Pour terminer l’été en beauté
Cela fait maintenant deux ans qu’Épinal et Mulhouse ne se sont plus affrontés et c’est en guise d’ultime répétition générale qu’ont lieu ces retrouvailles à Poissompré. L’occasion, pour les Scorpions, de confirmer leurs bonnes dispositions ; eux qui restent sur deux victoires face à l’Étoile noire en prolongation.
Ce
Aziz Baazzi étant parti outre-Rhin, Stéphane Barin attendait également qu’un défenseur supplémentaire vienne gonfler les rangs lorrains. C’est désormais chose faite avec l’engagement d’un ex-NHLer expérimenté. Il faudra toutefois patienter avant de voir l’imposant Tomáš Klouček (35 ans, 1,91 m pour 100 kg) patiner sous ce maillot « Gamyo » que son compatriote Jiří Klimíček étrenna quinze jours plus tôt.
L’essai du jeune arrière tchèque s’étant avéré concluant, ce sont donc pas moins de dix joueurs slaves (!) qui défendront les couleurs d’Épinal cette saison. Du jamais vu à Poissompré, même lorsque les Dauphins bataillaient dans la même division que les Scorpions. Un passé commençant sérieusement à dater, même si la D1 reste d’actualité côté mulhousien, où l’on semble plutôt s’appuyer sur une « défense de fer » (avec seulement trois buts encaissés lors de leurs quatre dernières sorties) que sur une attaque de feu.

Pas question, pour autant, de négliger cet ultime match de préparation. Un derby que les Spinaliens débutent de la meilleure des façons, bien aidés, il est vrai, par l’énorme bourde du gardien des Scorpions. En l’occurrence, Mickaël Muller, qui a vu la frappe très lointaine de Ján Plch s’enfiler entre ses jambières (1-0 à 02’50 »). Le vétéran, voyant le changement de lignes s’opérer, a tiré des vingt-cinq mètres pour gagner du temps, en prévision de son retour sur le banc…
Déjà qu’ils peinaient à exister (en dehors des montées orchestrées par un Michal Jeslínek débordant de vivacité), les Alsaciens vont dès lors éprouver les pires tourments, subissant de plus en plus dangereusement les assauts incessants de Spinaliens se montrant très entreprenants. De véritables vagues oranges que les défenseurs mulhousiens essayent tant bien que mal d’endiguer, parvenant bien à bloquer quelques lancers (02’30 » et 03’15 ») sans pour autant réussir à éloigner durablement le danger.

Pourquoi donc s’étonner de les retrouver tous trois associés sur le premier bloc d’un powerplay utilisant Gašper Sušanj en qualité de canonnier. Le grand défenseur slovène dispose, il est vrai, d’un gros lancer. Un slap qu’il ne manque pas de déclencher par deux fois (04’53 » et 05’18 »). Mickaël Muller les arrête, avant d’être suppléé par son montant gauche, contre lequel est venue s’écraser la reprise de Ken Ograjenšek, pourtant parfaitement décalé par Anže Kuralt à l’opposé (06’16 »).
La pénalité de Klejna, qu’Épinal est passé tout près d’abréger, sera finalement tuée par les hommes de Jan Procházka, qui n’hésitent pas à tirer dès qu’une occasion vient à se présenter. Des tentatives trop lointaines ou trop excentrées pour mettre Hočevar en difficulté.
Reste qu’à trop se livrer, les Gamyo finiront par se faire contrer. Une échappée rondement menée par un Michal Jeslínek résistant au retour de Maxime Moisand pour s’en aller dribbler le portier, d’une feinte droite-gauche destinée à prendre Andrej Hočevar à contre-pied. Mais c’est sans compter sur la réactivité du Slovène, qui enraye ce break de fort belle manière, en tendant parfaitement sa jambière (09’45 »)…

Ce n’est que partie remise pour les Gamyo. Dominik Fujerik s’empare d’un palet traînant dangereusement aux abords du filet pour marquer dans un angle fermé, entre les jambières d’un Mickaël Muller décidément peu inspiré (2-0 à 12’28 »).
Les Scorpions, moribonds, retrouvent un peu de piquant en fin de premier tiers temps, profitant d’une pénalité infligée à Farina (sanctionné pour avoir retenu Ten Braak suite à un duel perdu, 14’19 ») pour installer leur powerplay. Un jeu de puissance s’appuyant essentiellement sur la vista de son maître à jouer, l’ex-Briançonnais Michal Jeslínek, qui cherche la faille sans la trouver. Le Tchèque parvient toutefois à trouver un Ondřej Poživil démarqué, mais n’appuyant pas suffisamment son lancer (15’06 »). C’est finalement le deuxième bloc mulhousien, venu prendre le relais du premier, qui sera le plus près d’arriver à ses fins. Un slap de Martin Obuch provoque non seulement un cafouillage devant la cage, mais surtout un rebond sur lequel Michal Kápička sera le plus prompt. L’ailier tchèque est alors bien placé pour réduire le score… mais Hočevar, d’un retour désespéré, viendra lui fermer la porte au nez (16’03 ») !
Mickaël Muller, qui a suivi tout ça de loin, essuiera pour sa part une dernière pluie de lancers (dont un one-timer de Sabatier terminant sur le montant, 19’29 ») avant céder sa place à Guillaume Richard. Un changement ne bouleversant aucunement la physionomie de ce derby. Les Spinaliens ayant clairement le match en main.

Gavés d’espaces jusqu’à plus soif, les hommes de Stéphane Barin bénéficient ainsi de plusieurs opportunités. Et si Králik rate l’excellente passe d’Hordelalay, Sabatier ne manque quant à lui pas l’occasion d’enfiler son tout premier but à Poissompré. L’ex-Rémois, qui s’est fait oublier au second poteau, profite du caviar d’Hordelalay pour nettoyer le haut du filet (3-0 à 25’13 »).
Une division sépare les Gamyo des Scorpions sur le papier. Pourtant, sur la glace, l’écart paraît beaucoup plus conséquent, ce qui laisse à penser que les Spinaliens vont ne faire qu’une bouchée des grands gabarits mulhousiens. Mais gare à ne pas trop s’enflammer. Une mise en garde qu’Anže Kuralt aurait mieux fait d’écouter au lieu de se mettre à « tricoter » derrière son propre filet. L’ailier slovène, qui tente de se frayer un chemin, finit par perdre un palet revenant sur Jeslínek. S’ensuit un lancer, puis un rebond profitant finalement à Rolands Vīgners, l’attaquant letton (3-1 à 25’13 »). Un but d’autant plus contrariant qu’il fait suite à une pénalité tuée…

Incapables de prendre à défaut la solide défense des Gamyo, les Alsaciens se font quasiment contrer sur chacune de leurs montées. Mais si rien ne va, ils n’en baissent pour autant pas les bras, à l’image d’un Michal Kápička parvenant à s’infiltrer, sans toutefois tromper la vigilance d’un Lucas Savoye venant de faire son entrée (29’21 »).
Le Gapençais, solide au poste, réussira d’ailleurs à garder sa cage inviolée jusqu’à l’entracte, contrairement au portier basque des Scorpions, qui se verra encore fusillé de près. Kuralt, du coin droit, remisant sur un Fujerik reprenant à bout portant (5-1 à 32’50 »). Un one timer aussi précis que puissant, qui s’enfilera sous la barre d’un Richard manquant, par la suite, de voir sa lucarne gauche nettoyée par l’excellent coup de poignet d’Hordelalay (39’27 »)…

Servi dans l’intervalle par Matthieu Le Blond, Pierre-Charles Hordelalay s’en ira fixer le gardien… sans trouver le cinquième trou (42’15 ») ! Richard répond une nouvelle fois présent sur un centre de Králik repris par Cacciotti (43’53 »), pendant que Sušanj et Jeslínek calment leurs ardeurs sur les bancs d’infamie (42’50 »). Une prison spinalienne bien remplie (comprenant Sušanj, le substitut Martin et Klimíček) lorsque l’ex-Bordelais Martin Obuch trompe Lucas Savoye d’un tir excentré à mi-hauteur, côté bouclier (6-2 à 46’43 »).

En poussant Bryan Ten Braak à le faire trébucher, Anže Kuralt va lui provoquer l’ultime pénalité de la soirée. Une dernière supériorité rondement menée par un powerplay bien en place et faisant rapidement circuler le palet jusqu’à ce que Gašper Sušanj, à la pointe, ne fasse parler son lancer. Un slap à mi-hauteur, côté bouclier (7-2 à 58’57 »), pour donner un peu plus d’ampleur à une victoire largement méritée. Les Scorpions, trop souvent dépassés, ayant pris le bouillon à Poissompré…
Épinal – Mulhouse 7-2 (2-0, 3-1, 2-1)
Vendredi 4 septembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 500 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion, assisté de Christophe Moncozet et ?.
Pénalités : Épinal 26’ (4’, 2’, 10’ + 10’) ; Mulhouse 12’ (4’, 4’, 4’).
Tirs : Épinal 28 (9, 12, 7) ; Mulhouse 29 (8, 9, 12).
Évolution du score :
1-0 à 01’50 » : Plch
2-0 à 12’28 » : Fujerik assisté d’Ograjenšek (sup. num.)
3-0 à 22’27 » : Sabatier assisté d’Hordelalay
3-1 à 25’13 » : Vīgners assisté de Jeslínek
4-1 à 26’47 » : Le Blond assisté de Farina et Hordelalay
5-1 à 32’50 » : Fujerik assisté de Kuralt et Farina
6-1 à 41’24 » : Plch assisté de Králik
6-2 à 46’43 » : Obuch (double sup. num.)
7-2 à 58’57 » : Sušanj assisté de Klimíček et Králik (sup. num.)
Épinal
Attaquants :
Anže Kuralt – Dominik Fujerik – Ken Ograjenšek [puis Rapenne à la 35e]
Steven Cacciotti – Lukáš Králik – Ján Plch (A)
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Florian Sabatier
Anthony Rapenne [puis Maxime Martin à la 35e] – Hugo Vinatier – Yannick Offret (A)
Défenseurs :
Martin Charpentier – Maxime Moisand (C)
Jiří Klimíček – Gašper Sušanj
Vojtěch Kloz – Thibaut Farina
Gardiens :
Andrej Hočevar, puis Lucas Savoye à 29’03 ».
Absent : Tomáš Klouček (pas encore arrivé).
Mulhouse
Attaquants :
Rolands Vīgners – Michal Jeslínek – Michal Pšurný
Michal Kápička – Milan Jurik – Michal Klejna
Lucas Bini (C) – César Joffre – Bryan Ten Braak
Leyland Plaire – Kevin Ottino – Miguel Cavuella
Défenseurs :
Ondřej Poživil – Ondřej Martinka (A)
Ruslan Borysenko (A) – Aleksandrs Galkins
Maxime Lutz – Martin Obuch
Gardiens :
Mickaël Muller, puis Guillaume Richard à 20’01 ».
Absent : Raphaël Papa.











































