Pour cette 11e journée, la ligue Magnus nous offre un choc au sommet entre Rouen et Angers, deux équipes installées dans le quatuor de tête, mais qui abordent ce rendez-vous avec quelques comptes à régler.
Les Dragons ont vu leur belle série de six victoires stoppée par les Ducs, vainqueurs 2-1 à l’île Lacroix le 12 octobre, il y a 11 jours. Depuis, Rouen a encore laissé filer des points à Cergy-Pontoise, battu en prolongation. Les hommes d’Éric Landry doivent retrouver leur efficacité et surtout éviter de laisser de nouveaux points sur la glace. Même sans Chakiachvili, leur défense est l’une des plus solides du championnat. Mac Carruth, le meilleur gardien de la ligue, sera un atout précieux.
En face, Angers avance avec une attaque capable de faire basculer une rencontre à tout moment. Sami Tavernier, Philippe Halley et Orrin Centazzo, le meilleur trio de Magnus, figurent parmi les hommes à surveiller de très près. Ce soir, les Ducs devront faire sans Prapavessis, ni Scott Atkinson.
Arrivé au premier quart de la phase régulière, l’enjeu est limpide. Rester au contact du sommet et frapper un concurrent direct. Aux Dragons de reprendre la main, aux Ducs de confirmer leur ascendant et faire de Péchalat son jardin. Pour les deux équipes, pas question de laisser le match à l’adversaire. Pas de révolution, juste du hockey qui cogne là où ça fait du bien.
Accompagné par Luc Tardif, l’ancien président de l’IIHF, le coup d’envoi symbolique est donné par Serge Savard. Ce monsieur membre des 100 joueurs les plus importants de la NHL a remporté 8 coupes Stanley de 1968 à 1979 en tant que défenseur des Canadiens de Montréal. Puis en 1989 et en 1993 en tant que directeur général des Habs.
Le match débute dans un rythme élevé. Les défenses sont présentes sur le palet. Elles empêchent les jeux et les passes. Les droitiers rouennais Nesa (2’48) et Simonsen (4’26) trouvent pourtant des opportunités. Les batailles, souvent d’homme à homme, sont courtes mais vives. Rouen souffre un peu plus. Halley obtient la meilleure chance du tiers. Dans le slot, le joueur de centre frappe le plastron de Carruth qui ne laisse aucun rebond (7’01). Puis, le tir de l’arrière de Llorca est bloqué par le trafic devant la cage rouennaise (7’38). Les unités spéciales rouennaises font tout un travail pour tuer une punition de Hansson (10’09). La vague offensive des Ducs reflue. Carruth sort la mitaine sur un envoi de Hervé (10’34).
En moins de sept minutes, trois prisons sont appelées contre les coéquipiers de Robin Gaborit. Les Angevins perdent le momentum à cause d’attitudes inutiles qui les exposent aux sanctions. Avec un homme de plus, les partenaires de Loïc Lampérier n’arrivent toujours pas à scorer. Leurs tirs en jeux installés (Baptiste à 13’05, McClennon à 16’11 & 16’24, Holway à 16’37) ne sont pas cadrés. Ils ne créent aucune seconde chance, ni de cahot dans le carré des visiteurs.
Le premier tiers haché par quatre prisons, on reprend au deuxième avec le sentiment que le match n’a pas réellement commencé. Les Rouennais n’ont pas progressé en avantage numérique. Ils manquent toujours leur cible (Simonsen à 20’28 et Cormier à 21’03). Seul Baptiste, en bas du cercle droit, réussit un lancer court sur passe arrière (20’57).
Ensuite, les deux équipes travaillent fort. L’échec-avant des locataires de l’île Lacroix se met en orbite. Cormier peut tenter un tir en angle rapproché (23’49). Roy part de derrière sa cage et profite des espaces laissés par le mauvais timing du changement de trio de Duke. L’arrière transporte la rondelle jusque dans le territoire des visiteurs en prenant de la vitesse dans la neutre et laisse Hervé se recoiffer. Entré en zone en possession dans l’axe, Roy libère le palet sur la droite pour Nesa. Le droitier, au rond d’engagement, balaye le puck des poignets et fait sauter la gourde de Dubeau. Quel tir ! Quelle chevauchée ! Quelle exécution (1-0 à 24’43). Ensuite, Dubeau réalise un arrêt compliqué en déplacement sur un tir sans contrôle de Baptiste (25’13).
Le match semble se débrider. Tavernier sonne la(les) charge(s). Carruth dévie le Finlandais et dévie la seconde chance saisie par Centazzo (25’54). Cormier ne cadre pas du cercle droit (26’26). À présent, les joueurs de Jonathan Paredes sont déchaînés. Les Normands redonnent trop rapidement le palet à leurs hôtes et ils parviennent difficilement à dégager la pression de leur zone. Les vagues des visiteurs s’enchaînent. Charbonneau (28’56), Tavernier (29’09 & 29’31) et Hervé (32’32). Carruth réalise deux gros arrêts des jambières face à Duke (27’30) et face à Halley (34’44). Lorsque les Seino-marins sortent la tête de l’eau en solo (Simonsen à 33’03) ou en transition (McClennon à 35’33), ils se font surprendre par le recul. Lorsque tu ne comptes pas de ton bord, ça te coûte cher de l’autre bord. Dans son camp, Berardinelli accélère, entre en possession, passe Goncalves au blender et au cercle gauche adresse un tir en lucarne opposée. C’est tout un but inscrit par Berardinelli (1-1 à 35’47).
La dernière minute du vingt médian est tout aussi spectaculaire. Melin perd un palet à la bleue du camp rouennais. Se présentant à 3 contre 2, Shalei écrase son lancer tenté sur réception en position difficile de faux gaucher sur l’offrande de McClennon (19’04). Grâce au pressing de Colomban sur l’action, les Dragons obtiennent une seconde chance. Paquette, trouvé à la pointe par une longue passe de Nesa, tire sans contrôle, genou au sol (2-1 à 39’12). Rois des uppercuts, les Ducs égalisent quarante secondes plus tard. Shalei s’en va chercher un demi au comptoir lâchant son homme, Duke, en haut de la bande. Le joueur de centre a tout le temps de faire une passe transversale vers la pointe libérée par Lash attiré avec Ritz au marquage abandonné par l’ex-Cergy-Pontain, et où se dirige Llorca confortable pour prendre un lancer ajusté des poignets (2-2 à 2-2 à 39’52).
Même si Rouen a toujours mené, l’égalité au tableau de marque n’est pas usurpée au démarrage de la dernière période. Les Dragons font face à une infériorité où Duke a été l’Angevin le plus dangereux (42’28). C’est au tour des Ducs de défendre avec un homme de moins. Cette fois le RHE cadre ses lancers (Roy à 47’27 & Simonsen à 47’34). Puis, Lafrance trouve une solution dans ce power-play. Le Canadien qui prend (abuse) souvent des tirs en angle fermé ferme la bouche aux détracteurs de cette spécialité. Du bureau de Gretzky, le joueur de 28 ans, s’aide du barrage de la crosse de Manning puis du dos de Dubeau, décollé de son poteau gauche, pour faire ricocher la rondelle dans les filets de derrière la ligne de but ! Malgré les influenceurs Manning et Halley, après visionnage et vérification des résilles, le but du magicien est validé (3-2 à 47’57).
Cette fois, les locaux esquivent la réplique des visiteurs. Ils évitent la pression qui suit et sont les premiers à faire reculer l’adversaire. Le tir de loin de Shalei est bloqué par le trafic devant Dubeau (49’00). Les Ducs prennent des risques. Manning tente sa chance en haut du slot (50’02). Carruth fait encore un gros travail devant Duke (50’13). Une magnifique longue passe de Goncalves, offre un contre surnuméraire à Ritz. Lampérier n’est pas récompensé de son effort. La passe de son coéquipier est dans ses patins et Duke, qui le fait trébucher aussitôt, n’est pas sanctionné. Par contre, Lasch, quatre secondes plus tard pour la même faute, l’est. Les patineurs de l’Icepark ne sont dangereux que sur leur première unité spéciale lors de leurs attaques à cinq. Au pluriel car après Lasch, c’est au tour d’un autre Rouennais, Baptiste, d’essuyer le banc de la geôle. Les lancers angevins non forcés sont bloqués (Holway à 50’44 & 53’35, Paquette à 51’13 & 53’34) ou détourné – un seul – par Carruth (Tavernier 53’55). Les lignes de passe sont coupées (Perret 54’11). Surtout, les hommes de l’échec-avant agressif du killing-play rouennais (Ritz, Perret, Colomban, Nesa) sont à créditer, se créant deux entrées de zone surnuméraires non abouties (51’39 & 55’00). La sortie de prison de Baptiste se termine par une opportunité (55’31). Jonathan Paredes n’a pas l’occasion de prendre un temps mort. En transition, Cormier et Lafrance dérengent la course poursuite des Ducs. Ils rompent les lignes défensive. Cormier jongle avec le palet qui passe à gauche des buts. Sur le deuxième effort, les Ducs ne suivent pas le jeu et sont trop passifs. Lafrance derrière le but fait une passe en retrait à Rech. En bas du cercle droit, le gaucher fouette le disque sous la barre. L’international n’avait plus marqué depuis plus d’un mois et 9 matches disputés. Une éternité pour Rech habitué à des standards plus élevés (4-2 à 58’30). Avec ce but, les Rouennais cadenassent leur victoire.
C’est la quatrième fois que le trio Centazzo-Halley-Tavernier est blanchi cette saison. Après Grenoble, Briançon et Marseille, Rouen a trouvé la méthode. En face d’eux, Lafrance compte un but et une passe. Le PK rouennais a été très efficace. Carruth a donné une chance à ses coéquipiers de gagner la partie. En faisant des progrès aux engagements, les Dragons ont trouvé une façon de remporter ce match au sommet. Désormais, ils peuvent regarder de haut leurs concurrents directs relégués à trois points supplémentaires derrière eux.
Commentaires (dans Paris-Normandie) :
Éric Landry (coach de Rouen) : « C’est un très gros match, avec le résultat qu’on voulait. On a souffert un peu en deuxième période. D’un côté comme de l’autre, on s’est échangé beaucoup de rondelles, il y a eu beaucoup de rushs. Au troisième on a pris nos repères. On a réussi à scorer deux buts sans prendre de risque défensivement. On a beaucoup de caractère. On a les moyens pour faire des buts quand on en a besoin. Parfois, on essaie peut-être un peu trop de forcer les jeux. J’ai aimé notre réaction comme équipe. Quand tu as la quatrième ligne qui fait un but, c’est fantastique. Ça donne un boost à tout le monde. Alors, chapeau à eux. J’ai vraiment aimé leur match. Mais le penalty kill a très bien fait aussi. En fait, ce sont presque quasiment les mêmes joueurs. Ils ont eu une grosse contribution. »
Rouen – Angers 4-2 (0-0, 2-2, 2-0)
Vendredi 23 octobre 2026 à 20h30 à la patinoire Nathalie Pechalat. 3029 spectateurs.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Cyril Debuche assistés de Thomas Simon et Pierre Mercier-Landry
Tirs : Rouen 36 (12, 11, 13) ; Angers 32 (6, 18, 8)
Pénalités : Rouen 8’ (2’, 0’, 6’) ; Angers 8’ (6’, 0’, 2’)
Supériorités : Rouen 1/4 ; Angers 0/4
Évolution du score :
1-0 à 24’43” : Nesa assisté de Roy et Goncalves
1-1 à 35’47” : Berardinelli
2-1 à 39’12” : Paquette assisté de Nesa et Colomban
2-2 à 39’52” : Llorca assisté de Duke
3-2 à 47’57” : Lafrance assisté de Simonsen et Roy (sup.num.)
4-2 à 58’30” : Rech assisté de Lafrance et Cormier
Rouen
Attaquants :
Tomas Simonsen – Simon Lafrance (A) – Nicholas Baptiste
Loïc Lampérier (C) – Nicolas Ritz (A) – Ryan Lasch
Anthony Rech – Tommy Cormier – Connor McClennon
Robin Colomban – Vincent Nesa – Tommy Perret
Arrières :
Jacob Paquette – Pier-Olivier Roy
Petter Hansson – Patrick Holway
[Roy] – Nikita Shalei
Noa Goncalves-Nivelais
Gardien:
Mac Carruth (30 arrêts)
Remplaçant : Lucas Mugnier(G). Absent : Florian Chakiachvili (pubalgie).
Angers
Attaquants :
Jordan Hervé / Simon Pasquet – Romain Gutierrez – Robin Gaborit (C)
Orrin Centazzo – Philippe Halley (A) – Sami Tavernier
[Hervé] – Alexander Beradinelli – Jonathan Charbonneau
Jordan Mugnier – Reid Duke – Bastien Maia
Arrières :
Vincent Melin – Lucien Onno
Fiorenzo Villard – Joshua Atkinson
Neil Manning – Vincent Llorca
Gardien :
Alex Dubeau (32 arrêts)
Remplaçant : Antoine Gilbert (G). Absents : Matthew Prapavessis (blessé) et Scott Atkinson (?)
Photos : Barbara Hebert






































