
L’Autriche aimerait bien saisir la chance qui lui est offerte, mais certains supporters au naturel inquiet préfèreraient qu’elle tire une croix dessus et ne se consomme pas trop avant l’échéance fondamentale de demain face à la France. Tout donner ? En garder sous le pied ? Tel est le dilemme de la troupe de Manny Viveiros.
On débute par un round d’observation. Normalement, ça signifie qu’on se jauge en essayant de ne pas commettre d’erreurs. C’est ce qu’oublie Bobby Butler, auteur d’une passe douteuse dans l’axe en zone défensive, que ne peut contrôler Drew LeBlanc : un véritable cadeau fait aux Autrichiens. Thomas Hundertpfund délivre le palet à Manuel Latusa qui marque en lucarne (0-1).

Le match n’a pas vraiment démarré et les États-Unis comptent deux buts de retard. Il en faut apparemment plus pour les inquiéter car ils restent assez attentistes. Ils ont raison, il suffisait d’attendre que Baumgartner commette un cinglage. Cette première pénalité autrichienne dure exactement douze secondes : le temps qu’il faut à Justin Faulk pour envoyer un missile de la ligne bleue, et à David Moss pour enfiler le rebond entre les bottes du gardien (1-2).
La première pénalité américaine – une crosse haute maladroite de Thompson en zone offensive – est en revanche tuée assez aisément, les défenseurs protégeant la vue de leur gardien. L’Autriche finit la période à quatre car Herburger a retenu Stapleton en entrée de zone, mais elle conserve son but d’avance à la pause.

La troisième ligne américaine (Butler-LeBlanc-Stapleton), celle-là même qui était coupable du premier but, se rachète dans cette deuxième période par deux bonnes présences installées en zone offensive. La seconde est magistrale de conservation de palet dans les bandes, et cette longue séquence de cycling use les Autrichiens, d’autant que, contrairement aux attaquants, les deux défenseurs Martin Schuming et Robert Lukas n’ont pas pu changer au début de l’action. Ils sont sur la glace depuis 109 secondes, une présence bien trop longue pour leurs jambes… Le clap de fin est inéluctable : depuis la bande droite, Justin Faulk met le palet à la cage, et Starkbaum laisse un rebond dans l’axe qu’exploite Tim Stapleton (3-2).
La résistance autrichienne semble décliner au fil des minutes. Le trio Iberer-Schuller-Welser abandonne la lutte devant le banc pour changer de ligne, et la quatrième ligne américaine en profite pour partir à 3 contre 2 ! Il est mené impeccablement : Nick Bjugstad va droit à la cage, et Danny Kristo passe en retrait pour Aaron Palushaj dans le cercle gauche (4-2). Manny Viveiros appelle aussitôt son temps mort, il sent que son équipe est en souffrance.

Le doute sur l’issue du match ne dure guère. En supériorité numérique, Erik Johnson se positionne dans le cercle droit et envoie un slap dans le haut du filet (5-3). Ce doublé va remettre en confiance le défenseur, qui avait fait chou blanc cette saison en NHL ! Il faut dire que son one-timer n’avait jamais été utilisé de la sorte en powerplay avec l’Avalanche du Colorado, ce qui est d’autant plus curieux car son coach était le même qu’en équipe des États-Unis. Il n’est jamais trop tard pour changer d’avis ! Quoique pour Colorado, il soit trop tard, puisqu’ils ont décidé dimanche dernier qu’ils ne reconduiraient pas Sacco.
Le troisième tiers-temps est essentiellement composé de possessions américaines en zone offensive, mais elles mettent moins à mal l’Autriche que lors de la période précédente. La proximité du banc est une explication, mais c’est aussi parce que les défenseurs américains ont dû mal à fermer la ligne bleue et relâchent ainsi la pression. Il en résulte aussi quelques contre-attaques autrichiennes. Les deux équipes ont entériné le résultat et ne forcent plus vraiment.

L’Autriche n’a pas paru meilleure que la France dans le repli défensif de ses avants, elle a en revanche été assez habile en jeu de transition pour obtenir plusieurs breakaways. Mais la vue de ce match laisse de bons espoirs aux Français, qui auront normalement le dessus dans les duels sur cet adversaire. Starkbaum n’a pas été si « stark » que ça pour un gardien d’Elitserien.
Reste l’éventuelle influence de Vanek, qui n’en a eu aucune sur ce match (hormis un breakaway manqué), mais dont il faut se méfier : la star a en effet joué tout juste quinze minutes, Viveiros ayant fait tourner ses quatre lignes de manière parfaitement équilibrée. Une manière intelligente d’économiser tout le monde, et qui signifie très clairement que l’Autriche a gardé des cartouches et des plans en réserve pour la grande bataille de demain… Le rythme n’ayant pas été exceptionnel, elle a certainement conservé assez de forces pour le match contre la France.
Désignés joueurs du match : Paul Stastny pour les États-Unis et Daniel Welser pour l’Autriche.
États-Unis – Autriche 5-3 (1-2, 4-1, 0-0)
Samedi 4 mai 2013 à 12h15 à la Hartwall Arena de Helsinki. 8202 spectateurs.
Arbitrage de Morgan Johansson (SUE) et Aleksi Rantala (FIN) assistés de Petr Blümel (TCH) et Ivan Dedioulia (BLR).
Pénalités : États-Unis 2′ (2′, 0′, 0′), Autriche 6′ (4′, 2′, 0′).
Tirs : États-Unis 29 (9, 14, 6), Autriche 21 (12, 7, 2).
Évolution du score :
0-1 à 04’58 » : Latusa assisté de Hundertpfund
0-2 à 05’38 » : Welser assisté de M. Iberer
1-2 à 10’02 » : Moss assisté de Faulk et Stastny (sup. num.)
2-2 à 23’38 » : E. Johnson assisté de Bjugstad et Kristo
3-2 à 29’31 » : Stapleton assisté de LeBlanc et Faulk
4-2 à 30’57 » : Palushaj assisté de Kristo et Bjugstad
4-3 à 33’21 » : Schuller assisté de Peintner et R. Lukas
5-3 à 38’32 » : E. Johnson assisté de McBain et LeBlanc (sup. num.)
États-Unis
Gardien : Ben Bishop.
Défenseurs : Matt Carle (A) – Justin Faulk (+1) ; Matt Hunwick (+1) – Erik Johnson (+1) ; Chris Butler (-1) – Jacob Trouba (-1) ; Jamie McBain – Jeff Petry (-1).
Attaquants : David Moss (-1) – Paul Stastny (C, -1) – Craig Smith ; Ryan Carter (-1) – Nate Thompson (A, 2′) – Stephen Gionta (-1) ; Bobby Butler – Drew LeBlanc (+1) – Tim Stapleton ; Aaron Palushaj (+1) – Nick Bjugstad (+1) – Danny Kristo (+1).
Remplaçant : John Gibson (G).
Autriche
Gardien : Bernhard Starkbaum.
Défenseurs : Thomas Pöck – André Lakos ; Florian Iberer (-1) – Gerhard Unterluggauer (-1) ; Robert Lukas (+1) – Martin Schumnig ; Mario Altmann – Sven Klimbacher (+1).
Attaquants : Matthias Iberer – David Schuller (+1) – Daniel Welser (A, +1) ; Thomas Vanek (A) – Thomas Koch (+1) – Michael Raffl ; Markus Peintner (-1) – Daniel Oberkofler (-2) – Raphael Herburger (-1, 2′) ; Manuel Latusa – Thomas Hundertpfund (2′) – Gregor Baumgartner (+1, 2′).
Remplaçant : René Swette (G).









































