L’Autriche a remporté sa première « victoire obligée » face à la Grande-Bretagne, il lui en reste une face à son ambitieuse voisine, la Hongrie. L’os s’annonce un peu plus difficile à ronger. Le dispositif défensif des Magyars semble plus serré avec des joueurs qui perdent bien plus rarement leur positionnement. En plus, il n’a échappé à personne que deux cadres expérimentés, István Bartalis et Vilmos Galló (arrivé vendredi soir après avoir joué la finale de Liiga), ont été mis au repos hier contre la Finlande (1-4).
Même si elle sait limiter les espaces, la Hongrie doit faire attention aux erreurs individuelles : la perte de palet de Márkó Csollák face à Leon Kolarik derrière la cage est sans conséquence car la passe en retrait de l’Autriche ne trouve pas son collègue Wallner, repris par Sárpátki. Attention aussi aux pénalités bêtes : Milán Horváth tarde à la lâcher sa crosse cassée après quatre minutes. En supériorité numérique, le jeune Vinzenz Rohrer – qui a passé la saison dans cette patinoire de Zurich avant que les Canadiens de Montréal l’appellent en fin de saison pour l’observer en AHL – prend position devant la cage, dans le dos du duo défensif Csollák-Garat. Il est très vif pour se jeter sur le premier rebond, qu’il catapulte du revers entre les bottes de Bence Balizs (1-0, photo ci-dessous).
Le plan de jeu de la Hongrie semble compromis par ce départ raté, mais elle est capable d’accélérer. Maxililian Rebernig est ainsi contraint de faire trébucher Bartalis sur une entrée en zone offensive. Le powerplay blanc est tout aussi efficace. Un premier lancer de Kristof Papp frappe la barre transversale. Puis un one-timer d’Istvan Sofron passe sous la mitaine d’Atte Tolvanen, qui la touche sans l’arrêter (1-1). La Hongrie n’est pas seulement revenue dans le match, elle paraît même en avoir le contrôle. Le premier tiers-temps s’achève sur un croc-en-jambe de Paul Huber sur Milán Horváth à cinq secondes de la fin.
La Hongrie a donc une belle opportunité de commencer le deuxième tiers-temps en avantage numérique, mais de hors-jeu en approximations techniques, elle n’arrive jamais à porter le jeu en zone offensive. Elle y entre ensuite à 5 contre 5, mais Bence Horvath laisse traîner la jambe devant Nissner pour une pénalité à éviter. Le powerplay autrichien ne produit rien de probant non plus. Le jeu se déplace quand même dans le camp hongrois et Csollák finit par faire trébucher Bernd Wolf. Les blancs s’en sortent une fois de plus, avec un bon travail final de Zétény Hadobás pour intercepter et ressortir le palet.
Si même les pénalités ne la débloquent pas, comme c’était le cas au premier tiers, on voit mal ce qui déverrouillera cette partie cadenassée. Les tirs ratent systématiquement le cadre de part et d’autre. Le compteur autrichien, bloqué depuis dix minutes, bouge enfin… par un lancer de la zone neutre. Cela a le mérite de provoquer deux engagements en zone offensive et permet à Nissner de réveiller Balizs avec un dangereux tir de l’enclave. En fin de tiers, un cinglage de Terbocs fait tomber la crosse de Rohrer. Maintenant, Balizs doit réaliser deux gros arrêts devant Peter Schneider, dont un avec Nissner qui le masque.
L’Autriche domine le début de troisième période. La rare fois où on voit un Hongrois en zone offensive, il s’agit de János Hári : il frôle Tolvanen qui fait une cabriole. Deux minutes pour obstruction. Majoross est furieux, il fait signe que le gardien austro-finlandais a plongé. Mais Hári n’avait aucun besoin de passer si près sur une action anodine. Cette pénalité controversée coûte très cher. Vinzenz Rohrer fait encore un très bon travail pour masquer le gardien sur le lancer du cercle gauche de Dominic Zwerger (2-1).
On réengage sous les sifflets. Les Hongrois cherchent la pénalité de compensation en tombant facilement à leur tour. Pendant que l’un d’eux sur la glace, les Autrichiens partent en contre-attaque sous les huées, Thimo Nickl envoie le palet à la cage depuis la bande gauche et il est dévié dans les filets par la jambe du malheureux défenseur Roland Kiss (3-1). Et on est tout près du 4-1. Sur un lancement de jeu rapide de Thimo Nickl, un lancer de Maximilian Rebernig passe entre les bottes de Balizs… et touche le poteau extérieur.
La Hongrie est sortie de son match. Ou plutôt, elle n’est jamais entrée dans cette dernière période, après 40 bonnes minutes où elle était plus souvent la première sur le palet. Elle a l’esprit dispersé par les décisions arbitrales.
Nouveau scandale potentiel : sous les yeux du banc hongrois, la jambe traînante de Lucas Thaler fauche le junior Domán Szongoth. Les arbitres regardent la vidéo et n’infligent que deux minutes, pour faire trébucher. Sur l’engagement, Gregor Biber, mis en échec dans le coin, dégage en déséquilibre… dans les tribunes. La Hongrie joue à 5 contre 3 et ne doit plus se plaindre.
Le palet tourne, tourne, autour d’un triangle autrichien valeureux. Le premier tir cadré hongrois de la période – après 13 minutes ! – est le bon : le puissant one-timer de Peter Vincze dans le cercle gauche finit dans le haut du filet (3-2). Il reste une minute à 5 contre 4 mais la Hongrie tarde à revenir en zone offensive. À la dernière seconde de la pénalité, un palet contré arrive sur István Sofron, en position rêvée dans le cercle droit. Il rate la cible de presque un mètre…
Les Hongrois sont revenus tout près mais n’arrivent pas à retrouver leur jeu, même quand Majoross sort son gardien. Le staff prend alors son temps mort, l’entraîneur-adjoint David Kiss rappelle les consignes à 6 contre 5. Alors, les blancs donnent tout, le danger est maximal. Malgré tout, Bence Horváth n’arrive pas à prendre un rebond face à la cage ouverte. Un long tir de Nickl dans les filets déserts clôt la partie (4-2).
La Hongrie a regardé les yeux dans les yeux le quart de finaliste de l’an passé. Elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même si son jeu s’est délité au dernier tiers, avant même les moments litigieux qui ont révolté ses supporters. Elle a manqué de métier et de sang-froid, et c’est exactement ce dont elle aura besoin très bientôt : pour la première fois dans toute son histoire, elle abordera un match de championnat du monde élite en position de favorite. Ce sera mardi soir face à la Grande-Bretagne. Remarquons malheureusement que Bartalis n’est plus reparu à partir du deuxième tiers, il est sans doute blessé et c’est pour ça qu’il manquait hier.
Désignés joueurs du match : Dominic Zwerger pour l’Autriche et István Sofron pour la Hongrie.
Commentaires d’après-match :
István Sofron (attaquant de la Hongrie) : « C’était un grand match, si serré. Nous n’avons pas si bien joué, nous avons fait des erreurs aussi, mais ça peut arriver parfois. Tout le monde a essayé de son mieux. Nous avons tout mis sur la glace ce soir. Nous devons être plus concentrés, nous n’avons pas besoin de ce genre de pénalités. »

Autriche – Hongrie 4-2 (1-1, 0-0, 3-1)
Dimanchge 17 mai 2026 à 16h20 à la Swiss Life Arena de Zurich. 7668 spectateurs.
Arbitres : Lukas Kohlmüller (ALL) et Jiří Ondráček (TCH) assistés d’Oto Durmis (SVK) et Mitchell Gibbs (CAN).
Pénalités : Autriche 6’ (2’, 0’, 4’) ; Hongrie 6’ (0’, 0’, 6’).
Tirs : Autriche 20 (9, 2, 9) ; Hongrie 32 (14, 9, 9).
Évolution du score :
0-1 à 05’01” : Rohrer assisté de Schneider et Unterweger (sup. num.)
1-1 à 11’03” : Sofron assisté de Csollák et Sebök (sup. num.)
2-1 à 46’21” : Zwerger assisté d’Unterweger et Schneider (sup. num.)
3-1 à 47’05” : Nickl assisté de P. Huber
3-2 à 53’21” : Vincze assisté de Hári et Papp (double sup. num.)
4-2 à 59’57” : Nickl (cage vide)
Autriche
Attaquants :
Dominic Zwerger (+1) – Benjamin Nissner – Peter Schneider (C, +1)
Paul Huber (+1, 2’) – Vinzenz Rohrer (+2) – Lucas Thaler (+1, 2’)
Maximilian Rebernig (2’) – Mario Huber – Simeon Schwinger
Leon Kolarik – Leon Wallner – Tim Harnisch
Défenseurs :
Clemens Unterweger (A) – Bernd Wolf (A, +2, 2’)
Gregor Biber (+1, 2’) – Thimo Nickl (+2)
Dominic Hackl – David Maier
Paul Stapelfeldt – Ramon Schnetzer (+1)
Gardien :
Atte Tolvanen
Remplaçant : David Kickert (G). Non équipés : Florian Vorauer (G), Henrik Neubauer, Ian Scherzer.
Hongrie
Attaquants :
Bence Horváth (2’) – Balázs Sebök (-1) – István Terbócs (A, -1, 2’)
Kristóf Papp – János Hári (2’) – Vilmos Galló
Csanád Erdély (C, -2) – István Bartalis – István Sofron (A, -2)
Péter Vincze – Domán Szongoth (-2) – Tamás Sárpátki
Csanád Ravasz
Défenseurs :
Bence Stipsicz – Milán Horváth (-1, 2’)
Zétény Hadobás – Tamás Ortenszky (-1)
Márkó Csollák (2’) – Zsombor Garát
Roland Kiss (-1)
Gardien :
Bence Bálizs [sorti de 58’13” à 59’57”]
Remplaçant : Ádám Vay (G). Non équipés : Levente Hegedüs (G), Gábor Tornyai (D), Márton Nemes (A)











































