En septembre lors du congrès IIHF à Tenerife, le président de la fédération suédoise, l’ancien arbitre Anders Larsson, avait passé de longs moments avec les représentants des pays proches de la Russie, dans une campagne électorale forcément influencée par l’ancien président suisse de la fédération internationale René Fasel, qui réside maintenant en Russie. Larsson avait alors voté pour Franz Reindl, candidat soutenu par la faction russe. Une position largement relevée par la presse russe et très commentée en Tchéquie… mais passée sous silence à l’époque par la presse suédoise.
Maintenant que l’appel réussi de la Russie devant le TAS ouvre la voie à sa réintégration, les propos de Larsson sont soudains scrutés de près. Ce week-end, il prétendait que « l’attitude du sport suédois est de ne pas boycotter. » Il avait aussi envoyé une lettre aux clubs de SHL pour demander que les joueurs et entraîneurs restent silencieux sur le sujet. Une position vite intenable… Mardi, la fédération suédoise rejoignait l’initiative des autres pays nordiques en déclarant que la Tre Kronor n’affrontait pas la Russie aux prochains championnats du monde. « Il n’était pas important pour nous d’être les premiers. Il nous paraissait évident qu’après des négociations avec d’autres pays, notamment les pays nordiques, nous prendrions une décision commune. »
Le carriériste mis à jour et dénoncé par les médias
Est-ce une décision sous la pression ? Dans la journée qui a précédé cette annonce, le tabloïd suédois Aftonbladet a exigé que la Suède rejoigne le boycott en relançant le slogan « Finlands sak är vår » (le problème de la Finlande est le nôtre), qui date de la Guerre d’Hiver de 1939-1940 pour récolter des volontaires et de l’aide pour aider les Finlandais à résister à l’invasion par l’Union Soviétique alors alliée de l’Allemagne nazie. Des initiatives privées puisque la Suède était pays neutre.
Cr rappel à l’histoire n’était évidemment pas innocent. Et le journaliste Marcus Leifby visait directement Larsson : « Le boycott suédois a peu de chances de favoriser sa carrière, mais quels sont les intérêts les plus importants pour lui ? Ceux du peuple suédois ou les siens ? » Il faut dire que le vote de Larsson au Congrès était motivé par des considérations personnelles plus que politiques : le Suédois a voté pour Reindl parce que c’est un candidat âgé qui ne fera qu’un mandat… et qu’il vise la présidence en 2030 !
Les arbitrages très politiques de Larsson étaient censés se faire dans la discrétion mais se retournent contre lui. Aujourd’hui des voix du hockey suédois appellent ouvertement à sa démission, excédés de cette position retrait sur ce sujet fondamental dans le pays (le premier sponsor de longue date de l’IIHF à avoir annoncé son retrait est d’ailleurs l’entreprise suédoise AJ). En réalité, cependant, les positions des fédérations de Suède et de Finlande sont proches depuis le début par rapport au cas russe. Ce sont surtout les politiciens finlandais qui ont réagi bien plus vite.
Ce sujet chaud a éclipsé ce qui devait être un nouveau départ pour l’équipe de Suède, le retour de Rikard Grönborg comme entraîneur national, sept ans après. « J’ai particulièrement hâte de suivre les débutants et de voir comment ils évoluent dans le contexte international », a annoncé le revenant à propos du gardien Melker Thelin (Färjestad), du défenseur Pontus Johansson (Skellefteå) et des attaquants Albin Sundsvik (Rögle) et Viktor Lodin (Färjestad).
Si Grönborg est un habitué du hockey international, ce n’est pas le cas de Zdeněk Moták, qui ouvre un nouveau cycle dans le hockey tchèque avec ce match à Prague à guichets fermés, devant 16 263 spectateurs. Le capitaine Roman Červenka l’avait lui-même appelé pour participer, à 40 ans, mais sa blessure l’empêche finalement de jouer. Le seul joueur débutant est le défenseur Matteo Kočí car l’attaquant Matěj Kubiesa a dû déclarer forfait en raison d’une petite blessure (comme Ondřej Beránek et Tomáš Dvořák).
Il était trop jeune… mais n’est pas encore trop vieux
Le nom le plus commenté dans la nomination, ce n’est pas un de ceux-là, c’est celui de Dominik Frodl, considéré comme le meilleur gardien d’Extraliga avec Karlovy Vary, mais longtemps négligé de façon inexplicable pour les fans tchèques de hockey (3 sélections seulement). « Pendant longtemps j’attendais chaque nomination. Au début j’étais trop jeune, ensuite j’étais trop petit et maintenant je m’inquiétais d’être trop vieux », a commenté le gardien de 30 ans qui parle de « rêve devenu réalité ».
En début de match, les Suédois se montrent plus audacieux que leur président de fédération. Ce sont eux qui marquent les premiers après une récupération de palet et un tir masqué de Filip Roos depuis la ligne bleue.

Décevants en première période, les Tchèques sortent transformés des vestiaires. Au rebond d’un lancer de Galvas, l’attaquant de Färjestad, Radim Zohorna, met un genou sur la glace pour décocher son tir et battre son coéquipier de club; le débutant Thelin. Les Tchèques dominent ce vingt médian et le premier buteur suédois Roos rate une passe derrière la cage, ce qui aboutit au 2-1 signé Matěj Stránský.
L’indiscipline tchèque compromet cette victoire qui s’annonce, avec trois pénalités (contre une) au troisième tiers-temps. Celle de Jakub Galvas dans ls cinq dernières minutes est de trop. En neuf secondes, Jack Berglund, le capitaine de l’équipe championne du monde junior en janvier sélectionné ensuite aux Mondiaux seniors, hérite d’un palet dévié et le propulse entre les bottes de Frodl.
L’entraîneur « barbare » ne s’étend pas sur son ressenti
En prolongation, la pénalité de Jacob Larsson (retenir) offre deux minutes à 4 contre 3 aux Tchèques, mais ils ne profitent pas de cette occasion en or. Au bout du compte, c’est encore l’espoir de 20 ans Jack Berglund – présent avec sa ligne sur tous les buts marqués et sur tous les buts encaissés ! – qui inscrit le pénalty vainqueur pour donner la victoire à la Suède.
Commentaires d’après-match :
Zdeněk Moták (entraîneur de la Tchéquie) : « Ce fut une première infructueuse. L’essence du sport, c’est que vous voulez gagner. Vu la performance que nous avons donnée, je ne pense pas que ce soit si mauvais. Nous avons vu l’engagement, la combativité, la dévotion et toutes les qualités du hockey moderne que nous aimerions voir. Cependant, il faut améliorer la finition. Travaillons là-dessus ! Gants et bleu de travail, et c’est parti. […] Des émotions ? Peut-être que je suis un barbare, mais j’ai essayé de me concentrer sur le match, toutes mes pensées sont allées vers lui. C’est génial d’entendre notre magnifique hymne. Sans aucun doute, ce fut une expérience, dans cette patinoire pleine. […] Nous avons déjà dit que nous voulions voir le hockey tchèque dans un contexte plus large. Pour que les équipes qui jouent en Ligue des champions aient le temps de se préparer. Nous avons décidé que les joueurs de Pardubice nous quitteraient avant le départ pour la Finlande. »
Tchéquie – Suède 2-2 (0-1, 2-0, 0-1, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Jeudi 5 novembre 2026 à 18h30 à la O2 Arena de Prague. 16 263 spectateurs.
Arbitres : Mikko Kaukokari (FIN) et Roland Gerber (SUI) assistés de Vít Lederer et Daniel Hynek (TCH).
Pénalités : Tchéquie 10’ (4’, 0’, 6’) ; Suède 4’ (2’, 0’, 2’).
Tirs : Tchéquie 33 (5, 10, 12, 6) ; Suède 25 (8, 7, 9, 1).
Évolution du score :
0-1 à 07’42” : Roos assisté de Lodin
1-1 à 21’10” : Zohorna assisté de Galvas et Blümel
2-1 à 29’36” : Stránský assisté de Smejkal
2-2 à 55’43” : Berglund (sup. num.)
Tirs au but :
Suède : Sylvegård (manqué), Lodin (réussi), Fagemo (manqué), Cederqvist (manqué), Berglund (réussi)
Tchéquie : Myšák (manqué), Tomášek (réussi), Flek (manqué), Blümel (manqué), Stránský (manqué).
République tchèque
Attaquants :
Matěj Blümel (+1) – Radim Zohorna (+1, 2’) – Filip Chlapík (+1)
Jiří Smejkal (+1) – David Tomášek (+1) – Matěj Stránský (+1, 2’)
Jakub Rychlovský – Michael Špaček (2’) – Daniel Voženílek
Jakub Flek (-1) – Jan Myšák ou Jakub Konečný (-1) – Jan Bambula (-1)
Défenseurs :
Radek Kučeřík – Jan Košťálek
Jakub Galvas (+2, 2’) – Andrej Šustr (+2)
Tomáš Galvas – Libor Zábranský (2’)
Matteo Kočí (-1) – Marian Adámek (-1)
Gardien :
Dominik Frodl
Remplaçant : Jan Bednář (G). En réserve : Pavel Čajan (G), David Moravec, Jiří Ticháček (D), Ondřej Kovařčík, Radovan Pavlík, Vojtěch Hradec, Michal Kunc (A).
Suède
Attaquants :
Rickard Hugg – Jacob de la Rose – Marcus Sylvegård (2’)
Viktor Lodin (-1) – Jack Berglund (-1) – Emil Bemström (-1)
Filip Cederqvist – Karl Henriksson – Samuel Fagemo
Isac Hedqvist – Albin Sundsvik (2’) – Jesper Frödén
Défenseurs :
Jacob Larsson (2’) – Jonathan Pudas
Gabriel Carlsson (-1) – Filip Roos (-1)
Arvid Lundberg – Pontus Johansson
Filip Johansson
Gardien :
Melker Thelin
Remplaçant : Arvid Holm (G). En réserve : Adam Ollas Mattsson (D), Fredrik Olofsson, Lucas Elvenes (A).
































