
Mais la Slovaquie est un sacré client. Pour leur premier championnat du monde à domicile l’an dernier, les Slovaques avaient été humiliés et ne s’étaient pas qualifiés pour les quarts. Cette année, ils ont gagné les matches qu’ils devaient gagner pour se qualifier et ont échoué d’un rien contre la Finlande et le Canada. Mais ils ont aussi perdu, lors de la rencontre précédente Dominik Granak et n’alignent donc que six défenseurs… soit autant que le nombre de défenseurs français qui foulent réellement la glace.

Il a l’occasion de se rattraper juste après lorsque Juraj Mikus et le buteur Bartovic se présentent seuls devant Cristobal Huet. Le portier bleu parvient à déjouer l’attaque.
Michal Sersen est ensuite sanctionné par l’arbitre pour faire trébucher. Mais sur l’engagement qui suit, Laurent Meunier met un peu trop d’enthousiasme à récupérer le palet et l’arbitre l’envoie lui aussi en prison. A quatre contre quatre, la défense se rate un peu, Kevin Hecquefeuille marche sur le palet devant le but. Branko Radivojevic n’en demandait pas temps, il tire directement, Huet écarte une première fois de la jambière mais Tomas Kopecky prend le rebond. 2-0 à 6’50. (ci-dessus)

La période se calme quelque peu après cette entame folle. Les Slovaques laissent venir et les Français ne font aucun complexe et continuent d’attaquer. Antoine Roussel utilise sa masse pour se planter devant le but et réussi à reprendre une passe ; le puck tape la barre transversale.
Grâce à un bon pressing en zone offensive, Teddy Da Costa intercepte une très mauvaise passe de Marcel Hascak, dribble Michal Sersen, tire et bat Jan Laco entre jambières ! 2-2 à 15’00.
Incroyable, menée de deux buts, la France rejoint le vestiaire à égalité, et sans que ce soit immérité, à l’image d’Alexandre Rouleau, qui en plus de son audace sur le premier but, n’a pas hésité à délivrer une belle grosse charge sur Michal Handzus, le très solide centre des San José Sharks.

Heureusement, Andrej Sekera, des Buffalo Sabres, l’imite trois secondes plus tard pour avoir fait trébucher Antoine Roussel. On a décidément du mal à se dégager à 4 contre 4, et Bliznak n’est pas loin de marquer du revers.
Sur une attaque française à quatre contre deux, Stéphane Da Costa délivre une belle passe comme la veille à Damien Fleury pendant que les deux autres joueurs entraînent la défense. Mais il n’a pas la précision de Yohan Auvitu hier pour viser les espaces libres de la cage, à moins qu’il ait choisi délibérément un tir bas en espérant que le gardien masqué ne se soit pas baissé. Les Français déroulent de très bonnes séquences offensives et la Slovaquie est dominée !

La France pourra-t-elle égaliser à nouveau ? Alexandre Rouleau, très en forme ce soir, tape la barre juste après. Les Bleus sont menés au score mais peuvent s’enorgueillir de faire jeu égal. Et à moins de vingt secondes de la deuxième pause, son courage est récompensé. Damien Fleury ne veut pas rester sur un échec, il reprend au centre, quelque peu oublié par la défense, une passe en retrait de son capitaine et marque au moment idéal. 3-3 à 39’41
De quoi recharger les batteries et regonfler le moral pour l’ultime période. La France continue de pousser mais en zone offensive, Vincent Bachet et Yorick Treille sont victimes d’une incompréhension sur qui doit s’occuper du palet. Branko Radivojevic surgit et le récupère, remonte la patinoire en deux contre un avec Tomas Kopecky. Kevin Hecquefeuille l’empêche parfaitement de faire la passe à l’ailier des Panthers de Floride, alors il prend le lancer et crucifie Cristobal Huet. 4-3 à 40’39

Le match devient fou. La dynamique est française. Le spectre de l’an dernier menace la Slovaquie, même si elle peut se contenter d’un match nul. Malheureusement, l’arbitre appelle une pénalité contre Nicolas Besch pour obstruction. Les gabarits slovaques sont trop costauds et se promènent dangereusement devant la cage, pendant que les avants français ne parviennent pas à suivre la mobilité des shooters. La sanction vient par Radivojevic qui signe un doublé grâce au colosse Michal Handzus qui masque complètement Huet. 5-4 à 50’27
La Slovaquie est dans une position confortable puisqu’elle peut se permettre d’attendre le jeu et le fait très bien. Cristobal Huet sort mais Laurent Meunier commet un cinglage qui coûte une pénalité, doublé d’un geste d’humeur qui lui coûte 10 minutes anecdotiques. Même en infériorité, Huet sort à nouveau mais la Slovaquie se dégage, elle a eu chaud ! Elle se qualifie pour les quarts de finale mais aura dû batailler dur pour cela.
Patiente, elle a laissé les Français faire le jeu et profiter de leurs erreurs, sans être exempte elle non plus de quelques erreurs défensives qui a fait vivre l’espoir chez les Bleus. Ces derniers se seront permis de rêver grâce à un grand match et auront fait rêver les supporters jusqu’au bout. La déception de ne pas être passé loin des quarts de finale ne doit pas faire oublier l’excellent parcours de l’équipe de France au cours du tournoi.

Désignés meilleurs joueurs du match : Zdeno Chara pour la Slovaquie et Antoine Roussel pour la France.
Commentaires d’après-match :
Julien Desrosiers (attaquant de la France) : « On est un peu déçus parce qu’on a eu la chance de gagner le match, mais on est quand même fiers de ce qu’on a fait, de pouvoir jouer un match comme ça. Cela aurait pu passer. Très positif que l’on puisse compter sur tout le monde dans l’équipe. Personne ne nous attendait là, même nous, on est un peu surpris. Les Slovaques ont été patients pendant le match, ils ont joué comme ça tout le tournoi. On a rêvé un peu, c’est passé vraiment proche. »
Miroslav Satan (attaquant de la Slovaquie) : « Je ne pense pas que c’était notre meilleur match. On était nerveux. On ne s’attendait pas à ce que la France soit à ce niveau. Quand on a vu le calendrier avant le tournoi, on pensait que ce serait l’un des matches les plus faciles. Ce n’était pas le cas. C’était un match tendu. Mais je suis content qu’on l’ait bien géré. Les deux équipes jouaient leur dernier match pour avoir une chance d’être en play-off. Le Canada s’est amélioré et nous aussi. Je m’attends à un meilleur match des deux côtés après 7 matches chacun. »

[À propos du but d’Antoine Roussel] Je vois que tout le monde revient à la cage et quand ça se passe comme ça, le gars qui est vraiment loin qui vient de faire la passe, ils l’oublient tous, surtout au second poteau quand personne ne le voit derrière. Je l’ai vu et j’ai été le seul à le voir. »
Cristobal Huet (gardien de la France) : « Je ne suis pas très content de mon match. On a joué vraiment avec eux. À la fin, on marque 4 buts et on ne gagne pas, on a de quoi être déçus. On gardera un bon souvenir du tournoi, en arrivant ici, on ne savait pas trop où se positionner et il y a pas mal de jeunes qui jouent vraiment bien mais avec des rôles différents en club. On a appris à jouer ensemble pendant le tournoi, créer un groupe et jouer au palet. [Michal Handzus] a l’habitude, je lui ai dit après le match. S’il y a un gars comme ça devant la cage, c’est vrai que les shoots ne devraient pas partir si facilement de la pointe. Quand on joue à quatre, c’est ce qu’il faut éviter. On est encore assez passifs. Ils ont pris 2 shoots de la ligne bleue quand lui était bien placé. »
Michal Handzus (attaquant de la Slovaquie) : « Mes coéquipiers savaient que je serais garé là. Je leur avais dit de shooter haut. Parfois, je n’essaye même pas de toucher le palet car la plupart des gardiens on un style papillon aujourd’hui. Quand ils voient un tir, ils se baissent alors le haut de la cage est ouvert. Ils ont fait du bon boulot. C’est dur de me bouger évidemment. Parfois certaines équipes essayent de te dégager, d’autres essayent de jouer la ligne de tireurs en les empêchant de tirer. Ils ont essayé de faire ça mais nos tireurs étaient meilleurs. »
Vladimir Vujtek (entraîneur de la Slovaquie) : « C’était une bataille. Nous voulions vraiment aller en quarts et nous avions déjà 12 points mais nous n’étions pas sûrs encore de nous qualifier. C’était un match très dur, on a pris l’avantage. La France a bien joué. »
Dave Henderson (entraîneur de la France) : « On espérait vraiment créer une surprise ce soir. On prend un mauvais départ. Je félicite la Slovaquie et particulièrement mon équipe. On va continuer de travailler pour atteindre le top 8. On accroche la neuvième place, c’est excellent. On est déçus aujourd’hui parce qu’on croyait vraiment qu’on pouvait accrocher le quart de finale. C’était de toute façon un très beau match de hockey pour tous ceux qui regardaient. Le bilan du tournoi est très positif. Un progrès offensif qu’on n’a pas vu depuis un long moment. On doit encore progresser pour tuer les punitions et se préparer pour la qualification olympique au mois de février. […] Avec les nouvelles règles, on ne peut pas pousser Handzus, sinon on prend deux minutes pour obstruction. Quand il arrive en premier, il est installé. Cristo ne voit pas le palet sur deux buts. C’est un gros gabarit, c’est difficile de le dégager sans faire obstruction. On a marqué 2 ou 3 buts comme ça aussi avec Yorick ou Teddy Da Costa devant la cage l’autre soir. Ce soir, notre problème, c’est qu’on n’a pas vraiment eu de jeu de puissance pour marquer sur une de ces phases-là, où on a eu du succès à ces championnats du monde, dans les 30 %, ce qui est exceptionnel, on n’a jamais eu ça. «
Slovaquie – France 5-4 (2-2, 1-1, 2-1)
Mardi 15 mai 2012 à 16h15 à la Hartwall Areena de Helsinki. 7 481 spectateurs.
Arbitrage de Antonin Jerabek (TCH) et Brent Reiber (SUI) assistés Sirko Schulz (ALL) et Jesse Wilmot (CAN).
Pénalités : Slovaquie 4′ (2′, 2′, 0′) ; France 10’+10′ (2′, 4′, 4’+10′).
Tirs : Slovaquie 29 (9, 14, 6) ; France 28 (10, 10, 8).
Évolution du score :
1-0 à 02’36 » : Bartovic assisté de Bliznak et Sekera
2-0 à 06’50 » : Kopecky assisté de Radivojevic
2-1 à 07’11 » : Treille assisté de Rouleau et Desrosiers
2-2 à 15’00 » : T. Da Costa
3-2 à 35’26 » : Handzus assisté de Chara et Sekera (sup. num.)
3-3 à 39’21 » : Fleury assisté de Meunier
4-3 à 40’39 » : Radivojevic
4-4 à 45’17 » : Roussel assisté de S. Da Costa
5-4 à 50’27 » : Radivojevic assisté de Sekera (sup. num.)
Slovaquie
Gardien : Ján Laco.
Défenseurs : Ivan Baranka (+1) – Andrej Sekera (2′) ; Zdeno Chára (C) – Michal Sersen (-2, 2′) ; Tomáš Starosta – René Vydarený (-1).
Attaquants : Branko Radivojevič (+1) – Michal Handzuš (A, -1) – Tomáš Kopecký (+2) ; Miroslav Šatan (A, -2) – Libor Hudáček – Tomáš Surový (-1) ; Tomáš Tatár (-1) – Juraj Mikúš (-1) – Michel Miklík ; Marcel Haščák – Mário Bližňák (+1) – Milan Bartovič (-1).
Remplaçants : Peter Hamerlík (G). Non-utilisés : Július Hudáček (G), Kristián Kudroč (D, blessé au dos), Marek Hovorka, Marcel Hossa (blessé), Dominik Graňák (blessé).
France
Gardien : Cristobal Huet.
Défenseurs : Vincent Bachet (A, -2) – Kevin Hecquefeuille (-3) ; Baptiste Amar (+2) – Alexandre Rouleau (+3) ; Yohann Auvitu – Nicolas Besch (2′) ; Maxime Moisand – Antonin Manavian.
Attaquants : Julien Desrosiers – Laurent Meunier (C, 6’+10′) – Yorick Treille ; Stéphane Da Costa – Pierre-Édouard Bellemare (A) – Loïc Lampérier ; Charles Bertrand (+1)- Brian Henderson (+1) – Antoine Roussel (+2) ; Damien Raux (-1) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (2′).
Remplaçant : Fabrice Lhenry (G). Absents : Florian Hardy (G), (en réserve), Sacha Treille (suspendu), Anthony Guttig (commotion).







































