
Rouen, qui a abordé invaincu la finale de Coupe Continentale, y a démontré tout autant une capacité d’exploit intacte, en battant une formation de KHL le dernier jour, que des lacunes manifestes dans le comportement défensif. Le coach Rodolphe Garnier regrettait le manque de temps pour s’entraîner du fait du calendrier très serré, mais le rythme n’a guère ralenti. Le week-end européen s’est achevé il y a deux semaines, et les Dragons ont joué quatre rencontres de Ligue Magnus dans l’intervalle. Alors qu’ils avaient tout gagné jusque là, ils ont perdu deux fois de suite à la surprise générale contre des équipes de bas de tableau (Caen et Gap) avant de renouer avec la victoire cette semaine à Strasbourg et face à Dijon. Ce dernier match, le RHE n’a pas souhaité l’avancer pour privilégier la récupération en championnat. Les Dragons sont-ils rétablis ?

Les deux équipes ont donc grandement besoin de ce trophée, pour son prestige mais aussi pour leur confiance. Chacune des deux formations a déjà remporté cette Coupe de France. Dans le cas de Rouen, déjà trois fois battu à Bercy, le seul succès a été acquis quand les Dragons ont fait face à Angers, qui garde toujours un petit complexe contre les Normands.

Deux minutes plus tard, Miroslav Guren est pénalisé pour un retard de jeu, et les Angevins obtiennent la première supériorité numérique. Un tir non cadré frappe le fond de la balustrade, le gardien Fabrice Lhenry a donc quitté sa position, et Braden Walls remet en retrait dans le slot où Jonathan Bellemare convertit de près (2-0, 06’18 »).

Angers presse bien mieux que son adversaire dans ce premier tiers-temps et se procure les actions les plus dangereuses en fin de période : Lhenry capte notamment un tir du cercle droit de Skinnars, servi à douze secondes de la sirène par un grattage dans la bande de son capitaine Bellemare. Chaque vétéran angevin semble décidé à travailler pour mettre à cette malédiction rouennaise qui les ronge.

Au retour à cinq contre cinq, les offensives rouennaises se font de plus en plus menaçantes. À 31’32 », alors qu’une pénalité différée est déjà signalée pour un cinglage de Crowder, Johan Skinnars fait trébucher Antonin Manavian – qui force son plongeon – à l’entrée de la zone neutre : deux minutes à 5 contre 3 pour Rouen ! Elles s’achèvent dans un bruit assourdissant des supporters angevins qui fêtent l’incroyable résistance de leur équipe face au siège imposé par les Normands. S’appuyant sur un Hardy infranchissable sous la mitraille et auteur de bons déplacements latéraux, les Ducs se mettent vraiment à croire que leur heure est enfin venue.

Il faut néanmoins encore passer par quelques frissons au troisième tiers-temps. Notamment ce centre de Faure pour Rech dans le slot, pour un nouvel arrêt de Hardy à bout portant (45’28 »). Lampérier prend sa seconde pénalité de la rencontre pour une charge incorrecte en protégeant sa cage, et une extrême confusion règne pendant cette supériorité numérique angevine : le gardien et la défense sont couchés, le palet ricoche par dessus eux et semble devoir retomber dans le filet, mais Rech plonge en arrière pour l’enlever du gant juste avant la ligne. Un tir de pénalité a été sifflé sur cette action, mais Jonathan Bellemare le rate en s’embarquant dans une feinte vaine à laquelle Lhenry n’a jamais paru se laisser prendre.

Skinnars se fait cependant sanctionner pour retard de jeu pendant la supériorité numérique, une dernière chance saisie par Garnier qui utilise son temps mort et sort son gardien. Les Dragons commencent par s’installer à six contre cinq, mais la déviation dans le slot de Julien Desrosiers passe à côté du cadre. Angers se dégage ensuite sous les vivas, et les dernières tentatives rouennaises, de plus en plus désespérées sont écartées avec maîtrise par Florian Hardy. Pour couronner le tout, Henderson envoie un dernier dégagement vers la cage vide (0-4, 59’32 »).
Après tant d’années de frustration face à l’ogre rouennais, Angers obtient enfin sa consécration, en communion devant son public. Mentalement libérés par un début de match favorable, les Ducs ont produit leur jeu et se sont appliqués de plus en plus à défendre, mis en confiance par leur gardien. Si certains accusaient la saison passée Florian Hardy de fébrilité dans les grandes occasions, plus personne ne doute de lui cette saison. Depuis France-Russie, il a pris une autre dimension pour devenir le prochain gardien titulaire promis à l’équipe de France. Un jalon de plus pour lui : il a signé cet après-midi le premier blanchissage de l’histoire de la finale de Coupe de France.
Désigné meilleur joueur de la finale : Florian Hardy (Angers).
(photos de Christophe Delaville)
Rouen – Angers 0-4 (0-2, 0-0, 0-2)
Dimanche 26 janvier 2014 à 15h00 au Palais Omnisports de Paris-Bercy. 13357 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni et Damien Bliek assistés de Mathieu Loos et Matthieu Barbez.
Pénalités : Rouen 14′ (2′, 6′, 6′) ; Angers 14′ (4′, 6′, 4′).
Tirs : Rouen 46 (9, 18, 19) ; Angers 24 (9, 7, 8).
Évolution du score :
0-1 à 03’42 » : Busto assisté de Henderson
0-2 à 06’18 » : Bellemare (sup. num.)
0-3 à 53’38 » : Fortier assisté d’Aubé et Campbell
0-4 à 59’32 » : Henderson (cage vide)
Rouen
Gardien : Fabrice Lhenry [sorti de 57’24 » à 58’22 » et de 58’30 » à 59’32 »].
Défenseurs : Antonin Manavian – Miloslav Guren ; Andrej Tavzelj (A) – Lauri Lahesalu ; Raphaël Faure – Jonathan Janil.
Attaquants : Julien Desrosiers – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Anthony Rech – Janos Vas – Yannick Riendeau ; Loïc Lampérier – Juraj Stefanka – Romain Gutierrez ; Loup Benoît.
Remplaçants : Gabriel Girard (G), Léo Guillemain, Dimitri Thillet, Anthony Goncalves, Johan Saint-André. Absent : Juho Mielonen (fracture de la clavicule).
Angers
Gardien : Florian Hardy.
Défenseurs : Gary Leveque – Michael Busto (A) ; Andrej Mrena – Paul Bahain ; Florent Aubé – Frederik Borjesson.
Attaquants : Julien Albert (A) – Brian Henderson – Robin Gaborit ; Johan Skinnars – Jonathan Bellemare (C) – Tim Crowder ; Éric Fortier – Cody Campbell – Braden Walls ; Alexis Crosnier – [Fortier] – Tomas Baluch.
Remplaçants : Alexis Neau (G), Cédric Custosse, Damien Sanchez, Jordy Angles.










































