Sopko et Salmivirta : au bon souvenir des Dragons
Le hasard du calendrier a voulu que ce « classique » du championnat de France inaugure la saison régulière, et donc l’achève par la même occasion. Une telle affiche au Coliséum pour clôturer l’exercice, les supporters amiénois (et les nombreux fans rouennais présents ce soir) n’en demandaient pas tant. C’est donc devant des travées pleines et bruyantes que Dragons et Gothiques firent leur entrée. Des Dragons sans enjeu réel, assurés de terminer en tête du championnat quoi qu’il arrive, mais soucieux malgré tout de ne pas perdre face au rival historique. Or c’est bien de six joueurs au total qu’ils furent privés pour cette rencontre.
Pour les Gothiques en revanche, il demeure un enjeu de classement : eux qui ont longtemps cru pouvoir accrocher le top 4 doivent à présent tenter de prendre des places dans le tableau, pour affronter lors du premier tour un adversaire « a priori » moins délicat. Bien que ceci n’ait jamais été une science exacte… Deux absents de marque côté picard : David Bastien et Johan Ohlsson manquent à l’appel pour blessure.
Le premier gros lancer de la rencontre est à mettre à l’actif du jeune Quentin Fauchon, mais Gabriel Girard, qui supplée ce soir un Fabrice Lhenry légèrement blessé, est tout de suite vigilant. Le palet circule vite mais c’est surtout l’engagement physique qui s’impose en ce début de match, sans pour autant que la licéité soit engagée. Amiens a les opportunités les plus remarquables et Bouchard transmet à Gascon qui s’infiltre, mais le tir du Québécois passe au dessus de la cage.


Au retour au complet, Amiens prend le dessus sur la fin de tiers-temps : Girard dévie un lancer de Ouimet, puis s’impose en deux temps sur une tentative de Santala. La pression exercée par les locaux n’y fera rien et les deux équipes se quittent sur ce score nul et vierge.
Kazarine débloque le compteur

Le jeu se veut plutôt équilibré quand les Gothiques donnent le départ d’une superbe phase collective : à la naissance, Ouimet depuis le repli défensif transmet à Claireaux. Celui-ci s’infiltre rapidement sur l’aile et trouve Kazarine juste au bon moment. Le natif de Compiègne fait alors parler son évident sens du but pour tromper Girard à mi-hauteur et ouvrir la marque pour Amiens (1-0, 23’43 »).

Grâce à la confiance engrangée sur cette nouvelle pénalité tuée, la fin de tiers est au profit des Amiénois. C’est le moment que choisit Ilpo Salmivirta pour briller juste sous les yeux de ses anciens supporters : tout d’abord par un lancer dangereux mais non cadré, puis sur un une-deux d’école avec Baazzi qui aurait mérité meilleur sort. Enfin, il s’octroie la dernière opportunité de la période mais ne parvient à faire la différence. C’est donc sur la plus petite des marges que les Picards entrent aux vestiaires avant que ne débute le dernier tiers.
Un Sopko des grands soirs


Quand Goncalves est pénalisé pour accrocher, les Gothiques ont enfin dans cette rencontre l’occasion d’évoluer en supériorité. Las, cette situation ne donne que la possibilité de voir de précieuses secondes s’égrainer. Il s’avère que la plus grosse opportunité rouennaise de cette rencontre intervient quelques instants plus tard, avec le talentueux Janil qui prend un lancer énorme. Sopko le touche sans en dévier pleinement la trajectoire, et il faut le sacrifice d’un Amiénois pour empêcher l’égalisation. De fait depuis les tribunes, il était bien difficile de voir si le puck avait franchi ou non la ligne. Les ralentis du match diffusé sur Internet ont fait dire à certains supporters que ce fut bien le cas, mais les arbitres demeurent seuls juges et les Rouennais n’ont guère crié au scandale.

Un but qui semble anecdotique, mais à l’importance extrême en terme de statistiques : en comptant une présence sur celui-ci, Danick Bouchard remporte le trophée Charles Ramsay du meilleur pointeur de la saison régulière de Ligue Magnus, avec 51 points, dont la petite passe du soir qui le met à égalité de points avec Michal Petrak des Dauphins d’Epinal, mais un plus grand nombre de buts marqués.
Grâce à cette victoire et profitant des autres résultats de la journée, les Gothiques d’Amiens grimpent finalement à la 6e place du classement, et retrouveront au premier tour des play-offs l’équipe des Pingouins de Morzine-Avoriaz-Les Gets. Quant aux Rouennais, une bonne période sans rencontre officielle (mais un tournoi international en Italie) les attend pour préparer au mieux les quarts de finales, ce qui ne peut faire que du bien aux organismes comme aux têtes après une fin de saison bien moins évidente…
Désignés hommes du match : Gabriel Girard pour Rouen , Ramon Sopko pour Amiens.
Amiens – Rouen 2-0 (0-0, 1-0, 1-0)
Vendredi 14 février 2014 à 20h à la patinoire du Coliséum, 3200 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de David Courgeon et Matthieu Loos.
Pénalités : Amiens 8′ (4′, 4′, 0′), Rouen 4′ (2′, 0′, 2′)
Tirs cadrés : Amiens 27 (7, 9, 11), Rouen 21 (6, 5, 10)
Évolution du score :
1-0 à 23’43 » : Kazarine assisté de Claireaux et Ouimet
2-0 à 59’52 » : Salmivirta assisté de Gascon et Bouchard (cage vide)
Amiens
Gardien : Ramon Sopko.
Défenseurs : Aziz Baazzi – Jimi Santala ; Kévin Dusseau – Nicolas Leclerc ; Vincent Bachet (C) – Romain Bault.
Attaquants : Ilpo Salmivirta – Martin Gascon (A) – Danick Bouchard ; Fabien Kazarine – Valentin Claireaux – François Ouimet ; Quentin Fauchon – Marius Serer (A) – Mathias Arnaud.
Remplaçants : Léo Bertein (G), Rémi Thomas, Romain Carpentier. Absents : Fabien Bourgeois, David Bastien (luxation de l’épaule), Johan Ohlsson (blessé).
Rouen
Gardien : Gabriel Girard
Défenseurs : Antonin Manavian – Miroslav Guren ; Lauri Lahesalu – Juho Mielonen ; Théo Lanvers – Jonathan Janil (A) ; Aurélien Dorey.
Attaquants : Anthony Rech – Janos Vas – Marc-André Thinel (C) ; Julien Desrosiers – Loïc Lamperier – Yannick Riendeau ; Loup Benoît – Juraj Stefanka – Dimitri Thillet ; Anthony Goncalves – Alexandre Lubin – Yohann Saint-André.
Remplaçants : Tom Aubrun (G). Absents : Raphaël Faure (mineur), Léo Guillemain (mineur), François-Pierre Guénette (dos), Romain Gutierrez (contusions au visage), Fabrice Lhenry (blessé), Andrej Tavzelj (sélection olympique).










































