Quand on est à terre, il est important de se relever. On attend la réaction des Tchèques après leur humiliant échec face à la Slovénie. Une défaite qui a fait un gagnant, Matej Blümel, absent ce soir-là. Face à un adversaire d’un autre calibre, la Suède, il retrouve sa place en première ligne… et ouvre le score après trois minutes de jeu. Blümel redirige magnifiquement avec la palette dans les airs le tir du poignet de la ligne bleue de Filip Hronek (1-0). Un but qui récompense un début d’emprise physique des Tchèques.
Les rouges font ensuite valoir leur qualités de contre-attaque. Un raid du défenseur offensif Tomáš Galvas aboutit à un tir sur le poteau extérieur. Et puis, voilà qu’Ondřej Beránek s’est débarrassé du défenseur entré aujourd’hui dans l’équipe suédoise Erik Brännström (en le faisant un peu trébucher) et reçoit le palet à la ligne bleue pour partir seul au but. Hellberg bloque le tir sous son bras, mais ne voit pas le palet retombé entre ses jambières. Černoch le propulse au fond mais les arbitres ont sifflé et gelé l’action. Le but, qui aurait paru valable, est refusé.
Le gardien tchèque Josef Kořenář montre qu’il a l’œil affûté pour voir un tir de Lucas Raymond à travers le trafic et venir l’attraper de la mitaine près du poteau à trente centimètres de la glace. Juste après le coup de sifflet qui suit, Ivar Stenberg brutalise Jiří Ticháček. Le junior en a trop fait en voulant s’imposer devant la cage et sa faute coûte cher. La puissance de lancer de Dominik Kubalík, depuis la ligne bleue, envoie la rondelle côté revers de Hellberg, devant qui Voženílek est passé au cours de la trajectoire du tir (2-0).
À peine 36 secondes plus tard, une passe de derrière la cage de Voženílek est touchée au vol par la crosse du gardien. Elle retombe dans la peinture bleue et Jakub Flek la propulse dans les filets avec son revers (3-0). Dans les secondes suivent le but, encore une brutalité hors du jeu, du capitaine Ekman-Larsson, qui prend deux minutes… Mais juste après, il s’est produit autre chose que les arbitres veulent revoir : Jan Ščotka a mis sa crosse en travers du cou d’Albert Johansson, un geste dangereux qui mérite pleinement la sanction de 5’+20′.
On joue d’abord à 4 contre 4. Dans cette configuration, une passe levée de Černoch lance un 2 contre 1 tchèque : la passe du revers de Ticháček sert Roman Červenka mais la reprise rasante du capitaine est bloquée sous la botte de Hellberg qui s’est bien déplacé. Un bon arrêt pour se remettre dans le match… d’autant que trois minutes d’avantage numérique se profilent. Assez pour mettre deux buts ! D’abord, un lancer lointain de Joel Persson profite d’un bon écran d’Oskar Sundqvist. Puis, c’est Simon Holmström qui marque du cercle droit avec un superbe one-timer en lucarne (3-2). Qu’il coûte cher, ce vilain geste de Ščotka, qui n’était déjà pas le joueur le plus aimé des supporters tchèques… Lui aussi n’avait pas joué contre la Slovénie, mais n’avait pas vraiment « manqué ». Il risque de passer d’autres rencontres en tribune après la commission de discipline…
Ces vingt minutes complètement folles semblent avoir consumé les émotions des joueurs et des supporters, moins bruyants quand la deuxième période débute. Ils se raniment quand Jiří Černoch dévie face au but une passe de Beránek. Hellberg fait l’arrêt mais son coéquipier Simon Holmström le percute en glissant et le pousse pour moitié dans la cage. Passé derrière le but, Černoch lève les bras. Les arbitres consultent la vidéo et voient le palet retomber de la mitaine du gardien qui est derrière la ligne (2-4). Cette fois, le but de Černoch est validé !
L’indiscipline des défenseurs tchèques expérimentés handicape néanmoins leur équipe. Dans la minute qui suit, c’est Filip Hronek qui charge Stenberg dans la bande. Le lancer de la bleue d’Ekman-Larsson, parfaitement masqué par le junior Jack Berglund, se loge sous la barre transversale (3-4).
Après deux grosses présences offensives tchèques après la mi-match, les cris d’encouragement reprennent… puis se taisent de nouveau. Le match est sur courant alternatif, haché par les pénalités et les discussions. « It’s not me« , crie ainsi Lucas Raymond à l’arbitre. Il a raison, c’est Stenberg qui a fait trébucher Beránek, mais c’est vilain de dénoncer un jeune camarade ! Le junior part en prison… et le vieux Červenka aussi, qui fait trébucher Silfverberg sur l’action suivante.
Après la phase de 4 contre 4, le match perd du rythme avec les dégagements interdits… Soudain, Ivar Stenberg fait un tour de cage et passe dans le cercle opposé à Lucas Raymond qui reprend dans une cage vide… car Jacob de la Rose a poussé le défenseur sur le gardien ! Les arbitres signalent immédiatement qu’il n’y a pas but, on ne perd donc pas de temps. Encore heureux ! La deuxième période n’est pas encore terminée que le troisième tiers-temps a déjà débuté à Zurich. On rappelle que les pauses durent 17 minutes et que les deux rencontres ont normalement lieu en même temps !
Quand on attend le coup de sifflet, pourtant, il ne vient pas. Il y a une minute de pénalité différée au début de la troisième période entre le moment où Tomášek accroche Raymond et le moment où le jeu est arrêté. Le fameux contrôle du palet suédois, pas toujours très direct. C’est encore le cas pendant l’avantage numérique. Il y a bien des tirs mais ils ne sont pas cadrés.
Le portrait du match est désormais clair. De grandes possessions suédoises, généralement en maîtrise technique (sauf quand Albert Johansson perd le palet face à Červenka près de sa cage…), et des Tchèques qui réduisent les espaces et attendent l’erreur adverse et la contre-attaque. Moins d’émotions, sauf quand De La Rose met en échec… Ekholm. Les deux Suédois font sourire la foule en se percutant dans leur zone. Mais c’est le signe d’un Tre Kronor qui cherche son chemin. Même quand Sam Hallam sort son gardien, on est trop lent à mettre le palet à la cage.
Les deux équipes avaient mis un très bel engagement au départ, mais les émotions dépensées dans les arrêts de jeu se sont perdues. De cette soirée contrastée, les Tchèques retiendront une victoire obtenue avec seulement 14 tirs (!) et le bon match de Jiří Černoch, qui était resté sur le banc face à la Slovénie mais a sans doute gagné sa place.
La Suède retiendra qu’elle n’a que 3 points, mais elle a perdu contre ses deux principaux adversaires de poule. Elle aura un temps de réglage contre la Slovénie et l’Italie pour mettre les ingrédients de son jeu en ordre, avec plus de discipline. Cette jeune équipe a beaucoup d’outils dans sa boîte et peut encore trouver le mode d’emploi. Elle a aussi un autre junior qui attend en tribune, Anton Frondell, et que le public suédois s’impatiente de voir inscrit puisque le jeune centre d’Anaheim Leo Carlsson a fait savoir qu’il ne viendrait pas.
Désignés joueurs du match : Simon Holmström pour la Suède et Jiří Černoch pour la Tchéquie.

Suède – Tchéquie 3-4 (2-3, 1-1, 0-0)
Samedi 16 mai 2026 à 20h20 à la BCF Arena de Fribourg. 6738 spectateurs.
Arbitres : Riku Brander (FIN) et Andre Schrader (ALL) assistés de Shane Gustafson (USA) et Dominik Schlegel (SUI).
Pénalités : Suède 10’ (8’, 2’, 0’) ; Tchéquie 33’ (2’+5’+20’, 4’, 2’).
Tirs : Suède 27 (9, 5, 13) ; Tchéquie 14 (6, 7, 1).
Évolution du score :
0-1 à 03’04” : Blümel assisté de Hronek et Galvas
0-2 à 12’24” : Kubalík assisté de Cibulka et Kaut (sup. num.)
0-3 à 13’00” : Flek assisté de Voženílek et Tomášek
1-3 à 15’34” : Persson assisté de Heineman et Holmström (sup. num.)
2-3 à 17’45” : Holmström assisté de Persson et Heineman (sup. num.)
2-4 à 23’21” : Černoch assisté de Beránek et Chmelař
3-4 à 26’00” : Ekman-Larsson assisté de Raymond et Stenberg (sup. num.)
Suède
Attaquants :
Ivar Stenberg (4’) – Viggo Björck – Lucas Raymond (A)
Linus Karlsson (-1) – Jacob de la Rose (-1) – Simon Holmström (-1)
Emil Heineman (-1) – Oskar Sundqvist (-1) – André Petersson (-1)
Carl Grundström (-1) – Jack Berglund (-1, 2’) – Jakob Silfverberg (-1)
Rasmus Asplund [1 présence]
Défenseurs :
Jacob Larsson – Mattias Ekholm (A)
Albert Johansson (-2) – Oliver Ekman-Larsson (C, -2, 2’)
Robert Hägg (-1) – Joel Persson (-1)
Erik Brännström (2’)
Gardien :
Magnus Hellberg [sorti à 58’00”]
Remplaçant : Arvid Söderblom (G).
Tchéquie
Attaquants :
Roman Červenka (C, +2, 2’) – Lukáš Sedlák (A, +1) – Matěj Blümel (+1)
Daniel Voženílek (+1) – David Tomášek (+1, 2’) – Jakub Flek (+1)
Dominik Kubalík – Matyáš Melovský – Martin Kaut
Ondřej Beránek (+1, 2’) – Jiří Černoch (+1) – Jaroslav Chmelař (+1)
Défenseurs :
Libor Hájek (+2) – Filip Hronek (A, +2, 2’)
Jiří Ticháček – Tomáš Cibulka
Tomáš Galvas (+1) – Marek Alscher (+1)
Jan Ščotka (5’+20’)
Gardien :
Josef Kořenář
Remplaçants : Dominik Pavlát (G), Michal Kovařčík (A). Non équipés : Michal Kempný (D, malade), Jan Mandát (A).













































