Toujours à la recherche de leur premier succès après quatre journées, les Gothiques retrouvaient le Coliséum deux jours après leur défaite à Grenoble, où ils étaient restés à un but jusqu’aux quatre dernières minutes (1-4). Seul le point de la prolongation perdue contre Nice en ouverture (3-4 prl) figurait au compteur des hommes de Bruce Richardson, battus d’une courte tête à Chamonix (5-6) après avoir pourtant mené 5-3, puis contre Angers (2-3). Onzièmes, devant le seul Anglet, les Samariens avaient également dû composer avec la valse des gardiens, Dominik Horváth ayant été remercié après deux rencontres, tandis qu’Alexis Gravel figurait pour la première fois sur la feuille de match vendredi. Si la défense semblait mieux refermer le jeu depuis la réception d’Angers, l’attaque restait le chantier prioritaire, Bruce Richardson reprochant après Grenoble à ses joueurs de chercher la passe de trop plutôt que le tir. Le calendrier ne laissait guère le temps de s’y attarder, avec un troisième match en six jours avant de se rendre à Rouen dès mardi.

C’était l’occasion pour les Rapaces, derniers de la saison régulière lors des trois exercices précédents, de confirmer le renouveau entamé cet été, avec un effectif largement remanié et un entraîneur canadien qui découvrait le hockey français, Rod Aldoff. Vainqueurs de Chamonix pour leur entrée en lice (2-1), les Haut-Alpins enchaînaient depuis trois revers nets, à Angers (2-5), contre Grenoble (1-7) puis à Rouen vendredi (0-4), et disputaient ce soir leur deuxième déplacement en trois jours. Plus faible attaque du championnat à égalité avec Anglet (cinq buts), Gap comptait néanmoins deux points d’avance sur les Gothiques, et avait déjà surpris le Coliséum en janvier dernier en s’imposant aux tirs au but (3-4 tab).

Fauchés en plein élan
Pour la première titularisation de Gravel cette saison, c’étaient les Rapaces qui prenaient les premiers le contrôle du palet, dans un début de match haché par les erreurs techniques, et Esipov, après un premier lancer de Brassard, testait à son tour Gravel (3’27). La première supériorité numérique revenait cependant aux Gothiques, Tsekos étant envoyé sur le banc des pénalités (3’42, faire trébucher). Le jeu de puissance amiénois se mettait bien en place, à l’image de Craig, qui portait le casque d’or, servi juste devant la cage mais repoussé par la jambière de Scarfone. Les lancers pleuvaient sur un gardien gapençais qui relâchait de nombreux rebonds, sans qu’aucun ne trouve preneur, et la séquence s’achevait sur une tentative de Barriga bloquée du plastron.
Cette supériorité avait lancé les Gothiques dans le match, et elle payait à retardement. Gap venait tout juste de retrouver ses cinq joueurs de champ lorsque Vertanen envoyait le palet en fond de zone, et la rondelle revenait sur Seitz, qui ouvrait le score (1-0, 5’58). Les hommes de Bruce Richardson prenaient alors l’ascendant. Girouard réussissait une belle entrée de zone, glissait latéralement le long de la ligne bleue et servait Schmitt, qui disposait d’une ligne de tir dégagée mais butait sur Scarfone (8’30). Une minute plus tard, Djemel débordait en vitesse sur le côté et remettait dans le slot, où la jambière du gardien haut-alpin veillait encore (9’35).

Le premier coup de chaud naissait d’une erreur amiénoise. Sur une mise au jeu perdue par Hinam après une tentative de dribble manquée, Collin récupérait le palet dans la zone samarienne et se présentait seul face à Gravel, qui s’interposait avec autorité, Lemaitre écopant de deux minutes sur l’action (9’48, cinglage). Le jeu de puissance gapençais ne se montrait guère menaçant, autant par manque de justesse technique qu’en raison d’une défense amiénoise bien en place. Peu après, Plagnat arrachait en puissance le palet à Esipov à la ligne bleue de Gap et filait seul au but, avant d’être stoppé par la mitaine de Scarfone (12’30).
C’est au moment où Amiens semblait maîtriser son sujet, sans pour autant l’étouffer, que les Rapaces égalisaient, de la plus cruelle des manières. Sur une perte de palet en zone offensive, Zago lançait une contre-attaque éclair, la sortie de zone se transformait en deux contre un, et Fauchon, servi dans le slot, logeait le palet dans la lucarne opposée (1-1, 13’06).

Le tiers laissait une impression mitigée. L’intensité restait faible, dans l’engagement physique comme dans le patinage, et si Gap peinait techniquement, les Haut-Alpins restaient capables d’incursions dangereuses, à l’image de cette longue possession en zone offensive conclue par Tsekos, trouvé seul dans le slot, dont le lancer promis à la lucarne était détourné d’un arrêt photo de la mitaine par Gravel.
À deux minutes de la pause, Barriga était pénalisé à son tour (17’55, obstruction sur le gardien), mais la supériorité gapençaise ne parvenait même pas à s’installer, et les deux équipes regagnaient les vestiaires dos à dos, Amiens ayant tiré quinze fois contre neuf.

Toutes griffes dehors
Bruce Richardson redistribuait ses cartes au retour des vestiaires, Djemel montant aux côtés de Craig et Bernier tandis que Girouard rejoignait Barriga et Hinam. Le deuxième tiers reprenait là où le premier avait commencé, avec des Rapaces qui s’installaient en zone amiénoise et mettaient les Gothiques sous pression. Cette insistance finissait par payer, sur un changement de ligne amiénois dont Gap profitait pour lancer une offensive éclair. Collin débordait et adressait une passe tendue à ras de glace dans le slot, où Fauchon n’avait plus qu’à placer sa palette en opposition pour tromper Gravel une seconde fois (1-2, 24’40).

Les Gothiques obtenaient une nouvelle supériorité numérique dans la foulée, Zago étant pénalisé à son tour (25’42, faire trébucher). Le jeu de puissance amiénois peinait d’abord à s’installer, puis finissait par poser son jeu, sans parvenir à tromper Scarfone. Une fois le palet gelé, les esprits commençaient à s’échauffer, et ces premières échauffourées semblaient redonner du momentum aux locaux. Dans le coin, Di Dio Balsamo se débarrassait d’un défenseur d’un joli geste et remettait à Plagnat entre les deux cercles, mais le lancer de Plagnat était détourné (28’30). Quelques secondes plus tard, Djemel était à son tour sanctionné (28’53, charge avec la crosse), ce que l’attaquant amiénois semblait contester vivement. Il ne prenait d’ailleurs pas le chemin du banc des pénalités mais celui du vestiaire, apparemment en sang.
Ces échanges avaient au moins le mérite de faire monter l’intensité à mesure que le match avançait. Amiens courait après le score autant qu’après le palet, dans un tiers haché par les arrêts de jeu, et ne parvenait pas à s’installer durablement en zone offensive. Une nouvelle perte de palet de Hinam en zone défensive offrait même aux visiteurs une occasion franche dans le slot, et il fallait un arrêt en catastrophe de Gravel pour que l’écart en reste à un but.

La fin de tiers appartenait cependant aux Gothiques. Sur une pénalité différée, Djemel, revenu au jeu, trouvait depuis le coin Craig seul dans le cercle, mais ce dernier voyait son lancer détourné par une superbe mitaine de Scarfone, et le rebond n’était pas récupéré. La supériorité qui suivait (37’55, Kyte pour avoir retenu) était enfin celle qu’on attendait depuis le début de soirée. Pendant deux minutes, les rouges et noir assiégeaient la cage haut-alpine, multipliant les tentatives repoussées par un Scarfone décisif, et il fallait presque un miracle pour que la rondelle ne franchisse pas la ligne. Amiens rentrait avec un but de retard et dix-huit tirs contre dix, mené à contre-courant de ses dernières minutes, pas d’un tiers que Gap avait longtemps tenu.
Coup de bec fatal
Le dernier tiers s’ouvrait sur un faux rythme, avec peu d’occasions de part et d’autre, mais le palet avait changé de camp. Le basculement se lisait jusque dans les mises au jeu : dominés vingt-trois fois sur trente-deux au deuxième tiers, les Gothiques en remportaient vingt-six sur quarante au troisième, signe d’une intention retrouvée autant que d’un momentum passé dans le camp amiénois. Les tentatives se rapprochaient peu à peu de la cage, et les hommes de Bruce Richardson tiraient beaucoup, sans jamais trouver la faille face à un Scarfone impeccable jusque-là. Gap gardait pourtant de quoi punir, et il fallait un retour décisif de Mony pour éviter le pire. Sur une perte de palet de Plagnat en zone neutre (49’00), Collin, qui venait de recevoir un palet en pleine tête quelques secondes plus tôt, lançait un deux contre un mal engagé pour l’arrière-garde samarienne, et Mony se jetait pour couper la trajectoire.
Les Gothiques continuaient de pousser. Lancé par Bergeron, qui l’avait repéré seul à la ligne bleue, Magee se présentait face à Scarfone mais ne parvenait pas à glisser le palet entre ses jambières. Peu après, un lancer de Di Dio Balsamo depuis la ligne bleue rebondissait devant un gardien masqué, qui ne réagissait qu’au dernier moment, sans qu’aucun Amiénois ne se trouve là pour reprendre ou dévier. La pression amiénoise était telle que Scarfone finissait par déplacer sa cage, et écopait de deux minutes (54’04, retard de jeu).

Le coup de massue tombait pourtant au moment où Amiens semblait tenir son temps fort. En pleine supériorité, Bernier tentait un dribble en zone défensive, Murnieks récupérait le palet, filait seul au but et trompait Gravel (1-3, 54’44). Le coup était rude, mais les Gothiques réagissaient aussitôt. Le jeu de puissance s’installait enfin, et Seitz, servi par Barriga dans le cercle, expédiait le palet dans la lucarne opposée vingt-sept secondes plus tard (2-3, 55’11). Encore lui, Seitz s’échappait peu après depuis la ligne bleue, entrait en zone en pleine vitesse et tentait de contourner la cage, mais Scarfone veillait.
Amiens courait après l’égalisation lorsque Kyte décochait depuis la ligne bleue un lancer qui semblait sans danger. Depuis les tribunes, on ne voyait pas le palet franchir la ligne, et la vidéo était longuement consultée avant que les arbitres ne valident le but (2-4, 58’30), au terme d’un visionnage qui pouvait laisser dubitatif. Le temps manquait désormais, et Nieminen scellait le score dans une cage désertée par Gravel, Scarfone étant même crédité d’une passe sur l’action (2-5, 58’54). La pénalité infligée à Zago dans les dernières secondes (59’38, accrocher) offrait une ultime supériorité aux Gothiques, mais vingt-deux secondes ne suffisaient plus à rien.
Un chantier à ciel ouvert
Le résultat était cruel au regard des quarante-sept tirs adressés à Scarfone, mais il serait trop commode de tout mettre sur le compte du portier gapençais. Si les Gothiques avaient répondu à la consigne de leur entraîneur en tirant davantage, ils manquaient toujours de présence devant la cage pour exploiter les rebonds, et la plus faible attaque du championnat profitait de leurs largesses en transition pour marquer cinq fois. Le premier trio, d’ordinaire si précieux, restait muet (moins quatre pour chacun de ses joueurs), quand Seitz signait un doublé, et le jeu de puissance ne convertissait qu’une de ses cinq occasions. Certes, l’effectif avait été presque entièrement refait cet été, mais Gap, lui aussi remanié, avait déjà trouvé ses repères. Bruce Richardson aura fort à faire pour trouver la bonne formule.
Toujours privés de victoire, avec un seul point en cinq journées, les Gothiques n’avaient pas le temps de ruminer, un déplacement à Rouen les attendant dès le mardi 29 septembre. Gap, qui signait sa deuxième victoire de la saison, s’apprêtait à recevoir Anglet le même soir à l’Alp’Arena.
Meilleurs joueurs : Kieran Craig (Amiens), Quentin Fauchon (Gap)
Amiens – Gap 2-5 (1-1, 0-1, 1-3)
Dimanche 27 septembre 2026 à 18h00 au Coliséum. 2 412 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Crégut et Jérémy Métais assistés de Thomas Simon et Achille Lefèvre
Pénalités : Amiens 6′ (4′, 2′, 0′) ; Gap 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Amiens 47 (15, 18, 14) ; Gap 29 (9, 10, 10)
Évolution du score :
1-0 à 05’58 : Seitz assisté de Hinam et Vertanen
1-1 à 13’06 : Fauchon assisté de Raveaud et Zago
1-2 à 24’40 : Fauchon assisté de Collin et Brassard
1-3 à 54’44 : Murnieks assisté de Kyte et Simond (inf. num.)
2-3 à 55’11 : Seitz assisté de Barriga (sup. num.)
2-4 à 58’30 : Kyte assisté de Murnieks et Nieminen
2-5 à 58’54 : Nieminen assisté de Kyte et Scarfone (cage vide)
Amiens
Attaquants :
Nicholas Girouard (-4) – Kieran Craig (A, -4) – Gabriel Bernier (-4)
Ilies Djemel (-2, 2′) – Elijiah Barriga (2′) – Tyler Hinam
Nicholas Seitz (+1) – Cédric Di Dio Balsamo – Brandon Magee
Noa Besson – Virgile Gauffriau – Enzo Benoit
Défenseurs :
Jere Vertanen (-2) – Charles Schmitt (-3)
Justin Bergeron (C, -1) – Bastien Lemaitre (2′)
Mathieu Mony – Antonin Plagnat (A, -1)
Gardien :
Alexis Gravel [sorti de 58’45 à 58’54]
Remplaçant : Mathis Thirion (G).
Gap
Attaquants :
Chrystopher Collin (+1) – Zachary Tsekos (A, +2, 2′) – Brett Rylance
Maurin Bouvet (+2) – Daniels Murnieks (+2) – Norbert Abramov (A, -1)
Charlie Simond (+1) – Radim Matuš (C) – Kim Nieminen (+2)
Bastien Zago (4′) – Hugo Raveaud (+1) – Quentin Fauchon (+1)
Défenseurs :
Aurélien Dorey – Patrick Kyte (+3, 2′)
Ivan Esipov (+2) – John-Claude Brassard (+3)
Loris Chauvin – Ryan Nicholson
Gardien :
Thomas Scarfone (2′)
Remplaçant : Jimmy Darier (G).































