La Deutschland Cup débute dans une ambiance d’inquiétude pesante. Alors qu’elle devait être une répétition joyeuse à 7 mois du Mondial en Allemagne, le jugement du Tribunal Arbitral du Sport acceptant l’appel de la Russie pour sa réitégration immédiate par l’IIHF a fait l’effet d’un séisme. En évoquant les conséquences sécuritaires, politiques et économiques à la télévision publique ZDF, le président du directoire de la fédération allemande Frank H. Lutz a évoqué sans détour l’éventualité d’abandonner l’organisation… que pourrait toujours récupérer le candidat malheureux, le Kazakhstan.
Dans leur attitude face à la Russie, difficile d’imaginer des pays plus différents que la Lettonie et la Slovaquie, qui s’affrontent en ouverture dans le Deutschland Cup. Dans le pays balte, les athlètes sont interdits par la loi d’affronter des sportifs russes depuis que dure la guerre d’agression contre l’Ukraine. A contrario, le président slovaque Robert Fico a salué la réintégration des sportifs russes ! Le contraste est saisissant entre ce positionnement politique et le silence de la fédération. La SZLH est la seule fédération européenne d’importance à n’avoir publié aucun communiqué, même pas – comme la Suisse – pour dire qu’elle prenait acte et attendait les consignes de l’IIHF.
La SZLH a surtout informé sur son effectif chamboulé. La Slovaquie a fait face à une cascade de forfaits. Les deux attaquants avec le plus de sélections, Martin Faško-Rudáš et Róbert Lantoši, se sont désistés, de même qu’Alex Tamáši… et que le premier remplaçant nommé Matúš Vojtech ! Ils ont été remplacés par Valach, Krivošík et Bjalončík. Les défenseurs Michal Ivan et Dávid Mudrák ont quant à eux été substitués par Bodák et Gajdoš.
Il y a aussi eu un changement dans les cages (Patrik Jurčák à la place de Roman Rychlík), mais ce qui a attiré l’attention, c’est l’invitation pour les séances d’entraînement de Jaroslav Halák… parce qu’il veut reprendre sa carrière à 41 ans ! Une idée qui lui trotte dans la tête depuis sa participation au jubilé de Zdeno Chára en février.
Harijs Vītoliņš a souhaité tester des jeunes, notamment Niks Feņenko qui doit se montrer puisqu’il n’a signé que pour deux mois avec Bordeaux pour pallier les blessures. C’est valable aussi pour les trois joueurs du petit championnat letton, Patriks Zabusovs, Rūdolfs Polcs et Dāniels Andersons (ces deux derniers pallient les blessures de Filips Buncis et Darels Dukurs). Le staff a néanmoins à avoir tenu à avoir des cadres expérimentés comme son centre de première ligne Rodrigo Abols, que Berne n’avait pas vraiment envie de lâcher. Âgé de 30 ans Abols a dit se rendre compte du passage du temps en se rendait compte que les deux tiers de ses numéros n’étaient pas enregistrés dans son téléphone lors de la création du groupe Whatsapp de l’équipe…
Apès une occasion de Radoslav Regenda sur la première présence, Les Lettons dominent les débats au premier tiers-temps, où Rihards Melnalksnis inscrit l’unique but pendant que le capitaine slovaque Koch est en prison pour une charge contre la bande. En fin de période, un tir de František Gajdoš heurte le poteau et manque l’égalisation.
Juste avant la mi-match, la Slovaquie commet trois grosses erreurs défensives en trois minutes. D’abord, Turan perd le palet derière son but face à Andersons mais Rubins rate une occasion en or face à Eugen Rabčan qui était déjà couché. C’est ensuite une erreur de Čederle qui permet à Raimonds Vītoliņš de tester le gardien du revers. Et enfin, un mauvais changement offre carrément un 3 contre 1 à la Lettonie… mais Rabčan réussoit un arrêt phénoménal. Alors qu’ils auraient pu tout perdre, les Slovaques peuvent alors repasser à l’offensive en retrouvant leur habileté technique. Et à trois minutes de la pause, une relance ratée d’un défenseur letton offre le palet dans le cercle gauche à Samuel Buček, qui fête sa réintégration en équipe nationale après deux ans d’absence en égalisant à 1-1.
La Lettonie reprend l’avantage grâce à un numéro de soliste de son capitaine Rodrigo Abols, qui part de sa zone, dépasse son défenseur Turan puis tire entre les cercles. Battu cette fois-ci, Rabčan évite la défaite sur deux occasions de Vitolinš et Gavars. De l’autre côté, Gustavs Grigals est solide et a encore le meilleur face à Regendra de près. Mais Vladimír Országh joue le tout pour le tout en sortant son gardien, et bénéficie même d’un 6 contre 4 après un coup de crosse du gardien Grigals. Et c’est Simon Jellúš – un des trois débutants avec Peter Bjalončík et le défenseur Jakub Chromiak – qui arrache l’égalisation d’un beau tir précis au ras du poteau.
Lors de la prolongation, la Lettonie s’impose tout de même par Renars Krastenbergs, qui gagne son duel derrière la cage avec Sebastian Čederle et vient marquer au ras du poteau.
Si les supporters slovaques s’agacent surtout du mauvais match de Čederle, le premier commentaire d’un fan sur le forum du principal portail du hockey slovaque est le suivant : « Les Lettons ont refusé de jouer contre les Russes, alors nous ne pouvons pas les battre. Miro [Šatan, le président de la SLZH], essayons de refuser nous aussi. Ça vaut le coup d’essayer. »
Joueurs du match : Gustavs Grigals pour la Lettonie et Eugen Rabčan pour la Slovaquie
Lettonie – Slovaquie 3-2 après prolongation (1-0, 0-1, 1-1, 1-0)
Jeudi 5 novembre 2026 à 16h15 à Düsseldorf. 2318 spectateurs.
Arbitres : Kilian Hinterdobler et André Schrader assistés de Markus Merk et Jonas Reinold (ALL)
Pénalités : Lettonie 8’ (4’, 4’, 0’, 0’) ; Slovaquie 4’ (0’, 0’, 4’, 0’).
Tirs : Lettonie 38 ; Slovaquie 32.
Évolution du score :
1-0 à 06’02” : Melnalksnis assisté de Tumānovs et Zīle (sup. num.)
1-0 à 37’08” : Buček assisté de Myklucha et Regenda
2-1 à 46’19” : Abols assisté de Grigals
2-2 à 58’12” : Jellúš assisté de Bodák et Buček (sup. num.)
3-2 à 61’27” : Krastenbergs
Lettonie
Attaquants :
Renārs Krastenbergs – Rodrigo Ābols (C) – Toms Andersons (2’)
Fēlikss Gavars – Haralds Egle – Kristaps Skrastiņš
Daniels Serkins – Raimonds Vītoliņš – Bruno Osmanis
Emīls Veckaktiņš – Rihards Melnalksnis – Patriks Zabusovs
Défenseurs :
Kristaps Zīle (A) – Kristiāns Rubīns (A)
Miks Tumānovs – Artūrs Andžāns
Ralfs Bergmanis – Niks Feņenko
Sandis Smons – Nauris Sējējs
Gardien :
Gustavs Dāvis Grigals (2’)
Remplaçant : Jānis Fecers (G). En réserve : Ivars Punnenovs (G), Rūdolfs Polcs, Daniels Andersons (A).
Slovaquie
Attaquants :
Pavol Regenda (A, 2’) – Oleksij Myklucha – Marian Studenič
Samuel Buček – Sebastián Čederle – Peter Bjalončík
Miloš Roman (A) – Viliam Čacho – Patrik Hrehorčák
Jakub Kolenič (2’) – Simon Jellúš (2’) – Aurel Nauš
Marek Valach
Défenseurs :
Samuel Kňažko – Oliver Turan
František Gajdoš – Martin Bodák
Patrik Koch (C, 2’) – Jakub Chromiak
Jakub Meliško
Gardien :
Eugen Rabčan
Remplaçant : Patrik Jurčák (G). En réserve : Mislav Rosandič, Martin Vitaloš (D), Filip Krivošík (A)
































