L’impasse est réelle pour les Gothiques ! Alarmant dans le jeu, Amiens l’est également dans les résultats avec seulement deux petits succès sur les dix dernières sorties. Et comme les mauvaises nouvelles s’accumulent souvent, Kevin Bergin doit composer sans Janis Svanenbergs et Kristjan Cepon tandis que Rudy Matima – récemment libéré – a pris la direction de Grenoble. Rare signe positif, le retour de suspension de Justin Bergeron face à une lanterne rouge qui ne va pas beaucoup mieux en termes de résultats mais semble donner des signaux plus positifs dans le jeu, bien que les absences conjuguées de Nassivet – dont la saison est terminée – Thillet et Dorey pèsent sérieusement pour une formation en manque cruel de points pour espérer rester dans l’élite.
Gap sans réelle adversité
Dans un match si important pour deux équipes dans le dur, l’enjeu prenait véritablement le pas sur l’enjeu. Malgré un rythme présent et quasi aucun n’arrêt de jeu, le déchet technique était élevé et était significatif de deux équipes légèrement apeurées. Il fallait attendre huit minutes pour voir la première réelle mèche être allumée. Panasenko était trouvé complètement seul dans l’axe, prenait tout son temps pour ajuster son tir mais le mettait dans la mitaine de Kozun (8’). Une première opportunité qui ouvrait l’appétit des Gapençais. En contre, Santerno parvenait à trouver Murnieks près du slot mais ce dernier manquait totalement le cadre (9’30). En réponse, Plagnat se lançait à l’assaut du but de Richard mais perdait son duel pour une bien légère réponse locale.

Car, à peine le temps de s’en remettre que les Gothiques n’avaient que leurs yeux pour pleurer. Orlov grattait la rondelle le long de la bande et centrait pour un Siraudin esseulé qui trompait Kozun (0-1, 11’31). En supériorité après un mauvais geste de Ten Braak sur Maïa avant une bagarre entre les deux, les Amiénois bénéficiaient même d’un 5 contre 3 quand Richard pétait un plomb et balançait sa cage contre la balustrade en plein jeu. Mais même à deux de plus, l’offensive restait stérile et affichait un cruel manque de mouvement pour espérer quelque chose. Seul un tir de Lemay frôlait la lucarne (16’30). Pire encore, quelques instants après le retour à égalité numérique, Murnieks s’en venait crucifier Kozun (0-2, 18’07).
Rébellion et réaction
Un avantage logique au buzzer tant les Picards donnent parfois l’impression d’avoir perdu tout leur hockey offensif tout en étant que l’ombre d’eux-mêmes en protection de Kozun. Bougés à la pause par leur coach, les Gothiques démarraient le tiers médian avec de meilleures intentions et il fallait un grand Richard pour s’interposer devant Bergeron, Plagnat et Gibert (24’). Pour autant, ce n’était qu’une rare éclaircie. Retombant vite dans leurs travers techniques et manquant d’intensité, ils se laissaient surprendre sur des erreurs en zone défensive, comme celle qui profitait à Santerno pour un face-à-face perdu contre Kozun (26’). Battu dans les instants qui suivaient, le gardien amiénois était cette fois sauvé par un mauvais placement de Ten Braak qui traînait dans la zone bleue et voyait les arbitres refuser le 3-0 (27’30).

Un écart tout simplement reporté à un jeu en supériorité dans la minute qui suivait lorsqu’un lancer de Langlais était dévié par Matus (0-3, 28’57). Applaudissements par une grande partie du public, un « et 1, et 2, et 3-0 » lancé par le kop, les supporters n’en pouvaient plus et s’en remettaient à l’ironie pour laisser passer leur message après les sifflets de la fin de la première période.

Est-ce ce qui a subitement transformé les Gothiques ? Moins d’une minute plus tard, Maïa réalisait un gros travail contre la bande, mettait le palet devant le but pour Craig avant de voir la rondelle finir au fond (1-3, 29’46). Bien plus incisifs, les joueurs de Bergin montaient le curseur dans l’engagement et l’intensité dans toutes les zones. À ce petit jeu, Bergeron exécutait un parfait jeu de crosse pour récupérer le palet face à Gagnon à la bleue, partait en échappée et ajustait Richard (2-3, 31’55).
Remontée complétée…
En deux coups de cuillère à pot, les Samariens étaient de nouveau dans le coup. Et même une infériorité ne permettait aux Rapaces de reprendre deux longueurs d’avance. Pire encore pour les Haut-Alpins, la réelle situation était pour leurs hôtes quand Craig sortait de punition, réalisait un superbe geste pour éliminer son vis-à-vis avant de prendre un lancer au ras de la glace repoussé de justesse par Richard (38’). Ce dernier se montrait encore décisif en fin de période sur un lancer en contre de Richards qui prenait la direction de la lucarne sans une intervention salvatrice (39’05). Après une interruption d’une quarantaine de minutes pour un trou dans la glace difficile à réparer, les deux formations pouvaient enfin revenir au jeu, non sans un rapide échauffement. Et malgré la longue pause, les Gothiques revenaient le couteau entre les dents.

Paul Cerda se rendait coupable d’une obstruction le long de son banc, les Samariens faisaient tourner légèrement le palet sur la supériorité qui suivait et profitait d’un rebond chanceux sur une passe de Lemay pour égaliser (3-3, 46’04). En infériorité une petite minute plus tard, les joueurs de Bergin pensaient néanmoins compléter leur comeback quand Lavigne et Craig combinaient sur le côté droit, l’ancien capitaine mettait le puck devant le but, Richard se ratait quelque peu et le Coliséum exultait… avant d’être refroidi aussitôt, la réalisation étant annulée sans explication donnée (48’30). Le score se figeait, les occasions se raréfiaient tandis que la tension montait en flèche, à l’image d’un duel verbal et des petits coups, poussant Ten Braak à traverser la zone entre les bancs pour venir s’expliquer.
… mais défaite à l’arrivée
Vite retenu par le staff et prié de revenir à sa place par les officiels, le défenseur gapençais croyait au succès en temps réglementaire quand son coéquipier Chad Langlais tentait sa chance de près à deux reprises face à Kozun… sans trouver le fond des filets (56’). Incapables de se départager sur les quatre dernières minutes, ni sur les cinq de la prolongation malgré une supériorité numérique – totalement stérile et sans danger – pour les Amiénois, Gothiques et Rapaces devaient s’en remettre à la séance des tirs de barrage. Le premier à s’élancer, Daniels Murnieks, était le seul à trouver la mire, et permettait à Gap de prendre un deuxième point, si important dans la course au maintien.

Pour Amiens, la soupe à la grimace continue avec un cinquième revers de rang, le troisième au-delà du temps réglementaire. Mais surtout, ce courant plus qu’alternatif inquiète pour une formation qui va devoir se battre jusqu’aux derniers instants pour décrocher son accessit pour les séries éliminatoires. Et avec Angers et Bordeaux au programme avant la pause olympique, difficile de voir une lueur d’espoir pour des Picards plus que jamais en danger.
Élus meilleurs joueurs du match : Justin Bergeron (Amiens) et Paul Siraudin (Gap)
Amiens – Gap 3-3 (0-2, 2-1, 1-0, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Mardi 27 janvier 2026 à 20h15 au Coliséum. 3220 spectateurs.
Arbitres : Yann Furet et Julien Peyre assistés de Pierre Mercier-Landry et Achille Lefèvre
Pénalités : Amiens 15’ (7’, 6′, 2’, 0’) ; Gap 13′ (9′, 0’, 2’, 2’).
Tirs : Amiens 33 (8, 12, 7, 6) ; Gap 29 (11, 7, 8, 3).
Évolution du score :
0-1 à 11’31’’ : Siraudin assisté de Orlov et Cruchandeau
0-2 à 18’07’’ : Murnieks assisté de Santerno et Siraudin
0-3 à 28’58’’ : Matus assisté de Langlais et Pulkkinen (sup. num.)
1-3 à 29’46’’ : Maïa assisté de Craig et Lemay
2-3 à 31’55’’ : Bergeron
3-3 à 46’04’’ : Lemay assisté de Bergeron et Maïa (sup. num.)
Tirs au but :
Amiens : Maïa (manqué), Craig (manqué), Lemay (manqué), Mony (manqué), Djemel (manqué)
Gap : Murnieks (réussi), Panasenko (manqué), Takkunen (manqué), Santerno (manqué), Pulkkinen (manqué)
Amiens
Attaquants :
Bastian Maïa (A, +1, 5’) – Kieran Craig (+1, 2’) – William Lemay (+1)
Zachary Lavigne (2’) – Anthony Beauchamp (2’) – Sean Richards (+1)
Gauthier Gibert (-2) – Virgile Gauffriau (-1) – Ilies Djemel (-1, 2’)
Matéo Bussat – Thomas Boisson – Anatole De Mali
Esteban Voiturier
Défenseurs :
Mathieu Mony – Aleksandar Magovac (C, 2’)
Justin Bergeron (A, +1) – Antonin Plagnat (+2)
Guillaume Roussel (-1) – Félix Larose (-2)
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçant : Côme Soghomonian (G). Absents : Gaspard Vanwormhoudt (choix), Kristjan Cepon (blessure), Janis Svanenbergs (malade)
Gap
Attaquants :
Dakota Raabe – Daniels Murnieks – Luke Santerno (2’)
Bodgan Panasenko – Radim Matus (A) – Teemu Pulkkinen
Paul Siraudin (+1) – Corentin Cruchandeau – Maxime Orlov
Paul Cerda (2’) – Raphaël Chauvel – Joan Cerda
Défenseurs :
Chad Langlais (C, -1) – Dimitri Mikrogiannikis (+1)
Bryan Ten Braak (-1, 7’) – Ryan Gagnon (A, -1)
Daniel Takkunen (+2) – Bastien Lemaître (-1)
Gardien :
Gaëtan Richard
Remplaçant : Antoine Gilbert (G). Absents : Paul Nassivet, Aurélien Dorey, Dimitri Thillet










































