S’il y a bien une affiche à part chaque saison au Petit-Port, c’est l’opposition entre Corsaires. Lorsque les Corsaires de Dunkerque font le déplacement dans l’Ouest pour défier les Corsaires de Nantes, la rencontre prend toujours une saveur particulière. Actuellement classées respectivement neuvième et treizième, les deux formations abordent cette fin de saison avec des objectifs bien distincts. Côté dunkerquois, l’enjeu est clair : accrocher la meilleure place possible afin de recevoir lors des barrages de play-offs. Pour les Nantais, la mission est différente mais tout aussi cruciale : aller chercher une qualification pour les play-offs. Deux dynamiques, deux ambitions, mais un même objectif ce soir au Petit-Port : s’imposer dans ce duel de Corsaires
Sans surprise, le match commence sur les chapeaux de roue et à l’avantage des Dunkerquois. Propriétaires de la première possession, les Nordistes infiltrent le camp adverse avant de rapidement se faire reprendre par une défense agressive des Nantais. Une défense certes agressive mais imprécise et qui rend le palet aux attaquants, offrant à Mickael Kuronen d’allumer la première mèche : un tir puissant, mais qui prend la direction du gant de William Desmarais (00’45). Gênés par un bon pressing adverse, les Corsaires de Nantes passent du temps dans leur moitié de terrain, que ce soit avec ou sans le palet. Les rares incursions dans le camp des Dunkerquois sont brouillonnent et n’apportent pas de danger sur la cage de Léo Bertein, préféré ce soir à Michael Luba. Et à force de reculer, les locaux se mettent à la faute. La passe de Raphaël Brites rebondir sur le patin d’Eliot Ardouin et emmène tout le bloc offensif nordiste près du but de Desmarais. Dans le coin droit, Zackary Daneau récupère la rondelle et trouve Kuronen juste derrière lui. Le Finlandais temporise avant de retrouver le Canadien dans le cœur du jeu. Celui-ci effectue un lancer au sol, légèrement dévié par un patin devant le goal (0-1, 03’42). Pris de cours, les Nantais ne s’en remettent pas tout de suite. Pire, ils déjouent. Une passe en retrait vers Desmarais met le gardien en difficulté. Tentant de relancer derrière son but, le gardien nantais passe le palet à Romain Carpentier. L’ancien Nantais trouve Louis Olive devant la cage qui n’a plus qu’à reprendre le puck. Trop court, Desmarais et Ardouin ne peuvent empêcher le palet de finir sa course dans les filets (0-2, 03’58).
Pour stopper l’hémorragie, le coach nantais, Sylvain Roy, décide de prendre un temps mort et de parler à ses hommes. Un break qui semble décisif, car les Nantais montrent un sursaut d’orgueil. Niskanen sur le côté droit envoie le palet au centre pour Mathieu André. L’attaquant français décoche un tir puissant qui est dévié par le gant du gardien dunkerquois (04’39). Sitôt le premier pétard allumé, la réussite arrive. Récupérant un palet haut, Charles Farmer transmet le puck à Julien Msumbu. L’ancien Niçois dribble dans la défense et se présente sur la droite du gardien dans un angle presque plat. Cela ne l’empêche pas de trouver la lucarne opposée afin de réduire l’écart (1-2, 06’09). Après trois buts en six minutes, le match rentre dans une phase de combat à distance. Sans perdre de rythme, le duel de Corsaires devient moins précis et chaque offensive ne finit pas forcément par un tir. Les Nantais ont repris du poil de la bête et sont désormais dangereux sur la cage de Bertein. Farmer et Ross obtiennent deux chances mais se heurtent à un gardien des grands soirs (07’31 et 08’29). Même s’ils sont menés, les Corsaires de Nantes sont les propriétaires du palet et la défense aide grandement un William Desmarais qui n’a plus grand-chose à faire. La chose va se corser lors de l’expulsion de Charles Farmer pour avoir fait trébucher Sointu (12’32). Deux minutes pendant lesquelles les Nantais font le dos rond et encaissent les vagues dunkerquoises. Les Nantais vont ensuite reprendre leur domination territoriale et faire plier l’adversaire au point de gagner une double supériorité numérique (16’59 et 17’10). Deux minutes pendant lesquelles les Nordistes vont embêter au maximum leurs homologues nantais. En manque de créativité et de finition, ceux-ci vont laisser passer leur chance.
Remotivés après la pause, les Nantais prennent les devants et se montrent agressifs, que ce soit en attaque ou en défense. Rapidement réduits à quatre, les coéquipiers de Cédric Custosse gardent le contrôle de la situation et vont même jusqu’à porter le danger sur Bertein. Lancé dans la profondeur, Alvau se retrouve seul devant le goal et essaye de glisser la rondelle en lucarne, mais fait face à un bel arrêt du gardien (20’57). La situation s’inverse mais les Dunkerquois savent parfaitement la gérer, en témoigne leur troisième place dans le classement des infériorités. Encore une fois, les Corsaires du Nord prouvent leur efficacité dans ce domaine en repoussant les assauts nantais sans craquer (23’19, 23’27, 24’31). De retour à cinq, les Nordistes font à nouveau jeu égal avec les Nantais, mais reculent de plus en plus. Sur un face-off en zone offensive, Hugo Damy récupère le palet au centre de la glace, le lance vers la cage et tombe sur Léo Bertein. Juste devant le but, Gauthier Alvau manque de peu de rabattre le palet au sol (26’47). Continuant de pousser, les Nantais s’exposent désormais à des contres et plus à des attaques placées. En profondeur, Zackary Daneau s’excentre sur la droite de Desmarais et tente sa chance à bout portant. Son palet se heurte au gardien et poursuit sa course derrière le but (27’49).
Les Corsaires de Nantes maintiennent la pression sur leurs adversaires et font plier Zackary Daneau. L’attaquant canadien accroche Cédric Custosse et laisse les siens à quatre sur la glace (29’56). À la reprise, Rémi Thomas récupère le palet et fait tout un numéro devant le but, allant jusqu’à dribbler le gardien et glisser la rondelle au fond des filets (2-2, 30’00). Un but qui met fin à la pénalité de Daneau et qui relance pleinement le match. Peu après, c’est au tour de Custosse de prendre le chemin de la prison pour un coup de coude. Le capitaine nantais écope de cinq minutes de pénalité, pendant lesquelles ses coéquipiers redoublent d’efforts et William Desmarais fait tout son possible pour garder le navire à flot avec des arrêts décisifs (33’25, 34’21, 34’33). Cette inefficacité devant le but, mêlée à un retour fort des Nantais dans le jeu, inquiète et frustre les Nordistes. Le premier à craquer est Markus Kojo. Le géant finlandais charge Mathieu André dans le dos et s’expose au retour de flamme de Jakovljevic qui passait derrière. Les deux défenseurs qui se cherchaient depuis le début du match décident ensemble de jeter les gants sur la glace et de se battre à la régulière. Très spectaculaire, notamment à cause du gabarit des deux joueurs (1m94 et 1m93), ce duel tourne rapidement en faveur du champion local, Marko Jakovljevic. Celui-ci célèbre sa « victoire » devant un public en ébullition avant d’aller en prison pour cinq minutes. De son côté, Markus Kojo se verra attribuer deux minutes de pénalité (pour la charge sur Mathieu André) et cinq minutes pour la bagarre, mais ne les purgera pas. En effet, blessé au niveau du nez, le défenseur finlandais ne reprendra pas le jeu de la soirée. Le seul bienfait de cette bagarre est que le niveau de tension et le rythme sont redescendus d’un cran. Le deuxième tiers se finit tranquillement.
Dos-à-dos à l’aube du dernier tiers, les deux équipes ont la volonté de faire la différence. C’est ce qui explique le début très lent, rythmé par un jeu d’attaque/défense assez monotone. La première vraie occasion est nantaise. Farmer à la ligne bleue trouve Mathieu André sur la droite du but. L’attaquant français frappe, mais le gardien dévie le palet (42’01). La pression nantaise paye puisque les joueurs récupèrent le palet haut. Farmer décale Wozney, ce qui permet au défenseur canadien d’armer un tir puissant qui échoue sur la botte de Léo Bertein (42’27). À l’opposé, Louis Olive répond aux attaquants nantais. Seul au milieu de terrain, le Dunkerquois envoie un lancer puissant qui fuit le cadre (42’54). Si les deux équipes veulent passer devant au score, aucune d’entre elles ne veut pour autant se découvrir, ce qui fait replonger le match dans un rythme lent. Le coup d’éclat vient de la percée de Benoît Valier. Celui-ci trouve Mathieu André à sa hauteur puis s’efface pour mobiliser deux défenseurs et laisser un shoot ouvert pour Raphaël Brites, malheureusement contré par un défenseur (45’27). L’attaque n’aura pas été vaine pour autant puisque les Dunkerquois sont réduits à quatre après un cinglage de Hugo Deberge sur Benoît Valier. Deux minutes plutôt stériles pour les locaux qui vont même s’exposer aux contres rapides des Nordistes.
Paradoxalement, c’est en égalité numérique que les Nantais se montrent le plus dangereux. Mais quand on se projette vers l’avant, c’est là où on laisse le plus de failles en défense. Au terme d’un cafouillage général dans la défense nantaise, Timothé Guillemot récupère le palet et frappe fort au but, espérant la reprise par un de ses partenaires. Le palet arrive finalement sur le plastron de William Desmarais qui referme les bras pour le geler (49’00). Un contre nantais amène le désordre dans la défense nordiste. Valier, en solitaire sur le côté droit, envoie la rondelle à Niskanen à l’autre bout. Le Finlandais freine le puck et le sert délicatement à Mathieu André qui vise la lucarne gauche de Bertein. Le palet finit sa course contre le mollet d’un défenseur des Corsaires de Dunkerque qui était venu mettre l’intégralité de son corps en opposition (49’54). Deux minutes plus tard, les Dunkerquois vont se retrouver une nouvelle fois en infériorité numérique. La crosse de Timothé Guillemot étant jugée trop haute lors de son duel avec Niskanen, le défenseur quitte les siens pour deux minutes (52’02). Une supériorité encore très compliquée puisque les Corsaires de Nantes se heurtent à une très bonne défense. Entre les passes devant la défense et personne pour prendre les rebonds devant le gardien, les Nantais n’ont pas la possibilité de faire la différence. Arrive alors la fin de la pénalité, et une action très confuse autour de la cage nantaise. Après avoir perdu le palet, les Corsaires de Nantes se ruent en défense pour essayer de stopper le contre adverse. La défense musclée de Wozney projette l’attaquant dunkerquois sur William Desmarais qui tombe et qui déplace sa cage. Le palet lui rebondit dessus et file dans la crosse de Vervoort qui s’empresse de tirer, malgré le gardien au sol et la cage déplacée. Ce geste peu fair-play a pour effet d’énerver le goal nantais, de déclencher la colère de Sean Ross qui vient s’en prendre à Vervoort tandis que celui-ci célèbre son but. Le but sera finalement refusé et le jeu reprendra sur la pénalité auparavant appelée contre Charles Farmer. Plus agressifs, les Nordistes font clairement planer le danger sur la cage nantaise, notamment par l’intermédiaire de Louis Olive et Romain Carpentier, les deux artificiers de la première ligne. Cependant, les Nantais vont quand même parfaitement gérer ce moment difficile en faisant le dos rond.
Sitôt revenus à cinq, les joueurs de Sylvain Roy ont même la balle de match. Msumbu, qui déborde à droite de Bertein, repique dans l’axe juste avant d’arriver vers le gardien. Ce mouvement vient couper la trajectoire de Zackary Daneau qui est obligé de faire faute. Cela offre un tir de pénalité aux Nantais dans le money-time (57’23). Le choix des Nantais se porte sur Mathieu André comme tireur. Un choix intrigant puisqu’il existe dans l’équipe des joueurs plus techniques et qui manient mieux le palet. Malgré tout, c’est l’expérience de l’attaquant qui est choisie pour faire plier Bertein. Un choix qui s’avère mauvais puisqu’il se heurte de front au gardien dunkerquois. Le suspense reste total jusqu’à la fin du temps réglementaire puisqu’aucune des deux équipes n’a été capable de faire la différence malgré les nombreuses tentatives.
Le jeu bascule donc en prolongation à 3 contre 3. Une prolongation très compliquée pour des Nantais privés de palet et qui se mettent à la faute. Sean Ross retient Romain Carpentier. Les Dunkerquois prennent un temps mort pour affiner leur stratégie et se lancent dans deux minutes pour tuer le match (63’07). Il ne leur faudra finalement que 28 secondes pour tromper Desmarais. Lanvers trouve Kuronen sur sa droite. L’attaquant finlandais dribble un peu puis sert Daneau à l’opposé. Fixé préalablement, le gardien nantais ne peut intervenir sur le Canadien et voit son tir conclure le sacre des Nordistes (2-3, 63’35).
Meilleurs joueurs : Rémi Thomas pour Nantes et Léo Bertein pour Dunkerque.
Nantes – Dunkerque 2-3 (1-2, 1-0, 0-0, 0-1)
Mardi 13 janvier 2026 à 20h00 au Petit Port. 1234 spectateurs.
Arbitres : Jérémie Douchy et Kylian Martin assistés de Florian Tocqueville et Maxime Suzzarini.
Pénalités : Nantes 18’ (2’, 12’, 2’, 2′) ; Dunkerque 19’ (4’,11’, 4’, 0′).
Tirs : Nantes 45 (19, 8, 13) ; Dunkerque 51 (9, 20, 12).
Évolution du score :
0-1 à 03’42” : Daneau assisté de Kuronen
0-2 à 03’58” : Olive assisté de Carpentier et C. Thomas
1-2 à 06’09” : Msumbu assisté de Farmer et Ross
2-2 à 30’00” : R. Thomas (sup. num.)
2-3 à 63’35” : Daneau assisté de Kuronen et Lanvers
Nantes
Attaquants :
Sean Ross (A) – Charles Farmer – Julien Msumbu
Benoît Valier – Mathieu André (A) – Tommi Niskanen
Hugo Damy – Rémi Thomas – Gautier Alvau
Thomas Dogémont – Valérian Mathieu
Défenseurs :
Eliot Ardouin – Jesper Henriksson
Benjamin Wozney – Cédric Custosse (C)
Marko Jakovljevic – Raphaël Brites
Mathieu Rouxel
Gardien :
William Desmarais
Remplaçant : Mathis Fortin (G). Absents : Evan Chauvel, Esteban Weber, Albert Creus Bosch (équipe d’Espagne junior).
Dunkerque
Attaquants :
Pierre Vervoort – Clément Thomas (C) – Zackary Daneau (A)
Louis Olive – Mikael Kuronen – Matias Valtteri Soinu
Timon Davranche – Rayan Belharfi – Hugo Deberge
Arthur Escallier – Valérian Croz – Benjamin Douliot
Gabriel Roldan
Défenseurs :
Romain Carpentier – Théo Lanvers
Markus Kojo – Ybann Hetmaniuk
Martin Poirier (A) – Timothé Guillemot
Enzo Abis
Gardien :
Léo Bertein
Remplaçant : Michael Luba (G)












































