le futur.
– L’équipe de France a maintenant un nouvel entraîneur-chef, Yorick Treille, comment peux-tu le présenter ? Quel portrait vu de l’intérieur ?
De ce que j’ai constaté, Yorick est une très bonne personne. Il est clair et franc. Il a une envie de gagner, et je pense qu’en tant qu’entraîneur, cela devrait reprendre son état d’esprit du joueur qu’il a été. Un joueur combatif, allant vers l’avant avec de l’intensité. Son passage à Mulhouse a été une réussite et je n’ai aucun doute que cela puisse être le même résultat avec l’équipe de France.
– Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta présence au stage de préparation pour le TQO et son organisation ?
Là, on a 5 jours de stage sans jouer de match pour retrouver la glace, des repères, remettre le physique en route. Il y a une liste de 35 joueurs qui a été publiée. On est une vingtaine pour ce stage à Méribel et il y aura une nouvelle liste pour les matchs à venir. Moi, je suis déjà concentré sur ces 5 jours de préparation, trouver les bonnes sensations, donner le meilleur et prendre les choses étapes par étapes.
– Comme à l’habitude, nous concluons avec un point sur le développement des jeunes. Comment vois-tu l’évolution de la formation en France ? Quels sont les besoins et ton point de vue pour faire avancer la prise en charge des jeunes ?
J’ai deux frères qui sont dans cette situation, dont un encore dans les catégories juniors. Le niveau de la formation en France commence, maintenant, à réellement progresser. Les centres de formation qui ont été mis en place sont une bonne chose. On le voit avec les jeunes qui évoluent en Magnus ou qui arrivent à s’exporter à l’étranger. C’est positif. À partir des U18 et U20, on doit les faire entrer dans un cadre plus professionnel et leur donner du temps de glace en sénior, en D1, D2 ou même Magnus pour ceux qui ont le potentiel. Tout ça prend du temps. On n’a pas de défauts majeurs mais il faut continuer dans cette voie de travail. Je le vois, personnellement, avec de plus en plus de joueurs capables d’intégrer l’élite sénior, et plus jeunes qu’auparavant.
Hockey Archives te remercie pour cet échange et souhaite une bonne reprise avec les Bleus et ta nouvelle expérience avec les Dragons de Rouen. Bonne saison à toi !










































