À couper le souffle !
C’est un gros morceau qui se dresse sur la route des Gamyo. L’une des plus belles armadas du championnat… que les Petrák, Plch et autres Kara ont déjà battu voilà un mois, sur la petite glace du Haras !
L
Mais ne nous attardons pas trop sur le cas de ce portier si solidement référencé, qu’un virus (?) empêche de se produire à Poissompré, sur cette glace actuellement décriée pour sa mauvaise qualité. Philippe Bozon, qui nourrit de grandes ambitions dans cette compétition débouchant sur un trophée qu’Angers n’a encore jamais remporté, regrette que son style de jeu (basé sur la vitesse et le mouvement) puisse pâtir des caprices d’un compresseur récalcitrant.
Force est toutefois de constater que les changements de lignes incessants opérés ces derniers temps ont perturbé l’équilibre (et dont l’efficacité) d’une attaque ayant longtemps fait preuve d’une grande complémentarité. Cela n’a évidemment pas échappé à la légende vivante du hockey français, qui espère re-dynamiser son alignement en reformant ce trio Kuralt-Petrák-Plch apparu si prolifique l’an passé. Le retour de l’étincelant Vincent Kara aux côtés de Matthieu Le Blond et Peter Valier permet également de reconstituer l’une des associations les plus en vue de ce début de saison mené tambour-battant, mais que les boys du Boz’ auront réalisé au prix d’une très grosse débauche d’énergie.
N’allez
La rapidité d’exécution des attaquants spinaliens est impulsée par des arrières dynamiques et entreprenants. D’Alain Goulet, qui excelle dans l’art de remonter le palet, à Maxime Moisand sans oublier Vojtěch Kloz (bien plus mobile qu’il n’y paraît) et Aziz Baazzi, capable à tout moment d’accélérer le jeu. Le défenseur né et formé à Strasbourg, résolument tourné vers l’avant, profitant même d’un changement de ligne hasardeux pour lancer Ken Ograjenšek, dont le tir frappé est repoussé par Alexis Neau (01’45 »).

Il s’en est pourtant fallu de peu qu’Angers ne refroidisse Poissompré sur une montée d’un Cody Campbell n’ayant pas manqué de faire parler sa vivacité tout au long de la soirée. Le virevoltant Canadien (de loin le meilleur Angevin) parvient à s’infiltrer avant de servir Braden Walls dans la profondeur, qui dévie de peu à côté (05’33 »). Un poke-check de Tim Crowder (après que Tifu a perdu le palet dans l’arrondi) manque également de profiter à Guillaume Lefebvre (06’47 »), un ailier solide, travailleur et accrocheur dont les qualités avaient jadis séduit les Flyers de Philadelphie…
Avec la refonte des lignes, Grégory Beron se retrouve au centre d’un trio complété par Ken Ograjenšek et Nicolas Leonelli. Un rôle inhabituel pour l’international français, qui enchaînait les prestations en demi-teinte depuis le début de la saison. Un repositionnement gagnant puisque Beron, en remportant la mise au jeu en zone défensive, voit Leonelli immédiatement remettre en retrait sur Goulet… qui dégaine l’un de ses fameux lancers ! Le Canadien tire sur réception pour expédier la rondelle sous la barre d’Alexis Neau (1-0 à 07’25 »)…
Épin
Pierre-Charles Hordelalay est lui contré après s’être hissé aux avant-postes. Brian Henderson lui subtilise le palet pour mieux le remonter, écartant sur le côté gauche vers Robin Gaborit dont l’accélération débouche sur un centre tendu au second poteau. Alexis Crosnier tente bien d’en profiter mais l’ailier angevin se voit bousculé par Yannick Offret (10’26 »). Cette première situation délicate est toutefois négociée par les Gamyo, qui parviennent à écarter le danger et à tuer cette première pénalité sans trop concéder de lancers.
Trop souvent livré à lui-même par une défense régulièrement dépassée, Alexis Neau est lui fortement sollicité. Petrák, lancé à toute vitesse, enrhume facilement Griet pour titiller le jeune portier, qui repousse de la botte (14’42 »). Bis repetita sur un gros travail de Vincent Kara permettant à Yannick Offret de reprendre à bout portant (16’04 »).
Il faut dire que les défenseurs angevins n’apportent d’aussi solides garanties que leurs homologues spinaliens. Preuve en est sur ce palet gratté par Ograjenšek aux dépends de Busto. L’ailier slovène poursuit sa manœuvre ligne de fond, dos au but, avant de remettre à l’aveugle devant la cage. Une remise que Nicolas Leonelli, bien placé, s’avère être le plus prompt à exploiter (2-0 à 17’09 »).

Une avalanche de buts !
Ce premier tiers, qu’Épinal a disputé sur un rythme élevé, a véritablement sonné les Ducs d’Angers, qui tentent de réagir au retour des vestiaires. Mais avec Hočevar, intraitable devant Walls (20’24 »), les cages vosgiennes sont bien gardées… ce qui est loin d’être le cas de l’autre côté, où Alexis Neau reste à la merci d’attaquants spinaliens déchaînés ! Et notamment ce trio Kuralt-Petrák-Plch réunifié, qui se trouve les yeux fermés. Comme s’il n’avait jamais été démantelé…
Avec ces trois-là, le danger est permanent et les Ducs vont l’apprendre à leurs dépends. Petrák, malgré la pression, parvenant à ressortir le palet sur Baazzi à la bleue, lequel écarte vers un Sušanj déclenchant aussitôt son lancer, repoussé par le jeune gardien angevin. Anže Kuralt, bien placé sur la gauche du gardien, se montrant suffisamment réactif pour s’emparer du rebond et le mettre au fond (3-0 à 21’50 »).
Dans les cordes, les visiteurs sont proches du K-O. Aziz Baazzi manque d’ailleurs de les mettre au tapis en butant sur la jambière d’Alexis Neau (suite au décalage consécutif à un excellent mouvement collectif, 22’16 »). Une nouvelle démonstration de ce jeu rapide, de ces combinaisons en première intention si chères à Philippe Bozon. Mais voilà, ces excellentes dispositions n’empêchent pas l’étreinte d’inexorablement se desserrer.

Surnuméraire à Genève-Servette en début de saison, l’ailier suisse trouve à Épinal un parfait terrain d’expression. Son abatage est, ce soir, tout particulièrement valorisé par la réussite de ses coéquipiers, qui sont les premiers sur tous les palets. Comme sur cette action permettant à Grégory Beron de progresser en zone offensive puis de s’essayer d’un revers à mi-distance. Une tentative qu’Alexis Neau, décidément pas avare de rebonds, laisse échapper au profit d’Ograjenšek… qui le fusille de près (4-0 à 25’57 ») !
On imagine la frustration des partenaires de Sébastien Bisaillon, encore tout près de faire mouche sur un slap manquant de filer entre les jambières d’Andrej Hočevar (27’36 »). Mais que faire face à ces Gamyo survoltés, qui ont clairement lâché les chevaux et se montrent aussi solides derrières qu’efficace à l’avant ? Rien, si ce n’est se raccrocher aux hypothétiques arrêts d’Alexis Neau, qui brandit sa mitaine sur une reprise de Grégory Beron (29’24 ») et bloque la tentative du revers de Ján Plch (31’03 »)… mais craque sur un tir aussi lointain qu’anodin, peut-être dévié par un Nicolas Leonelli ayant, en tout cas, su masquer la vue du gardien (5-0 32’15 ») !

Tout part cette fois d’une remontée axiale d’Anže Kuralt, qui laisse en entrée de zone pour Ján Plch, lequel lui remet dans la profondeur. Le Slovène, après avoir habilement contrôlé le palet, bute sur le gardien mais la rondelle reste aux mains des Vosgiens. Plch, parvenu à empêcher toute tentative de dégagement, sert Petrák qui décale aussitôt Kloz à sa droite. Le joker tchèque (que tout le monde ici aimerait voir rester au-delà de son contrat d’un mois) a du champ et s’avance tout en préparant son tir du poignet. Un lancer qu’il expédie sous la barre, dans un angle relativement fermé (6-0 à 33’23 »), au plus fort d’une domination sans partage…
Alexis Neau regagne alors son banc, remplacé devant le filet par le tout jeune Julien Gaubert (18 ans), son habituelle doublure chez les juniors-élite angevins. Le Niortais, novice à ce niveau de compétition, ne sera toutefois pas immédiatement inquiété. Ses coéquipiers parvenant à se projeter vers l’avant et à garder le contrôle du puck en zone offensive. Johan Skinnars, aux prises avec Aziz Baazzi dans le coin, finissant même par trouver Cody Campbell… qui s’est fait oublier au second poteau (6-1 à 34’25 ») !

La deuxième partie de cette pénalité (reconductible, Beron ayant écopé d’un 2+2), est tuée par les Gamyo, qui vont passer tout près de marquer le but le plus improbable de la saison. Vojtěch Kloz, en voulant dégager le palet depuis son camp, flippe loin devant. Bisaillon, surpris par le rebond, laisse bien malencontreusement filer la rondelle, finalement écartée par Gaubert… qui a le bon réflexe de tendre sa jambière (39’15 ») !

Le retour d’Hordelalay intervient lors d’un ultime temps fort angevin, qui sera abrégé par une passe en retrait de Yannick Tifu mal appréciée par Michael Busto. Le défenseur italo-canadien parvient à récupérer le palet dans sa zone mais trébuche sous la pression d’un Pierre-Charles Hordelalay lancé à fond les ballons. L’attaquant spinalien, qui n’en demandait pas tant, se voit libre de repiquer vers la cage pour glisser la rondelle entre les bottes d’Alexis Neau (7-2 à 46’01 »). Une réalisation aussitôt suivie d’une fulgurante accélération de Leonelli, lancé sur le côté gauche par Ograjenšek, qui fera parler ses poignets pour expédier le puck entre les jambières du jeune portier d’Angers (8-2 à 46’39 »).

Entre deux pénalités, une dernière banderille fera se lever Poissompré. Matthieu Le Blond (mis sur orbite par Maxime Moisand) ponctuant son débordement côté gauche d’un centre coupé, de près (et du revers), par Peter Valier (9-2 à 53’55 »).
Le point final d’une magistrale démonstration qui ouvre, en grand, les portes de la qualification. Voir Angers remonter sept buts aux Spinaliens, le 12 novembre prochain, paraît inenvisageable. Et surtout si les hommes de Philippe Bozon, qui ont livré un match plein du début à la fin (et refait le plein de confiance avant d’aller défier les Lions de Lyon), affichent d’aussi bonnes dispositions…
Réactions d’après-match (dans Vosges Matin)
Philippe Bozon (entraîneur d’Épinal) : « J’ai conscience que c’est difficile de gérer des matchs comme la semaine dernière où tout paraît facile. Nous étions prêts et je l’ai vu à l’entraînement d’hier (lundi) qui avait été à très haute intensité. J’ai demandé aux joueurs de le reproduire aujourd’hui car je savais que l’on pouvait poser des problèmes à Angers. Les changements de ligne ont été productifs. J’ai dit aussi aux joueurs que tout allait compter jusqu’à la dernière seconde contre une équipe qui va souvent au bout. On a moins bien joué défensivement au deuxième tiers mais Andrej a sorti de grosses parades. Ensuite, on s’est bien repris. »
Épinal – Angers 9-2 (2-0, 4-2, 3-0).
Mardi 28 octobre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 8′ (2′, 4′, 2′) ; Angers 20′ (4’+10′, 0′, 6′).
Tirs : Épinal 37 (15, 14, 8) ; Angers 29 (6, 16, 7).
Évolution du score :
1-0 à 07’25 » : Goulet assisté de Leonelli et Beron
2-0 à 17’09 » : Leonelli assisté d’Ograjenšek et Beron
3-0 à 21’50 » : Kuralt assisté de Baazzi et Sušanj
4-0 à 25’57 » : Ograjenšek assisté de Beron et Baazzi
5-0 à 32’15 » : Sušanj assisté de Baazzi
6-0 à 33’23 » : Kloz assisté de Petrák et Plch
6-1 à 34’25 » : Campbell assisté de Skinnars
6-2 à 38’35 » : Campbell assisté de Busto et Skinnars (sup. num.)
7-2 à 46’01 » : Hordelalay
8-2 à 46’39 » : Leonelli assisté d’Ograjenšek et Slovák
9-2 à 53’55 » : Valier assisté de Le Blond et Moisand
Épinal
Gardien : Andrej Hočevar.
Défenseurs : Vojtěch Kloz (+4) – Maxime Moisand (+2) ; Aziz Baazzi (+4) – Gašper Sušanj (+3) ; Peter Slovák (+2) – Alain Goulet (+1).
Attaquants : Vincent Kara – Matthieu Le Blond – Peter Valier (+1) ; Anže Kuralt (+3) – Michal Petrák (A, +4) – Ján Plch (A, +2) ; Ken Ograjenšek (+5) – Grégory Beron (+5) – Nicolas Leonelli (+5) ; Pierre-Charles Hordelalay (+1) – Yannick Offret (C) – Anthony Rapenne.
Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Maxime Martin, Nathan Ganz. Absents : Martin Charpentier (convalescent), Maxime Ouimet (reprise).
Angers
Gardien : Alexis Neau, puis Julien Gaubert de 33’23 » à 40’00 » et de 46’39 » à 60’00 ».
Défenseurs : Gary Léveque (C, -3) – Michael Busto (A, -3) ; Andrej Mrena (-4) – Sébastien Bisaillon (-5) ; Florent Aubé (-1) ; Sébastien Valade (-1) ; Damien Sanchez (-4)
Attaquants : Guillaume Lefebvre (-2) – Yannick Tifu (-2) – Tim Crowder (-1) ; Johan Skinnars (-1) – Cody Campbell (-2) – Braden Walls ; Robin Gaborit (-4) – Brian Henderson (A, -1) – Alexis Crosnier [-4, puis Griet] ; Maxime Griet (-2) – [poste tournant] – Paul Bahain (-2).
Remplaçant : Lucas Latreuille. Absents : Jean-Sébastien Aubin (malade), Julien Albert (pied), Dimitri Thillet (genou).








































