Grenoble en avait envie

Les Dragons sont de leur côté à la lutte avec Briançon pour décrocher la deuxième place. Après une élimination en demi-finale de coupe de France et la perte de son titre en finale de la Coupe continentale, Rouen repousse désormais tous ses objectifs sur la Ligue Magnus. Mais si les Dragons n’ont pas les mêmes préoccupations que leurs adversaires, leur qualification directe étant acquise, ils ont eu un parcours pour le moins chaotique en ce mois de janvier très chargé, alternant la semaine dernière le très bon (victoire dimanche dernier à Briançon 4-2) et le mauvais (défaite mardi dernier à Morzine 7-3). Et ce n’est pas la poussive victoire après prolongation contre Gap samedi (4-3) qui doit les rassurer. Lhenry et Åkerman sont toujours à l’infirmerie.

Arbitrage à quatre pour ce match de gala, et une nouveauté avec un casque rouge porté par le meilleur marqueur des Brûleurs de Loups, Mike Vaskivuo. Les Dragons attaquent la rencontre avec plus de conviction et il faut tout le brio de Raibon pour éviter le pire dans les deux premières minutes. Le portier grenoblois doit notamment s’opposer à deux tirs du revers à bout portant de Gutierrez, alors que la défense grenobloise, très passive en ce début de match, ne parvenait pas à se dégager. Grenoble réplique par Joris Bedin qui déborde sur l’aile droite et teste Sebastian Ylönen. Puis c’est au tour de Tartari d’être à deux doigts de marquer sur une action dangereuse en zone offensive. Même si le jeu s’équilibre, Rouen reste plus dangereux par Stefanka puis sur un lancer de près de François-Pierre Guénette qui avait pu s’avancer sans difficulté mais Raibon était sur la trajectoire.

Ce but en infériorité numérique ne fait pas particulièrement réagir les Dragons et la rencontre tombe dans un faux rythme avec beaucoup de mauvaises passes côté rouennais. Une pénalité (elle aussi très sévère) est appelée contre Julien Desrosiers pour une charge sur Matthieu Le Blond. Grenoble peut donc terminer tranquillement le tiers en supériorité numérique, préservant ainsi son avantage d’un but au tableau d’affichage.

Une grossière obstruction de Vaskivuo sur Stefanka complique un peu plus les affaires grenobloises mais dès l’engagement Rouen se met en danger en laissant partir Le Blond en échappée. Ylönen parvient cette fois à éviter un deuxième but encaissé en infériorité numérique. Julien Desrosiers, très actif sur le power-play trouve le poteau extérieur de Raibon. Malgré un jeu de puissance bien installé, Rouen ne trouve pas la faille dans la muraille Raibon. Puis c’est au tour de Grenoble d’évoluer en supériorité numérique après une prison de Guénette. Mais les Brûleurs de Loups mettent trop de temps à s’installer pour pouvoir réellement inquiéter Ylönen. Et sur une simple contre-attaque rouennaise, un lancer du poignet de David Fredriksson entre la ligne rouge et la ligne bleue trompe inexplicablement Raibon qui voit le palet passer au–dessus de sa mitaine (1-1, 30’55 »).

Ce n’est pas terminé car les Isérois, euphoriques, continuent leur pressing sur la cage adverse. Arrossamena récupère à la ligne bleue un palet mal dégagé par la défense rouennaise et tire directement à la cage : Ylönen fait l’arrêt mais laisse un rebond pour Mathieu Briand, laissé étrangement seul. Il ne se fait pas prier pour marquer et donner deux buts d’avance à son équipe (3-1, 32’44 »). Rodolphe Garnier, dépité, demande immédiatement un temps mort pour recadrer ses troupes. Rouen repart à l’offensive mais bute sur une défense grenobloise bien regroupée. Mais Dusseau se fait pénaliser pour une crosse haute et la pression se fait plus forte sur la cage de Raibon. Finalement, Grenoble s’en sort et de retour à cinq contre cinq, aurait même pu corser l’addition en fin de tiers sur des occasions de Dusseau puis McGrane.

Il faut une belle glissade d’Antonoff pour donner une occasion de but à Rouen, mais Salmivirta n’arrive pas à en profiter, pas plus que Ouimet sur le contre qui suit. Une charge de Stefanka sur Joffre complique un peu plus les affaires de Rouen, obligé d’évoluer pendant deux minutes en infériorité. Grenoble pousse pour faire définitivement la décision, mais malgré quelques chaudes alertes autour de la cage d’Ylönen, le score n’évolue pas. Joris Bedin manque une belle occasion tout seul en break mais encore une fois Ylönen sort le grand jeu. Les deux gardiens font d’ailleurs le spectacle dans ce dernier tiers car Raibon n’est pas en reste avec un bel arrêt devant Fredriksson. Étonnamment, Rouen n’arrive pas à contrôler le palet dans les dernières minutes. La sortie d’Ylönen permettra aux Dragons de jouer le tout pour le tout… sans grande conviction. Rouen repart défait et frustré, à l’image de Desrosiers qui s’accroche avec Le Blond au moment de la poignée de main finale.

Les Rouennais n’y étaient vraiment pas ce soir. Dans la lignée de leur déplacement catastrophique à Morzine il y a une semaine, ils ont de nouveau chuté dans les Alpes après avoir laborieusement battu Gap à domicile. Très mal organisés en supériorité numérique, ils n’ont jamais donné l’impression de vraiment vouloir la victoire. Leur égalisation est plus que chanceuse, et même s’ils sont tombés sur un très bon Raibon, ils ont aussi été sauvés à de nombreuses reprises par un Sebastian Ylönen très efficace. Et contrairement à leur habitude, ils n’ont pas su profiter des erreurs adverses. À part Desrosiers, trop de joueurs ont été très discrets offensivement. On peut penser que la trêve qui s’annonce fera le plus grand bien à des Rouennais sans doute émoussés physiquement par les déplacements à répétition. Mais leur objectif de décrocher la deuxième place semble s’éloigner ce soir…
Désignés meilleurs joueurs du match : Mike Vaskivuo (Grenoble) et Juraj Stefanka (Rouen)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré et TéléGrenoble) :
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : «Il nous la fallait absolument. On devait chercher deux points pour rester dans la course, c’était un match de play-offs avec de l’intensité. Pendant soixante minutes, mes joueurs ont fait les petits détails. Il y a eu des erreurs ici ou là mais l’application et l’intensité étaient très bonnes. Il fallait rebondir avant la trêve et on l’a fait. C’est un match révélateur pour nous, si on continue à jouer comme ça jusqu’à la fin, c’est encourageant. On sait qu’en jouant en équipe, quand tout le monde apporte de l’énergie pour l’équipe, on est capable de faire quelque chose. »
Romain Gutierrez (attaquant de Rouen) : « Ça n’a pas marché, on a eu un manque de réussite devant la cage. On a eu quelques occasions mais on n’a pas su les mettre dedans. Le gardien a fait un très bon match côté grenoblois et les Grenoblois ont été très bons côté défensif et c’est pour ça qu’ils ont gagné ce soir. Nous, on était un peu fatigué avec les voyages, on ne va pas mettre ça sous le coup de la fatigue mais on était moins en jambes que d’habitude. On cherche la deuxième place, on avait besoin d’une victoire mais malheureusement on ne l’a pas eue. On va rester troisième et il faut voir les prochains matchs.»
Nicolas Arrossamena (attaquant de Grenoble) : «Très belle victoire, on est vraiment content. C’est une vraie victoire d’équipe. Tout le monde a rempli son rôle, s’est senti concerné par la victoire. On a bien maîtrisé la zone neutre et su imposer notre défi physique. C’est un match plein, vraiment bon pour le moral. Maintenant il faut rester concentré. On va savourer et on va essayer avec toute cette belle ambiance et cette bonne humeur de construire pour finir cette saison et commencer à faire de gros play-offs.»
Nicolas Antonoff (défenseur de Grenoble) : « On a eu une bonne réunion d’équipe hier. On s’est dit les choses. Notamment qu’il fallait être solidaires. Avant, quand on faisait une erreur, on baissait tous la tête. Là, on a encouragé Seb. »
Grenoble – Rouen 3-1 (1-0, 2-1, 0-0)
Mardi 29 janvier 2013 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3200 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni et Alexandre Bourreau assistés de Mathieu Barbez et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 12′ (4′, 4′, 4′), Rouen 8′ (4′, 2′, 2′)
Tirs cadrés : Grenoble 30 (11, 9, 10), Rouen 22 (5, 11, 6)
Évolution du score :
1-0 à 13’09 » : Vaskivuo assisté de McGrane et Dusseau (inf. num.)
1-1 à 30’55 » : Fredriksson assisté de Thinel et Guénette
2-1 à 31’17 » : Tartari assisté de Le Blond et Ouimet
3-1 à 32’44 » : Briand assisté de Arrossamena et Antonoff
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon
Défenseurs : Jason Crossman (A) – Sylvain Dufresne ; Nicolas Antonoff – Kévin Dusseau (2′) ; Maxime Suzzarini ; Kévin Martenon.
Attaquants : Francis Desrosiers – Ed McGrane (2′) – Mike Vaskivuo (2′) ; François Ouimet (2′) – Christophe Tartari (2′) – Mathieu Le Blond ; Julien Baylacq (C) – Mathieu Briand – Nicolas Arrossamena (2′) ; Joris Bedin – César Joffre ; Sébastien Delemps.
Remplaçants : Rodolphe Brunetti (G). Absents : Antoine Bonvalot, Baptiste Amar (grippe), Jordan Perret (fracture du pied), Luc Tardif Jr (déchirure musculaire à la cuisse).
Rouen
Gardien : Sebastian Ylönen (sorti de 58’55 » à 59’23 » et de 59’40 » à 60’00 »)
Défenseurs : Andrej Tavzelj – Raphaël Faure ; Miroslav Durak – Lauri Lahesalu ; Léo Guillemain – Jonathan Janil (2′).
Attaquants : David Fredriksson – François-Pierre Guénette (2′) – Marc-André Thinel ; Julien Desrosiers (2′) – Éric Castonguay – Ilpo Salmivirta ; Romain Gutierrez – Loup Benoît – Juraj Stefanka (2′) ; Anthony Rech.
Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Mathieu Chevalier, Maxime Pilote-Griet, Florent Aube. Absents : Fabrice Lhenry (adducteurs), Johan Åkerman (genou), Dimitri Thillet.





































