Après s’être défait facilement de Mogo (4-0) puis de Katowice (4-0), Nottingham se présente devant son public en grand favori. Face à eux se dressent le Torpedo Ust-Kamenogorsk. Invaincus en Coupe Continentale face aux clubs du Kazakhstan, les Panthers donnent alors aux 6371 spectateurs du soir, l’espoir de voir les locaux remporter la compétition pour la deuxième fois.
À défaut d’affronter Jonathan Paredes, nul doute que les Anglais, qui affichent un style de jeu similaire, ont beaucoup appris de la victoire des Angevins face à cette formation que beaucoup d’observateurs avaient du mal à jauger en amont de la compétition. Alors, lorsque le palet est lâché pour la première fois sur la glace de la Motorpoint Arena, difficile de savoir quel sera le scénario de cette grande finale de la Coupe Continentale.
Dans le pur style russe, les Kazakhs tentent en début de partie de faire parler leur talent individuel pour s’installer en zone offensive au profit d’entrées en zone contrôlées. De l’autre côté de la glace, les Panthers tentent de profiter des espaces libérés par les velléités adverses pour mettre en danger un Vladislav Pestov au style peu académique. Les premiers lancers à l’avantage des visiteurs n’alertent que peu un Kevin Carr serein devant son filet. Les deux équipes s’observent dans le blanc des yeux, le palet est collé aux crosses d’Ust-Kamenogorsk qui fait pourtant preuve de largesses techniques, concédant deux dégagements refusés dans les trois premières minutes de jeu. Les jambières des cerbères n’ont rien à envier aux «treble twenty» des pubs britanniques tant elles aussi sont la cible préférée des lancers de tout un chacun. Erik Aldabergenov procure aux siens la première grosse occasion. Son lancer sur la jambière droite de Carr reprend le trafic, Dmitri Grents tente alors de trouver Alexandr Panchenko qui attaque l’enclave mais manque d’exécution dans l’avant-dernier geste (03’57). Petit à petit, les hommes de Daniel Stewart prennent la mesure de leurs adversaires et occupent la zone offensive de manière plus récurrente. Le disque de gomme parcourt les kilomètres, d’une zone offensive à l’autre, d’une bande à l’autre dans un rythme soutenu, mais sans se heurter à l’équipement de l’un des gardiens. Les maigres lancers qui se présentent à Carr et Pestov n’inquiètent pas les gardiens qui ne peuvent que tenter de garder le rythme d’une partie où personne ne tire son épingle du jeu.
Les failles perçues dans la meilleure défense du Kazakhstan contre Angers demeurent et Nottingham, à plusieurs reprises, tente de capitaliser sur les rebonds laissés par Pestov sur ses jambières, sans réussite. Les Panthers n’attendent que l’occasion de rugir et Matt Alfaro, en bon capitaine, montre l’exemple. Par deux fois, ses tentatives sonnent le fer, font lever le public mais le palet se refuse à la ligne de but. Le danger, qui se précisait sur le but de Pestov, devint éruption. Nolan Volcan provoque une pénalité différée, Tim Doherty tente sa chance sur le cerbère adverse, sans déclencher le coup de sifflet. Le déplacement de ce dernier rend le filet désert et il n’en faut pas plus pour voir Volcan servir Matt Spencer sur un plateau d’argent (1-0 à 17’49). Malgré la colère d’Andrei Korabeinikov au sujet de la pénalité différée, Nottingham a fait le plus dur en ouvrant la marque. Dans la foulée, Ollie Betteridge est envoyé sur le banc des pénalités pour un faire trébucher, plus que léger (19’17), énervant à son tour Daniel Stewart. Le lancer cadré de Dmitry Grents, seule tentative de ces 42 premières secondes de supériorité numérique, ne donne rien.

Au retour des vestiaires, la supériorité numérique n’apporte que peu danger sur le filet de Carr. Le cerbère anglais est sans doute son plus gros danger, son jeu de crosse derrière la cage offrant un rebond devant un filet désert mais où les crosses kazakhes sont introuvables. De l’autre côté du glaçon, les lancers se succèdent sur le filet gardé par Pestov, qui use de l’entièreté de sa palette pour repousser inévitablement l’échéance. Outrageusement malmenés par les locaux, les joueurs du Torpedo tentent de relever la tête par le biais d’exploits individuels, à l’image du «clapper» de Stepan Rifel qui trouve la jambière de Carr (25’22). Dans l’antre de Robin des Bois, Vladislav Pestov se rêve en voleur tant il écœure les attaquants adverses, repoussant tous les palets qui se présentent à lui. Complètement lessivés par le rythme imposé par les derniers vainqueurs des playoffs d’EIHL, les coéquipiers de Nikita Kolobov semblent avoir les patins collés à la glace de leur zone défensive, devant se sacrifier tour à tour pour empêcher les Panthers d’aggraver la marque. Privés de palet pendant de longues minutes, les vainqueurs du groupe rouge retrouvent le goût de la zone offensive après la demi-heure de jeu. S’ils espèrent profiter d’un manque de rythme de la part de Carr, leur manque de réalisme est payé cash. Une percée de Didrik Henbrant prend à revers la défense de Torpedo, malgré le retour au physique du défenseur, la fusée suédoise sert Nolan Volcan qui, en première intention, retrouve Bryan Lemos seul face à Pestov pour doubler la mise (2-0 à 34’25). Les vagues noir et or se succèdent et, après un coup de sifflet, Chase Pearson lance en direction du filet : Artur Glukhikh en vient aux mains et les deux hommes filent sur le banc des pénalités (34’54).
Asphyxiés dans leur zone défensive, les hommes d’Andrei Korabeinikov voient leurs espoirs diminuer un peu plus lorsque Dmitry Grents concède un tir de pénalité pour avoir délibérément caché dans sa mitaine le palet qui filait entre les jambières de Pestov en direction du but (35’34). Tir de pénalité que transforme Cooper Zech d’une magnifique feinte gauche-droite conclue d’un tir du revers dans la mitaine gauche (3-0 à 35’34). Nottingham, qui dispose désormais d’un bilan de 11 buts marqués et 0 concédés dans cette finale de Coupe Continentale, semble avoir plus qu’une main sur le plateau d’argent. C’est pourtant sans doute là que la tâche se complexifie : lorsqu’il s’agit de conserver un succès qui semble acquis. De retour au jeu, Nikita Kolobov tente de remettre les siens dans le droit chemin en alertant de suite un Kévin Carr qui compte les palets en sa direction. Il se heurte au masque du cerbère. Sa tentative demeure néanmoins fille unique. La séquence de domination des Panthers reprend aussitôt, poussant Pestov à un quinzième arrêt dans ce tiers médian. Alors que les siens tentent désespérément de retrouver de l’air, Alexandr Panchenko se rend coupable d’une crosse-haute sur Betteridge (37’42), suivi par un cinglage d’Andrei Runov sur Cooper Zech qui rentrait en zone offensive (38’12). Daniel Stewart prend un temps mort pour organiser le système à 5 contre 3. Nottingham offre alors l’étendue des qualités techniques et tactiques de son effectif mais bute encore et toujours sur Pestov qui se refuse à la défaite. Alors que la première pénalité touche à son terme, Chase Pearson, qui était allé mettre une mise en échec dans la bande, est sanctionné pour un coup de genou (39’39). C’est donc sur une vingtaine de secondes à 4 contre 4 que se termine ce tiers, Nottingham ayant posé une sérieuse option sur la victoire finale.

La petite minute trente de supériorité numérique en faveur de Torpedo ne donne pas naissance au moindre tir cadré. La physionomie s’équilibre peu à peu, Ust-Kamenogorsk profitant des espaces laissés libres par la défense tout de noir vêtue. Dos au mur, ou dans ce cas, dos à la bande, les Kazakhs tentent de capitaliser sur les erreurs adverses, Nottingham concédant au fil des minutes plus d’erreurs techniques et de revirements qu’au cours des deux tiers précédents. Pestov doit néanmoins s’employer une fois encore, sa défense n’étant que peu décidée à l’aider. Brillante tout au long du tournoi, l’attaque de Nottingham tente tout ce qu’il est possible de tenter pour sceller l’issue de cette partie. Les jambières et le plastron de Pestov sont le dernier village kazakh résistant à l’Empire Britannique. Nottingham continue à occuper la zone offensive inlassablement. Si les gardiens des Panthers seront sans doute perçus comme les plus performants, Vladislav Pestov a montré, au fil des 3 matchs disputés, que malgré son style peu académique, il était le principal artisan des performances défensives des siens. Dans le sillage de Maxim Musorov, le Torpedo tente de réagir et de relancer le suspense dans cette partie qui se stabilise depuis près d’un quart d’heure.
Alors que l’on entre dans le «money time», Nottingham commence, doucement mais sûrement, à reculer. Les passes sont moins sûres, moins précises, Kévin Carr perd petit à petit de sa sérénité, et la défense recule de plus en plus dans l’enclave (55’15). Alors que la patinoire est debout pour applaudir la performance des Panthers, une légère brise balaie les Midlands. Après un palet mal négocié derrière son filet par le cerbère britannique, un lancer lointain de Borovikov, dévié par Rifel, seul dans le dos de la défense, permet à Ust-Kamenogorsk de réduire l’écart (3-1 à 58’29). Le verrou saute après 178 minutes et 29 secondes d’invincibilité… mais ne va pas tarder à céder une deuxième fois. Deux dégagements refusés, un palet qui navigue à la bleue, un lancer lointain et une nouvelle déviation devant Carr, voici que l’écart n’est plus que d’un but (3-2 à 59’04). La désertion de Pestov a porté ses fruits et la brise se renforce dans la Motorpoint arena. Si l’histoire aurait pu être belle – ou pas selon les patins dans lesquels l’on se place – un hors-jeu vient mettre fin aux espoirs de Torpedo. Avec une mise en jeu à disputer dans la zone neutre et 15 secondes à jouer, faire rentrer puis sortir Pestov serait impossible. Les voilà donc obligés de le disputer avec un filet désert. Matt Alfaro, capitaine miracle, remporte la mise en jeu et l’envoie directement sur la crosse de Zsombor Garat qui l’envoie «bulls eye» et libère tout un peuple. Nottingham remporte sur ses terres la deuxième Coupe Continentale de son histoire.
Élus hommes du match : Cooper Zech (Nottingham) et Vladislav Pestov (Ust-Kamenogorsk)
Nottingham – Ust-Kamenogorsk 4-2 (1-0, 2-0, 1-2)
Samedi 17 janvier 2026 à 20h00 à la Motorpoint Arena de Nottingham. 6371 spectateurs
Arbitres : Joonas Kova (FIN) et Milan Zrnic (SLO) assistés de Norbert Muzsik (HUN) et Davids Rozitis (LET).
Pénalités : Nottingham 6’ (2’, 4’, 0’) ; Ust-Kamenogorsk 6’ (0’, 6’, 0’)
Tirs : Nottingham 42 (8, 18, 16) ; Ust-Kamenogorsk 21 (7, 4, 10)
Évolution du score :
1-0 à 17’49” : Spencer assisté de Volcan et Doherty
2-0 à 34’25” : Lemos assisté de Volcan et Henbrant
3-0 à 35’34” : Zech (tir de pénalité)
3-1 à 58’29” : Rifel assisté de Khoroshev et Borovikov
3-2 à 59’04” : Rakhmanov assisté de Khoroshev et Musorov
4-2 à 59’48” : Garat assisté d’Alfaro (cage vide)
Nottingham Panthers
Attaquants :
Tim Doherty (A) – Matt Alfaro (C) – Ross Armour
Brendan Harris – Chase Pearson – Johnny Curran
Nolan Volcan – Bryan Lemos – Didrik Henbrant
Jordan Kelsall – Ollie Betteridge (A) – Finlay Ulrick
Défenseurs :
Cooper Zech – Zsombor Garat
David Noel – Jakob Stridsberg
Josh Tetlow – Matt Spencer
Gardien :
Kevin Carr (19 arrêts)
Remplaçant : Luca Sheldon (G).
Torpedo Ust-Kamenogorsk
Attaquants :
Andrei Runov – Ilia Kliauzov – Nikita Kolobov
Maksim Musorov – Artur Glukhikh – Mikhail Rakhmanov
Erik Aldabergenov – Dmitriy Grents (A) – Aleksandr Panchenko
Dias Rysbekov – Stepan Rifel – Andrei Yakovlev
Vladimir Borovikov
Défenseurs :
Fedor Khoroshev (C) – Stanislav Borovikov (A)
Aleksandr Pelevin – Dmitri Bykov
Ilya Ryzhiy – Ivan Gavrilenko
Gardien :
Vladislav Pestov (38 arrêts)
Remplaçant : Andrei Yankov (G).









































