
Depuis son retour dans l’élite il y a cinq ans, la France a toujours gagné le match qu’il fallait. Les années impaires, celle où elle aurait pu croiser la route d’une Autriche abonnée à l’ascenseur, elle s’est épargnée de devoir l’affronter en gagnant le dernier match de poule, face à l’Allemagne en 2009 et face au Bélarus en 2011. Mais aujourd’hui, plus d’évitement. On saura enfin si les Français sont effectivement plus forts que cette Autriche au potentiel d’élite inabouti, sans doute l’équipe la plus susceptible de la supplanter dans la hiérarchie mondiale.

La nouvelle troisième ligne enchaîne immédiatement : un très gros travail de Brian Henderson et Antoine Roussel dans le coin aboutit à une passe en retrait pour Teddy Da Costa dans le cercle gauche, qui tire en pleine lucarne (2-0, 04’17 »). Que demander de mieux ? Le seul regret, c’est que l’organisation finlandaise n’ait rien trouvé d’autre que Allumer le feu de Johnny Hallyday pour sonoriser les buts français…

Les deux équipes se sont écroulées en deuxième période à leur premier match, un syndrome qui naît généralement de présences trop longues liées à l’éloignement du banc. C’est malheureusement la France qui se fait piéger la première de cette façon. Brian Henderson ne passe pas la rouge avant d’envoyer le palet au fond, et le dégagement interdit sifflé oblige la troisième ligne à rester sur la glace. Sur l’engagement, Markus Peintner tire sur la barre. La France réplique quand un dégagement du revers de Lakos est contré par Bellemare : Fleury se retrouve donc dans l’axe face à Starkbaum, qui arrête de la mitaine.

Il n’y a pas grand-chose à craindre des Autrichiens tant qu’on ne leut fait pas de cadeau, comme l’avaient fait les Américains en début de match. Or, un palet perdu en zone offensive permet justement à Raphael Herburger de s’échapper, mais il échoue dans les bottes de Huet (photo de gauche). Les contre-attaques sont équitablement réparties puisque Charles Bertrand tire sur le poteau. Puis, pendant que les Autrichiens réclament une faute de Manavian (qui a effectivement retenu le bras de Vanek), Julien Desrosiers s’échappe dans le dos d’Altmann. Malgré le retour d’Unterluggauer, le Rouennais signe un tir croisé parfaitement exécuté à mi-hauteur, côté mitaine (3-0). Dans la dernière minute du deuxième tiers-temps, Thomas Vanek file à son tour en breakaway, mais sa tentative frappe également le poteau.

Laurent Meunier vole le palet à Thomas Pöck en zone neutre et s’échange le palet avec Yorick Treille à 2 contre 0… mais le tir du capitaine français touche le haut de la jambière de Starkbaum, restée en position pour couvrir le bas de la cage. Pire, Yorick Treille retient Koch derrière la cage et prend une pénalité sur l’action.

Engloutie en début de match, l’Autriche a pu se rendre compte de ce qui lui manquait pour rivaliser physiquement au niveau international. Certains joueurs ont ensuite haussé le ton, avec notamment de grosses mises en échec signées David Schuller, mais elle n’a jamais réussi à renverser le jeu dans un match où les attaques étaient peu en réussite (deux poteaux de chaque côté). Longtemps préservé, Thomas Vanek s’est vu confier les clés au troisième tiers-temps où il a passé près de dix minutes sur la glace, mais il a toujours gardé une attitude individualiste qui l’empêche de vraiment améliorer le collectif autrichien.

Désignés joueurs du match : Cristobal Huet pour la France et Thomas Hundertpfund pour l’Autriche.
Commentaires d’après-match :
Cristobal Huet (gardien de la France) : « Ils ont mis un peu de temps à se mettre en route et on fait une très bonne première période. J’ai eu quelques tirs mais pas très dangereux, ça m’a bien mis dedans. On a limité les erreurs et corrigé ce qu’on avait mal fait par rapport au premier match. Je ne suis pas sûr que les Autrichiens étaient inférieurs à nous. »
Julien Desrosiers (attaquant de la France) : « On a commencé de la bonne façon. Il fallait absolument les battre pour la suite. Cela enlève un petit peu de pression pour la suite. Cristo a fait des gros arrêts, il a été solide. Les gars ont fait un gros travail en zone défensive, ils étaient tous crevés et moi j’attendais dans l’enclave le bon moment, j’avais encore du jus et j’ai anticipé le défenseur quand j’ai vu le palet rebondir et je suis parti en un contre un, j’ai fait une feinte et ça rentre. On joue contre les premières lignes des autres équipes, il faut qu’on se concentre bien sur le jeu défensif. On peut pas se permettre de tricher contre Vanek, il faut toujours le garder à l’oeil. On a vu qu’il pouvait faire la différence à lui tout seul. »

Mon message sur le repli défensif à été bien reçu par les joueurs. On a vu que le troisième homme était haut, que le repli était plus en place. Et avec un troisième homme haut, on marque deux buts dans le premier tiers-temps. On n’a pas joué que défensif, et ça a ouvert des espaces qu’on n’avait pas contre les Slovaques. […]
Pi-Ed a pris le palet sur l’extérieur du genou droit, mais ça devrait aller. Il a souffert, joué sur une jambe. C’est un guerrier. C’est un gagnant. Trois années de suite en finale en Suède, ce n’est pas pour rien. C’est comme Meunier. Des guerriers. […]
Damien Fleury a pris en vitesse et surtout s’est amélioré dans les combats dans les bandes. Avant il ne passait pas, maintenant il est capable d’aller dans un combat et passer. C’est difficile de l’arrêter, même sur une mise en échec. Il a passé un cap. […]
Une partie de notre évaluation d’un joueur, c’est son fighting spirit. Ceux qui s’arrachent pour l’équipe. C’est un critère énorme pour nous. On n’a pas le talent pour lutter contre les équipes d’un meilleur niveau. Et les équipes de notre niveau, ce qu’on a en plus, c’est le coeur. Les joueurs se battent à chaque fois, qu’ils montent 15 fois ou 1 fois sur la glace en match. Ça ne peut pas être autrement. n’est pas monté en groupe A avec une équipe plus talentueuse que les autres, on est monté avec une équipe qui avait plus de courage. Pour y rester il fallait garder ce courage. Aujourd’hui, on a été malmenés à partir d’un certain moment, mais les gars se mettaient sur les lancers. Ils ne pensaient pas à eux, ils pensaient à l’équipe. À l’image de notre capitaine, et c’est comme ça qu’on voit pour continuer à avancer avec le hockey français. On voit de plus en plus de talent, mais ces gars talentueux ont gardé du courage. »
France – Autriche 3-1 (2-0, 1-0, 0-1)
Dimanche 5 mai 2013 à 11h15 à la Hartwall Arena de Helsinki. 3471 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano (TCH) et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Petr Blümel (TCH) et Sirko Hunnius (ALL).
Pénalités : France 4′ (2′, 0′, 2′), Autriche 4′ (0′, 4′, 0′).
Tirs : France 26 (10, 11, 5), Autriche 36 (14, 9, 13).
Évolution du score :
1-0 à 03’36 » : Fleury
2-0 à 04’17 » : T. Da Costa assisté de A. Roussel et Henderson
3-0 à 37’10 » : Desrosiers assisté de Meunier
3-1 à 47’23 » : Vanek assisté de Peintner et Pöck
France
Gardien : Cristobal Huet.
Défenseurs : Yohann Auvitu (+1) – Antonin Manavian (+1) ; Vincent Bachet – Kévin Hecquefeuille ; Jonathan Janil (+1) – Nicolas Besch (+1).
Attaquants : Julien Desrosiers (+1) – Laurent Meunier (C) – Yorick Treille (2′) ; Damien Fleury (+2) – Pierre-Édouard Bellemare (+1) – Sacha Treille (+1) ; Brian Henderson – Antoine Roussel (+1) – Teddy Da Costa (2′) ; Tim Bozon – Damien Raux – Charles Bertrand ; Anthony Guttig [une présence].
Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Maxime Moisand.
Autriche
Gardien : Bernhard Starkbaum [sorti à 57’28 »].
Défenseurs : Thomas Pöck (+1) – André Lakos (+1) ; Robert Lukas (-1) – Martin Schumnig (-1) ; Florian Iberer (-1) – Gerhard Unterluggauer (-2) ; Mario Altmann (-1) – Sven Klimbacher.
Attaquants : Michael Raffl – Thomas Koch (-1) – Thomas Vanek (A, -1) ; Matthias Iberer (-1) – David Schuller (-1) – Daniel Welser (A, -1) ; Manuel Latusa – Thomas Hundertpfund – Gregor Baumgartner ; Markus Peintner – Daniel Oberkofler – Raphael Herburger (-1).
Remplaçant : René Swette (G).








































