En 1986, pour empêcher les Français Volants de devenir la nouvelle puissance dominante du hockey français et de les supplanter, les deux derniers champions Saint-Gervais et Megève s’étaient unis pour former le Mont-Blanc, première version. Les affrontements entre ces deux équipes attiraient la foule et rassemblaient 10 000 personnes dans la grande salle de Bercy. Quarante ans plus tard, Bercy est le siège de la finale de la Coupe de France… et ce sont Mont-Blanc et les Français Volants qui sont les héros de la soirée dans la compétition.
Au départ, on regardait loin de là. Dunkerque avait battu Rouen lors de la Coupe de France 2019, et atteint la finale en 2024. Autant de raisons de s’intéresser à la visite des Dragons chez les hommes de Mario Richer. Mais cette fois, les Normands ont craché le feu avec trois buts en dix minutes de Robin Colomban, Patrick Holway et Petter Hansson. L’espoir s’est vite envolé. Martin Poirier n’a pu que sauver l’honneur juste avant la mi-match après un but de McClennon (1-4).
Les cadors de Ligue Magnus ont été sans pitié avec les clubs ambitieux de D1. Dans un affrontement entre anciens vainqueurs de la Coupe, les Brûleurs de Loups se sont livrés à une démonstration offensive dans le Rhône. Lyon a pourtant égalisé à 3-3 à la fin de la première période grâce à deux buts de Peter Valier – champion de France avec Grenoble en 2022 – et un d’Antoine Addamo. Mais les Lions ont fini le premier tiers à 3 contre 5 et Alexandre Grenier les a punis à la reprise. L’équipe locale n’a jamais revu les Grenoblois, finalement vainqueurs 4-10 avec un hat-trick de Sacha Treille, élu joueur du match.
Pas de difficulté non plus pour Angers qui a fait sentir les deux divisions d’écart à Clermont-Ferrand pour le retour au pays de l’Auvergnat Vincent Llorca (1 assist). Si le doublé de Sami Tavernier est presque une habitude, on retiendra les trois buts du duo Jordan Mugnier – Bastien Maia.
Pas de surprise alors ? Oh que si ! Alors que le tirage au sort n’a réservé aucun affrontement entre clubs de Ligue Magnus, l’un d’eux est tombé. Mont-Blanc a résisté à la domination niçoise grâce à un Ulysse Benbassat impérial, auteur de 42 arrêts sur 45 tirs à 21 ans et 5 jours. À 2-2 après 40 minutes, les Yétis sont sortis déchaînés des vestiaires avec deux buts de Valérian Croz et Joshua Van Unen. Marc-André Levesque a appelé son temps mort, et 13 secondes plus tard, une pénalité d’Alexandre de Gagné a aidé son équipe à réduire selon retard, par Fletcher Anderson. Mont-Blanc a subi une autre infériorité numérique trois minutes plus tard… mais cette fois c’est Dawson Good qui a crucifié les Aigles d’une contre-attaque fatale. Andréas Fleutot a mis l’ultime but d’une victoire rêvée pour les 853 spectateurs de la saison creuse à Megève (6-3). Avec 60% d’arrêts, Isaac Charpentor a passé en revanche une sale soirée.

Deux autres doublures se sont en revanche offert des blanchissages en profitant de la Coupe pour une titularisation. Jimmy Darier tout d’abord, car Gap a battu les Ours 4-0 à Villard-de-Lans avec deux buts de Daniel Murnieks, un pour Tsekos et Nieminen. Blanchissage aussi pour Florian Gourdin : le gardien de Marseille a-t-il eu pitié de ses collègues d’en face, Jiri Blazek et Arthur Comte, qui ont pris 5 buts chacun en une moitié de match ? Les Spartiates ont fait dans le partage mais Semyon Ivanov en voulait un peu plus pour lui. Le centre russe de quatrième ligne a tenu à s’adjuger un triplé.
Si Cergy-Pontoise n’a pas fait de détail à Épinal avec un triplé de Nolan Volcan (7-2), la performance vient surtout de son ancien gardien Sebastian Ylönen, à une trentaine de kilomètres de là. Comme il est difficile d’exister dans la capitale un soir de PSG-Barça et a avec des quartiers en couvre-feu, les Français Volants n’avaient que 172 spectateurs pour la réception de Strasbourg. Leur président Julian Marcos tenait à ce que son équipe aille loin en Coupe, cette compétition qui se finit à domicile. Il avait grande confiance dans la capacité défensive de sa formation, et les coéquipiers d’Antonin Manavian ont tenu, tenu le 0-0 pour frustrer les Alsaciens. À trois minutes de la fin, Mans Papaux a inscrit le but gagnant (1-0).
Il y aura donc une équipe de Division 2 en huitièmes de finale (rappelons comme on l’avait fait à Julian Marcos que le record est un quart de finale pour Roanne), et elle aurait même pu ne pas être seule. Évry/Viry y a longtemps cru, tenant le 2-2 pendant deux périodes contre Valenciennes, avant de se faire renverser par un but en infériorité de Ciccarello puis deux doublés de Poizl et Rapenne (2-7). Châlons-en-Champagne a pris la marée en milieu de match mais n’a jamais abandonné contre Meudon et a maintenu un score honorable (4-6).































