La Coupe d’Europe des Nations : voilà une compétition à laquelle la Russie n’est pas candidate et à laquelle les pays peuvent participer sans arrière-pensée… et sans qu’une vraie formule ne soit connue. L’IIHF, en ce moment, a d’autres chats à fouetter…
Le premier adversaire de l’équipe de France n’est rien moins que la Norvège, médaillée de bronze mondiale. Après ce fantastique exploit, le manager de l’équipe nationale Patrick Thoresen veut élargir le cercle des internationaux, qui a toujours été très étroit en Norvège, tout en conservant des vétérans qui portent la forte culture de l’équipe nationale et la place aux jeunes.
Trois débutants ont ainsi été incorporés, décrits ainsi par Thoresen. « Theo Rooseboom de Vries a fait de grands progrès sous la direction de l’entraîneur des gardiens Daniel Jørgensen à Storhamar et a réalisé de bonnes performances en CHL. Il a connu une évolution très positive en peu de temps depuis son arrivée à Hamar. David Aas-Larsen s’est imposé dans le système de Storhamar depuis plusieurs années et est peut-être le meilleur joueur de l’équipe cette saison. Johannes Løkkeberg nous a impressionnés lors de la préparation aux championnats du monde et il continue de progresser à Stavanger. C’est un centre défensif droitier qui rappelle un peu Kristian Forsberg, à la longue et brillante carrière en équipe nationale. »
Mais l’homme le plus observé est celui qui est debout derrière eux : dix mois après avoir pris congé pour recevoir un traitement de radiothérapie et de chimiothérapie, Sjur Robert Nilsen est de retour sur le banc de l’équipe nationale, lui qui a vécu la performance historique de ses joueurs devant la télévision.
Dans le camp français, l’évènement est le début de Tom Vidal, un Gapençais de 20 ans qui a fait son trou comme titulaire à Lausanne et qui est aligné par Yorick Treille au centre de la quatrième ligne. Avec la récente blessure de Papillon et le forfait d’Antoine Keller, ce match est aussi l’occasion de relancer le gardien Julian Junca, qui n’avait plus rejoué en bleu depuis les JO.
Dès la première minute de jeu, le buteur en forme de Ligue Magnus, Tomas Simonsen, traverse derrière la cage et sert en retrait Justin Addamo en haut des cercles pour l’ouverture du score (1-0). L’équipe de France entre bien dans son match et prend les commandes du jeu. Mais il suffit d’une contre-attaque pour perdre le bénéfice de cette entame idéale. Après cinq minutes de jeu, la longue relance croisée d’Eirik Salsten envoie Patrick Elvsveen avec un demi-mètre d’avance sur Charles Schmitt. Impossible dès lors pour le défenseur des Gothiques d’Amiens de rattraper sur la glace du Coliseum le patineur norvégien le plus rapide, qui gagne son face-à-face avec Julian Junca d’une belle feinte (photo ci-dessous).
Après une transition rapide « à la bordelaise », Enzo Carry est bien trop rapide et virevoltant pour le peu mobile Max Krogdahl qui commet la première faute du match. En infériorité numérique, la Norvège maintient une boîte très compacte qui abandonne la possession aux Bleus mais se sacrifie devant tous les palets pour ne laisser que des tirs extérieurs.
Mathieu Mony fait trébucher Bjorndal en deuxième période. Pendant cette première infériorité numérique, Enzo Cantagallo s’illustre en réussissant une excellente interception sur une passe transversale dans les premières secondes, puis en bloquant un lancer quand il revient sur la glace en fin de pénalité. Les Bleus ont le contrôle du palet à 5 contre 5, mais prennent trop peu de lancers.
Une pénalité différée est clairement appelée contre Charles Schmitt qui retient Elvsveen… et le temps que les Bleus récupèrent le palet, les arbitres envoient en prison (par habitude ?) Mony, qui paye pour son coéquipier amiénois. Même si Cantagallo fait encore du bon travail, Boudon n’arrive pas à sortir ensuite le palet et le powerplay blanc est alors bien plus dangereux avec beaucoup de mouvement. Vikingstad sert de derrière la cage Thomas Olsen qui réclame la palet, mais sa reprise échoue dans les bottes de Junca, qui gèle vite la rondelle pour mettre fin à cette séquence et permettre à son équipe de souffler.
Le troisième tiers-temps se décide par les unités spéciales. L’équipe de France ne profite pas de deux avantages numériques. Mais quand Tom Vidal accroche le remuant Thomas Olsen, le powerplay norvégien démontre toutes ses qualités, entre la protection de palet de Vesterheim et la vitesse d’exécution de Pettersen. Le géant Addamo n’est pas assez prompt pour contrer Koch à la ligne bleue quand il en a l’opportunité. Alors, Boscq et Boudon fatiguent aussi, le patinage se fait de plus en plus lourd et les Bleus se font balader par cette longue séquence. Emilio Pettersen décale Øby-Olsen avec la cage ouverte, celui-ci manque quelque peu sa reprise mais Petterssen finira par glisser le rebond dans l’angle opposé (1-2, photo ci-dessous).
La sortie du gardien français en fin de match ne donnera lieu qu’à des solutions individuelles précipitées. Le projet collectif est encore à travailler, même si une défaite contre un adversaire médaillé mondial n’a rien de honteux.
La soirée se conclut par un long et vibrant hommage à l’inoubliable Michel Breistroff, parce que ce sont son père et sa sœur qui remettent les prix de meilleurs joueurs.
Joueurs du match : Hugo Gallet pour la France et Patrick Elvsveen pour la Norvège.

France – Norvège 1-2 (0-0, 1-0, 1-1)
Jeudi 5 novembre 2026 à 20h00 au Coliseum d’Amiens. 2828 spectateurs.
Arbitres : Maxime Laboulais et Julien Peyre assistés de Pierre Mercier-Landry et Thomas Simon.
Pénalités : France 6’ (0’, 4’, 2’) ; Norvège 6’ (2’, 0’, 4’).
Tirs : France 19 (6, 5, 8) ; Norvège 31 (11, 11, 9).
Évolution du score :
1-0 à 00’54” : Addamo assisté de Simonsen et J. Perret
1-1 à 05’29” : Elvsveen assisté de E. Salsten
1-2 à 50’09” : Pettersen assisté d’Øby-Olsen et Vesterheim (sup. num.)
France
Attaquants :
Charles Bertrand (-1) – Louis Boudon (-1) – Dylan Fabre (-1)
Jordann Perret (+1) – Justin Addamo (+1) – Tomas Simonsen (+1)
Valentin Grossetête – Matias Bachelet – Enzo Carry
Floran Douay – Tom Vidal (2’) – Flavian Dair
Défenseurs :
Hugo Gallet (-1) – Jules Boscq
Kevin Spinozzi (+1) – Enzo Cantagallo (+1)
Charles Schmitt (-1) – Mathieu Mony (4’)
Antoine Fertin
Gardien :
Julian Junca [sorti à 59’17”]
Remplaçant : Martin Neckar (G), Tommy Perret (A). En réserve : Thomas Thiry, Mathis Despatie (D), Quentin Tomasino (A)
Norvège
Attaquats :
David Aas Larsen – Markus Vikingstad – Thomas Olsen (A)
Mikkel Øby-Olsen (-1) – Petter Vesterheim (A, -1) – Aron Jessli (-1)
Emilio Pettersen (+1, 2’) – Eirik Østrem Salsten (+1) – Patrick Elvsveen (+1)
Fredrik Bjørndal – Johannes Løkkeberg – Philip Granath
Défenseurs :
Emil Wasenden (+1) – Max Krogdahl (C, +1, 2’)
Gabriel Koch (-1) – Johannes Johannesen (-1)
Viktor Kopperstad – Sverre Rønningen (2’)
Gardiens :
Jonas Arntzen
Remplaçants : Tobias Breivold (G), Marius Määttänen (D). En réserve : Theo Rooseboom de Vries (G), André Strandborg, Eskil Wold (A).






































